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29 mars 2010

La relation banale

Posté dans: international, politique

Encore une idée reçue battue en brèche… 

Un rapport parlementaire, qui vient d’être publié, préconise que l’on en finisse avec la « relation spéciale » qui unit soi-disant la Grande-Bretagne et les Etats-Unis.  

Instaurée par Churchill, cette relation a perduré. Pas besoin d’être grand clerc pour comprendre que les dirigeants britanniques lorgnent facilement sur le grand cousin, alors qu’ils sont réfractaires à l’idée d’une Europe trop forte.

C’est au nom de cette relation que Tony Blair avait engagé son pays aux côtés de George Bush en Irak. Au-delà des arguments exposés, impossible de laisser tomber l’allié naturel. 

Le problème, c’est que le rapport des députés du comité des affaires étrangères soutient que cette relation n’existe plus. Que la Grande-Bretagne a, certes, des liens avec les Etats-Unis (en matière d’échange de renseignements notamment), mais comme avec d’autre pays. Ni plus, ni moins.  

Pire : continuer de parler de relation spéciale, peut-on lire en substance, c’est générer des attentes que l’Amérique ne pourra pas satisfaire (n’oublions pas que Barack Obama n’a pas d’affinités particulières avec Londres, et que son grand-père a fait l’expérience d’une histoire coloniale douloureuse en Afrique). 

Mais c’est aussi, explique-t-on, après l’affaire irakienne, continuer de donner l’impression que Londres est le caniche de Washington.

Conclusion : il faut apprendre à dire non à nos alliés et faire preuve de moins de déférence à leur égard. Voilà qui est clair et net.  

Pour autant, il n’y est pas dit que le pays gagnerait à se sentir plus européen, même si la conclusion implicite que l’on peut en tirer est celle-ci. 

Couper le cordon ombilical avec L’oncle Sam n’est déjà pas simple. Alors faire la révolution… 

Il est vrai qu’ici, lorsque l’on va en France ou en Espagne, on explique que l’on va en « Europe ». L’Europe c’est l’extérieur.

L’insularité, l’histoire, les différences encore importantes (langue, unités de mesures, devise, côté ou l’on roule, rapport à l’économie, aux communautés, au pragmatisme…) ne se balayent pas d’un revers de la main. 

Mais peu à peu, qui sait ? Mettre à mal la relation spéciale, c’est déjà s’attaquer à un tabou.