Chantier
Port-au-Prince était déjà un chantier permanent, aujourd’hui c’est devenu une règle que chaque maison touchée par le séisme se répare en attendant des jours plus calmes, celles qui ont été détruites se reconstruisent et celles qui étaient en projet se mettent en veille. Comme si une impossibilité de faire autrement entravait les esprits et obligeait à refaire à l’identique les mêmes erreurs, ce sont les mêmes caissons de béton et les mêmes chantiers non autorisés qui fleurissent au cœur de la ville. Les maçons n’ont jamais eu la part aussi belle, et leurs carnets de commande sont complets pour les années à venir. Mais, à voir s’élever de nouveaux murs, je me demande quelle autre catastrophe se prépare sous nos yeux. Ne sommes-nous pas en train de construire nos propres tombeaux, sachant qu’aucune mesure parasismique n’est prise pour pallier les déficiences passées?
Dans le dénuement, on voit apparaître des mouvements de dissension au sein de la population. Les camps de réfugiés installés dans les écoles sont devenus un obstacle à la reprise des cours,
Avenue ML King © jeanmarietheodat
Mon travail à l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) est passionnant et harassant, mais les enjeux sont tels que, depuis mon arrivée, il y a trois semaines, nous nous réunissons environ tous les deux jours pour finaliser un état des lieux de l’enseignement et de la recherche en Haïti depuis le 12 janvier. Mon plaisir de travailler enfin au pays natal est mitigé par le constat de la difficulté des circonstances et la modicité des moyens. Mais les énergies locales sont telles, la diligence du personnel de l’AUF est si grande que j’ai l’impression parfois que nous allons soulever des montagnes. L’espoir est une œuvre sans fin à laquelle le courage des idées et la lucidité des acteurs apportent le dernier clou, nécessaire à l’emballage du chantier.















9 juin 2010 à
. . . Monsanto s’apprêterait à inonder Haïti, des ses semences malsaines couplées aux herbicides et pesticides.
On s’attaque donc aux estomacs avant d’imprégner les cerveaux.
SVP, faites leur savoir que certains d’entre nous aimeraient d’autres solutions pour une véritable aide à la reconstruction.
pierre Brigaud, rue Th. Leuginer 97120 ST-Claude, 05.90.60.16.88 (12h métro = 6h Guadeloupe)
. . . SVP, merci d’accuser réception de ce courriel, et transmettez mes coordonnées à M. Jean-Marie THEODAT.
A ce jour, rien ne semble avoir été entrepris de sérieux et d’efficace sur le plan de l’aide à la reconstruction du système d’enseignement haïtien, en direction des enfants et des futurs enseignants.
Ce serait une catastrophe.
La démarche personnelle, datée du 18.01, dont je vous informe en dossier-joint, était simplement humaine, apolitique et le demeure. Elle fut adressée à Monsieur le Recteur (par la voie hiérarchique), et à toutes les Entités plausiblement concernées.
Aujourd’hui, 20 semaines après, seules d’innombrables non-réponses hantent mes boîtes postale et @.
Je vous adresse une “Lettre-Ouverte” à ce sujet. Celle-ci fut adressée à la presse internet et écrite régionales, sans plus de réponse : preuve du caractère féodal de nos institutions?
Je vous autorise à la publier. Il n’est pas question de publier la lettre à M. le Recteur, mais vous pouvez vous en inspirer. (celle-ci n’a pas voulu se joindre à ce courriel, si besoin est, faites-moi savoir comment vous la faire parvenir)
Si vous publiiez cette Lettre-Ouverte, elle serait signée par : “instituteur honteux de ses employeurs”
Je tiens à conserver l’anonymat tout en assumant pleinement la responsabilité de mes écrits.
pour contact ou précisions :
Pierre BRIGAUD
rue Th. Leuginer 97120 ST-CLAUDE, GUADELOUPE
05.90.60.16.88 (pensez au décalage horaire en cas de contact téléphonique 12h métro= 6h gwada, heure à laquelle nous sommes levés et aptes à répondre au téléphone) pierrebrigaud@mediaserv.net
LETTRE OUVERTE à HAÏTI pour qui L’UNION FAIT LA FORCE:
Le 12 janvier 2010, “tè-la soukwé rèd an péyi a-zot.” (la terre a tremblé fortement dans votre pays)
On peut voir à la télé un horizon de poussières, des adultes hagards, des enfants pires que ça. A la question d’un journaliste sur sa vision de l’avenir, l’enfant d’une dizaine d’années répond sur un ton infiniment fataliste (avec le recul, son ton était-il réaliste???): “Mon avenir, …, je ne le vois pas.”
Pas même un avenir de misère, une absence.
Honte à mon Humain, à mon Français, à mon Guadeloupéen.
Je suis enseignant du 1er degré, titulaire remplaçant ZIL, ai 25 ans d’expérience, habilité à enseigner le créole et mes compétences sont reconnues.
Jusqu’à présent, j’ai été solidaire, bénéficiaire de solidarité, solidaire à nouveau en souhaitant ne jamais redevenir bénéficiaire de la solidarité d’autrui…
Quoique…
En ces circonstances…
L’immense jouissance de recevoir une aide inattendue est d’une telle intensité, que, presque, on espèrerait retrouver ces moments probants d’amour de l’Humain et de la volonté d’en réduire les malheurs.
Je sais vivre sans confort, ai pratiqué la spéléologie (donc spéléo-secours), montagne, équipier à la SNSM, volontaire déclaré en mairie en cas de sinistre majeur, donneur de sang.
Du 12 au 15 janvier, réflexions entrecoupées de constats d’impuissance, hormis quelques brosses à dents, médicaments et chèque, aboutissent à une mure réflexion.
Le 15, j’ai l’accord téléphonique de mon épouse, hors du département jusqu’au 13 février, pour me porter volontaire pour toute mission ayant pour but l’aide à la reconstruction du système d’enseignement haïtien. Conjointement en direction des enfants et des futurs enseignants.
Le 18, Monsieur le Recteur est informé par la voie hiérarchique de ma démarche. Lettre est déposée en main propre à la cellule de crise des Pompiers de BASSE-TERRE, chargée de transmettre en Préfecture.
Le 21, lettre, remise par un tiers, à Monsieur le Président de la Région Guadeloupe.
Et tant d’autres.
Aujourd’hui, 20 semaines après, seules d’innombrables non-réponses hantent mes boîtes postale et @.
Cette démarche était simplement humaine, apolitique, et le demeure.
Dire que nous sommes certainement plusieurs à avoir eu une démarche similaire, que nos Entités nous ignorent, qu’HAÏTI et ses enfants en souffrent; qu’on ne regarde même plus…
Le mépris est plus doux que l’ignorance. . .
Souhaitons que les évadés des prisons détruites, n’aient pas déjà pris en charge l’éducation des enfants isolés.
Signé: “instituteur honteux de ses employeurs”
11 juin 2010 à
il en faut du temps pour modérer un courriel humain, apolitique et ignoré par toutes les entités, et par vous.
ma demande de mise en relation avec M. THEODAT demeure effective et sincère.
bonne continuation.
pierre