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Le blog de Jacques Monin


Un droit de grève très encadré

syndicats, politique

Le droit de grève existe-t-il encore en Grande-Bretagne ?  

Question provocatrice me direz-vous ? Peut-être. Mais pas tant que cela. 

D’abord, un constat : la colère monte.  

Durant le deuxième mandat de Tony Blair, il n’y avait eu qu’une seule grève, celle des pompiers.  

Or pour le seul début de 2010, les employés du Royal Mail, les employés de British Airways, et les cheminots ont voté des grèves. Les retraités aussi ont manifesté en masse à Londres. Quant aux enseignants, ils ont entamé un mouvement de boycott (peu suivi du reste) de tests qu’ils jugent stressants et inutiles pour les enfants.  

Mais si le Royal Mail a laissé faire, il n’en est pas allé de même pour les cheminots ni pour BA. 

Pour éviter des perturbations et des pertes, les directions ont fait appel à la justice. Avec succès puisque la grève des cheminots a été annulée, tout comme celle de British Airways, au dernier moment, lundi soir. 

Et pour cause : les lois antisyndicales mises en vigueur par Margaret Thatcher sont toujours en vigueur. Elles ont rendu l’exercice de la grève si contraignant que n’importe quel juge peut déceler un vice de forme et les faire annuler.  

Pour faire grève ; il faut en effet organiser un vote à bulletin secret, en envoyant des courriers aux domiciles des personnels, très en amont. Puis publier les résultats de manière détaillée.  

Or dans un cas, le juge a estimé que des salariés qui allaient quitter l’entreprise n’auraient pas du prendre part au vote. Dans l’autre, que les résultats (pourtant affichés) avaient été insuffisamment publiés. Il existe même un cas où le juge a invoqué un problème de proportionnalité des conséquences de la grève au regard du motif qu’elle invoquait. 

Bref, la justice agit de plus en plus comme un régulateur social et un frein aux mouvements sociaux.  

A cela s’ajoute la législation qui considère toujours une grève comme une rupture du contrat de travail. A British Airways, sept syndicalistes ont été licenciés, et nombreux sont ceux qui disent ne pas savoir pas s’ils ne risquent pas de perdre leur emploi en cessant le travail. 

La multiplication des mouvements sociaux, malgré toutes ces chausses-trappes, montre donc que le climat n’est au beau fixe. 

Au fait, le chancelier George Osborne doit annoncer ses premières mesures d’austérité la semaine prochaine !

2 commentaires pour “Un droit de grève très encadré”

  1. apolline dit :

    3 decades de Thatcherism a transforme le climat social anglais en une cocotte vapeur ou la colere gronde en demi mots passes de l un a l autre,
    un malaise pleins de mannerismes imposes et de tragedies existentielles personnelles.
    la classe moyenne a joue le jeu de la division sociale tant qu elle en avait certains aventages, mais comme ces privileges fondent comme leurs illusions de superiorites face au travailleurs sans emplois dont le travail a ete delocalisee depuis longtemps, recentrant l activite sur la city, les prochaines mesures ” d austerites” pour les uns et super profits de derniere minute des happy few, serra la goutte de trop.
    Reprime n a qu un temps, tout systeme injuste et autoritaire a une fin.
    Comme chaque neurose, l oppression ne fonctionne pas sur le long.
    Le memoire de l aquis sociale n est pas effacable.

  2. Gilles dit :

    La ou je bosse il arrive parfois d’y avoir des greves. Enfin quand je dis “greve”, ce sont des walk out de deux heures (je ne rigole meme pas) sans sit-in, sans pancarte, sans tracts ni porte-parole avec un megaphone, rien de rien. Juste plusieurs dizaines d’employes qui se cassent du bureau et reviennent deux heures apres. la premiere fois ca fait vraiment rire, quelle grosse blague, quels amateurs, “protestation” a deux balles! Et puis on s’y habitue et en tant que Francais on trouve cela pathetique a la longue, personne ici n’a de cojones, que des yes men….. autant vous dire que le management obtient toujours ce qu’il veut a chaque fois…….
    Je suis un liberal et les grevistes, du temps ou je vivais en France, n’etaient pas toujours mes meilleurs amis (des empecheurs de tourner en rond, pour rester poli), mais tout de meme je respecte ce droit de greve et trouve ces manieres en UK hallucinantes et surtout humiliantes pour le travailleur lambda. Pour ce qui est de BA, je ne soutiens pas ces employes qui vivent sur une autre planete et dans un time wrap, mais les interdire de greve (ce n’est pas au moins la deuxieme fois en 2 mois?) par un juge est inadmissible dans une democratie moderne selon moi.

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