Bienvenue Ă  Londres !

Le blog de Jacques Monin


Blanc comme neige

international, politique

Un peu tendu au début, il a fini par se dérider pour finir très à l’aise. Presque arrogant. 

Alastair Campbell, l’ex éminence grise de Tony Blair, son ancien directeur de la communication, l’homme qui savait tout et qui était au cœur de toute décision de 1997 à 2003, a donné SA version de la guerre en Irak devant la commission d’enquête ad hoc à Londres. 

Son audition était d’autant plus attendue que c’était lui qui avait supervisé le montage du fameux « dodgy » dossier présenté par le Premier ministre devant le parlement. Ce dossier, qui reposait notamment sur des approximations techniques et une thèse douteuse d’étudiant, affirmait que Saddam Hussein continuait de produire des armes chimiques et biologiques, et qu’il était capable de déployer ses missiles en 45 minutes.  

Ce « faux » dossier Ă©tait si convainquant, qu’il Ă©tait accompagnĂ© d’une note Ă©crite de Tony Blair, expliquant que la menace que reprĂ©sentait l’ancien dictateur irakien Ă©tait tenue pour “absolument certaine”.   

Et pourtant, tout cela était faux. Alors pourquoi ? 

Eh bien tout d’abord, Campbell enfonce un coing entre son pays et les Etats-Unis. Dès 2002, explique-t-il, George Bush avait décidé de renverser Saddam Hussein. Mais pas Tony Blair. Au contraire, il aurait poussé pour obtenir un soutien de la communauté internationale. Ce n’est qu’une fois cette voie épuisée qu’il aurait décidé de partir aux côté des américains. 

Cette version donne le beau rôle à Tony Blair. Mais alors, pourquoi avoir parlé de certitudes alors qu’il n’y en avait aucune ? 

A cause des services de renseignements qui auraient mal fait leur travail. A en croire Alastair Campbell, rien n’a été fait pour rendre plus « sexy » le dossier. « Pourquoi avoir édulcoré des phrases qui auraient atténué la menace ? ». « Pour le rendre plus clair, en aucun cas pour travestir les faits », se défend Campbell. Et il ajoute « le premier ministre a écouté ses services de renseignements. Pourquoi aurait-il dû faire autrement ? ». 

Bref, Tony Blair ne serait parti en guerre que parce qu’il n’y avait pas d’autre solution pour contrer une menace qu’il croyait « certaine ».  

N’a-t-il pourtant pas confessĂ© rĂ©cemment que, s’il avait su qu’il n’y avait pas d’armes de destruction massive, il aurait trouvĂ© d’autres arguments pour destituer quand mĂŞme Saddam Hussein ?

Mais cette question-là n’a pas été posée.

   

Un commentaire pour “Blanc comme neige”

  1. Gilles dit :

    Alaistair Campbell, le roi des “spin doctors” (ces fameux conseillers des hauts fonctionnaires de l’Etat) vendrait sa grand-mere pour une promotion ou un grand titre dans les journeaux! Ce dossier, “sexed up” au maximum restera dans comme l’un des plus gros mensonges de l’Histoire Britannique (et Mondiale apres tout, quand on voit combien de nations ont ete et sont toujours impliquees)
    Blair (”Bliar”) et ses conseillers, dont precisement Campbell, ont leurs mains remplies de sang, celui de soldat, de civils et celui egalement de David Kelly.
    Vu dans un article il y a quelques semaines quand Blair etait favori au poste de President de l’UE, pas au mot pres, mais quelque chose comme cela:
    “Ils ont tous les deux provoque la mort de milliers d’innocent civils musulmans, et pourtant leur destin ne pourrait pas etre plus oppose qu’il ne l’est maintenant: l’un est fete autour du monde, fait fortune pour ses after dinner speeches. L’autre fait face au tribunal International de la Haye. Voila ce qui separe Tony Blair de Radovan KaradĹľić.”
    (NB: il ne regrettait pas que KaradĹľić soit face a un tribunal, mais soulignait le fait que Blair s’en soit beaucoup trop bien tire)
    Et dans l’absolu, je trouve que c’est tout a fait ca.
    Et quand je pense qu’il a eu l’audace de se rendre a une masse organisee pour les soldats britanniques tombes pour le pays…….

Laisser un commentaire

londres

Recopiez le code ci-dessus afin que votre commentaire soit pris en compte.