Besser Grün als Tot !
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Le Bade Württemberg, le pays de Bade en français dans le texte, est donc devenu en très peu de temps le laboratoire de l’âge adulte vert. En ravissant à la CDU ce Land , conservateur depuis 58 ans , les Verts ont non seulement réussi l’ exploit d’avoir écrit une page de l’histoire politique allemande , avec un premier ministre- président vert à la tête d’un Land , mais aussi l’exploit de s’implanter à l’endroit où leur tâche sera la plus difficle , le Bad Württemberg , le Land le plus peuplé et le plus industrialisé d’Allemagne, c’est à dire le Land de la bagnole, avec Porsche , Audi, Daimler, et le Land du nucléaire avec 4 des 17 réacteurs allemands. Le défi des Verts est de taille . Il faut qu’il corrigent la copie de la gare de Stuttgart , sans doute par un référendum d’initiative populaire réclamé à cors et à cris par les habitants de la ville depuis des mois. Le projet concerne le réaménagement de la gare et la tâche ne sera guère facile car le projet est lié à l’axe européen Paris - Bratislava. Il ne faudra donc pas se mettre l’Europe à dos. les contrats sont déjà signés, le contribuable devra donc aussi supporter l’addition de leur résiliation. Bref, même si Winfried Kretschmann, le nouveau patron vert du Land considère qu’économie et écologie ne sont pas incompatibles , ça ne va pas être simple …
Surtout en ce qui concerne le nucléaire . Kretschamnn veut réorienter entièrement EnWB aux énergies vertes. Ce sera d’autant moins simple que le fournisseur d’énergie abonde par ses recettes les caisses du Land qui possède 45 % des parts de l’entreprise . Le fournisseur d’énergie qui gère les centrales de Neckarwestheim et Philipsburg et leurs quatre réacteurs a un long chemin pour se convertir à ces énergies renouvelables que ne représentent pour l’instant que 10 % de sa production d’électricité …
D’autres mesures seront surement prises dans les mois à venir comme la limitation de la vitesse sur autoroute à 120 kms heures. Dans cet autre pays de la bagnole qu’est l’Allemagne , ce sera une première .Mais curieusement , dans ce Land à l’économie florissante , avec 4,5% de chômage et 10 000€ d’exportation par habitant - ils sont 11 millions- le nouveau patron vert qui se défini lui même comme un catholique conservateur et vert de la première heure bénéficie d’un à priori favorable. Il appartient à ce qu’on appelait autrefois les réalos, les réalistes, ceux qui ont pris le pouvoir au sein des Verts. Il gouverne avec à ses côtés les socio-démocrates. Un attelage inédit puisque c’est l’inverse de ce qui s’était produit en 98 au niveau fédéral avec Schroeder et Fischer à la tête du pays. Les Allemands vont donc observer cette nouvelle combinaison avec intêret , lassés qu’ils sont des grandes coalitions , ils l’ont montré aux dernières législatives en portant au pouvoir les conservateurs et les libéraux . Aujourd’hui les libéraux sont laminés, et cette coalition terriblement critiquée malgré la bonne santé économique retrouvée.
C’est donc dans ce laboratoire de la gouvernance verte qu’on pourra mesurer à quel point les Allemands sont prêts à donner à ce parti la chance de compter vraiement comme un nouveau grand parti , ici on dit populaire , au même titre que la CDU et le SPD . Fukushima à joué un rôle important , c’est sur, mais la politique menée à Berlin en matière d’énergie, mais aussi concerannt l’Islam, les quotas de femmes dans les entreprises, le biocarburant E 10, les lois Harz IV , le RMI allemand, augmenté du bout des lèvres et surtout les valses hésitations de la chancelière en ce qui conerne le nucléaire, la Libye ou l’Euro, tout celà mécontente une grande partie de l’électorat allemand. Et ici comme partout en Europe ,les partis traditionnels perdent du terrain , comme si les électeurs étaient à la recherche d’une autre gouvernance. Les verts qui se sont toujours emparés des thèmes qui traversent la société , profitent de ce désamour de l’électorat pour les grandes formations. Terrifiés par Fukushima , comme il l’a été par Tchernobyl, agacé par la manière de gouverner de Merkel ,tournant le dos à la gauche extrême de Die Linke et lassé par les grands partis, l’électeur allemand se dira t-il : besser Grün als tot , plutôt Vert que mort. la réponse , on l’aura après les législatives de 2013 , le chemin est encore long .