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Le blog de Jacques Monin


Article(s) du 3 décembre 2008

Le Queen’s Speech

Mercredi 3 décembre 2008

Le discours du trône est toujours un exercice fascinant pour un non initié. Il associe modernité, puisqu’il s’agit d’annoncer les réformes à venir et qu’il a une signification éminemment politique, et tradition, puisqu’il est lu par la Reine et s’intègre dans un cérémonial digne des siècles passés.

Ce mercredi 3 décembre, la reine est donc partie de Buckingham Palace en carrosse, accompagnée de son époux, puis elle s’est installée dans la chambre des Lords, coiffée de sa couronne sertie de 3000 pierres. Elle a pris soin de ne pas filer vers la chambre des communes qui se trouve à l’autre extrémité du bâtiment de Westminster (impensable depuis que Charles premier y a été décapité et sa tête exhibé pendant 20 ans sous la république de Cromwell !). Les députés se font d’ailleurs prier pour aller rejoindre les Lords. Il faut l’intervention bruyante du Black Rod (l’homme au bâton noir) pour qu’ils consentent à s’y rendre. Le lord Chancellor (le garde des sceaux) remet alors à la souveraine un sac dans lequel se trouve le précieux discours écrit par le Premier ministre avant de partir à reculons, car on ne tourne jamais le dos à la Reine !

Tout cela est rôdé comme du papier à musique. Cet événement qui marque la rentrée parlementaire tient avant tout du rituel.

Mais au-delà du faste, l’analyste s’intéresse aux détails qui en disent long sur le climat politique du moment.

1 : Cette année le discours était particulièrement court. Cela veut dire que Gordon Brown a appris. Fini les grandes litanies qui ressemblent à des catalogues. Cette fois-ci, faire court, c’est être plus percutant.

2 : Autant l’année dernière Gordon Brown avait l’air en peine aux côté du chef de l’opposition David Cameron en traversant le couloir qui le conduisait vers la chambre des Lords. Autant cette fois-ci, on a vu un Premier ministre sûr de lui, souriant, et faisant la leçon (laquelle on ne le sait pas) à un studieux chef de l’opposition.

3 : Quant au discours lui-même, il disait deux choses. D’abord, la crise financière est ma priorité. Ensuite, je me préoccupe de votre bien être (pouvoir d’achat et sécurité). Bref, l’argumentaire de campagne est déjà en route.

La reine finalement lĂ  dedans, on lui demande peu de chose. Maintenir la tradition et, mĂŞme si elle lit son texte, surtout de ne pas se mĂŞler de politique.