Berliner Luft, le blog de Lise Jolly

Lise Jolly, envoyée spéciale permanente à Berlin pour Radio France.

Die verlorene Ruhe von Angela M. ( La quiètude perdue d’Angela M. )

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 © Der Spiegel

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Hier encore Forbes la désignait comme la femme la plus influente du monde. Elle, la petite physicienne de RDA qui s’était tenue à l’écart de la politique du temps du communisme et qui avait si bien réussi sa percée dans ce monde sauvage depuis 89,  elle qui a si bien su sortir l’Allemagne de la crise économique et redonner du lustre à son économie, aujourd’hui alors que tout les clignotants économiques sont au vert, se retrouve en pleine tourmente.

Même l’ami américain, Barack Obama ne lui fait plus confiance , elle n’arrive plus juguler la propre parole de son gouvernement  qui continuer d’afficher ses désaccords, les Allemands eux mêmes deviennent ingrats et lui disent non élection après élection. Ah, qu’elle aura été longue cette super année électorale qui se termine dimanche à Berlin,  probablement par un nouveau revers annoncé pour la coalition au pouvoir . Dans chaque scrutin ,son parti et son partenaire libéral essuient de terribles reculs, sortes de désavoeu à mi-mandat.

Et c’est la faute aux Grecs ! Leur dette, leur absence d’état, leur refus de s’acquitter de leurs promesses pour remettre en ordre leur économie . Trois allemands sur quatre ne veulent plus payer pour les Grecs ou du moins apporter de nouvelles garanties à Athènes . Dans les rangs de sa majorité , c’est la bronca, car c’est d’ici , chez elle en Allemagne , que le tabou supême a été levé par les siens , celui de la faillite de la Grèce , un tremblement de terre au sein de la zone euro dont la monnaie unique fait pourtant tant de biens aux Allemands.

Alors Angela M. donne l’impression de ne plus savoir quoi faire. Elle la prudente , la réservée, aimerait sans doute bien retourner au sauna comme le soir de la chute du mur , sans plus penser à rien. Mais voilà, chacune de ses paroles est mise sous la loupe, décortiquée, analysée . Et chaque fois qu’elle ouvre la bouche , les marchés dégringolent car Angela M. souffle à chaque fois le chaud et le froid . Tantôt elle admoneste les grecs en leur demandant de respecter leurs engagements, tantôt elle les assure de son soutien et affirme que la Grèce ne peut quitter l’Union …

Et ses hésitations sont l’objet de toutes les critiques au point qu’aujourd’hui donc elle n’arrive plus a tenir sa majorité . En plus de 25 de ses députés qui affirment qu’ils ne voteront pas le Fonds de stabilité financière et le second plan d’aide à la grèce à la fin du mois , un membre du parti partenaire de la coalition, le FDP,  vient de lancer une pétition pour organiser un référendum sur les aides à la Grèce. Déjà assuré de 1 200 signatures , il doit en obtenir 3 000 pour qu’une telle initiative voit le jour.  

Car depuis 2 ans , les scènes de ménage entre la chancelière et son allié libéral défraient la chronique et pour une fois Angela M. n’a pas sur écouter sa prudence légendaire : pour son second mariage en politique , elle, la femme de centre droit , a sans doute bien mal choisi en faisant cause commune avec le néo libéralisme.  Tiraillée entre sa politique intérieure et l’obligation de se montrer une européenne solidaire, Angela M. commence à ne plus être comprise par personne.

Schwarz- Gelb : wie lange ?

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Angela Merkel ( CDU - noir ) et Philipp Röseler ( FDP-jaune)  © Der Spiegel

Angela Merkel ( CDU - noir ) et Philipp Röseler ( FDP-jaune) © Der Spiegel

C’est une petite vidéo sur le site du Spiegel  :(

http://www.spiegel.de/thema/cdu_csu_fdp_koalition_2009/).

Elle s’intitule ” noir et jaune : chronique d’un gouvernement en panne ” et elle résume sans aucune pitié les errements de la coalition au pouvoir à Berlin. L’alliance des Noirs ( conservateurs de la CDU ) et des jaunes ( les libéraux du FDP) ressemblent effectivement de plus en plus au mariage de la carpe et du lapin. D’accords sur rien , hésitants sur tout , ils ont perdu la confiance de leur électorat . La CDU affiche les 35 % dans les sondages, elle limite la casse mais le FDP , lui, a décroché de ses presque 15 % de 2009 pour passer sous la barre des 5 % et ne plus figurer dans les parlements des Länders ou de récentes élections ont eu lieu.  

Un sondage pour la première chaîne de télévision allemande ( ARD) montre aujourd’hui que 80 % des Allemands pensent que le pire est à venir en matière de crise de la dette, 74 % estiment que ce sont en fait les marchés financiers qui font la pluie et le beau temps et non les politiques, et 66 % pensent aussi que le gouvernement allemand n’a aucune vision en matière de poltique étrangère et européenne .

Ce petit sondage de fin de semaine en rajoute une couche ! D’autres étaient déjà passés par là . Le vieux chancelier Kohl estimait la semaine dernière que l’Allemagne avait perdu son rang dans le monde et qu’elle ne savait plus où elle allait. L’ancienne star des Verts et ancien ministre des affaires étrangères Joschka Fischer parlait lui d’un désastre sans précédent…. Autant dire que la mariage ne va pas fort. Et le problème c’est lui : 

 Guido Westerwelle, ministre des affaires étrangères et ancien patron des libéraux ( jaunes)  © Der Spiegel

Guido Westerwelle, ministre des affaires étrangères et ancien patron des libéraux ( jaunes) © Der Spiegel

Guido Westerwelle , l’ancien patron des libéraux, toujours ministre des affaires étrangères, mais pour combien de temps ? Entre la valse des ministres de ce gouvernement noir jaune et les désaccords politiques sur le nucléaire, sur la baisse des impôts , sur la crise de la dette, qui impulsent à Merkel une sorte valse hésitation ( ne pas fâcher son parti, ne pas fâcher le partenaire ), combien de temps ce gouvernement peut il encore durer avant que le divorce ne soit consommé? Les Cassandre du camp d’en face, chez les socio-démocrates, rêvent déjà d’élections générales anticipées en cas de rupture de cette coalition…. Pour ne pas en arriver là, le moyen terme serait de remercier  Guido Westerwelle, il ferait un parfait bouc émissaire. Mais pour l’instant , il est urgent d’attendre, on vote encore deux fois en septembre dans les Länder, ce week-end en Mecklembourg-Vorpommern et mi -septembre à Berlin. Pas de vagues, surtout, pas de vague ….

Königliche Hochzeit

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 © Berliner Zeitung

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Georg-Friederich von Preussen Sophie von Isenburg  © Berliner Zeitung

Georg-Friederich von Preussen Sophie von Isenburg © Berliner Zeitung

Raté ! Ce mariage là est passé quasimment inaperçu . Dommage pour les “Stéphane Bern” en herbe car il avait l’air beaucoup plus détendu que celui d’Albert et Charlène et moins protocolaire que celui de Kate et William.

Pourtant, c’est le Prince héritier de l’ancien empire allemand , l’arrière -arrière petit- fils de Guillaume II, Georg-Friederich de Prusse, 35 ans,  qui a uni samedi son destin à celui de Sophie d’ Isenburg, 33 ans. Mariage à Potsdam , en présence de 700 invités . La cérémonie oecuménique ( elle est catholique, il est protestant ) a eu lieu dans la chapelle de la Paix, la réception dans l’orangerie du chateau de Sans-Souçi. Là aussi , une très jolie mariée avec robe signée par un grand couturier allemand et coiffée du  diadème familial, une Rolls Royce silver shadow, un carrosse , et un incident qui marque d’ors et déjà le souvenir de ce mariage. L’un des chevaux a dérapé sur le pavé de Potsdam.

 © Berliner Zeitung

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Pas de tête couronnées pour cette cérémonie princière mais de nombreuses familles à particules , la Grande duchesse de Russie , la famille de Roumanie, des Bourbon Sicile, ou encore une Elisabeth , duchesse en bavière , aussi longiligne et ravissante que son ancêtre célèbre , Elisabeth d’Autriche ( elle aussi , duchesse en Bavière).

Elisabeth, duchesse en Bavière  © Berliner zeitung

Elisabeth, duchesse en Bavière © Berliner zeitung

Et comme chez les Windsor, de très jolies robes et une multitudes de chapeaux plus originaux les uns que les autres. Le tout dans le magnifique décor champêtre du chateau de Frédéric II, là où Voltaire a séjourné et écrit .  

 © Berliner Zeitung

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Pourtant , il fallait être à Berlin , pour voir la cérémonie retransmise en direct sur la télévision locale  RBB , une retransmission qui a d’ailleurs fait polémique ou encore à Potsdam pour guetter le cortège nuptial . L’Allemagne toujours très friante de ce qui se passe chez les Royals , à Monaco ou dans la maison de Suède , a boudé son propre mariage princier. A peine une page dans Gala et autre magazine du même type.

Les Hohenzollern ne se vendent plus depuis la honte de l’abdication de l’empereur Guillaume II en 1918 dans la Galeries des Glaces a Versailles , évènement qui a été le point de départ d’une histoire de plus en plus catastrophique avec l’instable république de Weimar, l’avènement du nazisme , l’holocauste et la partition de l’Allemagne.

Le berceau de la famille Hohenzollern se trouve toujours à Hechingen en Souabe, Georg-Friederich est le chef de la maison. Mais la famille vit dans une discrétion absolue , le prince et sa femme ,tous les deux spécilialisés  dans la  gestion , ne se sont jamais fait remarquer. Leur rang le leur impose, mais ils savent aussi  que les Allemands se sont depuis longtemps détachés de leur ancienne famille régnante . Pour ne citer qu’un exemple, la reconstruction de trois des façades du chateau des Hohenzollern à Berlin ( chantier prévu en 2014) a déchaîné outre- Rhin des polémiques interminables.

http://www.berlinonline.de/berliner-zeitung/foto/_bin/index.php/Berliner+Zeitung/prinzen-hochzeit/1

Kita , Krippe, Familien Politik , na und ?

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 © Kita Felix Berlin

© Kita Felix Berlin

 C’est l’histoire d’un pays qui pratique ce que j’appelle ” la politiuqe du veau élevé sous la mère ” . Impossible pour une femme allemande d’avoir une activité professionnelle à temps complet jusqu’à ce que les enfants soient suffisamment grands. Peu de crèches , peu de nourrices, l’école qui se termine vers 11h ou 13 h selon l’âge et une mère entièrement au service de ses bambins qu’il faut d’abord élever puis conduire à l’école, puis au sport , à la musique . Pas de quotien familial pour les impôts. Résultats des courses , soit les femmes renoncent à leur carrière , soit elles ne font plus d’enfants comme c’est le cas pour 40 % des jeunes diplômés. Enfants ou carrière , ici il faut choisir .

Seulement voilà, avec la reprise économique , l’Allemagne manque de bras et est en train de comprendre que les femmes représentent une source de la main d’oeuvre potentielle qui fait défault à condition de changer les règles du jeu. Une étude révèle que près d’un demi million d’Allemandes pourraient retourner au travail si les écoles étaient ouvertes jusuq’à 16 ou 17h …. Certes la situation a évolué ces dernières années , une école sur deux est maintenant ce qu’on appelle une ” Ganztagschule” , une école toute la journée . Certes il y a plus de crèches mais c’est surtout à l’Est que la situation est restée empreinte des marques du passé est allemand avec 70 % des écoles ouvertes toute la journée contre 3 % dans la richissime Bavière. L’étude laisse donc entrevoir un gisement d’emploi nationaux au moment où l’on fait appel à la main d’oeuvre étrangère mais elle laisse aussi entrevoir l’importance des rentrées fiscales qui vont avec.

Hélas, ce n’est qu’une étude , une étude de plus pour pointer du doigt une situation qui ne semble pas , pourtant , révolter les femmes allemandes. Et c’est surtout les mentalités qu’il faudrait un jour pouvoir changer . Une femme qui confie son enfant à la crèche passe souvent ici pour une ” marâtre” .L’histoire, il est vrai , le 3ème reich ou la RDA, n’incite guère à laisser l’éducation de ses enfants à la collectivité . Le vieillissement accéleré de la population allemande va t-elle être un facteur favorable à ce changement . On en doute. L’Allemagne a semble t-il bien des difficultés à régler cette question qui fait dire au mauvaise langues que l’esprit des trois ( Kirche, Kinder und Küche ), l’église , les enfants , la cuisine a décidemment laissé des traces, bien qu’on soit au 21ème siècle !!!

Die Familie Kohl, ein deutsches Drama - ou la chute d’une icone .

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Helmut Kohl et sa nouvelle épouse , Maïke Richter -Kohl  © DPA

Helmut Kohl et sa nouvelle épouse , Maïke Richter -Kohl © DPA

Il reste pour nous tous une figure historique : le père de la réunification , un grand européen et sa stature de géant noir ( comme on l’appelait en Allemagne ) a marqué à jamais l’histoire contemporaine. Et pourtant ….Helmut Kohl serait il devenu un vieil homme égoïste et gâteux livré aux mains d’un entourage sans scrupule , c’est ce qui ressort des derniers évènements . Le Spiegel titre même cette semaine ” la famille Kohl , un drame allemand”.

Le 4 juillet dernier, l’ancien chancelier n’a pas participé à la messe qui célébrait les 10 ans de la mort de son épouse , Hannelore, dans la cathédrale de Spire. Elle n’est pourtant éloignée que de 25 kms de son domicile d’Oggersheim , pas plus qu’il n’a participé au dépôt de gerbe organisée par ses deux fils. (Hannelore Kohl qui souffrait d’une allergie à la lumière s’était donnée la mort le 4 juillet 2001).

Cette absence de l’ex-chancelier n’est pas passée inaperçue auprès des journalistes et Helmut Kohl et sa famille font aujourd’hui les gros titres de la presse . La Grande Bretagne s’émeut autour des Windsor , l’Allemagne qui n’est guère habituée à ces sagas familiale, s’interroge aujourd’hui sur la personne de l’ancien chancelier . Deux livres sont parus cette année sur le sujet et font la une des ventes Outre-Rhin . Le premier est signé de Walter Kohl, l’un des fils qui règle ses comptes avec le Père dans un ouvrage intitulé ” Vivre ou avoir vécu “, le second est une biographie du journaliste Heribert Schwann ” Hannelore Kohl, un destin allemand” . Le premier est resté 22 semaines en tête des hit parades littéraires avec près de 200 000 exemplaires vendus, le second atteint déjà les 160 000 et un film est en préparation sur la vie de la première épouse d’Helmut Kohl , Hannelore . L’autre fils Peter Kohl travaille à ce projet de scénario à partir de la biographie de sa mère.

Que s’est il donc passé dans cette famille pour que soudain elle lave son linge sale en public au risque de faire descendre de son piédestal l’icone d’Oggersheim. Oubliée l’image de la famille modèle de la fin des années 60 , du plus jeune ministre président de Rhénanie Palatinat, de sa très belle femme et de ses deux magnifiques garçons, sans doute les plus belles années de la famille avant que l’enfer de la vie politique ne brise les liens. 

Dès le milieu des années 70 , lorsque Kohl devient le leader de l’opposition , l’image de la famille  comence à se transformer, le côté provincial de l’ancien chancelier et de sa ” Barbie palatine” est mise en avant et le nom de Kohl de plus en plus difficile a porter dans les cours d’école comme le raconte Walter Kohl qui déjà souffrait des mesures de sécurité qui rendaient la vie impossible , de la politique qui lui prenait son père et laissait sa mère trop souvent seule. Sans parler des pots de vin de la CDU qui furent un moment très difficile à vivre au sein de la famille et qui éloignèrent encore davantage Kohl des siens. Si l’on en croit les écrits du fils.

Mais dans ces querelles de famille au fond , c’est l’autre femme qu’il faut chercher , celle qui aujourd’hui partage la vie de l’ex chancelier vieillissant et en fauteuil roulant depuis sa chute dans la cuisine il y a trois ans. Elle s’appelle Maike Richter Kohl, et affiche 35 ans de moins que son mari aujourd’hui âgé de 81 ans. Cette ancienne collaboratrice qui peu à peu s’est immiscée dans la vie de l’ancien chancelier , peut être même avant la disparition de la première épouse selon les rumeurs , se pose aujourd’hui  en gardienne du temple. Les plus proches collaborateurs de Kohl comme la secrétaire de toujours , Juliane Weber, ont été congédiés  . L’ancien chancelier ne recevait même plus sa garde rapprochée dans son pavillon d’Oggersheim . C’est ce que confirment certains anciens collaborateurs comme l’ancien porte -parole du gouvernement .

Aujourd’hui donc , Walter Kohl joue les victimes de la carrière et de l’égoïsme de son père, le journaliste Héribert Schwan révèle tout d’Hannelore Kohl , de son ménage malheureux , de son dossier médical et de son viol par les Russes à la fin de la guerre ( comme ce fut le cas pour beaucoup d’Allemandes). Tous les ingrédients sont là pour des règlements de compte en public ou plutôt sur les plateaux de télévisions . Mais ce qui est en jeu , c’est l’héritage , non pas celui du vieux chancelier qui a dépensé une fortune pour dédommager son parti des pots de vins qu’il avait accepté pour la CDU ( 350 000 euros payés de sa poche et sur les recettes des ses mémoires) . Helmut Kohl n’est pas devenu un homme riche , mais ce qu’il laisse , des documents , les lettres, des notes , tout ce qui pourra être exploité par la suite mais aussi la présidence de la fondation Hannelore Kohl, cet héritage là, ses promesses et ses revanches, on voit déjà que la seconde épouse et les fils fourbissent depuis longtemps leurs armes pour se le disputer . 

Oben bleiben - rester en haut !!!

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 © Der Spiegel

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79 lundis de manifestations consécutives et une élection plus tard, les habitants de Stuttgart continuent de descendre dans la rue pour s’opposer au projet le plus couteux que l’Allemagne ait jamais connu : la réalisation à Stuttgart d’une gare enterrée pour remplacer la gare en cul de sac et permettre le passage des TGV ou ICE sur le trajet Paris Bratislava puis Budapest en passant par l’Autriche .Sur le papier , le projet est magnifique , mais son coût est faramineux. Dans cette cuvette de Stuttgart, la gare enterrée devrait s’accompagner de 33 kms de tunnels et de projets immobiliers à la place du parc actuel au dessus de la gare.

   En mars dernier, les Verts ont pris la tête du Land en promettant l’arrêt de ce chantier qui mécontente une très grande part de la population . Mais les promesses n’engagent que ceux qui y croient . Les travaux ont repris après une suspension , comme la Deutsche Bahn l’a annoncé . Après deux mois d’arrêt les pelleteuses sont entrées de nouveau en action malgré l’opposition lundi dernier des manifestants qui ont tenté de bloquer le chantier . La justice a été saisie pour que les travaux soient à nouveau suspendus .Deux contrats portants sur deux tunnels ont la date butoir du 15 juillet . Si le délai n’est pas respecté , il en coutera au land du Bad Würtemberg la coquette somme de 410 millions d’Euros à rajouter au 9 à 11 milliards d’euros déjà envisagés pour ce projet pharaonique . La gare actuelle est classée depuis 1987.Le projet a été présenté pour la première fois en 1994 et il a fallu attendre 16 ans , février 2010, pour que les travaux débutent . Ils doivent être terminés en 2020 .

Si , car il y a un si . A l’automne la population sera appelée à se prononcer par voix de référendum sur ce projet dont de nombreux habitants ne veulent pas supporter le coût dans leurs impôts. La mobilisation autour de la gare n’est donc pas encore terminée et la tâche des verts , nouvellement aux commandes de ce Land , n’est guère facile car en cs d’abandon, de nombreux contrats feront l’objet de dédits et donc de coûts supplémentaires dans le budget des ciollectivités avec une conséquence quand même sur les impôts… La gare de Stuttgart,ses opposants et leur slogan “oben bleiben-rester en haut ” sont aussi devenus en Allemagne le symbole de la puissance du mécontentement populaire, du pouvoir de la rue quand elle arrive à ” gouverner”. 

Tacheles sprechen !

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Tacheles © photo Berliner Morgenpost

Tacheles © photo Berliner Morgenpost

Pour parler franchement ( c’est ce que veut dire Tacheles sprechen ), ils sont devenus fous !

Mardi 5 avril , 6 heures du matin, premier coup de bulldozer dans le jardin derrière le Tacheles, où les touristes venaient en masse se prélasser au soleil après s’être enfoncés dans le dédale de cette ruine qu’est le Tacheles. Cet ancien magasin , qui a hébergé Wertheim puis AEG puis le front du travail allemand et même des prisonniers français sous les toits pendant la guerre , est en train de vivre ses dernières heures. Le bâtiment , symbole de la culture alternative berlinoise , est en sursis de 11 ans maintenant puisqu’il devait être démoli en 90 . Ce squatt ,devenu curiosité touristique ,était quasimment légalisé, géré par des associations . Il a été l’âme de ce quartier de Mitte et de l’Orianenburgerstrasse. Autour de lui et des 80 artistes qui y exercent encore , les galeries d’art se sont multipliées avant de commencer doucement une immigration plus à l’Est.

 © Phot Berliner Morgenpost

© Phot Berliner Morgenpost

La banque HSH a qui appartient les 23 000 m3 de terrain et le bâtiment voulait une vente aux enchères à la quelle elle a renoncé quand de mystérieux investisseurs se sont manifestés et ont proposé 1 million d’Euros aux patrons de bars qui occupaient l’endroit pour disparaître. Moins de vingt quatre heures après, les bulldozers étaient entrés en action…. Les sculpteurs sont encore sur le terrain à côté pour le moment , les peintres à l’intérieur du bâtiment mais pour combien de temps encore. Les touristes regardaient mardi avec un air dépité  les ouvriers travailler  mais les artistes eux étaient inabordables, murés et certains  refusant même de parler. Les associations qui gèrent l’endroit se sont gentillement tirées dans les jambes les unes  les autres . Tout le monde déplore la prochaine disparition de cet endroit mythique qui a vu les concerts improvisés de 89 avec, par exemple,  les punks du groupe Feeling B (erlin), qui donnera naissance à Rammstein plus tard. Tout le monde déplore mais personne ne bouge.

 © Berliner Morgenpost

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Après Prenzlauerberg qui a vendu son âme aux bobos, Mitte continue de vendre la sienne aux touristes . Les repreneurs qui ont acheté cher le fait que les cafés débarrassent le plancher n’ont sans doute pas l’intention de conserver le bâtiment en l’état. Quelques commerces supplémentaires, des hôtels , comme ce qui est prévu à la vieille poste prussienne , où la galerie photo C/0 est elle aussi en sursis , à quelques mètres de là, faudra voir. La mairie de Berlin ne bouge pas un cil . Et l’âme de Berlin s’en va chaque jour un peu plus …. Tacheles sprechen , l’argent est le maître mot , tant pis si les touristes eux viennent chercher à Berlin l’ image d’une capitale différente, image qui faisait son charme et son atout et qui maintenant est en train de se perdre complètement . 

Voir article du monde : “Berlin sexy mais moins pauvre” - Frédéric Lemaître :

http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/03/28/berlin-sexy-mais-moins-pauvre_1499665_3214.html

Besser Grün als Tot !

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 © Lise Jolly

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 © L.Jolly + Felix Koenig

© L.Jolly + Felix Koenig

Le Bade Württemberg, le pays de Bade en français dans le texte,  est donc devenu en très peu de temps le laboratoire de l’âge adulte vert. En ravissant à la CDU ce Land , conservateur depuis 58 ans , les Verts ont non seulement réussi l’ exploit d’avoir écrit une page de l’histoire politique allemande , avec un premier ministre- président vert à la tête d’un Land , mais aussi l’exploit de s’implanter à l’endroit où leur tâche sera la plus difficle , le Bad Württemberg , le Land le plus peuplé et le plus industrialisé d’Allemagne, c’est à dire le Land de la bagnole, avec Porsche , Audi, Daimler, et le Land du nucléaire avec 4 des 17 réacteurs allemands. Le défi des Verts est de taille . Il faut qu’il corrigent la copie de la gare de Stuttgart , sans doute par un référendum d’initiative populaire réclamé à cors et à cris par les habitants de la ville depuis des mois. Le projet concerne le réaménagement de la gare et la tâche  ne sera guère facile car le projet est lié à l’axe européen Paris - Bratislava. Il ne faudra donc pas se mettre l’Europe à dos. les contrats sont déjà signés, le contribuable devra donc aussi supporter l’addition de leur résiliation. Bref, même si Winfried Kretschmann, le nouveau patron vert du Land considère qu’économie et écologie ne sont pas incompatibles , ça ne va pas être simple …

Surtout en ce qui concerne le nucléaire . Kretschamnn veut réorienter entièrement EnWB aux énergies vertes. Ce sera d’autant moins simple que le fournisseur d’énergie abonde par ses recettes les caisses du Land qui possède 45 % des parts de l’entreprise . Le fournisseur d’énergie qui gère les centrales de Neckarwestheim et Philipsburg et leurs quatre réacteurs a un long chemin pour se convertir à ces énergies renouvelables que ne représentent pour l’instant que 10 % de sa production d’électricité …

D’autres mesures seront surement prises dans les mois à venir comme la limitation de la vitesse sur autoroute à 120 kms heures. Dans cet autre pays de la bagnole qu’est l’Allemagne , ce sera une première .Mais curieusement , dans ce Land à l’économie florissante , avec 4,5% de chômage et 10 000€ d’exportation par habitant - ils sont 11 millions-  le nouveau patron vert qui se défini lui même comme un catholique conservateur et vert de la première heure bénéficie d’un à priori favorable. Il appartient à ce qu’on appelait autrefois les réalos, les réalistes, ceux qui ont pris le pouvoir au sein des Verts. Il gouverne avec à ses côtés les socio-démocrates. Un attelage inédit puisque  c’est l’inverse de ce qui s’était produit en 98 au niveau fédéral avec Schroeder et Fischer à la tête du pays. Les Allemands vont donc observer cette nouvelle combinaison avec intêret , lassés qu’ils sont des grandes coalitions , ils l’ont montré aux dernières législatives en portant au pouvoir les conservateurs et les libéraux .  Aujourd’hui les libéraux sont laminés, et cette coalition terriblement critiquée malgré la bonne santé économique retrouvée.   

C’est donc dans ce laboratoire de la gouvernance verte qu’on pourra mesurer à quel point les Allemands sont prêts à donner à ce parti la chance de compter vraiement comme un nouveau grand parti , ici on dit populaire , au même titre que la CDU et le SPD . Fukushima à joué un rôle important , c’est sur,  mais la politique menée à Berlin en matière d’énergie, mais aussi concerannt l’Islam, les quotas de femmes dans les entreprises, le biocarburant E 10, les lois Harz IV , le RMI allemand, augmenté du bout des lèvres et surtout les valses hésitations de la chancelière en ce qui conerne le nucléaire, la Libye ou l’Euro, tout celà mécontente une grande partie de l’électorat allemand. Et ici comme partout en Europe ,les partis traditionnels perdent du terrain , comme si les électeurs étaient à la recherche d’une autre gouvernance. Les verts qui se sont toujours emparés des thèmes qui traversent la société , profitent de ce désamour de l’électorat pour les grandes formations. Terrifiés par Fukushima , comme il l’a été par Tchernobyl, agacé par la manière de gouverner de Merkel ,tournant le dos à la gauche extrême de Die Linke et lassé par les grands partis, l’électeur allemand se dira t-il : besser Grün als tot , plutôt Vert que mort. la réponse , on l’aura après les législatives de 2013 , le chemin est encore long .

Berlinerin !

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© Calmann-Lévy

© Calmann-Lévy

© roro

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Hélène Kohl connaît bien les Pintades berlinoises et pour cause, elle en est presque devenue une. La petite française arrivée au début du siècle dans la capitale allemande à écumé tout ce qu’on peut trouver de plus bizarre, de plus alternatif, de plus branché aussi pour nous décrire la vie des ces berlinoises décomplexées, fortes et sûres d’elles-mêmes. Savoureux, exotique, authentique, à déguster ! Petit extrait : « Je n’ai pas peur. »

Voilà le credo des Berlinoises. Elles écrivent dans la pierre qu’elles ne freineront pas, quoiqu’on dise de leurs projets, de leurs envies, de leurs passions. Même s’il faut rebâtir Berlin brique par brique comme après les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Les hommes ont détruit Berlin, les femmes l’ont reconstruit. Tout le monde le sait ici. La basse-cour du XXI ème siècle n’en est pas peu fière. Elle s’en vante même souvent et criaille : « Nous n’avons pas besoin des hommes ! »

Est-ce pour cela qu’elle est rarement élégante ? Qu’elle évite (presque avec soin) les allures sophistiquées ? Que son pragmatisme met à mal toute velléité d’ironie ou de second degré ? Qu’elle est gouailleuse ?

A lire pour comprendre Berlin, ville à part, les berlinoises, filles à part, et découvrir aussi les addresses les plus trash et les plus branchées aussi de la capitale allemande…

Un autre livre nous plonge aussi au coeur de la société allemande, il raconte le desespoir d’un français face à l’attitude des femmes allemandes et recoupe en bien des points des points l’ouvrage d’Hélène Kohl.
Ecrit en Allemand, “Zur Sache, chérie”, d’Alain-Xavier Wurst, nous plonge dans l’univers de l’incompréhension entre les sexes qui vaut chez les jeunes générations allemandes. La guerre, le féminisme, la culture protestante sont passés par là. Les femmes allemandes sont impossible à draguer, les hommes allemands ne draguent pas non plus d’ailleurs. Forcer son naturel, mettre en oeuvre une tactique de séduction relève ici presque de l’hypocrisie, de l’inconvenance au pays où en matière de sexe pourtant la société n’est pas farouche. Mais le sexe n’est pas les sentiments, et là on rentre dans le domaine de l’intime, de l’engagement et de la peur qui va avec. Dangereux !
Mais tout de même un problème pour cette société dont les jeunes poursuivent l’université et l’adulescence jusqu’à 30 ans, et dont 40 % des jeunes diplômées se gardent bien de faire des enfants…

Ethanol , nein Danke !

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 © DAPD

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Respirer ou conduire, les allemands ont ils déjà choisi?

Depuis le mois de février , on devrait trouver dans les stations-service ce qu’on appelle le Super Sans Plomb E 10, E comme éthanol et 10 pour le pourcentage d’éthanol que ce super contient. Normalement , en Allemagne , 93 % des voitures sont compatibles avec ce nouveau carburant, bien qu’il soit plus corrosif pour les moteurs, c’est la fédération de l’automobile qui l’assure . Normalement , ce biocarburant est censé  représenter en Europe 10 % de la consommation des automobilistes d’ici à 2020 , c’est un accord entre européens. De surcroît,  il est moins cher . Bref , dans ce pays où les écologistes ont déjà gouverné et ont en ce moment le vent en poupe , normalement , les automobilistes allemands ,si sensibles à l’environnement, devraient se ruer sur les pompes et faire de cette nouvelle essence un vrai succès commercial …

Et bien, il n’en est rien .Le spécialiste de l’énergie chrétien démocrate au parlement européen Herbert Reul a même déclaré : plus tôt il disparaîtra, mieux ce sera !”. Le porte parole des libéraux, toujours au sein du parlement européen ,considère que la mesure est mal pensée, qu’elle ne diminuera pas d’un gramme les émissions de CO2 , qu’elle augmente la consommation d’essence des conducteurs et les pénalise. 

Mais le principal problème, disons le clairement ,c’est que l’introduction de ce nouveau carburant E 10 a été vrai bazard comme les allemands savent si bien l’organiser . Il n’est pas sans rappeler d’ailleurs le même bazard à la fin des années 90 , lorsque furent introduites les consignes sur les bouteilles et les canettes de boisson. Les allemands ne veulent pas du  super au bioéthanol parce qu’ils n’ont tout simplement pas été informés ! Résultat des courses, les stations -service frôlent la pénurie de Sans plomb 98 vers lequel le consommateur se rabat car ils ne trouve plus son super normal.

Les pétroliers donc commencent à tirer les conséquences de ce flop en envisageant d’en réduire  la production . Le gouvernement , pas content, et le président de la fédération des agriculteurs, Gerd Sonnleiter, pointent du doigt le cafouillage des pétroliers . Mais en fait il s’agit plutôt d’un manque de communication général. Comme parfois en Allemagne , tout a été prévu , en amont  tout est au point , mais la mise en place ne donne pas les résultats escomptés. Bref, mardi, tout le monde est mobilisé, sommet sur l’essence entre gouvernement , pétroliers, branche automobile et consommateurs pour essayer de remédier au problème. Un sommet qu’il aurait sans doute fallu tenir avant de mettre le carburant dans les pompes ….

La France y sera peut être citée en exemple car ce type de carburant y a été lancé depuis deux ans , bien que seuls les deux tiers des voitures le supportent. Le ministère de l’Environnement en publie la liste sur son site . On le trouve dans 20 % des stations service . Il représente déjà 13 % des ventes alors qu’en Grande Bretagne on y vient très doucement comme en Pologne ou en République Tchèque.  En italie , on en parle même pas .  

Les écologistes , eux mêmes, ne sont pas des fans de ce carburant vert qui détourne les agriculteurs de la production alimentaire pour se concentrer sur la production d’Ethanol. Et que l’allemagne, le pays le plus vert d’Europe ne donne pas l’exemple en la matière, n’est pas un bon signe pour cette mesure européenne de lutte contre le réchauffement climatique !!!! Une mesure dont on se demande qui en veut vraiment et que le lobby pétrolier a peut être intérêt à voir capoter.