Trop c’est trop
Mercredi 8 juillet 2009Peu après la mort de Michael Jackson, j’avais soutenu dans ce blog que la perspective d’un come back Ă Londres, qui se serait forcĂ©ment soldĂ© par un Ă©chec, avait eu raison de lui. Que l’on aime ou nom le chanteur, qu’on le prenne pour un gĂ©nie ou pour un paumĂ©, il demeure quelqu’un qui a marquĂ© l’histoire de la pop, et la dimension planĂ©taire prise par son dĂ©cès est un phĂ©nomène mĂ©diatique dont les journalistes ne sont pas les seuls responsables, que l’on peut regretter, mais qu’il est difficile de passer sous silence. Â
L’un d’entre vous m’avait alors rĂ©pondu : assez ! Assez de tout ce tintamarre mĂ©diatique pour un chanteur qui ne mĂ©rite pas notre attention. Concentrons-nous sur les sujets qui le mĂ©ritent.  Halte au people et vive la vĂ©ritable investigation.  Â
Franchement, je ne crois pas avoir fait dans la surenchère (un commentaire en tout et pour tout sur le sujet). A ce moment-lĂ , occulter l’information sous prĂ©texte qu’elle n’entrait pas dans le champ d’intĂ©rĂŞt de tous m’aurait semblĂ© contraire Ă ce qu’implique notre mĂ©tier. La vie est faĂ®tes de choses nobles, et d’autres moins. De politique, mais aussi de gens simples. D’économie et de faits-divers. De culture, mais aussi de sport. Mon propos ne sera jamais d’opposer les intellectuels intelligents face au  peuple inculte. Il n’y a pas de mauvais sujets, juste des mauvais journalistes. Le problème c’est la façon dont on aborde ces sujets, pas leur nature.  Â
Cette mise au point Ă©tant faite, je vais aujourd’hui rejoindre mon dĂ©tracteur (qui me semble-t-il s’en prenait plus au climat ambiant qu’à moi-mĂŞme d’ailleurs), pour abonder dĂ©sormais dans son sens. Car moi-mĂŞme Ă la lecture du Sun aujourd’hui, j’ai un peu la nausĂ©e. Le journal consacre 14 pages aux obsèques de Michael Jackson ! Pas moins. Â
Quand Ă la cĂ©rĂ©monie que j’ai suivie comme beaucoup d’autres, elle Ă©tait affligeante. VoilĂ des enfants que l’on avait jusqu’ici protĂ©gĂ©s et qui s’exhibent devant la foule venue aux funĂ©railles comme on va au spectacle. Qu’une fillette dise en pleurant que son père Ă©tait le meilleur papa du monde, quoi de plus normal ? C’était son papa. Tous les papas sont les meilleurs du monde dans la bouche de leurs enfants. Simplement parce qu’ils n’en ont qu’un. Les princes William et Harry avaient dit la mĂŞme chose de Diana.   Â
Que dire encore de ces fans qui avaient gagnĂ© des places Ă la loterie pour assister Ă la cĂ©rĂ©monie et qui les exhibaient tout sourire comme on dĂ©croche un trophĂ©e ! Pire : le dernier sport en vogue, c’est maintenant la chasse au cercueil. Les hĂ©licoptères ont perdu la trace du cortège et personne ne sait oĂą le chanteur a Ă©tĂ© enterrĂ©, ni mĂŞme s’il a Ă©tĂ© enterrĂ©. Â
Que dire encore du producteur des concerts de Londres, AEG Live,  qui pour Ă©viter de rembourser toutes les places propose d’offrir en Ă©change un ticket souvenir au prix de 90 euros ! Que dire de ce tabloĂŻd qui ose affirmer que, Michael Jackson Ă lui seul, c’est plus que les Beatles et Elvis rĂ©unis ? Que dire enfin de l’organisateur de la comĂ©die musicale « Thriller » Ă Londres qui offre des tickets Ă prix rĂ©duits et fait une campagne de promotion de son spectacle pour capitaliser sur la mort du chanteur…  Â
 Finalement, le sujet est peut-être là désormais. Où est donc la limite ? A partir de quand sort-on de la célébration pour sombrer dans l’indécence ?














