Question de point de vue
Qu’est-ce qui fait l’ambiance, l’atmosphère, le sentiment gĂ©nĂ©ral que l’on ressent dans un pays ? La rĂ©alité ?  Permettez-moi d’en douter. Â
La France vient d’annoncer une lĂ©gère baisse du chĂ´mage, et Ă cette occasion est publiĂ© le nombre de demandeurs d’emplois : 2 millions 610 000. Or quasiment en mĂŞme temps, la Grande-Bretagne vient de publier ce chiffre : il y a ici 2 millions 458 000 demandeurs d’emplois.Â
D’accord, vous pourriez me dire que près de 150 000 de plus en France, c’est une grande diffĂ©rence. Sauf qu’ici, il faut rajouter les « incapacite benefits » (les inaptes au travail qui ne sont pas dĂ©comptĂ©s) et tous les temps partiels  qui se sont dĂ©veloppĂ©s avec la crise. Or deux mi-temps créés, cela fait un poste de moins qui n’est pas pris en compte dans ces statistiques.Â
On pourra encore arguer qu’en France, les chiffres sont aussi revus Ă la baisse. Il n’empĂŞche, j’en arrive au mĂŞme constat : le nombre de chĂ´meurs dans nos deux pays est dĂ©sormais sensiblement le mĂŞme. Pire : ici, l’indemnisation n’est pas calculĂ©e par rapport au salaire prĂ©cĂ©dent. Elle est la mĂŞme que l’on soit pauvre ou millionnaire. Vivre au chĂ´mage est donc beaucoup plus dur.Â
Or le ressenti est en revanche complètement diffĂ©rent. MĂŞme s’ils en parlent, les mĂ©dias ne sont pas farcis de sujets sinistres sur le chĂ´mage. L’accent est mis sur les banques et les entreprises. Pas sur la vie de leurs employĂ©s. Lorsque vous discutez avec vos amis, il est rare qu’il fasse parti des prĂ©occupations prioritaires.
Si la situation est aujourd’hui comparable, le vĂ©cu est donc diffĂ©rent.Â
Alors pourquoi ?Â
Peut-ĂŞtre d’abord parce que la tradition syndicale n’est pas la mĂŞme dans les deux pays et que l’extrĂŞme gauche ici n’existe quasiment pas.Â
Peut-ĂŞtre aussi parce qu’il existe une conviction : c’est au secteur privĂ© de rĂ©gler le problème du chĂ´mage, pas Ă l’Etat. Il ne sert donc Ă rien de manifester pour lui demander des comptes.Â
Parce qu’il existe aussi une culpabilitĂ© par rapport au chĂ´mage. Je connais une personne qui a cachĂ© Ă sa famille qu’elle Ă©tait sans travail pendant près d’un an. Â
Il n’empĂŞche, il y a encore deux ans, la Grande-Bretagne Ă©tait prĂ©sentĂ©e comme un modèle Ă suivre. Or si l’on gratte derrière le vernis, on constate que les indicateurs sont au rouge. Â
Une autre Ă©tude dirigĂ©e par le professeur John Hill publiĂ©e cette semaine montre que les inĂ©galitĂ©s se sont accrues depuis les annĂ©es 1960. Ce Ă quoi s’ajoute une autre rĂ©cente dĂ©montrant que le fossĂ© se creuse entre le nord, plus pauvre, et le sud, plus riche. Â
La question pourrait donc être : qui a raison et qui a tort ?  Les britanniques qui s’accommodent d’un système qui produit de telles inégalités. Ou les français qui se plaignent d’un système qui ne marche pas si mal que cela ?















28 janvier 2010 Ă 17:28
C’est vrai que cette derniere question ouverte est interessante. Je ne suis pas partisan des surreactions des syndicats en France (surtout quand j’entends parler de sequestrations) mais je suis aussi effare de voir tant d’absence de droit(s) et tant de haussements d’epaules du genre”qu’est-ce qu’on peut y faire?” en GB. Je n’ai jamais travaille en France (parti juste apres mes etudes) mais ici l’employe a le droit de faire son boulot et de se taire, le management peut faire presque ce qu’il veut.
A ca s’ajoute la modern day lutte des classes, on se rend vite compte que les riches, les tres riches parfois, meprisent le reste d’une facon insolente (pleonasme je sais). Ils bafouent les regles et en rigolent, les banquiers et nos chers politiciens en ont parfaitement montre l’exemple en 2009. En venant ici je dois avour que mon ideal politique etait l’ultra-liberalisme, et apres plusieurs annees d’observation et de vecu je me suis vu devenir plus “socialist” (a ne pas traduire d’Anglais a Francais litteralement, cela n’a pas la meme conotation) et meme si je crois encore au liberalisme a l’anglosaxonne, je le voudrais bien plus modere, plus humain…….
Quant au vernis dont Jacques fait allusion, absolument! Il se craque de plus en plus, enfin en tout cas comme beaucoup d’autres j’y vois beaucoup plus clair.
La GB pour y venir se lancer, bosser dur et essayer de faire fortune (ou tout au moins se faire un petit magot), c’est parfait. Mais pour vivre une vie sympa comme nous Latins, pas vraiment. J’ai connu bien de Francais, Espagnols ou Italiens qui en souffraient, et je ne parle meme pas du climat. Surtout quand on voit les infrastrcutures sur lesquelles le pays se repose, cela ressemble a un chateau de cartes. C’est joli un chateau de cartes, mais on sait a quel point c’est fragile…….
Plus les annees passent ici, et plus les raisons de partir augmentent.
OK, j’arrete ici mon mini-coup de blues!
29 janvier 2010 Ă 12:10
Drole de hasard! Aujourd’hui on lit qu’Adam Crozier va prendre les renes d’ITV.
Crozier c’est le patron de la Royal Mail, celle qui nous offre un service deplorable. Celle aussi qui a ete amputee de 60 000 tetes sous sa presidence au nom de la competitivite et de l’ouverture au marche prive. Bref, pendant que 60 000 familles ont ete touchees directement par les actions de ce patron, lui a empoche pendant toutes ces annees bonus apres bonus qui se comptent en milllions(c’est comme pour les companies ferroviaires privees, peut importe si les objectifs ne sont pas atteints les boss touchent leurs millions!) et va donc toucher une derniere fois DEUX millions de Livres avant de partir chez ITV en mars!
Et l’opinion publique, et le gouvernement? Bah, il y aura bien des gens pas contents a poster sur des forums ou des sites, mais a part ca ce sera un autre haussement des epaules. On est loin d’un soulevement et actions de l’affaire Henri Proglio……..
De fait pour chaque Proglio on trouve ici en GB un voire deux Crozier. Mais toujours avec le meme resultat: les super riches s’en sortent toujours!
Remarquez Crozier a de la chance, aujourd’hui le pays entier a les yeux braques sur Tony Blair et ses mensonges! Ca passera comme du petit lait.
1 février 2010 à 12:35
Meme si l’on rajoute les “incapacity benefits”, le taux d’emploi en GB est de 72.5% alors qu’en France, il est de 64%.
Peut-etre est-ce pour ca que nous en parlons moins en GB.
Sources:
http://www.statistics.gov.uk/cci/nugget.asp?ID=12
http://www.insee.fr/fr/themes/info-rapide.asp?id=14