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Le blog de Pierre Cayrol


Boire ou se faire une ligne: les ados espagnols penchent pour l’alcool

Société

Il suffit de se balader Ă  l’aube dans les rues des grandes villes pour se rendre Ă  l’évidence!  Les comas ethyliques se multiplient! Sans Ă©xagĂ©rer, il n’est pas rare de voir des gamins, clouĂ©s au sol, les yeux exorbitĂ©s, totalement inconscients, gisant entre deux “cadavres” de rhum, de scotch ou de Coca Cola. Le rĂ©sultat de ce qu’ils appellent faire “botellĂłn”! Autrement dit: boire dans la rue entre copains, souvent pour le seul plaisir de se saoĂ»ler! En gĂ©nĂ©ral, ils s’approvisionnent Ă  l’Ă©picerie du chinois du coin, souvent plus “comprĂ©hensif” que ses collègues espagnols pour leur vendre de l’alcool après 22 heures, heure de l’interdiction gĂ©nĂ©ralisĂ©e.

Une enquete officielle rĂ©vèle que 24 pour cent des collĂ©giens âgĂ©s de 14 Ă  18 ans s’enivrent chaque week-end. Un quart des ados! 58 pour cent des jeunes de cette tranche d’âge boivent de façon… habituelle. L’âge moyen du premier verre est 13, 3 ans.

Face Ă  ce flĂ©au, la nouvelle Ministre de la Sante, Trinidad JimĂ©nez, veut responsabiliser les parents, les former, leur donner des cours pour les convertir en “vĂ©ritables agents de la santĂ© publique!”.

ParallĂ©lement Ă  l’alcool, la drogue aussi est très prisĂ©e par les jeunes espagnols. L’usage de la cocaĂŻne a certes diminuĂ©. Mais les chiffres demeurent impressionants: 5,1% des ados de 14 Ă  18 ans en ont consommĂ© au moins une fois. 2% en ont pris lors des 30 derniers jours prĂ©cĂ©dant l’enquĂŞte! L’âge de la premiere “ligne”: 15,3 ans.

Le cannabis enfin: 20% des 14/18 ans reconnaissent ĂŞtre des consommateurs habituels!

Pour ne pas bronzer idiot: un air de liberté en Andalousie!

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Le socialisme autogestionnaire n’est pas un leurre. Enfin, pas partoût !  En cette période de crise –une adresse pour Olivier Besancenot et ses camarades ?- il existe au creux de l’Andalousie profonde un endroit où les propres habitants décident de leur vie, de leur salaire, du prix de leur logement !

Marinaleda, c’est son nom, est un village sévillan. Une bourgade aux murs blanchis à la chaux pour se protéger du soleil. Ici, pas de lutte des classes, pas de promotion immobilière, pas de patrons, mais.. une société parfaitement égalitaire. Où personne ne dirige personne.. Le paradis ! Un coin perdu du Sud de l’Espagne  qui ne connaît pas le chômage. Un cas unique dans la répartition des richesses..

L’histoire, bien sûr, ne s’est pas faite en jour. Elle s’est tricotée au fil des ans. Inventée, façonnée par la volonté tenace de travailleurs agricoles, fatigués de ne pas pouvoir nourrir leurs enfants, las de travailler la terre aride andalouse pour des salaires indécents.

La révolution – quel autre qualificatif employer ? – s’est produite en 1980. Les 2600 habitants de Marinaleda, désoeuvrés, sans le sou, exploités par de grands propriétaires, votèrent à la majorité absolue une .. grève de la faim ! Leur mouvement a duré 13 jours et.. ils ont gagné..

Au fil des ans, d’occupation de propriĂ©tĂ©s - les fameux « cortijos » andalous - en manifestations de rues pacifiques, ils ont obtenu des latifundistes de petites poignĂ©es de terre Ă  cultiver. Le phĂ©nomène a grandi. Quelques arrhes, puis quelques hectares…

Pendant des décennies, ces révolutionnaires amateurs - certains savent à peine lire et écrire! - ont lutté pour le droit à l’eau dans cette région aride, pour l’accès à la terre, pour une réforme agraire !

A Marinaleda, pas de police municipale, pas de curĂ© non plus. Mais… beaucoup de terrains de sports. Le conseil municipal, c’est l’AssemblĂ©e des villageois. Les dĂ©cisions, gĂ©nĂ©ralement, sont prises Ă  main levĂ©e. Sans opposition, ni bagarres partisanes. Le maire, JosĂ© Manuel Sanchez Gordillo, rĂ©elu Ă  la majoritĂ© absolue Ă  chaque municipale, la cinquantaine rondelette, arbore fièrement une belle barbe fournie et des cache-nez palestiniens. Il est le penseur, le.. gauchiste de la CommunautĂ©. Militant de “Izquierda Unida”, issu notament du parti communiste et des verts, il a Ă©tĂ© sept fois arrĂŞtĂ©, deux fois il a Ă©chappĂ© Ă  des attentats!

« Le logement, explique-t-il, revient ici à celui qui le fabrique, la terre à celui qui la travaille, l’industrie pareil, mais le bien-être est collectif, sans limites ! ».

Ce Robin des bois aux accents d’un Don Quichotte guĂ©variste ne rĂŞve pas. La libertĂ© dont il parle, il l’a bâtie.. Au village, ce sont les habitants qui construisent leur maison sur des terrains municipaux. Ils ont appris Ă  devenir maçons ou plombiers.. Pour 15 euros par mois, ce logement, Ă  terme, leur appartiendra. La garderie pour les enfants revient Ă  12 euros mensuels, repas des enfants compris. Quant aux femmes, fait unique dans une Andalousie encore bien archaĂŻque, elles ont arrachĂ© le droit de travailler. Les produits de la terre sont ramassĂ©s Ă  mains nues, puis envoyĂ©s Ă  la coopĂ©rative créée par les villageois.

Tout le monde reçoit le même salaire fixé en Assemblée Générale. Il dépend de la vente : l’argent récolté est réparti entre les habitants !  

Sympa, non ? Ah, si Proudhon voyait ça !     

En attendant Carla

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Jamais, sans doute, je n’ai reçu autant de coups de fil professionnels de confrères espagnols.. Curieusement, ce n’est ni la petite phrase attribuĂ©e Ă  Nicolas Sarkozy sur le prĂ©tendu pâle quotient intellectuel de JosĂ© Luis Zapatero, ni la rĂ©action dĂ©solĂ©e de SĂ©golène Royal Ă  ce propos qui les interessent. Non! Ce qu’ils veulent dĂ©couvrir ce sont des dĂ©tails “people” sur.. Carla Bruni. Des histoires croustillantes, si possible. Car, Nicolas Sarkozy et son Ă©pouse sont attendus dans la capitale espagnole lundi prochain.

Ici, comme ailleurs sans doute quand elle se dĂ©place,  les reporters cherchent Ă  savoir l’emploi du temps de la Première Dame française. Ira-t-elle chez un coiffeur, fera-elle des emplettes? Invariablement, une comparaison apparaĂ®t avec… Cecilia, l’ex Ă©pouse, très connue en Espagne pour ses liens familiaux avec le compositeur Albeniz et avec le maire de la capitale Alberto Ruiz-Gallardon. Cecilia aimait frĂ©quenter, avec son ancien mari, l’hotel Ritz Ă  Madrid. Et Carla? Pourra-t-elle faire oublier la très apprĂ©ciĂ©e “espagnole” de l’ElysĂ©e?

Elle sera logĂ©e avec son Ă©poux au Pardo, l’ancien palais de Franco, dĂ©sormais rĂ©sidence des invitĂ©s du Royaume, dans la banlieue ouest de Madrid. Pas loin de la Zarzuela, demeure du roi d’Espagne.  C’est l’une des rares choses que l’on sâche.

Carla prendra-t-elle la place de sa rivale dans le coeur des espagnols très enclin aux potins mondins? Le match est annoncé!

Evidemment, dans un tel fracas de questions, pour le moins lĂ©gères, l’intelligence de Zapatero -jadis contestĂ©e par la droite locale- est dĂ©sormais passĂ©e au second plan.  Les propos attribuĂ©s Ă  Nicolas Sarkozy, ont certes Ă©mu en Espagne. Ils ont franchement vexĂ© les gens, toutes tendances politiques confondues. La presse en a abondamment parlĂ©, en regrettant, en dĂ©noncant plutĂ´t, de telles paroles blessantes Ă  l’egard du PrĂ©sident du gouvernement d’un pays voisin et thĂ©oriquement ami! Circonstance aggravante: l’intelligence de leur premier Ministre a Ă©tĂ© questionnĂ©e par un … français!  Or, les espagnols, depuis NapolĂ©on, gardent une rĂ©elle rancoeur envers les français, souvent considĂ©rĂ©s comme prĂ©tentieux.  La rĂ©volte hĂ©roĂŻque du peuple de Madrid contre les troupes napolĂ©oniennes et les tueries du 2 Mai 1808, immortalisĂ©es par Goya, sont inscrites dans toutes les mĂ©moires. Mieux: le bicentenaire de ce “moment” franchement peu glorieux pour la France a Ă©tĂ© fĂŞtĂ© l’an passĂ© en grande pompe. RĂ©sultat, les “gabachos“, sobriquet dont on nous affuble ici, ne sont pas toujours très apprĂ©ciĂ©s! Alors, vous savez,  ce que pense M. Sarkozy de l’intelligence de M. Zapatero…

Certains ont ironisĂ© en insistant, sans guère de panache, sur la petite taille du PrĂ©sident français, qualifiĂ© de.. “nain”.  Un proche socialiste de Zapatero a rĂ©sumĂ© l’ambiance en rappelant que le PrĂ©sident français, comparĂ© Ă  Silvio Berlusconi, avait l’habitude de tenir de tels propos Ă  l’emporte-pièce. Au fond, me disait-il, ce n’est “que” du Sarkozy,  il a voulu faire l’intĂ©ressant, il ne faut pas y attacher trop d’importance! Autrement dit, nous aurions mieux aimĂ© Ă©videmment qu’il se taise mais, venant delui, nous ne sommes guère surpris. Et toc! 

Quant aux excuses de SĂ©golène Royal, Ă  peine mentionnĂ©es dans la presse, elles ont certes Ă©tĂ© bienvenues.  Mais, pas davantage! La page est tournĂ©e, le feuilleton s’Ă©crit dĂ©sormais en France, pas en Espagne.

Maintenant, c’est Carla qui va faire parler d’elle.  Sa silhouette Ă©lĂ©gante devrait faire oublier celle de son Ă©poux et gommer les commentaires que Liberation a prĂŞtĂ©s au chef de l’Etat français.  Les conseillers en communication de la Première Dame pourraient lui suggĂ©rer d’organiser un dĂ©jeĂ»ner entre copines et d’y vanter les mĂ©rites des hommes espagnols.  Des propos qui, Ă©videmment, grace Ă  des fuites, seraient publiĂ©s dans un journal local.

La Reine Sophie se.. lâche!

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La reine en famille © el pais

La reine en famille © el pais

La reine Sophie a fĂŞtĂ© ce dimanche ses 70 ans. Au milieu d’une belle polĂ©mique qu’elle a elle-mĂŞme… dĂ©clenchĂ©e. Dans un recueil de propos intitulĂ© « la Reine de très près », (« la Reina muy de cerca ») Ă©crit par Pilar Urbano, l’une des journalistes les plus cĂ©lèbres d’Espagne –et sans doute la plus royaliste- la Souveraine rompt avec un silence de… 33 ans. Pas moins! Elle s’exprime sur tout ! Le mariage homosexuel, l’avortement, le suicide assistĂ©. Bref, elle rĂ©agit sur beaucoup des thèmes qui fâchent dans cette Espagne mal remise du Pouvoir exercĂ© pendant des dĂ©cennies par une puissante hiĂ©rarchie Catholique.

Un pavé dans le cheminement d’une Monarchie, jusqu’à ce jour, plutôt discrète.

Dans tous les medias, sans exception, il a été de bon ton de souhaiter à Doña Sofía un heureux anniversaire. La télévision publique lui a consacré un reportage en prime time. Elle est si douce, si gentille, si généreuse, a-t-on lu et entendu partout. Le bien personnalisé. Toujours proche de son peuple et de sa petite famille ! Même Zapatero, le républicain Zapatero, y est allé de son couplet admiratif.

La propre vice-présidente du gouvernement, Maria Teresa Fernandez de la Vega, la femme libérée de l’équipe gouvernementale, a souligné « le travail impeccable » de la Reine. A lire la presse, à entendre la classe politique, la tendre épouse de Juan Carlos fait donc l’unanimité dans une Monarchie que le dictateur Franco, le pourfendeur de la République, avait lui-même désigné avant sa mort pour lui succéder.

Les compliments ont été d’autant plus marqués et dithyrambiques que la Reine - allez savoir pourquoi ! -  a décidé de … se lâcher. Elle, d’ordinaire si discrète au fil de 46 ans passés en Espagne, s’est résolu à parler. De tout et de rien. Mais, surtout, de tout! Et cela dans le livre que publie Pilar Urbano, une journaliste, toute sa vie fidèle au très monarchiste quotidien « ABC » ! Pas suspecte, donc, d’amitiés républicaines.

A propos du mariage homosexuel lĂ©galisĂ© en Espagne, la Reine affirme : « ils peuvent ĂŞtre en droit de se marier, mais que l’on n’appelle pas cela un mariage ». Imaginez les rĂ©actions des associations de dĂ©fense des homosexuels ! Elles n’ont d’ailleurs pas tardĂ©.

Sur la Monarchie : « Aujourd’hui un républicain en Espagne est autant hors du contexte qu’un royaliste en France » »

L’euthanasie? : « Je n’en suis pas partisane. La vie et la mort ne sont pas entre nos mains ».

Et ainsi de suite.. La reine dicte son jugement.

Personne, évidemment, n’a prétendu censurer la Reine, ce serait un crime de lèse-majesté, ni évidemment lui refuser d’avoir son opinion. Non ! Ce que beaucoup lui reprochent c’est tout simplement d’avoir parlé, d’avoir exprimé son avis personnel, alors qu’elle devait être impartiale, au-dessus des croyances.

Paradoxalement, c’est le porte parole du parti d opposition de droite, du Parti Populaire, Esteban Gonzalez Pons qui a lancé la première pique : « Je pense, a-t-il dit, que le principe de neutralité devrait être observé par la famille royale. (..) Le Roi et la Reine sont comme le drapeau national », ils doivent être neutres !

L’affaire est devenue une affaire d’Etat. Imaginez, la Reine si effacée qui, pour la première fois, se confesse,  expose ses convictions. La Maison Royale a certes essayé de minimiser l’affaire – car c’en est une ! - en affirmant que les propos publiés sont, pour certains, « inexacts » ou exprimés de façon privée. Rien n’y fait ! La journaliste maintient son manuscrit et affirme avoir reçu le feu vert « pour publication » de la maison Royale.

On en est là. Mais, que les Monarchistes se rassurent. Dans le livre, la Reine Sophie affirme que « le Roi (Juan Carlos) n’abdiquera jamais ». Nous voila rassurés !

L’Espagne est furieuse, elle a tord!

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Décidément, les espagnols se débarrassent mal de leurs vieux complexes. La raison, cette fois, de leur frustration ? Ne pas avoir été invités au fameux sommet monétaire mondial du 15 Novembre organisé par Washington.. 

Depuis l’annonce de ce rendez-vous, il ne se passe pas un jour sans que les dirigeants –et l’opposition de droite !- se battent bec et ongle pour participer Ă  cette rĂ©union. MĂŞme si, en privĂ©, ces derniers reconnaissent qu’en dĂ©pit des assurances de Nicolas Sarkozy, aucune mesure concrète significative ne devrait ĂŞtre adoptĂ©e. Peu importe, disent-ils, question de principe !

Sans relâche, le gouvernement socialiste, sĂ©bile Ă  la main, tire inlassablement les sonnettes du monde entier ! Aucun chef d’Etat « respectable » n’échappe aux dolĂ©ances, aux plaintes plutĂ´t, des dirigeants Madrilènes. La presse a pris le relais : les Ă©ditorialistes de tous poils agitent leurs plumes dans tous les sens pour dĂ©noncer cette sĂ©grĂ©gation. Ils rappellent Ă  l’envi que l’Espagne occupe la 8Ă©me place au hit parade Ă©conomique mondial en terme de PIB. Ah mais…

Les espagnols furieux ? Le mot est faible. Ils sont … humiliĂ©s par une telle mise Ă  l’écart.

Cette insistance tourne presque au ridicule. L’autre jour, une indiscrétion dans la presse révélait que la France, ô combien généreuse, allait céder son jeton de présence à l’Espagne. Un geste gratuit puisqu’elle  participera de toutes façons au sommet en tant que Présidente de l’Union Européenne. Cette proposition a ravivé les espoirs. Mais semble avoir fait long feu. La droite s’est offusquée sur le thème : « nous ne demandons tout de même pas un strapontin ! ».

Alors, ira, ira pas ? La question a ouvert un débat national. L’Espagne qui ne fait partie ni du G4, ni du G8, ni du G 20 devrait, peut-être, se glorifier, au fond, de ne pas cautionner une rencontre orchestrée par un Président américain finissant. Qui sait, elle pourrait à terme faire figure de sage et, dans un avenir proche, se convertir en référence pour dispenser ses conseils avisés à un monde capitaliste déboussolé. Madrid peut, en tout cas, se glorifier de deux choses : de posséder une banque Centrale d’Espagne vigilante qui lui a permis de surfer sur la crise et d’avoir soufflé à Nicolas Sarkozy l’idée d’une réunion des dirigeants de l’Euro-groupe d’où est sorti le fameux plan européen !  Pas de quoi avoir des complexes ! Franchement pas..

 

 

Zapatero socialiste?

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José Luís Rodriguez Zapatero et Mariano Rajoy © público

José Luís Rodriguez Zapatero et Mariano Rajoy © público

Zapatero socialiste? A vrai dire, on peut encore se poser la question. En matière d’immigation, l’actuel gouvernement espagnol, jadis gĂ©nĂ©reux pour rĂ©gulariser par centaines de milliers le sort des immigrĂ©s, a mis un sĂ©rieux bĂ©mol Ă  sa grandeur d’âme. Il renvoie dĂ©sormais par charters entiers les “sans papiers” Ă©chouĂ©s sur ses cĂ´tes. Mieux, ceux qui acceptent de rentrer chez eux peuvent dĂ©sormais bĂ©nĂ©ficier de leur allocation chĂ´mage comme prime de dĂ©part. A condition qu’ils ne mettent plus les pieds en Espagne pendant 3 ans. Et qu’ils renoncent Ă  leur permis de sĂ©jour, ainsi qu’Ă  leur permis de travail! Le formidable taux de chĂ´mage, 10, 4 pour cent en septembre, n’autorise plus la charitĂ©!

Cette fois,  c’est vers les juges que les “zapateristes” se dirigent!

Pendant quatre ans, durĂ©e de leur première lĂ©gislature, les socialistes ont gouvernĂ© sans l’aide de l’opposition. Pas le moindre coup de pouce! La droite, hĂ©ritĂ©e du franquisme, agrippĂ©e Ă  son Parti Populaire, a systĂ©matiquement fait obstruction aux projets gouvernementaux. En matière de lutte contre le terrrorisme, en particulier!

Depuis les Ă©lections de Mars, de nouveau remportĂ©es par les socialistes, coup de volant, le panorama a bien changĂ©. Les conservateurs, conscients d’avoir perdu les comices par manque de dialogue avec le Pouvoir, ont tournĂ© casaque!

Sous la houlette d’un Mariano Rajoy soudain ragaillardi, ils se sont distancĂ©s de leur mentor, très marquĂ© Ă  droite, JosĂ© Maria Aznar. Et se sont orientĂ©s vers le centre !

RĂ©sultat: aujourd’hui socialistes et “populares” ne marchent certes pas - pas encore? - la main dans la main. Mais, ils esquissent quelques pas de deux . Aux obsèques du militaire assassinĂ© en Cantabrie par l’ETA, on a pu voir MM. Zapatero et Rajoy se lamenter cĂ´te Ă  cĂ´te! Enfin, unis face Ă  l’ETA..

Première consĂ©quence politique concrète de cet Ă©tonnant rapprochement: un “pacte”, c’est le qualificatif employĂ©,  pour dĂ©signer les membres du “Conseil GĂ©nĂ©ral du Pouvoir Judiciaire”, la plus Haute AutoritĂ© de la Magistrature. Les partis socialiste et populaire ont acceptĂ© de se partager les postes de magistrats siègeant Ă  cette puissante Juridiction. Je t’Ă©change machin contre truc! Et, vlan, passe moi la calculette!

Sans doute emportĂ© par son Ă©lan de gouverner  -enfin! -  avec une opposition de droite Ă©dulcorĂ©e, Zapatero est allĂ© au-delĂ  : il a choisi pour prĂ©sider ce bastion judiciaire Carlos DĂ­var, un juge de 67 ans connu pour ses idĂ©es conservatrices et religieuses! Ce cĂ©libataire endurci a donnĂ© des confĂ©rencs Ă  l’archevĂŞchĂ© de Madrid, rappelle “el pais” qui cite cette phrase de l’intĂ©ressĂ© sur la page WEB d’un organisme ultra catholique : “l’unique et vĂ©ritable justice se situe dans l’amour du Christ..”

Cette nomination a suscitĂ© un tollĂ© dans les rangs socialistes. Certains caciques progressistes menacent de ne pas entĂ©riner l’accord gouvernement-opposition!

Pendant quatre ans, le gouvernement socialiste a rĂ©ussi - avec succès! -  à sĂ©parer l’Eglise et l’Etat. Il a brillamment libĂ©ralisĂ© les moeurs, malgrĂ© l’hostilitĂ© d’Ă©vĂŞques omni-prĂ©sents dans un pays marquĂ© par des dĂ©cennies de catholicisme.

Et, patatras.. Cette dĂ©signation du premier Magistrat d’Espagne! Allez donc l’expliquer Ă  un homosexuel voulant se marier, mais encore empĂŞchĂ© de le faire par certains juges conservateurs hostiles Ă  l’application de la loi. ..  Impossible!

Alors, encore socialiste, M. Zapatero?  Voire!

Madrid, ville propre!

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A Bruxelles, ville europĂ©enne s’il en est, jalouse de son exemplaritĂ©, les camions-poubelles ne passent que deux fois par semaine! Et personne ne se plaint de ce malheureux laissez-aller hygiĂ©nique! “Tristement regrettable”, observerait sans doute Jacques Brel!
A Madrid, en revanche, plus connue pourtant, á tord, pour son laxisme, oĂş il fait sensiblement plus chaud que dans la Capitale belge, on ne compte plus la noria de camionnettes, de motos siglĂ©es “propretĂ© de Madrid”. Vingt quatre heures sur vingt quatre, elles arpentent la capitale. en guerre contre le moindre papier gras…
Madrid est une ville propre. Leader sans doute en ce domaine sur le vieux Continent! Les agents chargĂ©s du nettoyage passent et repassent encore. Plusieurs fois par jour.. A deux heures du matin, on peut observer des hommes, revĂŞtus d’un uniforme jaune et vert, armĂ©s d’une pĂŞle et d’une balayette, receuillir encore les cochonneries abandonnĂ©es au pied des arbres. Les madrilĂ©nes ne les remarquent plus, ces bienfaiteurs : ils font tellement partie de leur vie quotidienne. Quant aux propriètaires de chiens, exemplaires, ils ramassent religieusement, dans leurs petits sachets en plastique, les crottes de leurs fidĂ©les compagnons!
La Capitale d’Espagne mĂ©rite dĂ©cidĂ©ment un large coup de chapeau pour la propretĂ© de ses rues. On ne peut pas en dire autant du bruit assourdissant qui, dans le centre, empĂŞche ses habitants de dormir.. C’est un autre histoire!

Indignation!

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 © www.mariluzcortes.es

© www.mariluzcortes.es


Mari Luz, 5 ans, faisait partie du quotidien des espagnols. Son corps a été retrouvé, gisant au bord d’un fleuve de Huelva, en Andalousie, le 8 mars dernier. 54 jours après sa disparition !
Tout le pays connaissait son visage diffusé via internet. Des centaines de milliers de pétitions pour la retrouver avaient été signées. Le propre Président du Gouvernement, José Luis Rodriguez Zapatero avait promis aux parents une enquête exemplaire. Et puis brusquement ce meurtre, ce petit corps chétif abandonné sur une rive !
Aujourd’hui les espagnols au-delĂ  de la cruautĂ© de l’assassinat sont bouleversĂ©s. IndignĂ©s ! Car l’assassin prĂ©sumĂ© de la fillette , un certain Santiago del Valle,  était un pĂ©dophile archi-connu des services de police.  Il avait Ă©tĂ© condamnĂ© pour actes sexuels contre des mineurs par un Tribunal de SĂ©ville. Une fois mĂŞme contre … sa propre fille !
Au moment des faits, cependant, il errait libre, à Gijon, dans le Nord de l’Espagne. Un magistrat Rafael Tirado avait jugé bon de ne pas faire éxécuter la sentence le condamnant.
Ce juge, voué aux gémonies par l’Espagne entière, vient d’être condamné pour « faute grave » par une Commission disciplinaire à … 1500 euros d’amende ! Pas davantage.
La vie d’une enfant, décidément ne vaut pas cher !

Rien ne va plus!

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Danger, l’Espagne, poussive, a la fièvre ! L’Ă©tat de grâce du gouvernement socialiste espagnol se dĂ©grade!

L’Ă©conomie, fatiguĂ©e, s’essouffle.Le chĂ´mage atteint 11 pour cent de la population, la croissance est nulle, 0, 1 pour cent, l’inflation galope..  Les prix sont tellement Ă©levĂ©s qu’on a du mal Ă  comprendre comment les espagnols peuvent encore s’adonner Ă  leur passe-temps favori : manger des “tapas” entre amis, croquettes ou jamon serrano, dans des bars bondĂ©s et enfumĂ©s. Le moindre logement atteint des sommets. Un triste deux pièces dans un quartier mĂ©diocre de Madrid se loue 800 euros! Or, le salaire minimum culmine Ă … 600 euros par mois! RĂ©sultat, les jeunes de plus de 30 ans vivent encore chez leurs parents ou s’arrachent des co-locations au grand bonheur de propriĂ©taires radieux.

Rien ne va plus! Les espagnols ont du mal Ă  boucler leurs fins de mois. Dans ce Pays oĂą, comme en France, la voiture est reine, la vente d ‘automobiles a chutĂ© de 40 pour cent. Dure, dure, la rentrĂ©e scolaire.. Il faut “apretarse el cinturon”. Se serrer la ceinture, et de plusieurs crans! Pendant les quatre premières annĂ©es de leur gouvernement, les socialistes, certes, ont rĂ©volutionnĂ© la vie quotidienne, les moeurs ont sensiblement Ă©voluĂ©es, autorisation des mariages gays, coup de pouce sensible Ă  l’enseignement public, etc ..

En matière Ă©conomique, cependant, Jose Luis Rodriguez Zapatero, perchĂ© sur son petit nuage, a tardĂ© Ă  reconnaĂ®tre la gravitĂ© de la situation. Il y a quelques semaines encore il Ă©voquait une “deceleracion” de l’Ă©conomie. Aujourd’hui, lui mĂŞme doit se rendre Ă  l’Ă©vidence  : il ne s’agit pas d’un simple coup de frein, mais d’une crise aigue, prĂ©misse possible d’une… “recĂ©ssion”! DĂ©sormais, d’ailleurs, ce qualificatif effrayant, tabou il y a peu de temps, se banalise…

A l’origine, en Espagne comme ailleurs, les prix du pĂ©trole et les sub-primes made in US. Bien sĂ»r. Mais ce n’est pas tout! Circonstance aggravante : une crise de l’immobilier sans prĂ©cedent dans un pays oĂą tout le monde rĂŞve d’ĂŞtre propriĂ©taire. Comme en Chine! Quand le bâtiment va, tout va, dit-on. Particulièrement en Espagne. Or, le secteur de la construction -pilier moteur de l’Ă©conomie avec le tourisme!- est en pleine dĂ©confiture. Par centaines de milliers, des ouvriers sont licenciĂ©s. Les espagnols, au cours des dernières dĂ©cenies se sont prĂ©cipitĂ©s pour acheter leur logement, profitant de taux hypothĂ©caires allĂ©chants. Tous ou presque  -fatale erreur!- ont contractĂ© des remboursements Ă  taux variables. RĂ©sultat, pris Ă  la gorge, ils ne peuvent plus payer. FauchĂ©s, ruinĂ©s, ils sont obligĂ©s de revendre ce bien qu’ils avaient acquis avec tant d’illusion!  Un chiffre laisse rĂŞveur: les espagnols doivent 540 milliards d’euros de crĂ©dit en dĂ©penses de logement. Plus de la moitiĂ© de la richesse nationale! Actuellement, le taux moyens des remboursements de prĂŞts s’Ă©lève Ă  896 euros par mois, 91 euros de plus que l’an passĂ©!

Sur les facades des immeubles, fleurissent des panneaux “Ă  vendre” ou “Ă  louer”.Un conseil s’impose: si vous avez un peu de sous devant vous, une somme tout de mĂŞme rondelette car l’immobilier demeure cher, il y a de belles affaires Ă  rĂ©aliser ici!

Face Ă  la difficultĂ© abyssale, M. Zapatero malgrĂ© tout se veut rassurant: il vient de promettre tout de go une hausse des retraites de 6 pour cent l’an prochain et maintient son engagement de situer le salaire minimum Ă  800 euros dans 4 ans, Ă  la fin de la lĂ©gislature en cours. Des objectifs qui font ricaner une opposition de droite incrĂ©dule! Dans ce marasme galopant, un plan de relance est en prĂ©paration dans les cartons socialistes. Il prĂ©voit, notamment, un gel des hauts salaires dans les administrations ainsi que ceux des parlementaires. “Pourquoi pas!”, rĂ©torquent leurs adversaires conservateurs rĂ©unis au sein du “parti populaire”. Mais, soulignent-ils, cette mesure sera simplement symbolique, des dĂ©cisions plus profondes devraient ĂŞtre adoptĂ©es. Et vite! Vamos a ver, on va bien voir, disent les espagnols, souvent fatalistes, sous le soleil encore chaud de cet Ă©tĂ© vieillissant. Une chose demeure certaine, ce qui rend le sourire au “companero” Zapatero: contrairement Ă  ses voisins, francais notamment, l’Espagne dispose d’un atoĂ»t majeur. Le budget de la SĂ©curitĂ© sociale est en excĂ©dent de près de 13 millards d’euros. Un coquet bas de laine!

Bonjour tout le monde !

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