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Le blog de Jacques Monin


Le Queen’s Speech

monarchie, politique, Non classé

Le discours du trône est toujours un exercice fascinant pour un non initié. Il associe modernité, puisqu’il s’agit d’annoncer les réformes à venir et qu’il a une signification éminemment politique, et tradition, puisqu’il est lu par la Reine et s’intègre dans un cérémonial digne des siècles passés.

Ce mercredi 3 décembre, la reine est donc partie de Buckingham Palace en carrosse, accompagnée de son époux, puis elle s’est installée dans la chambre des Lords, coiffée de sa couronne sertie de 3000 pierres. Elle a pris soin de ne pas filer vers la chambre des communes qui se trouve à l’autre extrémité du bâtiment de Westminster (impensable depuis que Charles premier y a été décapité et sa tête exhibé pendant 20 ans sous la république de Cromwell !). Les députés se font d’ailleurs prier pour aller rejoindre les Lords. Il faut l’intervention bruyante du Black Rod (l’homme au bâton noir) pour qu’ils consentent à s’y rendre. Le lord Chancellor (le garde des sceaux) remet alors à la souveraine un sac dans lequel se trouve le précieux discours écrit par le Premier ministre avant de partir à reculons, car on ne tourne jamais le dos à la Reine !

Tout cela est rôdé comme du papier à musique. Cet événement qui marque la rentrée parlementaire tient avant tout du rituel.

Mais au-delà du faste, l’analyste s’intéresse aux détails qui en disent long sur le climat politique du moment.

1 : Cette année le discours était particulièrement court. Cela veut dire que Gordon Brown a appris. Fini les grandes litanies qui ressemblent à des catalogues. Cette fois-ci, faire court, c’est être plus percutant.

2 : Autant l’année dernière Gordon Brown avait l’air en peine aux côté du chef de l’opposition David Cameron en traversant le couloir qui le conduisait vers la chambre des Lords. Autant cette fois-ci, on a vu un Premier ministre sûr de lui, souriant, et faisant la leçon (laquelle on ne le sait pas) à un studieux chef de l’opposition.

3 : Quant au discours lui-même, il disait deux choses. D’abord, la crise financière est ma priorité. Ensuite, je me préoccupe de votre bien être (pouvoir d’achat et sécurité). Bref, l’argumentaire de campagne est déjà en route.

La reine finalement lĂ  dedans, on lui demande peu de chose. Maintenir la tradition et, mĂŞme si elle lit son texte, surtout de ne pas se mĂŞler de politique.

La veste de la honte

société, politique, Non classé

« La veste de la honte »… ce n’est pas moi qui ais trouvé ce qualificatif, c’est le Times, un des rares journaux qui réagissent vraiment sur ce sujet.

Je veux parler de la dernière innovation du gouvernement britannique : afin de montrer aux citoyens que la justice fait son travail en condamnant les délinquants, elle impose désormais à tous ceux qui réalisent un travail d’intérêt général le port d’une veste fluorescente orange affublée d’une mention précisant bien qu’ils ont été punis et agissent au service de la collectivité. Ainsi, a expliqué Louise Casey, l’auteur du rapport qui préconisait cette mesure, chacun pourra voir que le gouvernement agit, et l’image de la justice n’en sera que meilleure.

J’imagine déjà ce que beaucoup d’entre vous se disent : comment est-il possible de stigmatiser ainsi une population même limitée à 35 000 personnes. Certes il s’agit de délinquants, mais ils payent leur tribut à la collectivité. Au nom de quoi se permet-on de les désigner ainsi à la vindicte. Pourquoi revenir au temps où l’on exhibait les détenus sur les places publiques ? Ne s’agit-il pas d’une forme sournoise de lynchage ?

Cette mesure a quelque chose de révoltant. Je vous l’accorde. Et c’est pour cela que j’ai tenu à en parler sur les antennes de Radio-France. Pourtant ici, les quelques voix qui s’élèvent ne soulèvent pas le même argument que moi. Des officiers de probation dénoncent cette veste. Mais parce que, disent-il, en les identifiant, elles exposent les délinquants à des représailles. C’est le risque de danger pour leur sécurité qui les inquiète, pas sa signification morale.

Mais n’y-a-t-il pas une logique dans tout cela ? N’oublions pas (je l’ai déjà abordé ici) que la délation en Grande-Bretagne est une vertu, et que Tony Blair lui-même avait une devise pour lutter contre la délinquance : « name and shame » disait-il. Dénoncez et faites honte. Qui devrait avoir honte ? Ca c’est une autre histoire.

La taupe du home office

police justice, politique, Non classé

Passées les affaires les affaires reprennent…

Pendant la crise financière, on avait cru le pays transformé. Seule l’économie comptait. Gordon Brown retrouvait des couleurs et l’opposition conservatrice peinait à trouver ses marques. Mais voilà que les affres des affaires reprennent le dessus.

De quoi s’agit-il ? Eh bien depuis plusieurs jours la presse ne parle que de l’arrestation du ministre de l’immigration fantôme, autrement dit, le député en charge de ce dossier au parti conservateur : Damian Green. Il a été interpelé par la police anti-terroriste (excusez du peu !), et interrogé pendant neuf heures. Son domicile a été perquisitionné ainsi que son bureau au parlement.

Il est soupçonné d’avoir été le destinataire de documents confidentiels transmis par une « taupe » du ministère de l’intérieur. Un jeune fonctionnaire de 26 ans qui a lui aussi été arrêté.

Les conservateurs dénoncent des pratiques dignes du stalinisme. Le Times dénonce une attaque contre la démocratie. Et le « speaker » de la chambre des communes, l’équivalent du président de la chambre des députés, Michael Martin va devoir se fendre d’une explication pour justifier l’intrusion de la police au parlement.

Bref, un climat dĂ©lĂ©tère s’installe de nouveau. Et mĂŞme les travaillistes sont divisĂ©s sur la question. Jacqui Smith, la ministre de l’intĂ©rieur, a refusĂ© de prĂ©senter des excuses au dĂ©putĂ© conservateur, expliquant que l’affaire est grave et que la police est indĂ©pendante. Au sommet de l’Etat, on jure que l’on ne savait rien de cette arrestation avant qu’elle n’ait lieu. Mais d’autres sont Ă©branlĂ©s par la mĂ©thode et le dĂ©bat lancĂ© porte sur plusieurs niveaux.

Certes il y a l’affaire elle-même. Un fonctionnaire qui divulgue des documents peut mettre en danger la sécurité de l’Etat. Mais faut-il pour autant traiter ainsi un élu qui fait son travail d’opposant ? Et le parlement doit-il être un sanctuaire ?

La polémique devrait agiter le microcosme pour quelques jours encore, voire quelques semaines.

Gordon joue gros

economie, politique

Gordon le joueur. Le grand pari. Le new labour est mort… Que ne lit-on pas depuis l’annonce du budget 2009 qui se traduira par une frénésie de dépenses publiques ?

Le Chancelier de l’Echiquier l’a dit et répété : à situation exceptionnelle, réponse exceptionnelle. Pas question de laisser les gens souffrir et le pays s’enfoncer la récession. Puisque l’économie ne fonctionne plus, l’Etat va lui donner un coup de pouce, ou plutôt un coup de pied au derrière, en allégeant les impôts, en baissant la TVA, et en investissant dans les routes, les écoles et les logements sociaux. C’est ce qu’on appelle doper la machine économique.

Mais tout cela a un prix, et c’est là qu’est le hic : pour compenser ces dépenses, l’Etat va emprunter 350 milliards sur cinq ans !!! Son taux d’endettement va atteindre 57% du PIB en 2012. C’est ce qui fait hurler l’opposition qui explique qu’il faut toujours rembourser et que derrière ce plan en apparence ambitieux et généreux, se cache une bombe à retardement qui s’appelle un plan d’austérité pour plus tard.

Il est vrai que tout cela ne ressemble pas à Gordon Brown. Le Premier Ministre déjoue tout les pronostics. Lui qui était d’une prudence extrême fait un pari risqué qui s’appuie sur des prévisions très optimistes de retour de la croissance dès 2010.

Mais il n’échappera Ă  personne qu’en 2009 ou en 2010 (selon les sondages), il y aura des Ă©lections. Ce plan s’appelle donc aussi un va-tout. Gordon Brown sait qu’il a un an pour convaincre qu’il est le mieux Ă  mĂŞme de soulager la souffrance des classes moyennes et populaires. Ce qu’il va essayer de faire Ă  court terme. Ce n’est pas un hasard s’il propose une nouvelle tranche d’imposition pour les plus riches qui ne sera mise en place qu’en 2011,  s’il est reconduit.

Il redistribue aussi les cartes politiques, puisqu’on peut de nouveau identifier une différence entre Labour et conservateur.

L’année qui vient n’en sera que politiquement plus intéressante.

Maintenant ensuite… Lorsque l’on sait que l’endettement privĂ© Ă©tait dĂ©jĂ  de 174% du revenu intĂ©rieur brut, et que l’endettement public va lui aussi augmenter. On ne peut que reconnaĂ®tre que si le pari est osĂ©, il est aussi très risquĂ© !

A chacun ses secrets

culture

Deux infos culture, pour reprendre nos bonnes habitudes !

D’abord quelques mots de l’exposition Darwin au musée d’histoire naturelle de Londres. Y sont représentés ses voyages, sa vie privée, et sa théorie. « Une grande exposition pour une grande idée » peut-on lire sur les affiches. Et pour cause, Charles Darwin, qui résidait à une trentaine de kilomètres de Londres, a proposé une vision qui a révolutionné notre façon de concevoir le monde et la place de l’homme : la fameuse théorie de l’évolution et de la sélection naturelle. L’homme descendrait du singe et la nature choisirait les plus forts qui subiraient mutation sur mutation.

Cette théorie n’a jamais été démentie en 150 ans. Au contraire. Et même si elle n’explique pas l’origine de l’homme, elle en explique l’évolution en démontrant qu’il n’est finalement qu’une espèce parmi d’autres sujettes aux mêmes évolutions que ses congénères.

150 ans après, les crĂ©ationnistes, ceux qui croient que la terre a Ă©tĂ© crĂ©e par Dieu en six jours, n’en dĂ©mordent pourtant pas. Un sondage rĂ©alisĂ© pour la chaine d’enseignants TV Teatchers en Grande-Bretagne a montrĂ© que 29 % d’entre eux étaient favorables Ă  l’évocation de la thĂ©orie biblique en classe.

Il faut cependant se garder d’en tirer des conclusions hâtives. En parler, c’est-Ă -dire signaler que des personnes ont une autre vision des choses, est une chose. Lui donner le statut d’explication scientifique en est une autre…

Quoi qu’il en soit, Darwin lui-même savait où il mettait les pieds puisqu’il a gardé le secret pendant 20 ans avant de se risquer à parler de sa théorie.

Et en parlant de secret …

Ce lundi 24 novembre sort le troisième album de Fireman. Cela ne vous dit sans doute pas grand-chose, et c’est normal. C’est sous ce pseudonyme que Paul McCartney et Martin Youth Glover ont déjà réalisé deux albums instrumentaux de musique électro-acoustique. L’ex Beatles avait bien gardé le secret, ce qu’il ne fait plus dans ce troisième opus plus braillard qu’il revendique clairement.

 

Ce faisant, il nous dit finalement ce qu’il ne cesse de répéter depuis la fin des Beatles :

1 : Je sais tout faire : du rock, ancien ou moderne; de la pop, des ballades, des oratorios et même de la musique électronique.

2 : Je peux être un dur. Bref, je ne suis pas l’envers de John Lennon mais je suis comme lui !

La musique adoucit peut-ĂŞtre les moeurs, mais près de 30 ans après la mort de l’auteur d’”Imagine”, des comptes se règlent encore…

La victoire en chantant

politique

En d’autres temps, une élection législative partielle aurait été regardée comme une péripétie. Mais celle qui vient de se dérouler dans la circonscription de Glenrothes en Ecosse est d’une importance capitale pour Gordon Brown.  

Il y a encore quelques semaines, le parti travailliste était certain de la perdre. Il venait d’essuyer deux défaites : une à Crewe and Nantwich, un bastion travailliste, et une autre à Glasgow-est où le parti nationaliste écossais (SNP) avait remporté le siège. Une véritable humiliation. Le Premier ministre semblait au fond du trou et une partie de ses troupes prêtes à demander sa démission. 

Mais la crise financière est  passée par là. Elle a remis en selle Gordon Brown. Elle lui a permis de retrouver une crédibilité en interne comme auprès de l’électorat. Sentant le vent tourner, il a donc enfreint les règles qui veulent qu’un dirigeant se tienne à l’écart de la mêlée, et il s’est investi lui-même, avec son épouse Sarah dans la campagne. On les a vus aller discuter avec la population. Il a envoyé plusieurs de ses ministres au front. Même l’entraineur écossais du club de football de Manchester United, Alex Fergusson, est allé prêcher la bonne parole travailliste.

 Et résultat : à la surprise générale, le candidat du Labour, Lindsay Roy l’a emporté haut la main. Gordon Brown peut être satisfait. La spirale infernale est enrayée et il confirme dans les urnes son retour en grâce.

 Mais il aurait tort de se réjouir trop vite.  D’abord, cette victoire scelle aussi le déclin du SNP et de son rêve d’indépendance. La crise financière a montré combien les banques écossaises étaient fragiles et combien, sans l’aide de l’Angleterre, son économie serait à genou.  Ensuite, la récession arrive et ses effets ne se font pas encore totalement sentir. Lorsque ce sera le cas, à la crise économique pourrait s’ajouter une crise sociale qui viendra singulièrement compliquer la tache du Premier ministre.

 PS : je vais vous quitter pour une semaine. on se retrouve autour du 18 novembre. Take care !

Une victoire qui satisfait tout le monde

politique

« La victoire a des milliers de pères, mais la défaite est orpheline ». Cette phrase prononcée par John F Kennedy, et que rappelle aujourd’hui Ben Macintyre dans le Times, s’est encore vérifiée indirectement à la chambre des communes à Londres. 

Certes, ni le Premier ministre Gordon Brown, ni le chef des conservateurs David Cameron ne s’attribuent le moindre rôle dans la victoire de Barack Obama, mais chacun l’interprète à sa manière, ce qui permet de vérifier un autre adage : « chacun voit midi à sa porte ». Pour Gordon Brown, c’est la victoire d’un homme qui porte des valeurs et des idées que lui-même partage. Il y a donc beaucoup à faire avec lui, pour relever l’économie mondiale et régler la question israélo-palestinienne sans quoi, dit-il, il n’y a pas de stabilité possible dans le monde.

 Le Premier ministre voit dans cette Ă©lection la reconnaissance de la justesse de son combat. Il promet de travailler Ă©troitement avec son ami amĂ©ricain dans les mois et dans les annĂ©es qui viennent. On se demande d’ailleurs si par « annĂ©es » il engage le gouvernement britannique quel qu’il soit, oĂą s’il voit dĂ©jĂ  le Labour conserver sa majoritĂ© lors des prochaines Ă©lections. 

Pour David Cameron au contraire, cette victoire montre qu’un changement est nécessaire, et Barack Obama incarne ce changement comme lui-même rêve de l’incarner ici. Elle démontre aussi, pense-t-il, que Gordon Brown avait tort lors du congrès du parti travailliste d’affirmer qu’en ces temps troublés, il n’y avait pas de place pour un novice, puisqu’un novice (Obama) est maintenant adulé par le monde entier. Et le novice, ici, c’est lui (Cameron). 

Maintenant une autre Ă©lection va bientĂ´t attirer l’attention : une partielle qui aura lieu ce jeudi Ă  Glenrothes en Ecosse. Ce sera le vĂ©ritable premier test pour Gordon Brown  après deux cuisantes dĂ©faites Ă©lectorales ces deniers mois Ă  Crewe and Nantwich et Ă  Glasgow-est. Après un congrès rĂ©ussi et une rĂ©surrection politique sur fond de crise financière, le Premier ministre espère capitaliser lors de ce scrutin. Contrairement aux usages, il s’est d’ailleurs lui-mĂŞme investi dans la campagne avec sa femme Sarah. On devrait donc voir vendredi si le pays attend un novice, ou si le vieux loup a encore des ressources.

Le cousin d’AmĂ©rique

politique

Si vous lisez ce blog, c’est qu’à priori, vous vous intéressez à la Grande-Bretagne.  Mais ici comme ailleurs les regards sont en ce moment tournés de l’autre côté, non pas de la Manche, mais de l’Atlantique. Obama McCain, McCain Obama… Le grand frère passionne, pour toutes sortes de raisons d’ailleurs. Parce qu’il parle la même langue qu’ici ; parce que la culture britannique est à cheval entre celle de l’Amérique et de l’Europe ; mais aussi parce que ce qui se joue est historique et peut contribuer à changer l’image des Etats-Unis dans ce pays.  

Contrairement à ce que l’on peut croire, il existe ici un anti-américanisme essentiellement lié à George Bush et la guerre en Irak, très impopulaire. Nombreux sont ceux qui rêvent d’une Amérique nouvelle, moins arrogante, qui retrouverait les faveurs de l’opinion. Et Barack Obama semble incarner ce changement.  Il est frappant de voir comment même les conservateurs ont pris parti pour lui. Des journaux libéraux comme The Financial Times ou The Economist se sont prononcés en sa faveur. Et même le maire de Londres, Boris Johnson a pris fait et cause pour le candidat démocrate. On le juge plus cultivé, plus brillant, plus crédible et à même de réconcilier l’Amérique avec le reste du monde.   

Paradoxalement, peu de voix se sont élevées chez les travaillistes pour prendre parti. Et pour cause. Gordon Brown évidemment ne peut pas afficher de préférence, puisqu’il lui faudra travailler avec le nouveau président, quel qu’il soit.  Le paradoxe, c’est que les travaillistes ont toujours été très à l’aise jusqu’à maintenant avec les républicains. Pas besoin de refaire l’histoire des relations entre George Bush et Tony Blair. Ces deux là s’entendaient comme les deux doigts d’une main. 

Avec Gordon Brown, les données sont un peu différentes. Barack Obama et lui ont un intérêt commun à se retirer le plus vite d’Irak.  Mais tout n’est pas rose entre les deux hommes qui ne connaissent guère. Une note confidentielle transmise à Downing Street et révélée récemment par la presse mettait Gordon Brown en garde contre le caractère d’Obama : « Insaisissable et distant », pouvait-on lire.   S’il est élu, les deux dirigeants devront donc s’apprivoiser.

Maintenant au-delĂ  de l’aspect historique et symbolique que peut reprĂ©senter l’arrivĂ©e d’un noir Ă  la maison blanche, des questions ne manqueront pas de se poser. Et très vite : Qui est-il au fond ? Et que fera-t-il ? L’Ă©conomie amĂ©ricaine est Ă  genou, et le contexte international reste tendu. Susciter tant d’espoir impose des dĂ©fis autant Ă  l’intĂ©rieur qu’à l’extĂ©rieur de son pays.

Une mort écologique

société

La Toussaint, c’est traditionnellement une période où l’on se penche sur nos morts. Et pour un journaliste, la question qui se pose c’est : comment en parler sans rabâcher la même chose ? Bref, comment porter un regard neuf, éclairant, sur un moment dont la signification est identique d’une année sur l’autre. 

J’ai donc cette année proposé au public français de voir comment en Grande-Bretagne les « funérailles écologiques » se développaient. Et j’avoue que j’ai moi-même, après avoir effectué ce reportage, reconsidéré ma façon de penser à cet égard. 

En deux mots, un « enterrement vert », c’est un enterrement qui a lieu en pleine nature, soit dans des coins aménagés dans les cimetières, soit dans de vraies forêts ou champs gérés par des associations ou des entreprises. Il y en a 200 en Grande-Bretagne. Près de 7% de la population désire se faire enterrer ainsi. Et il parait que dans ces endroits restés sauvages, la biodiversité est plus dense et les oiseaux plus nombreux. 

Il y a évidemment dans ce phénomène une part de mode que l’on peut regarder avec une certaine distance. Des entreprises de pompes funèbres prospèrent sur la mode du « vert ». Elles vous proposent des cercueils en carton (biodégradables) qu’elles facturent tout de même près de 150 euros.  

Mais au-delà, leurs arguments méritent d’être entendus. Si la crémation a le vent en poupe en France, ici, on vous fait remarquer qu’elle pollue ! Un cercueil incinéré, c’est une semaine de chauffage dans un appartement ; et cela consomme du gaz, une énergie fossile.  Par ailleurs, quoi de plus serein que de ce recueillir en pleine forêt, sous le gazouillis des oiseaux, et de déposer un bouquet de fleurs sauvages. Ici, pas de distinction entre les riches repérables aux immenses plaques de marbre et les pauvres dont les tombes sont laissées à l’abandon.  

Une partisane de ce mode de funĂ©railles me faisait aussi remarquer que planter un arbre, plutĂ´t que de poser une plaque, c’est laisser une trace, un repère pour la famille, et c’est aussi s’appuyer sur la mort pour redonner la vie.

sous le feu des médias

médias, culture

Quelques réflexions en vrac aujourd’hui… à méditer durant le week-end de Toussaint.

1 : D’abord le fin mot de l’histoire sur l’affaire de la BBC qui suscite un raz de marée médiatique ici (voir plus bas, ma dernière chronique). Cette fois, les masques sont tombés. Le Daily Telegraph, journal conservateur, demande la privatisation de plusieurs chaines de la BBC estimant qu’elle a échoué à sauvegarder un haut niveau de qualité. Voilà donc l’explication de ce déchainement. Le mot d’ordre, c’est haro sur la BBC, cette toute puissante institution qui donne à l’opposition un bâton pour se faire battre.

Le deuxième enseignement de l’affaire, c’est que la BBC ne cesse de parler d’elle-même. Tous ses journaux traitent de l’affaire. Les responsables de la chaîne sont mis sur le grill. Elle en fait presque plus que ses concurrentes. Peut-être par excès de mauvaise conscience. Mais quelle leçon pour les médias français !

2 : Je vous parlais récemment du dernier album de Pete Best. Un mot maintenant de son contenu. C’est une excellente surprise. C’est plus Beatles que les Beatles. Certes, il n’invente rien 40 ans après, mais il nous replonge dans les années 1966-1967, et il nous rappelle au passage que lui aussi, avant Ringo, était un Beatles. Une réhabilitation en quelque sorte.

3 : Reste la sortie la plus médiatisée du moment : Quantum of solace. Le dernier James Bond. D’abord, c’est drôle, tous mes confrères français prononcent « solèïce », alors que cela se prononce solace. Mais peu importe. Je dois dire que l’hyper médiatisation qui entoure cette sortie a quelque chose de déplacé. Trop, c’est trop. Quantum of solace, c’est justement cet espace de solitude, d’intimité, de recueillement (proposez-moi une traduction si vous en avez !). Mais c’est tout l’inverse qui se produit. Impossible d’échapper à une affiche ou une publicité.

Je sais que James Bond est l’homme qui a réconforté la Grande-Bretagne au moment où son empire foutait le camp (Simon Winder a écrit un livre sur le sujet), mais tout de même !