Tony Blair a de moins en moins la cote
Vendredi 30 octobre 2009Pardon de vous avoir dĂ©laissĂ©s quelques temps. Pour tout vous dire, après quelques jours de repos, je suis parti Ă Belfast tourner un reportage sur les murs qui lĂ©zardent les quartiers nord et sĂ©parent toujours les communautĂ©s. Je vous donne donc rendez-vous pour en savoir plus lundi, sur ce blog, avec quelques unes de mes rĂ©flexions, et des photos qui parlent tout autant que les textes.Â
En attendant, je voudrais revenir que le sujet qui agite le microcosme ici : l’hypothĂ©tique, la fantomatique mĂŞme, candidature de Tony Blair au poste du premier prĂ©sident de l’Union europĂ©enne post traitĂ© de Libonne. Car en l’espace de deux jours, la machine s’est emballĂ©e. Tony Blair a d’abord abreuvĂ© la presse d’informations de seconde main, laissant entendre qu’il serait candidat, tout en prĂ©cisant qu’il ne l’était pas, puisque le poste officiellement, pour l’instant, n’existe pas. Mais dans le mĂŞme temps, l’ancien Premier ministre britannique s’est irritĂ© de ce que le soutien de Gordon Brown et du gouvernement  soit un peu mou.Â
Il y a donc eu un affolement gĂ©nĂ©ral. Gordon Brown, qui, Ă quelques mois d’une Ă©lection vitale, ne peut se permettre de voir les Blairites ranimer les vieilles guerres, a subitement fait campagne pour lui. On l’a entendu expliquer que Blair ferait un excellent prĂ©sident de l’Europe et qu’il soutiendrait « évidemment » une telle candidature. Dans le mĂŞme temps, l’ex bĂ©bĂ© Blair et ministre des affaires Ă©trangères, David Miliband, a dĂ©clenche une campagne tous azimuts. On l’a vu se rĂ©pandre Ă Bruxelles et dans les mĂ©dias britanniques. Il n’a pas tari d’éloge pour celui qui, disait-il, avait la capacitĂ© de faire stopper le trafic sur son passage Ă Washington comme Ă Pekin. VoilĂ un sacrĂ© critère pour diriger l’Europe ! Â
Ajoutez Ă cela l’ambassadeur de Grande-Bretagne Ă Paris qui a invitĂ© la presse française pour vanter les mĂ©rites de son ancien patron, et l’ancien secrĂ©taire d’Etat aux affaires europĂ©ennes, Denis McShane, qui signe une tribune dans Newsweek pour expliquer pourquoi Tony Blair est le plus qualifiĂ© pour prĂ©sider le conseil europĂ©en. Et vous aurez une idĂ©e de la campagne orchestrĂ©e en sous-main par celui qui se morfond au poste d’émissaire du quartet au Proche Orient, tout en percevant des sommes faramineuses de ses confĂ©rences, ainsi que de JP Morgan et Zurich, deux Ă©tablissements financiers dont il est le conseiller.Â
Mais vous souvenez-vous de ce que je vous rapportais ici mĂŞme il y a quelques temps ? Boris Johnson, le fantasque maire conservateur de Londres, pariait que Tony Blair n’aurait jamais le poste, tout simplement parce qu’il risquait de faire de l’ombre Ă d’autres poids lourds europĂ©ens, et notamment Ă Nicolas Sarkozy. Â
Les faits semblent aujourd’hui lui donner raison. Le prĂ©sident français aurait sans doute rĂŞvĂ© de travailler avec Blair dans un rapport d’égal Ă Ă©gal. Mais son admiration semble maintenant faiblir. Bien sĂ»r, ces rĂ©ticences sont enrobĂ©es d’arguments « objectifs ». La Grande Bretagne n’a jamais adoptĂ© l’Euro. Elle n’est pas dans Schengen. Sans parler de la guerre en Irak et du facteur “impopularitĂ©” Ă©trangement assez peu Ă©voquĂ©s par les anti-Blair. Mais l’argument le plus dĂ©terminant, mĂŞme s’il peut sembler secondaire, est sans doute ailleurs : le prĂ©sident des 27 doit il ĂŞtre un leader, ou un conciliateur ? Tony Blair se situe rĂ©solument dans la première catĂ©gorie. Et c’est son doute lĂ son plus grand handicap.














