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Le blog de Jacques Monin


Article(s) du 8 juin 2009

Contre vents et marrées

Lundi 8 juin 2009

Partira, partira pas ? Là est la question. Qui ça ? Gordon Brown bien sûr.  

Je ne m’étendrai pas sur les chiffres que vous avez forcĂ©ment vus partout. Ils sont mauvais pour les principaux trois grands partis. Les conservateurs font moins bien qu’en 2004, mĂŞme s’ils sont largement devant. Les libĂ©raux dĂ©mocrates perdent deux sièges, et le Labour s’effondre avec 16% des voix et une perte de 8 sièges.  Dans le mĂŞme temps, le parti indĂ©pendantiste Ukip renforce ses positions avec dĂ©sormais 13 dĂ©putĂ©s, et le BNP, parti d’extrĂŞme droite dĂ©croche ses deux premiers sièges Ă  Strasbourg. Bref le scandale des frais parlementaires conjuguĂ© Ă  la crise a fait des ravages dans tous les “grands” partis. 

Maintenant, donc, partira ou pas ?  La logique voudrait qu’un leader aussi affaibli laisse la place à un autre pour tenter de rebâtir sur un champ de ruine et limiter la casse aux prochaines élections générales. 

Mais il faut compter avec d’autres facteurs : 

D’abord pour remplacer un leader, il faut une alternative. Or le seul que les frondeurs verraient à sa place, Alan Johnson, le ministre de l’intérieur, n’a pas l’intention de jouer les traîtres. Ensuite, chacun sait qu’une division aggravée n’augure jamais de meilleurs résultats dans les urnes. 

Enfin, Gordon Brown attribue sa chute Ă  deux raisons : le scandale encore tout frais dans les mĂ©moires, et le mĂ©contentement nĂ© de la crise. Il jure donc qu’il va s’atteler Ă  relancer l’économie et Ă  moraliser la vie politique, et que l’important est lĂ .

Son sort est maintenant entre les mains des députés. Il a déjà prévu de les amadouer en mettant sous l’étouffoir son projet de privatiser le Royal Mail. Ce sera toujours un sujet de moins qui fâche à débattre. 

Sinon, pour finir, soyons un peu ironique. Ici, la soirée électorale avait quelque chose de surréaliste. Mes confrères de la télévision organisaient de grandes émissions avec des mises en scène spectaculaires, images 3D et des débats (pour ne rien dire) qui avaient quelque chose de pathétique. Bien qu’on ait voté le jeudi, dimanche soir, on comptait encore les bulletins, et aucun sondage en sortie d’urnes n’ayant été réalisé, il a été impossible d’avoir la moindre estimation avant le milieu de la nuit.

 Les prĂ©sentateurs anglais en Ă©taient rĂ©duits Ă  commenter les rĂ©sultats des français et des Allemands sans ĂŞtre fichus de parler des leurs. « Il faut expliquer que les français, eux, sondent le jour du vote » expliquait un journaliste pour justifier cette impuissance. Ah bon ? Et pourquoi ne le fait-on pas ici ? Les britanniques n’auraient-ils pas le droit d’aller se coucher Ă  une heure dĂ©cente en ayant dĂ©jĂ  une idĂ©e de leur vote ? Pour les “show”, la tĂ©lĂ© est excellente. Le contenu laisse cependant encore Ă  dĂ©sirer.