Une victoire qui satisfait tout le monde
« La victoire a des milliers de pères, mais la dĂ©faite est orpheline ». Cette phrase prononcĂ©e par John F Kennedy, et que rappelle aujourd’hui Ben Macintyre dans le Times, s’est encore vĂ©rifiĂ©e indirectement Ă la chambre des communes Ă Londres.Â
Certes, ni le Premier ministre Gordon Brown, ni le chef des conservateurs David Cameron ne s’attribuent le moindre rôle dans la victoire de Barack Obama, mais chacun l’interprète à sa manière, ce qui permet de vérifier un autre adage : « chacun voit midi à sa porte ». Pour Gordon Brown, c’est la victoire d’un homme qui porte des valeurs et des idées que lui-même partage. Il y a donc beaucoup à faire avec lui, pour relever l’économie mondiale et régler la question israélo-palestinienne sans quoi, dit-il, il n’y a pas de stabilité possible dans le monde.
 Le Premier ministre voit dans cette Ă©lection la reconnaissance de la justesse de son combat. Il promet de travailler Ă©troitement avec son ami amĂ©ricain dans les mois et dans les annĂ©es qui viennent. On se demande d’ailleurs si par « annĂ©es » il engage le gouvernement britannique quel qu’il soit, oĂą s’il voit dĂ©jĂ le Labour conserver sa majoritĂ© lors des prochaines Ă©lections.Â
Pour David Cameron au contraire, cette victoire montre qu’un changement est nĂ©cessaire, et Barack Obama incarne ce changement comme lui-mĂŞme rĂŞve de l’incarner ici. Elle dĂ©montre aussi, pense-t-il, que Gordon Brown avait tort lors du congrès du parti travailliste d’affirmer qu’en ces temps troublĂ©s, il n’y avait pas de place pour un novice, puisqu’un novice (Obama) est maintenant adulĂ© par le monde entier. Et le novice, ici, c’est lui (Cameron).Â
Maintenant une autre Ă©lection va bientĂ´t attirer l’attention : une partielle qui aura lieu ce jeudi Ă Glenrothes en Ecosse. Ce sera le vĂ©ritable premier test pour Gordon Brown  après deux cuisantes dĂ©faites Ă©lectorales ces deniers mois Ă Crewe and Nantwich et Ă Glasgow-est. Après un congrès rĂ©ussi et une rĂ©surrection politique sur fond de crise financière, le Premier ministre espère capitaliser lors de ce scrutin. Contrairement aux usages, il s’est d’ailleurs lui-mĂŞme investi dans la campagne avec sa femme Sarah. On devrait donc voir vendredi si le pays attend un novice, ou si le vieux loup a encore des ressources.














