Le cousin d’AmĂ©rique
Si vous lisez ce blog, c’est qu’à priori, vous vous intĂ©ressez Ă la Grande-Bretagne.  Mais ici comme ailleurs les regards sont en ce moment tournĂ©s de l’autre cĂ´tĂ©, non pas de la Manche, mais de l’Atlantique. Obama McCain, McCain Obama… Le grand frère passionne, pour toutes sortes de raisons d’ailleurs. Parce qu’il parle la mĂŞme langue qu’ici ; parce que la culture britannique est Ă cheval entre celle de l’AmĂ©rique et de l’Europe ; mais aussi parce que ce qui se joue est historique et peut contribuer Ă changer l’image des Etats-Unis dans ce pays. Â
Contrairement Ă ce que l’on peut croire, il existe ici un anti-amĂ©ricanisme essentiellement liĂ© Ă George Bush et la guerre en Irak, très impopulaire. Nombreux sont ceux qui rĂŞvent d’une AmĂ©rique nouvelle, moins arrogante, qui retrouverait les faveurs de l’opinion. Et Barack Obama semble incarner ce changement. Il est frappant de voir comment mĂŞme les conservateurs ont pris parti pour lui. Des journaux libĂ©raux comme The Financial Times ou The Economist se sont prononcĂ©s en sa faveur. Et mĂŞme le maire de Londres, Boris Johnson a pris fait et cause pour le candidat dĂ©mocrate. On le juge plus cultivĂ©, plus brillant, plus crĂ©dible et Ă mĂŞme de rĂ©concilier l’AmĂ©rique avec le reste du monde.  Â
Paradoxalement, peu de voix se sont Ă©levĂ©es chez les travaillistes pour prendre parti. Et pour cause. Gordon Brown Ă©videmment ne peut pas afficher de prĂ©fĂ©rence, puisqu’il lui faudra travailler avec le nouveau prĂ©sident, quel qu’il soit.  Le paradoxe, c’est que les travaillistes ont toujours Ă©tĂ© très Ă l’aise jusqu’à maintenant avec les rĂ©publicains. Pas besoin de refaire l’histoire des relations entre George Bush et Tony Blair. Ces deux lĂ s’entendaient comme les deux doigts d’une main.Â
Avec Gordon Brown, les données sont un peu différentes. Barack Obama et lui ont un intérêt commun à se retirer le plus vite d’Irak.  Mais tout n’est pas rose entre les deux hommes qui ne connaissent guère. Une note confidentielle transmise à Downing Street et révélée récemment par la presse mettait Gordon Brown en garde contre le caractère d’Obama : « Insaisissable et distant », pouvait-on lire.  S’il est élu, les deux dirigeants devront donc s’apprivoiser.
Maintenant au-delĂ de l’aspect historique et symbolique que peut reprĂ©senter l’arrivĂ©e d’un noir Ă la maison blanche, des questions ne manqueront pas de se poser. Et très vite : Qui est-il au fond ? Et que fera-t-il ? L’Ă©conomie amĂ©ricaine est Ă genou, et le contexte international reste tendu. Susciter tant d’espoir impose des dĂ©fis autant Ă l’intĂ©rieur qu’à l’extĂ©rieur de son pays.














