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Le blog de Pierre Cayrol


Article(s) de juin 2009

Boire ou se faire une ligne: les ados espagnols penchent pour l’alcool

Lundi 22 juin 2009

Il suffit de se balader Ă  l’aube dans les rues des grandes villes pour se rendre Ă  l’évidence!  Les comas ethyliques se multiplient! Sans Ă©xagĂ©rer, il n’est pas rare de voir des gamins, clouĂ©s au sol, les yeux exorbitĂ©s, totalement inconscients, gisant entre deux “cadavres” de rhum, de scotch ou de Coca Cola. Le rĂ©sultat de ce qu’ils appellent faire “botellĂłn”! Autrement dit: boire dans la rue entre copains, souvent pour le seul plaisir de se saoĂ»ler! En gĂ©nĂ©ral, ils s’approvisionnent Ă  l’Ă©picerie du chinois du coin, souvent plus “comprĂ©hensif” que ses collègues espagnols pour leur vendre de l’alcool après 22 heures, heure de l’interdiction gĂ©nĂ©ralisĂ©e.

Une enquete officielle rĂ©vèle que 24 pour cent des collĂ©giens âgĂ©s de 14 Ă  18 ans s’enivrent chaque week-end. Un quart des ados! 58 pour cent des jeunes de cette tranche d’âge boivent de façon… habituelle. L’âge moyen du premier verre est 13, 3 ans.

Face Ă  ce flĂ©au, la nouvelle Ministre de la Sante, Trinidad JimĂ©nez, veut responsabiliser les parents, les former, leur donner des cours pour les convertir en “vĂ©ritables agents de la santĂ© publique!”.

ParallĂ©lement Ă  l’alcool, la drogue aussi est très prisĂ©e par les jeunes espagnols. L’usage de la cocaĂŻne a certes diminuĂ©. Mais les chiffres demeurent impressionants: 5,1% des ados de 14 Ă  18 ans en ont consommĂ© au moins une fois. 2% en ont pris lors des 30 derniers jours prĂ©cĂ©dant l’enquĂŞte! L’âge de la premiere “ligne”: 15,3 ans.

Le cannabis enfin: 20% des 14/18 ans reconnaissent ĂŞtre des consommateurs habituels!

Pour ne pas bronzer idiot: un air de liberté en Andalousie!

Mardi 16 juin 2009

 

Le socialisme autogestionnaire n’est pas un leurre. Enfin, pas partoût !  En cette période de crise –une adresse pour Olivier Besancenot et ses camarades ?- il existe au creux de l’Andalousie profonde un endroit où les propres habitants décident de leur vie, de leur salaire, du prix de leur logement !

Marinaleda, c’est son nom, est un village sévillan. Une bourgade aux murs blanchis à la chaux pour se protéger du soleil. Ici, pas de lutte des classes, pas de promotion immobilière, pas de patrons, mais.. une société parfaitement égalitaire. Où personne ne dirige personne.. Le paradis ! Un coin perdu du Sud de l’Espagne  qui ne connaît pas le chômage. Un cas unique dans la répartition des richesses..

L’histoire, bien sûr, ne s’est pas faite en jour. Elle s’est tricotée au fil des ans. Inventée, façonnée par la volonté tenace de travailleurs agricoles, fatigués de ne pas pouvoir nourrir leurs enfants, las de travailler la terre aride andalouse pour des salaires indécents.

La révolution – quel autre qualificatif employer ? – s’est produite en 1980. Les 2600 habitants de Marinaleda, désoeuvrés, sans le sou, exploités par de grands propriétaires, votèrent à la majorité absolue une .. grève de la faim ! Leur mouvement a duré 13 jours et.. ils ont gagné..

Au fil des ans, d’occupation de propriĂ©tĂ©s - les fameux « cortijos » andalous - en manifestations de rues pacifiques, ils ont obtenu des latifundistes de petites poignĂ©es de terre Ă  cultiver. Le phĂ©nomène a grandi. Quelques arrhes, puis quelques hectares…

Pendant des décennies, ces révolutionnaires amateurs - certains savent à peine lire et écrire! - ont lutté pour le droit à l’eau dans cette région aride, pour l’accès à la terre, pour une réforme agraire !

A Marinaleda, pas de police municipale, pas de curĂ© non plus. Mais… beaucoup de terrains de sports. Le conseil municipal, c’est l’AssemblĂ©e des villageois. Les dĂ©cisions, gĂ©nĂ©ralement, sont prises Ă  main levĂ©e. Sans opposition, ni bagarres partisanes. Le maire, JosĂ© Manuel Sanchez Gordillo, rĂ©elu Ă  la majoritĂ© absolue Ă  chaque municipale, la cinquantaine rondelette, arbore fièrement une belle barbe fournie et des cache-nez palestiniens. Il est le penseur, le.. gauchiste de la CommunautĂ©. Militant de “Izquierda Unida”, issu notament du parti communiste et des verts, il a Ă©tĂ© sept fois arrĂŞtĂ©, deux fois il a Ă©chappĂ© Ă  des attentats!

« Le logement, explique-t-il, revient ici à celui qui le fabrique, la terre à celui qui la travaille, l’industrie pareil, mais le bien-être est collectif, sans limites ! ».

Ce Robin des bois aux accents d’un Don Quichotte guĂ©variste ne rĂŞve pas. La libertĂ© dont il parle, il l’a bâtie.. Au village, ce sont les habitants qui construisent leur maison sur des terrains municipaux. Ils ont appris Ă  devenir maçons ou plombiers.. Pour 15 euros par mois, ce logement, Ă  terme, leur appartiendra. La garderie pour les enfants revient Ă  12 euros mensuels, repas des enfants compris. Quant aux femmes, fait unique dans une Andalousie encore bien archaĂŻque, elles ont arrachĂ© le droit de travailler. Les produits de la terre sont ramassĂ©s Ă  mains nues, puis envoyĂ©s Ă  la coopĂ©rative créée par les villageois.

Tout le monde reçoit le même salaire fixé en Assemblée Générale. Il dépend de la vente : l’argent récolté est réparti entre les habitants !  

Sympa, non ? Ah, si Proudhon voyait ça !    Â