Bienvenue Ă  Londres !

Le blog de Jacques Monin


Article(s) de septembre 2009

Une chasse à courre bien particulière

Mercredi 30 septembre 2009

C’est une expression triviale, mais elle veut bien dire ce qu’elle veut dire : « les chiens sont lâchés ! ». La meute est lancée aux trousses du gibier. Désormais : plus de quartier. Et en politique, c’est un peu la même chose. 

Les chiens sont lâchés parce que la campagne des futures législatives est désormais bien lancée, et on en connaît les principaux protagonistes, ainsi que leurs lignes de fractures. Gordon Brown a survécu au congrès du parti travailliste qui vient de se terminer à Brighton. Mieux, faute de prétendants à la trahison résignés à sombrer avec le chef, il a même plutôt fait bonne impression. C’est un Premier ministre combattif qui a harangué ses troupes, en définissant clairement ce que sera la campagne et en recréant un clivage idéologique clair. 

Pour Gordon Brown, il y a désormais d’un côté le Labour, du côté des plus pauvres et des classes moyennes, qui va rétablir une justice dans l’imposition, mettre à contribution les plus riches, et empêcher de tourner en ronds les banquiers cupides de la City. Et de l’autre les conservateurs qui ne visent qu’à privilégier une minorité de nantis, et dont l’idéologie purement libérale a échoué.  

Le rĂŞve de Gordon Brown, c’est donc de rĂ©veiller l’électeur de gauche qui sommeille en ceux qui l’ont abandonnĂ©.  Ce rĂŞve va cependant se heurter Ă  de sĂ©rieux Ă©cueils.  D’abord, le dĂ©samour est si profond qu’on voit mal comment il pourrait se transformer en adhĂ©sion. Ensuite, nombreux n’oublient pas que ce « libĂ©ralisme » pourfendu par le Premier ministre Ă©tait aussi celui qu’il dĂ©fendait il n’y a pas si longtemps. Qui Ă©tait ministre des finances lorsque la City jouait au poker avec l’argent des autres ? Enfin, il va avoir l’ensemble de la presse Murdoch face Ă  lui. Car un autre chien a Ă©tĂ© lâchĂ©, ou plutĂ´t vient de lâcher les travaillistes : le journal le Sun, le premier tirage de Grande-Bretagne. Il vient de titrer Ă  la une : « après 12 ans de pouvoir, ce gouvernement a perdu sa direction. Il a aussi perdu le soutien du Sun ». L’Ă©dition suivante, du 1 octobre est un chef-d’oeuvre de malhonnĂŞtĂ© intellectuelle, de racolage et d’amalgame. On y voit des victimes de guerre, d’agressions au couteau, de maladies nosocomiales, et une ancienne conseillère de Downing street, dire tout le mal qu’ils pensent du gouvernement responsable de leurs malheurs. Le coup est si bas qu’il en est Ă©coeurant.

Lorsqu’il est arrivé au pouvoir, Tony Blair avait passé un accord avec Rupert Murdoch, considérant qu’il lui fallait le soutien de son puissant groupe de presse (Le Times, et Sky news notamment). Le lâchage du Sun est donc un coup dur de plus pour le Premier ministre désormais aux abois.

Le chant du cygne.

Jeudi 24 septembre 2009

C’est la question à la mode entre journalistes ici : « tu crois vraiment que Gordon Brown peut encore gagner ? ». Et à de rares exceptions près, la réponse est « non ».  

La période actuelle confirme que, quoi qu’il fasse, quoi qu’il touche, quoi qu’il tente, il n’en engrange aucun bénéfice politique. Pire, il perd en crédibilité. Ce matin, c’est le Sun qui ironise sur une rencontre ratée à New York avec Barack Obama. Faché de la libération du principal terroriste dans l’attentat de Lockerbie, le président américain n’aurait accepté de le voir que 15 minutes entre deux portes dans une cuisine. Et le tabloïd du groupe Murdoch, qui évidemment fait la campagne des conservateurs, s’en donne à cœur joie pour expliquer que le Premier ministre a endommagé l’historique relation spéciale qui unissait les deux pays. 

 Passons sur l’incident, dont on peut discuter le prétexté supposé. Une autre affaire qui vient de se produire est en revanche plus révélatrice de l’incapacité à décider et à « sentir » l’opinion qui est celle du chef du gouvernement britannique. La Baronne Scotland, membre de l’équipe juridique de l’attorney general, bref, une  éminente juriste qui conseille le gouvernement, a été surprise alors qu’elle employait depuis 6 mois une femme de ménage originaire des îles Tonga en situation irrégulière.

 Elle jure qu’elle n’était au courant de rien et qu’elle n’avait aucune raison de lui demander ses papiers. Dont acte. C’est tout à fait possible. Mais pour quelqu’un qui incarne la loi au plus haut niveau, cela fait des plus mauvais effets. Pire : en vertu d’une loi qu’elle avait elle-même contribué à faire voter, elle va devoir payer une amende de 5000 livres.  

Mais Gordon Brown ne demande pas sa démission. Il n’en tire aucune leçon politique. Il n’entend pas l’opinion, pas plus qu’il ne prône l’exemplarité. Alors que le gouvernement fait de la chasse à l’immigration clandestine une priorité, la baronne explique sans complexe que ce qu’elle a fait équivaut à une simple contravention au code de la route…

 Le climat est si délétère que Peter Mandelson urge le Premier ministre de se ressaisir et de recoller à la classe moyenne. Et que Gordon Brown lui-même doit démentir des rumeurs selon lesquelles il s’apprêterait à quitter le pouvoir pour des raisons de santé. « Non, je ne suis pas en train de devenir aveugle » a-t-il assuré.   

Dans le même temps, le chef des conservateurs, David Cameron, se prépare en tapant sur Maggie. « Je ne ferai pas ce que Thatcher a fait » assure-t-il, afin de rassurer l’électorat flottant qui vit encore dans la crainte d’un retour aux années de la Dame de fer. « Ses décisions économiques ne nous ont en rien préservés de la crise actuelle » ajoute-t-il.  Pour ma part, je suis convaincu qu’il n’y a aucun enthousiasme de l’opinion à voir David Cameron Premier ministre, mais le rejet des travaillistes est tel que l’hypothèse en est devenue parfaitement crédible.

 Elle l’est tellement que des membres du gouvernement français vont peu à peu se rapprocher de leurs homologues « fantômes » conservateurs britanniques. Certes, Nicolas Sarkozy travaille en parfaite harmonie avec Gordon Brown. Mais il faut aussi préparer l’alternance. Et dès maintenant. On ne sait jamais…

La crise et ses conséquences (grandes et petites)

Dimanche 20 septembre 2009

Imaginez, en France, un premier ministre qui, Ă  quelques mois des Ă©lections prĂ©sidentielles, annoncerait clairement qu’il va supprimer des postes de fonctionnaires et ne plus augmenter leurs salaires, voire les rĂ©duire. Dans l’Hexagone, il est de coutume de mettre ce genre de dĂ©cisions sous le boisseau Ă  l’approche des prĂ©sidentielles pour au contraire expliquer que l’on va raser gratis. Ce n’est pas un hasard si avant les prĂ©sidentielles de 2002, Lionel Jospin n’avait surtout pas voulu entamer le chantier de la rĂ©forme des retraites (ce qui ne l’a pas sauvĂ© d’ailleurs).  Nicolas Sarkozy claironnait bien qu’il supprimerait des postes, mais pour rendre du pouvoir d’achat aux autres, ajoutait-il. Les mesures impopulaires ne sont en effet jamais Ă  l’honneur lorsqu’il est l’heure de briguer les suffrages.

Ici cependant, c’est l’inverse. Le gouvernement avait, certes, vu jusqu’ici dans le déficit public l’occasion de marquer sa différence entre lui et les conservateurs. Le discours consistait à dire : avec nous, les services publics seront préservés, tandis que nos adversaires vont sabrer à tout va. Il y avait là un nouveau marqueur idéologique entre les partisans d’un fort soutien public, et ceux d’un retour brutal à l’équilibre au détriment de la population. 

Mais une fois de plus, Gordon Brown brouille son image. Il vient de reconnaître qu’il lui faudra réduire la voilure. Il s’est rendu compte qu’en Grande-Bretagne, les déficits publics sont mal vus, et qu’annoncer qu’on va donner un tour de vis aux fonctionnaires passe plutôt mieux que de faire croire qu’on ne changera rien. Résultat, il a demandé à chacun de ses ministres de lui dire dans quels postes ils comptent tailler. La réunion de mise au point a été médiatisée. Et le ministre de l’éducation Ed Balls a déjà annoncé la couleur. Il veut récupérer 2 milliards de livres en supprimant des postes et en réduisant les salaires. 

On pourrait se dire qu’après tout, dire la vĂ©ritĂ©, c’est assumer ses choix, ĂŞtre tranparent et respecter son Ă©lectorat.

Oui, à ceci près pour les travaillistes que :

1 : la volte face dans le discours laisse entendre qu’ils ont, sinon menti, au moins tergiversé jusqu’à maintenant. 

2 : Supprimer des postes ne va pas rendre confiance à ceux qui les occupent et qui auront vocation à rejoindre le peloton des chômeurs qui approchent déjà de la barre des 2 millions et demi. 

                                                                   * 

Allez ! Puisqu’on parle d’argent et de crise, je vous présente le dernier né du quartier de Brixton au sud de Londres : le Brixton pound. Autrement dit, la Livre de Brixton.  C’est une monnaie purement locale, qui n’est reconnue que dans certains commerces du quartier, et que l’on peut acheter dans plusieurs points de change. Elle vient tout juste d’être lancée. L’idée c’est de contraindre les gens à utiliser une devise locale qui ne peut être dépensée que localement. Il parait que cela favorise les dépenses de proximité, donc les commerçants locaux.

La patronne d’un cafĂ©, chez Rosie’s, trouve ça super. « Comme les gens ne pourront pas dĂ©penser ces billets dans les grandes surfaces, peut-ĂŞtre viendront-ils les dĂ©penser chez moi », m’a-t-elle confiĂ©. J’avoue que j’ai quelques doutes sur le rĂ©el impact de ce genre de micro-mesures. Et le commerce local mĂ©rite autant d’ĂŞtre soutenu Ă  Brixton qu’ailleurs. Mais qui sait ? Après tout la crise donne des idĂ©es et ouvre des voies. Autant les explorer.

Le Brixton pound © JM

Le Brixton pound © JM

Quand la paranoĂŻa forge les politiques

Mardi 15 septembre 2009

Imaginez : vous avez quelques voisins ou amis dont les enfants font du foot ou de la musique ou font partie des scouts le week-end. Vous avez l’habitude de vous relayer pour les emmener. Et jusqu’ici tout allait bien.

Eh bien, à partir d’octobre 2009, toute personne qui transportera seule des enfants de manière « régulière » devra se faire enregistrer sur un fichier. Son casier judiciaire sera contrôlé. Et elle devra obtenir un agrément, faute de quoi, elle risque une sanction allant jusqu’à 5500 euros d’amende. 

De même : si vous intervenez dans une école (que l’on soit écrivain, journaliste, artisan ou que sais-je), et si vous êtes dédommagé pour cela, non seulement il vous faudra préalablement obtenir le même agrément, mais il faudra aussi débourser 70 euros. 

Pourquoi ce changement de règles, qui pourrait concerner 11 millions de personnes ? Officiellement pour éviter que se reproduise les meurtres des petites Holly et Jessica en 2002 à Soham. Contrôler et ficher les parents qui approchent les enfants semble être pour le gouvernement une bonne mesure de protection. 

La pilule a cependant du mal à passer, pour toutes sortes de raisons. Rien ne dit d’abord qu’elle sera efficace. On voit mal un pédophile intervenant dans une classe s’en prendre aux enfants sous les yeux des enseignants. Rien ne dit par ailleurs qu’une personne au casier judiciaire vierge n’est pas susceptible de passer à l’acte plus tard. Et il existe bien d’autres moyens de repérer des enfants pour s’en prendre à eux.    

L’autre crainte, émise par des responsables d’associations, c’est que ces règles dissuadent des parents de se porter volontaire, tout simplement parce que beaucoup n’auront pas envie d’être contrôlés et fichés, par principe. Elles pourraient donc, par contrecoup, nuire à la vie associative.  

Il y a enfin des arguments de fond. La confiance ne devrait-elle pas prĂ©valoir sur la suspicion ? L’écrivain Philip Pulman dit pour sa part « pourquoi devrais-je payer pour pouvoir prouver que je ne suis pas pĂ©dophile ? ». James Pantom du groupe de rĂ©flexion le Manifesto Club estime que l’on va Ă  l’encontre des valeurs que devrait rechercher une sociĂ©tĂ© Ă©quilibrĂ©e. Le message adressĂ© aux enfants c’est que tout adulte prĂ©sente une menace tant qu’il n’a pas prouvĂ© le contraire. Pour se sentir en sĂ©curitĂ©, il y a mieux. 

Mark Easton, journaliste à la BBC s’inquiète quant à lui dans son blog de ce que la panique forge désormais les politiques. Même le policier qui fut en charge de l’enquête sur le meurtre de Holly et Jessica, Chris Stevenson, aujourd’hui à la retraite, regrette dans le Times que l’on finisse par créer un état de paranoïa.      

Toutes ces voix ont fini par obtenir un (maigre) résultat. Le gouvernement demande des ajustements à ces nouvelles règles. Un réexamen va avoir lieu. Un réexamen, précise-t-on. Pas un abandon.

Des signes plutôt inquiétants

Vendredi 11 septembre 2009

Ce sont des signes qu’il ne faut pas sous-estimer, car ils sont un symptôme de la crise économique, mais aussi identitaire, que traverse la Grande Bretagne aujourd’hui. 

Jusqu’à il y encore peu, le BNP, le British National Party (autrement dit l’extrême droite ici) ne pesait quasiment rien. On n’en parlait même pas, sinon pour évoquer de temps à autres les frasques nauséabondes de son leader Nick Griffin. La croissance étant là, l’immigration n’était pas un enjeu. Au contraire, elle était perçue comme un bienfait pour l’économie.   

Or cette perception a changĂ© depuis trois ans (consĂ©quences des attentats + la crise+ l’affaire des frais parlementaires…), et en quelques mois, les choses se sont accĂ©lĂ©rĂ©es. Il y a d’abord eu les Ă©lections europĂ©ennes en juin dernier qui ont permis Ă  deux dĂ©putĂ©s du BNP de faire une entrĂ©e remarquĂ©e au parlement europĂ©en. Il s’ancre donc dans le paysage. Il a enfin des Ă©lus. 

Ces jours-ci, la BBC a dĂ©cidĂ© de lui permettre de participer Ă  son Ă©mission politique phare « Question time ». Il dispose aussi d’une tribune, bref, d’une caisse de rĂ©sonnance qui permet de diffuser ses idĂ©es. Dans un pays oĂą les petits partis ont du mal Ă  exister en raison d’un système Ă©lectoral Ă  un seul tour, il joue maintenant dans la cour des grands. 

Il y a enfin les récents incidents de Birmingham. Il y a quelques jours, une centaine de militants d’extrême droite (des membres de la « ligues pour la défense des anglais ») sont descendus dans la rue pour « mettre dehors les extrémistes islamistes » et « rendre la sécurité à la Grande-Bretagne ». Cette manifestation a dégénéré. Il y a eu des heurts avec des contre manifestants, essentiellement musulmans. Résultat : 80 personnes ont été arrêtées. 

 Tout cela mis bout à bout montre que la tension monte dans des villes moyennes entre des britanniques, désormais perméables aux thèses de l’extrême droite, et les communautés musulmanes.   Ironie du sort : la justice doit examiner un recours déposé contre les statuts du BNP qui interdisent l’adhésion à ce parti de toute personne non blanche (mesure évidemment discriminatoire, donc illégale). Sachant que la justice allait le retoquer, Nick Griffin vient de prendre les devants. Il accepte d’ouvrir le BNP expliquant qu’ « il vaut s’adapter plutôt que de perdre avec les honneurs ».    

Sur un blog d’extrême droite, un militant commente ainsi cette décision : « je ne vois pas aucun problème à ouvrir le parti à d’autres groupes ethnique ». Mais il ne faut pas se tromper d’interprétation. Il ajoute » « car de toute façon, combien d’entre-eux ont réellement envie de nous rejoindre ? ».

Les Beatles plus en forme que jamais

Lundi 7 septembre 2009

Ces jours-ci, vous allez voir du Beatles partout, en en entendre, Ă  l’occasion de la sortie de l’intĂ©gralitĂ© de leur catalogue remasterisĂ© dans les versions mono et stĂ©rĂ©o. Et alors me direz-vous ? Pourquoi tant de battage ? Encore une opĂ©ration commerciale et mĂ©diatique autour d’un groupe qui ne mĂ©rite pas tant d’honneur ? Je ne nierai donc Ă©videmment pas la dimension commerciale de l’affaire (très juteuse pour Apple et EMI). Mais ce toilettage des bandes quarante ans après (mĂŞme s’il peut sembler dĂ©cevant) est intĂ©ressant Ă  deux titres : 

D’abord il rehausse la prĂ©sence du son sans toucher Ă  l’intĂ©gritĂ© des morceaux.  Le changement n’est donc pas spectaculaire. Mais c’est tant mieux car cela les modernise sans les dĂ©naturer. Il faut d’ailleurs parfois une excellente chaine pour percevoir la diffĂ©rence.

Ensuite, on a « boosté » les versions stĂ©rĂ©o pour toucher un public plus jeune, mais en modifiant avec subtilitĂ© les versions mono. Les puristes peuvent donc enfin comparer les deux. Et oui ! Les versions mono et stĂ©rĂ©o diffèrent souvent chez les Beatles. Saviez-vous par exemple que la seule version qui compte de Sgt Pepper est la version mono ? La stĂ©rĂ©o a Ă©tĂ© mixĂ©e par les ingĂ©nieurs du son en l’absence du groupe. Nombreuses aussi sont les chansons de l’album blanc qui changent d’une version Ă  l’autre. 

Allez, au risque d’ĂŞtre de parti-pris : ce n’est pas un hasard si les Beatles sont aussi populaires : 

 Ils ont écrit l’histoire de la musique d’aujourd’hui en sept ans et treize albums. Ils sont le chainon manquant entre le rock and roll et la brit pop.

Les voix de Lennon et McCartney étaient d’une complémentarité exemplaire. 

Leur musique traverse les générations, les pays et les sexes.

Ils ont exploré de nouvelles voies, introduit des instruments classiques et traditionnels (indiens) dans la musique populaire, les bruits du quotidien (poules, réveils…), enregistré des sons à l’envers, des fréquences que seuls les chiens peuvent entendre, imaginé un morceau sans fin (version vinyle mono de Sgt Pepper), posé les bases des albums concepts, fleurté avec le symphonique, le lyrique, le contemporain et même le hard rock (Helter Skelter)…   

Tout cela dans des conditions impensables :  Please Please me a Ă©tĂ© enregistrĂ© en 10 heures seulement, et Sgt Pepper l’a Ă©tĂ© sur une console quatre pistes (Elle se trouve pas très loin de chez moi, dans le studio de Marc Knoefler qui l’a rachetĂ©e !)

D’oĂą les pèlerinages qui ont lieu quotidiennement Ă  Liverpool. Les musĂ©es sur les Beatles y fusent. Les bus et les taxis font visiter les lieux qui ont un rapport avec leur histoire. Il existe mĂŞme un hĂ´tel de luxe Ă  thème ( le Hard day’s night hotel) oĂą chaque pièce a un rapport avec eux… 

Je vous propose donc une petite visite guidée, et en image, dans la ville des fab four…

Là où tout a commencé © JM

Là où tout a commencé © JM

Vue de l

Vue de l
Le terrain de jeux des Beatles jeunes © JM

Le terrain de jeux des Beatles jeunes © JM
Sur le chemin de l

Sur le chemin de l
La maison de John (chez tante Mimi) © JM

La maison de John (chez tante Mimi) © JM
La tombe d

La tombe d
Pour la petite histoire, cette tombe oĂą figure le nom d’Eleonore Rigby se trouve dans le cimetière de l’Ă©glise de Woolton, lĂ  ou Lennon et McCartney se sont rencontrĂ©s. Mais le Beatle a toujours niĂ© s’en ĂŞtre inspirĂ©. Curieux hasard…

Plafonnement ou limitation ? LĂ  est la question.

Dimanche 6 septembre 2009

La question que je me pose, chaque fois que j’écris sur ce blog, c’est qu’est-ce que je peux apporter de neuf, de différent, qui éclaire ce que vous lisez et entendez par ailleurs dans les médias, bref, qui ne soit pas redondant. Et j’avoue que sur la réunion des ministres des finances du G20 qui a eu lieu à Londres ce week-end, je suis un peu sec. Peut être, en fait, parce qu’il n’y a pas grand-chose à ajouter.

Le communiqué final porte avant tout sur des déclarations d’intention. Il faudra donc attendre de voir si le conseil de stabilité financière (l’outil qui fait des propositions au G 20) les convertit en décisions concrètes, ou si les vœux sont pieux. A suivre donc… 

Je vous propose cependant quelques remarques  : 

1 : finalement tout le monde est content. La France a décroché la « limitation » des bonus, et l’idée du malus a fait son chemin. On est donc satisfait à Paris et l’UMP n’a pas manqué de faire valoir que le G 20 validait la politique de Nicolas Sarkozy. Mais dans le même temps, les Etats-Unis et la Grande Bretagne sont aussi satisfaits car il n’est plus question de « plafonnement ». La sémantique est ilmportante. Il est frappant de voir d’ailleurs comment chacun voit midi à sa porte. Ici à Londres, le Chancelier Alistair Darling a tempéré l’élan français qui consiste à mettre en avant l’affaire des bonus. « C’est un sujet parmi d’autres » a-t-il relativisé.

Ce qui semble clair, c’est que les dirigeants du G 20 adoptent une posture pragmatique : ils veulent en finir avec les prises de risques excessives de traders qui veulent gagner gros trop vite et qui mettent les banques en danger. L’objectif, c’est d’Ă©viter ce qui peut fragiliser les Ă©tablisements. La morale, c’est autre chose. Si les banques ont les moyens, et si leurs traders leur font gagner beaucoup sur le long terme, mĂŞme avec de nouvelles règles, rien ne devrait les empĂŞcher d’attribuer des bonus très Ă©levĂ©s. Le sport qui consiste Ă  aligner des chiffres faramineux autour de NoĂ«l risque donc de continuer. Il sera simplement rĂ©servĂ© Ă  une Ă©lite plus restreinte. C’est dĂ©jĂ  un pas, me direz-vous…

2 : Chacun place ses pions. Le gouvernement Français ne s’est pas mal débrouillé. Aux côtés des allemands une fois de plus, il a fait entendre sa voix. Mais Dominique Strauss Kahn aussi a su jouer de la situation. C’est lui qui a ouvert le bal des conférences de presse samedi dernier. Et on se demandait parfois qui parlait : le président du FMI, ou un poids lourd de la politique préparant un retour sur la scène nationale française ?    

3 : Maintenant, pour en finir (provisoirement) avec l’affaire des bonus. Il y a tout de même quelque chose de cocasse à voir la City de Londres s’opposer à ceux qui voudraient les limiter. « Cela nous permet d’avoir les meilleurs éléments » entend-on ici.  

 Bigre ! S’ils sont si bons que cela, pourquoi les grandes banques se sont-elles retrouvĂ©es Ă  genou l’an dernier ? Et ces banques ne sont dĂ©cidĂ©ment pas des entreprises comme les autres. Beaucoup de grosses sociĂ©tĂ©s rĂŞvent de limiter les salaires pour rĂ©duire les coĂ»ts et augmenter leurs marges. Mais chez les banquiers, c’est le contraire. Bien qu’on les supplie de dĂ©penser moins, ils se battent pour continuer Ă  verser des sommes faramineuses Ă  leur personnel. Allez y comprendre quelque chose !

L’enfer au paradis

Mercredi 2 septembre 2009

 Grand Cayman, Cayman Islands

Grand Cayman, Cayman Islands

C’est un incroyable retour de bâton que décrit le Guardian dans une pleine page. Les îles Caïman : une partie de la couronne britannique située dans les Caraïbes, un paradis fiscal bien connu pour ses sociétés offshores, le repaire de quelques hommes d’affaires fortunés… Les îles Caïman, donc, sont au bord de la faillite !  Incroyable mais vrai. Le paradis est en train de se transformer en enfer.  

Pourquoi ? Parce que la crise financière touche encore plus qu’ailleurs ces îlots d’ex prospérité dont l’économie ne repose que sur la finance. Les Caïman, ce sont moins de 52 000 habitants, et la 12ème région la plus riche du monde. C’est là que l’on trouve le plus de Hedge-funds (les fonds spéculatifs). C’est le cinquième centre bancaire mondial.

Bref lorsque tout allait bien,  la taxe versée par les institutions financières en fonction du nombre d’employés suffisait à faire fonctionner l’administration des îles. La richesse privée faisait le reste. 

Mais les temps ont changĂ©. Le gouvernement local a dĂ» beaucoup investir dans les Ă©coles et les services de santĂ©, car derrière l’apparente richesse qui s’étale, la population reste pauvre. Or après le passage du cyclone Yvan, voilĂ  que la crise financière rĂ©duit les Ă©tablissements financiers comme une peau de chagrin, et par consĂ©quent les revenus du gouvernement.  Il vient de donc de se tourner vers son grand frère, le gouvernement britannique, pour lui demander de l’argent. Près de 200 millions d’euros. Mais Londres a refusĂ©. Pas question de prĂŞter Ă  une administration qui risque d’être insolvable.

Dans un courrier sans équivoque, Chris Bryant, un secrétaire d’Etat aux affaires étrangères demande aux îles Caïman de réduire leur dette avant tout. Et il leur donne un conseil qui ne manque pas de sel : « si vous voulez trouver de l’argent » leur dit-il en substance, « vous n’avez qu’à créer des impôts ! ».  Autant leur demander de faire la révolution !

 http://www.guardian.co.uk/world/2009/sep/01/cayman-islands-tax-haven-bankrupt

Prudence…

Mardi 1 septembre 2009

Welcome back !

 Il est étonnant de voir comment d’un mois à l’autre, et d’un pays à l’autre, le climat change. Je vous avais laissé fin juillet en pestant contre la presse française qui inventait des « grippes parties » britanniques. La même presse qui aujourd’hui fait ses choux gras du virus. Il est vrai qu’à l’époque, on faisait en Grande-Bretagne dans le catastrophisme. La direction de la santé, qui avait maladroitement livré en pâture à la presse ses hypothèses hautes (100 000 cas de grippe A par jour prévisibles et 65 000 morts) les avait vu étalées, disséquées, commentées… Le pire était à venir, et on allait voir ça ! 

Rien de permet, bien sĂ»r, de prĂ©juger de ce qui va se passer Ă  la rentrĂ©e. L’un d’entre vous m’a rappelĂ© fort justement que l’excès ne doit pas dĂ©boucher sur l’indiffĂ©rence, et la vigilance reste de mise. Mais alors que je reviens Ă  Londres après mes vacances, je cherche dĂ©sespĂ©rĂ©ment quelques titres sur le sujet dans la presse. Et de gros titres : il n’y en a plus ! La vĂ©ritĂ©, c’est que de 50 000 cas recensĂ©s en une semaine en juillet, on a rĂ©gressĂ© Ă  30 000, puis Ă  25 000 fin aoĂ»t. La chute est si spectaculaire qu’elle n’intĂ©resse plus les mĂ©dias. C’est la crainte des mĂ©decins de perdre leurs bonus s’ils sont mobilisĂ©s par une vaccination massive, qui intĂ©resse dĂ©sormais. Comme quoi… La mise en perspective est parfois nĂ©cessaire. 

Elle l’est tout autant dans l’affaire qui a pris le relais et qui agite les médias en ce moment : L’hypothèse d’un échange entre le seul homme condamné dans l’attentat de Lockerbie qui avait fait 270 morts en 1988, Abdelbaset Ali Mohamed al-Megrahi, et un juteux contrat pétrolier qui aurait été passé entre la Lybie et la Grande Bretagne.  

 Il semble Ă©vident que Londres a trainĂ© les pieds pour exclure El Megrahi d’un accord de transfèrement de prisonniers qui Ă©tait en discussion avec la Lybie dans le cadre d’un accord plus global. A l’époque le gouvernement britannique ne voulait pas froisser un Etat avec lequel les relations s’étaient rĂ©chauffĂ©es et qui, pensait-on, pouvait jouer un rĂ´le clĂ© dans le lutte contre le terrorisme sur fond de guerre en Irak.  

Mais, là encore, il faut rester prudent car : 

1 : El Megrahi n’a finalement pas été extradé. L’accord n’a donc pas eu d’incidence sur son sort. 

2 : Il a certes été libéré, mais deux ans plus tard et par le gouvernement indépendantiste écossais pour des raisons humanitaires car il souffre d’un cancer en phase terminal. Son état de santé s’est tellement dégradé qu’après un discutable accueil triomphal à Tripoli, il n’a pas été capable de répondre aux questions d’une équipe de Channel 4. 

Prudence. VoilĂ  donc un mot que l’on devrait prononcer plus souvent, mais aussi un conseil que l’on devrait suivre… Finalement, rien n’a vraiment changĂ© depuis mes vacances !