Bienvenue Ă  Londres !

Le blog de Jacques Monin


Le vrai Van Gogh

culture

 autoportrait © Royal Academy of Arts

autoportrait © Royal Academy of Arts

Je sais. Vous n’aurez peut-être pas la chance, le temps, ou les moyens d’aller voir l’exposition « The real Van Gogh » qui vient de débuter à la Royal Academy of Arts de Londres, et qui se poursuivra jusqu’au 18 avril. Raison de plus pour vous en dire quelques mots, tant j’ai été enthousiasmé. 

Elle présente 65 tableaux venus du monde entiers, de musées ou de collections privées. Ce qui est déjà une prouesse. Ils sont disposés dans six salles selon un ordre quasi chronologique : la période hollandaise, parisienne, provençale, avec une évolution sensible dans le style, dans le traitement des couleurs, des sujets, de la lumière…

Rien que leur vision est éblouissante (et nous rappelle qu’aucune reproduction ne peut provoquer de tels frissons). Mais il y a aussi une trentaine de lettres écrites par le peintre qui sont autant de clés pour comprendre son travail, sa vie et ses tableaux. 

Van Gogh avait en effet l’habitude d’écrire (en général à son frère et bienfaiteur Théo) lorsqu’il avait terminé un tableau, pour lui expliquer comment il s’y était pris. Et il joignait à son texte un croquis simplifié dudit tableau.  

On se rend ainsi compte que Van Gogh n’était pas un illuminé qui laissait filer son pinceau au grès de son inspiration. C’était au contraire une personne très cultivée, très réfléchie, qui prenait son temps et travaillait les couleurs avec minutie. L’exposition nous montre aussi les livres qu’il possédait : l’assommoir, les misérables, le père Goriot ou encore Candide de Voltaire. 

nature morte aux oignons © RAA

nature morte aux oignons © RAA

Le tableau accroché dans l’entrée (nature morte aux oignons) a été présenté par un universitaire anglais, Martin Bailey, comme la clé de l’énigme de l’automutilation de Van Gogh. Il a été peint peu après que l’artiste se soit tranché l’oreille. On peut y voir une enveloppe sur la table ou reposent les oignons. Selon Bailey, cette lettre annonçait à Van Gogh le mariage de son, frère Théo. Van Gogh, craignant de voir celui-ci s’éloigner de lui, aurait été pris d’un accès de fureur. 

Ann Dumas, la commissaire de l’exposition reste cependant prudente. L’épilepsie, ou la colère provoquée par le départ de son ami Gauguin, lui semblent de plus plausibles explications.  

Il n’empêche… Les lettres sont encore là pour interroger sa vie. 

Un mot enfin de ces curiosités : des estampes japonaises sont aussi au programme de l’exposition. Anachronisme dans cette profusion de tableaux impressionnistes ? Eh bien non. Van Gogh était fasciné par le Japon. Avec Théo, il possédait près de 300 estampes dont le style et les perspectives ont influencé sa peinture. Van Gogh regardait le Japon comme une sorte de paradis terrestre. Au point que, lorsqu’il est arrivé à Arles, il a écrit à Gauguin pour lui dire comment les paysages étaient si merveilleux qu’il s’était demandé s’il n’était pas arrivé au Japon…

 © RAA

© RAA

Laisser un commentaire

martel

Recopiez le code ci-dessus afin que votre commentaire soit pris en compte.