clearstream : impression d’audience… (4)
Neuvième audience : la stratégie du contournement
Dominique de Villepin ou l’art de la guerre. En tout dĂ©but de procès, il Ă©tait parti sabre au clair contre le gĂ©nĂ©ral Rondot. A l’entendre les notes du militaires, ses fameux petits carnets, n’Ă©taient que des brouillons, anachroniques, de vulgaires salmigondis .ConsĂ©quence, quand le gĂ©nĂ©ral est venu tĂ©moigner, le retour de bâton a Ă©tĂ© terrible. Le militaire s’en est tenu Ă ses notes, imperturbable, un roc de certitude, une citadelle imprenable. Impression dĂ©sastreuse pour Villepin. Â
Changement de stratégie
Mercredi, l’ancien premier ministre a donc changĂ© de stratĂ©gie. Habile animal politique, il amadoue, il flatte, il sĂ©duit, il salue l’honneur du gĂ©nĂ©ral, se morfond mĂŞme des soucis qu’il pu lui causer. Surtout, il minimise leurs diffĂ©rents. A l’en croire, il ne s’agit que de simples malentendus, de malheureuses incomprĂ©hensions, il va meme jusqu’ Ă affirmer : « Mais je suis cent fois d’accord avec le gĂ©nĂ©ral Rondot »
 Un général ému
  En face le militaire ne cille pas, ne bronche pas sous l’avalanche des compliments, il s’en tient a son expression favorite : ” j’ai vu ce que j’ai vu, je rapporte ce que j’ai entendu” Mais, comme il n’en rajoute pas, ne contredit pas ouvertement Villepin et que par moment il ne semble pas totalement insensible aux amabilitĂ©s : « Je l’avoue, Ă l’écoute du premier ministre, je suis Ă©mu » peu Ă peu au fil de la confrontation, les divergences entre les deux hommes semblent s’estomper, comme par magie, mĂŞme si sur le fond rien n’a changer. AssurĂ©ment du bien bel ouvrage. Et Dominique de Villepin, se permet mĂŞme en fin d’une audience l’une de ses tirades dont il a le secret : « Comment imaginer que j’ai pu convoquer au quai d’Orsay un gĂ©nĂ©ral avec ses petits crayons et ses fiches bristol pour comploter. On ne confie pas un complot Ă un homme comme le gĂ©nĂ©ral Rondot ! »
Et maintenant ?
A l’évidence certaines dĂ©clarations de Dominique de Villepin sont apparues peu crĂ©dibles dans ce procès, qu’il s’agisse de ses dĂ©nĂ©gations sur son intervention lors de la garde Ă vue d’Imad lahoud, de sa persistance Ă nier des rencontres avec Jean Louis Gergorin, ou bien de sa lecture pour le moins particulière des carnets Rondot. Pour autant sur le reste, c’est-Ă -dire sur l’essentiel, Dominique de Villepin s’est montrĂ© beaucoup plus convaincant. Sur un aspect du dossier en particulier, capital. Alors que l’accusation lui reproche d’avoir su dès le mois d’avril 2004 que toute cette affaire Ă©tait « bidon », l’ancien premier ministre, grâce d’ailleurs au tĂ©moignage du gĂ©nĂ©ral Rondot, a pu Ă©tablir qu’il n’en n’était rien. C’est, au plus tĂ´t, en juillet 2004 qu’il a pris conscience d’une possible falsification des listings. Il est donc pour le moins dĂ©licat de l’accuser aujourd’hui d’avoir Ă©tĂ© le complice d’une dĂ©nonciation calomnieuse intervenue au mois d’avril 2004 alors qu’il ignorait Ă cette Ă©poque la faussetĂ© des accusations. Demeure une zone grise, la pĂ©riode allant de juillet Ă octobre 2004. Dominique de Villepin a de sĂ©rieux doutes s’en avoir pour autant la certitude que tout est faux. Aurait-il du, aurait-il pu arrĂŞter la machine infernale de la calomnie ? Sans doute. Mais il n’était le seul Ă pouvoir le faire. Le gĂ©nĂ©ral Rondot, lui-mĂŞme, le directeur de cabinet du ministre de la dĂ©fense, voir la ministre, elle-mĂŞme disposaient d’informations identiques. Personne n’a rien fait. Tout le monde est restĂ© paralysĂ©. Pourquoi ? Cela demeure en partie mystĂ©rieux. Dominique de Villepin doit-il ĂŞtre condamnĂ© pour son inaction ? Et sur quelles bases juridiques ? Alors que s’achève les dĂ©bats et que dĂ©bute bientĂ´t la phase des plaidoiries, aucune vĂ©ritĂ© absolue n’est encore apparue dans cette audience.














