Les 50 concerts de trop
Et si c’était vrai. Et si Londres l’avait tué ?Â
Quels que soient les résultats des autopsies et des analyses toxicologiques qui seront communiquées, disséquées, commentées, interprétées, il restera une part de mystère autour de la mort de Michael Jackson. Un mythe, une légende est en train de se créer, comme cela avait été le cas en d’autres temps avec Elvis Presley. Alors pourquoi n’irais-je pas moi-même me confronter aux hypothèses ? A une en l’occurrence : celle d’un impossible retour qui a eu raison de lui.
 Car enfin : il y a encore deux ans, Michael Jackson n’était plus que l’ombre de lui-mĂŞme. Physiquement dĂ©chu, il avait parfois besoin qu’on le porte. Il ne rĂ©ussissait mĂŞme plus Ă s’alimenter correctement. Ce mutant immature a vĂ©cu un enfer judiciaire, psychologique et financier. Au delĂ des accusations de pĂ©dophilie qui ont marquĂ© ces dernières annĂ©es, il n’a jamais pu trouver la sĂ©rĂ©nitĂ©. Ni adulte ni enfant, il n’a jamais su grandir dans une vie qui lui a volĂ© son enfance. Ni noir ni blanc, il s’est cherchĂ© une identitĂ© au prix de treize opĂ©rations de chirurgie esthĂ©tique qui en ont fait un presque zombie. A cela se sont ajoutĂ©es ses pertes colossales et la vente de son ranch, qui expliquent qu’il ait dĂ» (ou qu’on l’ait poussĂ© Ă ) faire un come back spectaculaire.
 Mais peut-on redevenir ce dont on s’est tellement Ă©loignĂ© ? Ressusciter un gĂ©nie de la pop et de la danse qui n’était dĂ©jĂ plus qu’un souvenir ? Â
Le projet tenait dĂ©jĂ de la gageure. Enchainer 50 concerts en l’espace de six mois de la folie pure.Â
 La machine infernale s’est donc mise en route ce jour de mars oĂą il est venu annoncer son retour Ă Londres. Il Ă©tait alors incapable de faire face aux acclamations de la foule. Il se tortillait dans tous les sens comme un gamin ahuri. ArrivĂ© très en retard, il ne s’est exprimĂ© que deux minutes trente. J’aurais alors dĂ» affiner le malaise que j’avais ressenti ce jour-lĂ . Mais sans doute, aveuglĂ© moi aussi, par l’évĂ©nement qui s’annonçait, je n’ai pas voulu voir qu’il serait incapable d’assurer un tel dĂ©fi.
Je n’affirme rien, Ă©videmment. Mais j’imagine. Michael Jackson a du faire des efforts surhumains pour essayer de redevenir lui-mĂŞme. MalgrĂ© son immaturitĂ©, il a dĂ» comprendre qu’il s’était lui-mĂŞme piĂ©gĂ©. Que le dĂ©fi Ă©tait insurmontable, et qu’il risquait de terminer sa carrière en offrant sa dĂ©chĂ©ance au public. Pas Ă©tonnant qu’il ait eu recours Ă un excès de mĂ©dicaments pour essayer de faire face Ă la panique qui a dĂ» l’assaillir. Les multiples traces de piqures que l’on a trouvĂ©es sur ses bras parlent d’elles-mĂŞmes.
 Le possible Ă©chec ou la mort. C’est la deuxième qui l’a emportĂ©. Sa lĂ©gende n’en sera que plus grande. Les tabloĂŻds la cultivent dĂ©jĂ . Ils affirment que ses dernières rĂ©pĂ©titions portaient la marque d’un gĂ©nie de retour. Je pense pourtant que c’est parce qu’il avait peur de l’impossible qu’il a trop demandĂ© Ă lui-mĂŞme. Et qu’on lui a trop demandĂ©. Â
 Londres était une nasse dont il n’a pas su sortir.















1 juillet 2009 Ă 9:28
Vraiment, trop c’est trop. Je parle au nom de milliers de français qui en ont plus qu’assez de tout ce cirque mĂ©diatique autour de cette mort. ArrĂŞtez d’abrutir la population, il y a quand mĂŞme des Ă©vènements autrement plus importants que la mort de ce pauvre type qui personellement me laisse complètement indiffĂ©rente.
Cette hystĂ©rie mĂ©diatique autour d’un non-Ă©vènement en lui-mĂŞme me rĂ©vulse et m’exaspère (mon voisinage Ă©galement).
En ce moment, vraiment, votre profession se discrĂ©dite de plus en plus. Le journalisme s’apparente Ă une activitĂ© de commĂ©rages dĂ©bile.
Je rĂ©serve mon intĂ©rĂŞt et mon soutien aux vrais journalistes d’investigation.