Un anniversaire discret
Vendredi 27 juin 2008Un an dĂ©jĂ Â : ça se fĂŞte !Â
Eh bien non. Il ya des anniversaires qu’on prĂ©fèrerait passer sous silence. Surtout quand ils sont marquĂ©s par la plus terrible des sanctions qui soit. Â
Je vous parle Ă©videmment de Gordon Brown et de l’élection partielle de Henley qui vient de voir la victoire d’un conservateur, mais surtout le candidat travailliste chuter de 12 points, et ĂŞtre dĂ©passĂ© par les verts et le BNP : le parti nationaliste britannique. Mais ce nouveau revers ne fait qu’illustrer le marasme dans lequel se trouve aujourd’hui le Labour et son leader Gordon Brown.Â
Le pire, c’est qu’il y a un an, le 27 juin 2007, il Ă©tait encore au ZĂ©nith. LassĂ© par le strass et les paillettes de Tony Blair et la guerre en Irak,  la population le jugeait favorablement. L’homme est austère, mais au moins il est sĂ©rieux. Il inspire confiance. Surtout qu’arrivent lĂ -dessus deux tentatives d’attentats, des inondations et une Ă©pizootie de fièvre aphteuse. Or, dans les crises, Gordon Brown assure et rassure. En septembre, c’est encore un roc.Â
Mais il commet ensuite sa faute majeure : celle de laisser entendre qu’il va provoquer des Ă©lections anticipĂ©es pour finalement reculer. C’est le dĂ©but de la chute. Le roc est friable. Il hĂ©site. Il a peur, diront mĂŞme les conservateurs qui reprennent des couleurs.Â
Puis s’enchainent les catastrophes, politiques cette fois-ci.Â
On le disait brillant Ă©conomiste : voilĂ la crise qui se profile. On le disait compĂ©tent : voilĂ qu’on perd toutes sortes de donnĂ©es confidentielles. Il voulait restaurer la morale : voilĂ son gouvernement rattrapĂ© par les affaires, qu’il s’agisse de simples nĂ©gligences ou de malversations.Â
On pourrait encore Ă©voquer son manque de charisme qui dĂ©sormais le dessert, son manque de « vista » politique aussi, et des erreurs de communication…Â
Mais Ă cela s’ajoutent deux circonstances aggravantes.Â
D’abord, en clamant qu’il fallait du changement, et en Ă©chouant Ă l’incarner, Gordon Brown a positionnĂ© malgrĂ© lui l’opposition comme seule alternative crĂ©dible.Â
Enfin, en recentrant leur parti, Tony Blair, puis Gordon Brown, ont aboli les frontières idĂ©ologiques. Il sera donc dĂ©sormais, comme aux Etats-Unis, beaucoup plus facile pour un travailliste de voter conservateur, et vice versa.Â
Avec tout ça, remonter la pente relève donc de la mission quasi impossible.














