Bienvenue à Londres !

Le blog de Jacques Monin


La vérité dans toute son horreur

police justice, fait divers

Ainsi donc, on sait. Ou du moins ce que l’accusation a reconstitué.

Le 29 juin 2008 au petit matin, deux hommes seraient entrés dans l’appartement de Laurent Bonomo où dormait aussi son ami Gabriel Ferez. La veille ils s’étaient rasés la tête en annonçant qu’ils allaient commettre un cambriolage. Toxicomanes tous deux, ils auraient consommé de la cocaïne et de l’alcool. Et ce cambriolage, dérisoire, pour quelques centaines de livres retirées sur une carte de crédit, quatre téléphones portables et deux consoles de jeux, aurait dégénéré en scène de torture, puis en massacre.

Impossible de raconter les détails livrés par l’avocat de l’accusation. Ils sont insoutenables. Mais sa démonstration est précise, ciselée, méticuleuse, implacable. D’un côté les témoignages des tout proches des accusés. De l’autre les images des caméras de vidéosurveillance qui nous rappellent que Big Brother est déjà là en Grande-Bretagne. A cela s’ajoutent les listings des appels passés sur les téléphones portables. Et les faits, indiscutables : l’empreinte digitale laissée par Daniel Sonnex sur un canapé lit, et les brulures de Nigel Farmer peu après le drame.

Il y a encore le profil de Sonnex, stupéfiant. Une agression au couteau à 16 ans. Puis d’autres et une tentative de cambriolage qui lui valent une condamnation à huit ans de prison. Pire : une fois dehors, il séquestre et menace avec une scie et un marteau sa sÅ“ur adoptive enceinte de 5 mois. Une répétition ratée de ce qui se passera quatre mois après. Une démonstration aussi de la nécessité quasi vitale qu’il a d’user de l’ultra violence. Lorsqu’il a été arrêté”, insiste l’avocat de l’accusation, “il riait dans le fourgon qui l’emmenait”.

Laurent Buonomo et Gabriel Ferez n’avaient rien à voir avec eux. Rien fait pour mériter un sort aussi cruel. Le contraste est d’ailleurs saisissant. D’un côté deux étudiants brillants et promus à un bel avenir. De l’autre un jeune de 24 ans et un homme de 34 ans issus de la misère de l’Est de Londres. Ils nous rappellent que 40 ans après le film de Stanley Kubrick, « Orange mécanique » est plus que jamais d’actualité.

Un commentaire pour “La vérité dans toute son horreur”

  1. Derek dit :

    En Angleterre les manifestants peuvent se presenter dans les rues comme on le fait en France, ca pose pas de problem. Mais ici la plupart de gens, non seulement la police, les consider deliquant quand ils empecher les autres a suivre leurs vie quotidien ou quand ils font la violence ou le vandelisme. En ce qui concern les cameras,CCTV,je serai content d’en avoir un sur toutes les rues a cause du comportement antisocial.

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