La politique des larmes
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Gordon le terne redeviendrait-il « Flash » Gordon ?
On le disait au fond du trou (je le disais d’ailleurs !), usé par un règne de 13 ans, usé par des affaires à n’en plus finir, affaibli par la crise économique. Bref, c’en était fini des travaillistes, et David Cameron, aux abois, se préparait à prendre les commandes de Downing street.
Bien sûr, tout cela reste d’actualité. Mais il y a des signes qu’il ne faut pas sous estimer.
Ainsi, pour la deuxième semaine consécutive, les conservateurs sont en baisse d’un point, tandis que le labour monte d’autant. Certes, il y a encore 9 points d’écart en faveur des Tories, mais l’hypothèse d’un parlement sans majorité reste plausible. Et une coalition peut-être à portée de main. Qui sait ?
C’est ce qui explique le soudain regain de dynamisme du Premier ministre qui cultive le don d’ubiquité. Le voici ce dimanche interviewé sur deux pages dans The Observer.
Alors que son pays émerge (enfin) de la récession, et en dépit des rudes mois qui s’annoncent, il retrouve des ailes. « Les électeurs verront bien qui a fait les bons choix pour les sortir de là » clame le premier ministre.
Il a désormais trois cordes à son arc : sa compétence économique retrouvée, sa colère contre les banquiers, et sa volonté de restaurer la confiance envers les politiques en tirant un trait sur le scandale des frais parlementaires.
Bon, soyons clairs : il prône aujourd’hui au plan économique l’inverse de ce qu’il prônait il y a deux ans. Et son parti a été autant éclaboussé que les autres par l’affaire des remboursements indus. Mais à tout prendre, il finirait presque par devenir convainquant.
Il joue aussi sur la carte émotionnelle. Ainsi ITV va diffuser le week-end prochain une interview très people du Premier ministre qui pleure en évoquant la mort de sa fille Jennifer, et ses craintes de voir son fils, Fraser, atteint de mucoviscidose, subir le même sort.
Bref, Gordon est compétent. Il force l’admiration d’avoir résisté à tant d’adversité. Mais, de plus, il est humain !
Alors là, j’ai un peu de mal. Quand la vie privée se mélange à la vie publique. Quand les sentiments l’emportent sur la raison… tout est possible. Et si David Cameron lui répliquait sur Channel 4 en évoquant la mort récente de son enfant handicapé ?