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Le blog de Jacques Monin


Article(s) du 24 novembre 2009

L’irak pour solde de tous comptes ?

Mardi 24 novembre 2009

La vérité, enfin… Ou une enquête de plus ? 

Je ne préjugerai pas des conclusions de la commission d’enquête sur L’Irak qui vient de démarrer ses travaux à Londres. Attendons, de voir. Et ce temps sera long, puisque les conclusions se seront pas rendues avant un an !!! Certes le temps porte conseil. Mais les délais britanniques (on l’avait aussi vu dans l’enquête sur la mort de Lady Diana) ne sont pas les mêmes que les délais français. 

Quoi qu’il en soit, cette enquête ne peut qu’être saluée. Il y en a eu d’autres, mais elles ne portaient que sur des aspects partiels de la guerre. L’une (l’enquête Hutton) s’est penchée sur les conditions du suicide d’un informateur de la BBC employé au ministère de la défense. Et l’autre (l’enquête Butler) portait sur la validité des renseignements (faux) sur lesquels Tony Blair s’était appuyé, mais pas sur l’utilisation par le politique de ces renseignements. 

Or de nombreuses zones d’ombre subsistent  sur l’engagement britannique en Irak : 

1 : Tony Blair a-t-il sciemment « gonflé » des renseignements qu’il savait non fiables pour justifier une intervention qu’il voulait à tout prix avec les américains ? Ou a-t-il agit de bonne foi sur ce qui semblait être des certitudes partagées à l’époque ? Les précédents rapports permettent de pencher pour la première hypothèse. Mais aucun organisme officiel ne l’a encore formellement établi. 

2 : Pourquoi Tony Blair était-il si pressé d’entrer en guerre, alors qu’il suffisait d’attendre le rapport des inspecteurs en désarmement de l’ONU pour être fixé ? 

3 : Pourquoi son Attorney Général (son conseiller juridique), Lord Goldmisth a-t-il considéré que la guerre était légale, même sans nouvelle résolution de l’ONU, alors que quelques jours avant, il soutenait le contraire ? 

4 : Les troupes britanniques étaient-elles suffisamment préparées ? 

5 : Et pourquoi n’a-t-on pas préparé de stratégie de sortie de guerre ? 

Bref, il y a du pain sur la planche. Et déjà de sérieuses interrogations sur la capacité de cette commission à faire la lumière sur ce qu’il s’est passé. Il n’y a pas de juge, d’avocat ou de juriste parmi ses 5 membres. Personne qui ait l’habitude des interrogatoires serrés (ce sera sans doute nécessaire avec Tony Blair en janvier) et qui ait un avis plus éclairé sur le caractère légal ou non de la guerre. 

Par ailleurs, John Chilcot, déjà membre de la commission Hutton, ne s’était pas distingué par sa pugnacité. Sans parler de la volonté politique inexistante de rouvrir le débat sur le sujet. Gordon Brown a accepté le principe de l’enquête, mais contraint et forcé. Et il a d’abord essayé d’obtenir que les auditions soient secrètes. Quant aux conservateurs, ils ont aussi voté la guerre, et démontrer qu’ils se sont fait berner ne serait pas du meilleur effet. 

John Chilcot a cependant marquĂ© un point : il a tenu bon et imposĂ© des auditions publiques. Pour le reste, je maintien. Attendons de voir. “Wait and see”, comme on dit ici. Seule certitude, ce sera la dernière enquĂŞte officielle. Le reste sera laissĂ© aux historiens.