Berlin schafft sich ab ! ( Berlin fout le camp !)
La pétition en ligne n’a encore obtenu que 77 000 signatures (http://www.change.org/de/Petitionen/nationales-denkmal-east-side-gallery-retten-keine-luxuswohnbebauung-auf-dem-ehemaligen-todesstreifen)
Mais dimanche 17 mars dans le froid glacial, entre 7 000 et 10 000 personnes se sont déplacées pour sauver la East Side Gallery du démantèlement , comme ils l’avaient déjà fait le dimanche précédent . Cette fois -ci , ils ont obtenu un soutien de taille , celui d’un homme qui avait chanté pour la liberté devant le mur ouvert , le 31 décembre 89 à la Porte de brandebourg, David Hasselhof. L’acteur américain ( il jouait dans K 2000) avait fait le voyage des Etats unis, cette fois pour sauver les restes du mur à la East Side Gallery.
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Photo de la manifestation et de David hasselhof, 17 mars 2013 © Berliner zeitung
La East Side Gallery, 1,3 kms de fresques peintes par des artistes du monde entier, c’est la plus longue partie du mur que Berlin ait conservé . On y voit le baiser de Brejnev et d’Honecker ou encore les têtes colorées du français Thierry Noir dont le travail est menacé . Mais le peintre, qui a vécu avec le mur devant sa porte, se dit surtout choqué qu’on bafoue ainsi la mémoire de Berlin car a cet endroit 10 personnes ont trouvé la mort . Parmi elles , 4 enfants, tombés dans la Spree et qu’il était interdit de sauver . La RDA pour rendre le corps de l’un d’entre à la famille avait réclamé 10 000 DM !!!La tragédie + le sordide…. “Qui aurait l’idée de construire un immeuble sur un cimetière romain ” s’indigne Thierry Noir .
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East Side gallery, travail de Thierry Noir © berliner zeitung
Car c’est de celà qu’il s’agit : construire, construire , construire … Cette folie douce qui s’est emparée de Berlin . Sur l’ancienne Todesstreifen , c’est à dire la bande de mort, un promoteur est déjà en train de construire un immeuble de luxe de 36 appartements dont 20 sont pré-vendus , quatre fois le prix du m2 , ainsi qu’ une tour de 63 m de haut . L’affaire est parfaitement résumée par ce blogeur berlinois qui parle de transformation d’une ville pourtant pauvre ( 13, 5 % de chômage ) en une sorte de Dubaï bling-bling ( http://chronique-berliniquaise.blogspot.de/2013/03/cassez-ce-mur-que-je-ne-saurais-voir.html?m=1)
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engins de chantiers à la East Side gallery © presse allemande
Car on l’aura compris, la spéculation fait fi de la mémoire de l’Europe entière . Et Berlin , qui ne manque pourtant pas d’espace, est en train de tirer un trait sur une des facettes qui attire de nombreux touristes , le Berlin alternatif, un peu déjanté et cool , fait de clubbing , de squatts d’artistes , de lieux improblabes mais aussi de traces d’un passé qu’on ne trouve nulle part ailleurs.
Chaque année, la East side Gallery reçoit plus d’un million de visiteurs .Le Tacheless, fermé en juin 2012 ,en recevait un demi million , le C/O ou ancien bureau de distribution de la poste était lieu de références en matière d’expositions photographiques , fermé depuis le 8 mars dernier…. Derrière chaque fermeture , des projets d’hôtels, de commerces , de restaurants dans une ville qui en a déjà trop et qui commence à limiter le nombre de Ferienwohnungen ( appartements de vacances) . Les petites mamies de Mitte ont bien du mal a trouver encore des commerces de proximité , remplacés par des magasins de chaussures ou de fringues hors de prix. Prenzlaueberg , le quartier rebelle, s’est embourgeoisé, Kreuzberg et Friederichshain se boboïsent . L’est de Berlin semble être encore pour certains une poule aux oeux d’or dont ils veulent exploiter les possibilités jusqu’à l’absurde . Et le Sénat , avec ses 63 milliards de dette, ses projets mal ficelés comme celui de l’aéroport, semble n’avoir aucune vision d’ensemble . “Wowereit, réveille toi , il faut sauver le mur” écrivait récemment un hebdomadaire, mais la ville pauvre mais sexy semble avoir perdu la boussole ….Et les berlinois râleurs mais résignés , eux, jusqu’où tout ça ira ?…










