Kerviel : un personnage banal
Mercredi 23 juin 2010Dixième jour : audience de l’aprés midi.
Jean Veil, l’avocat de la Société Générale poursuit sa plaidoirie. Il s’interroge sur le mobile d’un Jérôme Kerviel, « emmuré dans sa tête ».
« Dans une affaire financière, les expertises psychologiques sont rares » explique le défenseur et ici : « elles n’ont rien donné. L’expertise a duré 12h15 minutes. Jérôme Kerviel à chaque instant se valorise, utilisant des expressions excessives. Finalement l’intéressé, depuis n’a pas vraiment changé. Monsieur Kerviel est quelqu’un de tout à fait normal. Alors que s’est-t-il passé ? Si ce n’est pas un fou et si ce n’est pas un escroc, il existe une troisième hypothèse. Cette hypothèse c’est celle de la banalité et de la médiocrité. Jérôme Kerviel est tout simplement un joueur qui perd et qui rejoue pour se refaire. Il n’a jamais eu l’intention de faire gagner de l’argent à la banque. Il s’est servi de la banque comme d’un casino. Les salariés de la banque sont venus le dire. Monsieur Bouton avait la voix qui tremblait, Monsieur Cordelle (l’ancien chef de Kerviel) avait les larmes aux yeux, et dans leur émotion, ce qui était frappant, c’était de voir que le seul qui n’était pas ému, le seul qui ricanait, c’était lui, c’était Kerviel ».














