John Bercow, 46 ans, conservateur, et nouveau speaker
Je sais, cette Ă©lection n’est pas très populaire en France. Je me demande mĂŞme si vous auriez pu citer le nom de plus d’un des dix candidats en lice. Et pourtant, elle a fait la une de l’actualitĂ© ici. La chambre des communes a finalement Ă©lu son nouveau speaker (autrement dit son nouveau prĂ©sident) après la dĂ©mission du prĂ©cĂ©dent, Michael Martin, emportĂ© par  le scandale des frais parlementaires. Et c’est finalement un conservateur, John Bercow qui a Ă©tĂ© Ă©lu avec une confortable majoritĂ©. Â
Bon. Et alors ? Un revers de plus pour le gouvernement Brown pourrait-on dire ? Oui et non en fait. Oui parce que les travaillistes avaient comme favorite l’ancienne ministre des affaires Ă©trangères Margaret Beckett. Ce faisant, ils avaient tout faux. A 66 ans, elle est certes expĂ©rimentĂ©e, mais elle n’incarne pas vraiment le renouvellement qui semblait nĂ©cessaire après autant de turbulences. De plus, elle a Ă©tĂ© Ă©pinglĂ©e pour avoir touchĂ© 85 000 euros d’indemnitĂ© de logement alors qu’elle occupait un appartement de fonction. Difficile ensuite de se positionner comme celle qui veut tourner le dos aux pratiques du passĂ©. D’ailleurs, elle n’en avait pas vraiment l’intention. Â
Conclusion : au bout de trois tours de scrutin, les deux seuls candidats en lice Ă©taient des conservateurs (John Bercow et George Young) !Â
Mais le rĂ©sultat du vote est en trompe l’œil. Les travaillistes sont finalement assez satisfaits du choix de Bercow tandis que les Tories ne cachent pas leur dĂ©ception. L’homme est en effet avant tout un modĂ©rĂ©. Lui qui a un enfant autiste avait acceptĂ© il y a plus d’un an de conseiller le gouvernement Brown sur l’apprentissage des enfants en difficultĂ©. Une trahison qui avait fait enrager ses confrères pour qui l’opposition ne peut ĂŞtre que systĂ©matique. Certains envisagent d’ailleurs de le destituer après les prochaines Ă©lections pour mettre Ă sa place un speaker plus authentiquement conservateur.Â
A voir… En attendant, son Ă©lection est sans doute la meilleure nouvelle que le parlement ait reçue ces derniers mois. Certes, lui aussi a quelques indemnitĂ©s Ă rembourser parce qu’il a abusĂ© du système. Mais Ă 46 ans, il incarne la jeunesse et le dynamisme. Il s’est surtout positionnĂ© comme l’élu le plus dĂ©terminĂ© Ă mettre un terme aux pratiques du passĂ© « immĂ©diatement, et de manière permanente » a-t-il dit. Il a, enfin, pour lui le fait de ne pas ĂŞtre Ă©tiquettĂ© comme un partisan.Â
 Les travaillistes l’ont adoubĂ© par dĂ©faut et les conservateurs rongent leur frein. Mais devant l’opinion, c’était sans doute le meilleur des speakers possibles.   Â














