Le “timing” de Tony Blair
Le temps se gâte au dessus de Tony Blair…Â
Jusqu’ici, l’ex Premier ministre britannique avait fait un sans faute. Il a d’abord quittĂ© le pouvoir avant la crise financière, laissant le soin Ă son successeur d’affronter la tempĂŞte. Il a ensuite Ă©tĂ© nommĂ© au poste d’émissaire du Quartet pour le Proche Orient, occupation qui lui laisse le loisir  de donner de lucratives confĂ©rences dans le monde et de s’occuper de sa nouvelle fondation pour le rapprochement des religions. Il semble cependant qu’il caresse un autre rĂŞve : devenir le premier prĂ©sident de l’Union EuropĂ©enne.Â
Jusqu’ici, les choses ne se prĂ©sentaient pas trop mal. Gordon Brown, fragilisĂ©, n’a pas l’intention d’ouvrir un nouveau front sur ce chapitre avec son ancien partenaire. Et mĂŞme l’eurosceptique David Cameron se dit qu’il ne ferait pas un mauvais patron de l’Union. Il lui reste cependant Ă convaincre les autres prĂ©sidents des pays europĂ©ens. Mais mathĂ©matiquement, il n’est pas exclu qu’il parvienne Ă ses fins. En admettant que l’Irlande finisse par accepter le traitĂ© de Lisbonne, les choses pourraient donc s’accĂ©lĂ©rer en octobre prochain. Â
Sauf qu’un grain de sable risque d’enrayer la machine. Et ce grain de sable s’appelle l’Irak. Si vous avez lu une de mes prĂ©cĂ©dentes chroniques, vous savez que Gordon Brown a finalement dĂ©cidĂ© d’ouvrir une enquĂŞte pour clore ce chapitre. Une enquĂŞte qui devait rester secrète.  Â
Mais deux nouveaux Ă©lĂ©ments sont intervenus ces derniers jours. Â
1 : Devant l’indignation suscitĂ©e par cette dĂ©cision, le Premier ministre a finalement acceptĂ© que certains volets de cette enquĂŞte soient publics.Â
2 : Plusieurs journaux ont rĂ©vĂ©lĂ© ce week-end que Gordon Brown a souhaitĂ© la discrĂ©tion pour satisfaire Tony Blair qui lui aurait demandĂ© (par Ă©missaires interposĂ©s) de mettre un Ă©touffoir sur la procĂ©dure car il redoutait un « cirque mĂ©diatique » qui pourrait entacher sa candidature Ă la tĂŞte de l’Union. Â
RĂ©sultat : Tony Blair va peut-ĂŞtre devoir tĂ©moigner en public et rĂ©pondre Ă plusieurs questions embarrassantes : pourquoi a-t-il voulu la guerre alors qu’il n’existait pas d’armes de destructions massives ? Pourquoi n’a-t-il pas attendu une rĂ©solution de l’ONU autorisant la guerre ? Pourquoi son Attorney General (son conseiller juridique) a-t-il brusquement changĂ© d’avis sur le sujet ? Une note Ă laquelle « The Independent » fait rĂ©fĂ©rence montrerait que Tony Blair et George Bush avaient évoquĂ© ensemble plusieurs hypothèses pour justifier la guerre dans l’hypothèse oĂą la recherche des armes de destructions massives aurait Ă©choué…. VoilĂ des questions qui pourraient minimiser les chances de succès de l’ancien Premier ministre d’apparaĂ®tre comme le bon candidat pour l’Europe.
Reste cependant un timing : L’enquête prendra sans doute plus d’un an. Le « cirque médiatique » pourrait donc avoir lieu après la désignation du futur président. Wait and see.














