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Le blog de Jacques Monin


Article(s) du 11 juin 2009

La City se prépare à recommencer

Jeudi 11 juin 2009

Les britanniques sont-ils d’incorrigibles optimistes, ou nous français, sommes-nous trop pessimistes ?

Je vous parlais d’embellie récemment, eh bien la presse aujourd’hui voit la fin de la récession, la sortie de la crise. The Independent fait sa une dessus en discernant de nombreux signes d’optimisme : L’industrie repart, les prix des maisons remontent, les ventes augmentent, et la confiance n’a jamais été aussi haute (ou aussi peu faible) depuis un an ! La reprise dans les pays du G7 pourrait-venir de Londres, peut-on lire (en oubliant de rappeler au passage que la crise est aussi en partie partie de là) ?

Certes, les experts cités sont prudents. Il ne s’agit pas d’un retour au dynamisme, précisent-ils, mais au moins de la fin de la chute. Prenons date, donc. S’agit-il d’un coup d’épée dans l’eau, ou y-a-t-il là le début d’une amélioration qui pourrait avoir des conséquences durables ?

Ma crainte cependant, c’est qu’à croire que la crise est passée, on oublie d’en tirer des leçons. A ce sujet, la une du Financial Times est plutôt inquiétante. Le journal relaye les craintes de la City de voir Gordon Brown si faible qu’il ne pourra pas s’opposer aux nouvelles régulations financières que l’Europe veut mettre en place. Elles affaibliraient Londres qui ne serait plus compétitive vis à vis d’autres places financières, peut-on lire.

Fichtre. N’a-t-on donc rien compris ?

N’est-ce pas faute de régulations que la crise financière est arrivée ? N’est-ce pas la moindre des choses que de changer les règles du jeu ? Que d’arrêter de laisser les apprentis sorciers de la City jouer avec le feu ? Les dirigeants du G20 (réunis à Londres) n’ont-ils pas promis plus de régulation justement pour qu’une telle crise « ne se reproduise plus jamais » ? Il est vrai qu’un organisme européen contraindrait les banquiers à faire preuve de plus de rigueur et de transparence.

Que Gordon Brown ne cède pas face à la City, pour une fois, ne serait pas un signe de faiblesse, mais bien un signe de force.