Une “Obamamania” tempĂ©rĂ©e
Mardi 20 janvier 2009DĂ©primant… c’est ce que l’on pourrait dire du climat ambiant. Mes amis français me disent tous « la crise, elle est partout », « elle est mondiale », « il n’y a pas que chez toi »… Et c’est vrai. Mais dire cela, c’est oublier plusieurs choses :Â
Ici, chaque jour amène son lot de mauvaises nouvelles. Lorsque ce n’est pas une entreprise qui supprime des emplois, c’est le gouvernement qui annonce un plan de relance en mĂŞme temps que les pertes records de la Royal Banque of Scotland. Le premier plan, qui prĂ©voyait tout de mĂŞme l’injection de près de 400 milliards d’euros, n’aura donc pas suffit. On en vient Ă se demander si l’ensemble du système bancaire britannique ne finira pas par ĂŞtre nationalisĂ©. La presse évoque une possible insolvabilitĂ© du gouvernement. Et le très sĂ©rieux Financial Times affirme que faire marcher la planche Ă billet est de plus en plus envisagĂ©.Â
Bref, ce pays qui a connu une euphorie coupable (puisqu’en prĂŞtant plus que de raison, elle a jetĂ© les bases de la crise d’aujourd’hui) tombe d’encore plus haut que nous. certains experts prĂ©disent 3,4 millions de chĂ´meurs Ă l’horizon 2011. Le tout (lĂ encore on peut discuter, mais la diffĂ©rence est Ă©norme), sans une protection sociale digne de ce nom.Â
Allez, pour nous remonter le moral, rĂŞvons un peu ! Ici comme ailleurs les regards Ă©taient tournĂ©s ce mardi 20 janvier vers les Etats-Unis. La Grande-Bretagne cĂ©lèbrait Ă sa façon l’arrivĂ©e du premier prĂ©sident noir, et avec lui une formidable espĂ©rance. Des fĂŞtes et des retransmissions ont eu lieu Ă Londres, mais aussi Ă Leeds, Manchester, Oxford, Cambridge, Liverpool, et Belfast. Un artiste noir de Birmingham spĂ©cialisĂ© dans les sculptures microscopiques en a mĂŞme rĂ©alisĂ© une reprĂ©sentant la famille Obama. VoilĂ pour le sentiment populaire. Ici comme ailleurs, la « Barackobamania » fonctionne Ă plein.Â
Au plus haut niveau cependant, on est moins optimiste sur la suite des Ă©vĂ©nements. Car rien de dit que la relation spĂ©ciale entretenue par Tony Blair et George Bush se perpĂ©tuera dans les mĂŞmes conditions D’abord, le grand père du nouveau prĂ©sident amĂ©ricain a Ă©tĂ© torturĂ© par les britanniques lorsqu’ils occupaient le Kenya. Et ce passĂ© ne pousse pas le petit fils à être un anglophile spontanĂ©. Ensuite, il a choisi l’Allemagne, symbole de la « vieille » Europe, lorsqu’il s’est agit de faire son premier discours outre Atlantique. Pas Londres. Et paradoxalement, les travaillistes se sont toujours mieux entendus avec les rĂ©publicains qu’avec les dĂ©mocrates.Â
Il y a quelques mois, une note de l’ambassadeur britannique Ă Washington expliquait qu’il fallait de mĂ©fier de Barack Obama, un homme “distant et imprĂ©visible”. Tout en le saluant, ainsi que les valeurs qu’ils incarne, aujourd’hui, Gordon brown explique donc qu’il ne fera pas la course pour ĂŞtre le premier reçu Ă Washington.Â
Les temps changent.  Le premier invitĂ© europĂ©en de George Bush junior s’appelait en effet… Tony Blair..














