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Le blog de Jacques Monin


Une autre planète

société, sport

La planète foot marche-t-elle sur la tête ? On l’avait dit lors du transfert de Zinedine Zidane (déjà au Real Madrid). Transfert record à l’époque de 73 millions d’euros. On l’entend à nouveau à l’occasion de celui de Ronaldo (encore au Real) pour 93 millions d’euros. 

Il est vrai qu’il y a de quoi avoir le tournis. Les stars du foot ne vivent pas sur la même planète que nous. Et le foot européen fonctionne à deux vitesses. Il y a d’un côté les clubs français qui galèrent pour équilibrer leurs budgets avec une DNCG intraitable. Et de l’autre des clubs détenus par des milliardaires qui en ont fait leurs jouets, et qui achètent les stars à prix d’or. Pas étonnant dans ces conditions que les meilleurs français finissent tous par jouer en Espagne, en Italie ou en Angleterre.  

On pourra toujours objecter que si ces clubs peuvent se le permettre, pourquoi les en empêcher ? Ronaldo comme Zidane sont des joueurs d’exception. Des génies à leur manière. Qu’ils boxent dans la catégorie des millionnaires, donc, pourquoi pas ? La contrepartie de ces salaires, ce sont aussi des stades pleins. A côté, les pelouses dégarnis du championnat français font pâle figure. Et que dire du jeu des clubs les plus riches ? Offensif, léché, spectaculaire… Barcelone en finale de la ligue des champions approchait la perfection. Là encore, pardon, mais le football français a quelque chose d’étriqué. 

Mais une fois que l’on a fait ce constat, on ne peut pas occulter qu’il existe deux poids et deux mesures. Est-il normal que les règles du jeu ne soient pas les mêmes pour tous ? Que la transparence des budgets des grands clubs laisse à désirer ? Que l’on tolère que les déficits se creusent ? A Manchester, il est de 800 millions d’euros. Or le club aurait l’intention de dépenser l’intégralité de l’argent récolté à l’occasion du transfert de Ronaldo, plus une rallonge de 25 millions d’euros, pour assurer son recrutement en vue de la saison prochaine.  

On croit rêver !  

 Les bonus sont dans le collimateur de l’opinion. L’heure est à la réduction des salaires. Le gouvernement envisage de plafonner les salaires des baques nationalisées. Mais le foot peut tout se permettre. La crise semble en fait accentuer l’intérêt pour ces jeux du cirque qu’est devenu le football ici. Cela vaut sans doute aussi pour l’Espagne dont l’économie se porte encore plus mal. Mais l’emballement ne va-t-il pas trop loin ?    

Qui avait vu venir la chute de Lehmann Brother ?

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