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Le blog de Jacques Monin


Article(s) du 3 novembre 2009

Un changement d’avis qui se fait attendre

Mardi 3 novembre 2009

J’ai parfois du mal à comprendre pourquoi mes confrères britanniques ne prennent pas plus de risques lorsqu’il s’agit de décoder des propos politiques. 

Dernier exemple en date : Le chef des conservateurs David Cameron a décidé de différer de quelques jours l’annonce de sa position officielle sur le traité de Lisbonne après la levée du dernier obstacle Tchèque. Bigre ! Quel suspense insoutenable ! Va-t-il maintenir son intention d’organiser un référendum ? Même si le traité est adopté ? 

Cela fait pourtant plusieurs semaines que David Cameron a déjà dit ce qu’il ferait. Mais il semble que personne ne veuille l’entendre. Il a toujours dit qu’il souhaitait un référendum, mais il a toujours ajouté « si le traité est adopté, alors la situation changera ». Ce qui veut dire en clair, que la situation nécessitera un réexamen de sa position. Or que peut être un réexamen de sa position ? Ne tournons pas autour du pot : l’abandon pur et simple d’un référendum. CQFD.   

Je prends donc ici-même les paris : David Cameron va expliquer qu’il n’a pas changé d’avis mais que c’est la situation qui a changé. Il va expliquer que l’on s’est moqué des britanniques en les privant de référendum, mais que ce serait aussi se moquer d’eux que d’organiser un référendum qui ne servirait à rien. Et il s’engagera sur l’honneur, la main sur le cœur, à tout faire désormais pour lutter contre les velléités Bruxelloise de décider à la place les britanniques. 

Bref, c’est ce qu’on appelle une affaire classée, et au fond, une épine de moins dans le pied du leader conservateur qui finira bien un jour par se rendre compte que son euroscepticisme est contre productif, et qui se félicitera intérieurement d’avoir fait machine arrière. Qui sait d’ailleurs s’il ne suivra pas les traces d’un certain Gordon Brown, eurosceptique il y a encore trois ans, et aujourd’hui convaincu des bienfaits de l’Europe ? Qui sait si l’Euro n’arrivera pas en Grande-Bretagne sous un régime conservateur ? Mais là, je ne vous donne pas rendez-vous dans quelques jours. Plutôt dans quelques années…