Zapatero socialiste?
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Zapatero socialiste? A vrai dire, on peut encore se poser la question. En matière d’immigation, l’actuel gouvernement espagnol, jadis généreux pour régulariser par centaines de milliers le sort des immigrés, a mis un sérieux bémol à sa grandeur d’âme. Il renvoie désormais par charters entiers les “sans papiers” échoués sur ses côtes. Mieux, ceux qui acceptent de rentrer chez eux peuvent désormais bénéficier de leur allocation chômage comme prime de départ. A condition qu’ils ne mettent plus les pieds en Espagne pendant 3 ans. Et qu’ils renoncent à leur permis de séjour, ainsi qu’à leur permis de travail! Le formidable taux de chômage, 10, 4 pour cent en septembre, n’autorise plus la charité!
Cette fois, c’est vers les juges que les “zapateristes” se dirigent!
Pendant quatre ans, durée de leur première législature, les socialistes ont gouverné sans l’aide de l’opposition. Pas le moindre coup de pouce! La droite, héritée du franquisme, agrippée à son Parti Populaire, a systématiquement fait obstruction aux projets gouvernementaux. En matière de lutte contre le terrrorisme, en particulier!
Depuis les élections de Mars, de nouveau remportées par les socialistes, coup de volant, le panorama a bien changé. Les conservateurs, conscients d’avoir perdu les comices par manque de dialogue avec le Pouvoir, ont tourné casaque!
Sous la houlette d’un Mariano Rajoy soudain ragaillardi, ils se sont distancés de leur mentor, très marqué à droite, José Maria Aznar. Et se sont orientés vers le centre !
Résultat: aujourd’hui socialistes et “populares” ne marchent certes pas - pas encore? - la main dans la main. Mais, ils esquissent quelques pas de deux . Aux obsèques du militaire assassiné en Cantabrie par l’ETA, on a pu voir MM. Zapatero et Rajoy se lamenter côte à côte! Enfin, unis face à l’ETA..
Première conséquence politique concrète de cet étonnant rapprochement: un “pacte”, c’est le qualificatif employé, pour désigner les membres du “Conseil Général du Pouvoir Judiciaire”, la plus Haute Autorité de la Magistrature. Les partis socialiste et populaire ont accepté de se partager les postes de magistrats siègeant à cette puissante Juridiction. Je t’échange machin contre truc! Et, vlan, passe moi la calculette!
Sans doute emporté par son élan de gouverner -enfin! - avec une opposition de droite édulcorée, Zapatero est allé au-delà : il a choisi pour présider ce bastion judiciaire Carlos Dívar, un juge de 67 ans connu pour ses idées conservatrices et religieuses! Ce célibataire endurci a donné des conférencs à l’archevêché de Madrid, rappelle “el pais” qui cite cette phrase de l’intéressé sur la page WEB d’un organisme ultra catholique : “l’unique et véritable justice se situe dans l’amour du Christ..”
Cette nomination a suscité un tollé dans les rangs socialistes. Certains caciques progressistes menacent de ne pas entériner l’accord gouvernement-opposition!
Pendant quatre ans, le gouvernement socialiste a réussi - avec succès! - à séparer l’Eglise et l’Etat. Il a brillamment libéralisé les moeurs, malgré l’hostilité d’évêques omni-présents dans un pays marqué par des décennies de catholicisme.
Et, patatras.. Cette désignation du premier Magistrat d’Espagne! Allez donc l’expliquer à un homosexuel voulant se marier, mais encore empêché de le faire par certains juges conservateurs hostiles à l’application de la loi. .. Impossible!
Alors, encore socialiste, M. Zapatero? Voire!
