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Le blog de Pierre Cayrol


Rien ne va plus!

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Danger, l’Espagne, poussive, a la fièvre ! L’état de grâce du gouvernement socialiste espagnol se dégrade!

L’économie, fatiguée, s’essouffle.Le chômage atteint 11 pour cent de la population, la croissance est nulle, 0, 1 pour cent, l’inflation galope..  Les prix sont tellement élevés qu’on a du mal à comprendre comment les espagnols peuvent encore s’adonner à leur passe-temps favori : manger des “tapas” entre amis, croquettes ou jamon serrano, dans des bars bondés et enfumés. Le moindre logement atteint des sommets. Un triste deux pièces dans un quartier médiocre de Madrid se loue 800 euros! Or, le salaire minimum culmine à… 600 euros par mois! Résultat, les jeunes de plus de 30 ans vivent encore chez leurs parents ou s’arrachent des co-locations au grand bonheur de propriétaires radieux.

Rien ne va plus! Les espagnols ont du mal à boucler leurs fins de mois. Dans ce Pays où, comme en France, la voiture est reine, la vente d ‘automobiles a chuté de 40 pour cent. Dure, dure, la rentrée scolaire.. Il faut “apretarse el cinturon”. Se serrer la ceinture, et de plusieurs crans! Pendant les quatre premières années de leur gouvernement, les socialistes, certes, ont révolutionné la vie quotidienne, les moeurs ont sensiblement évoluées, autorisation des mariages gays, coup de pouce sensible à l’enseignement public, etc ..

En matière économique, cependant, Jose Luis Rodriguez Zapatero, perché sur son petit nuage, a tardé à reconnaître la gravité de la situation. Il y a quelques semaines encore il évoquait une “deceleracion” de l’économie. Aujourd’hui, lui même doit se rendre à l’évidence  : il ne s’agit pas d’un simple coup de frein, mais d’une crise aigue, prémisse possible d’une… “recéssion”! Désormais, d’ailleurs, ce qualificatif effrayant, tabou il y a peu de temps, se banalise…

A l’origine, en Espagne comme ailleurs, les prix du pétrole et les sub-primes made in US. Bien sûr. Mais ce n’est pas tout! Circonstance aggravante : une crise de l’immobilier sans précedent dans un pays où tout le monde rêve d’être propriétaire. Comme en Chine! Quand le bâtiment va, tout va, dit-on. Particulièrement en Espagne. Or, le secteur de la construction -pilier moteur de l’économie avec le tourisme!- est en pleine déconfiture. Par centaines de milliers, des ouvriers sont licenciés. Les espagnols, au cours des dernières décenies se sont précipités pour acheter leur logement, profitant de taux hypothécaires alléchants. Tous ou presque  -fatale erreur!- ont contracté des remboursements à taux variables. Résultat, pris à la gorge, ils ne peuvent plus payer. Fauchés, ruinés, ils sont obligés de revendre ce bien qu’ils avaient acquis avec tant d’illusion!  Un chiffre laisse rêveur: les espagnols doivent 540 milliards d’euros de crédit en dépenses de logement. Plus de la moitié de la richesse nationale! Actuellement, le taux moyens des remboursements de prêts s’élève à 896 euros par mois, 91 euros de plus que l’an passé!

Sur les facades des immeubles, fleurissent des panneaux “à vendre” ou “à louer”.Un conseil s’impose: si vous avez un peu de sous devant vous, une somme tout de même rondelette car l’immobilier demeure cher, il y a de belles affaires à réaliser ici!

Face à la difficulté abyssale, M. Zapatero malgré tout se veut rassurant: il vient de promettre tout de go une hausse des retraites de 6 pour cent l’an prochain et maintient son engagement de situer le salaire minimum à 800 euros dans 4 ans, à la fin de la législature en cours. Des objectifs qui font ricaner une opposition de droite incrédule! Dans ce marasme galopant, un plan de relance est en préparation dans les cartons socialistes. Il prévoit, notamment, un gel des hauts salaires dans les administrations ainsi que ceux des parlementaires. “Pourquoi pas!”, rétorquent leurs adversaires conservateurs réunis au sein du “parti populaire”. Mais, soulignent-ils, cette mesure sera simplement symbolique, des décisions plus profondes devraient être adoptées. Et vite! Vamos a ver, on va bien voir, disent les espagnols, souvent fatalistes, sous le soleil encore chaud de cet été vieillissant. Une chose demeure certaine, ce qui rend le sourire au “companero” Zapatero: contrairement à ses voisins, francais notamment, l’Espagne dispose d’un atoût majeur. Le budget de la Sécurité sociale est en excédent de près de 13 millards d’euros. Un coquet bas de laine!

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