Bienvenue Ă  Londres !

Le blog de Jacques Monin


All the best !

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Cela devait bien arriver un jour...

Après une absence temporaire, je vais, définitivement quitter le bureau de Londres pour occuper d’autres fonctions à Radio France.  

Il y a une fin Ă  tout, et je veux juste vous dire ici le plaisir que j’ai eu Ă  essayer de vous raconter pendant quelques annĂ©es ce pays qui m’a adoptĂ©, Ă  vous l’expliquer, au-delĂ  des clichĂ©s (enfin j’espère), avec un amour parfois teintĂ© d’irritation, et Ă  lire vos commentaires qui ont enrichi les dĂ©bats que ce blog a pu initier.  

Quelqu’un d’autre prendra bientôt ma place. Ce blog renaîtra donc sans doute à la rentrée.

En attendant je ne veux pas vous quitter sans vous remercier de votre fidélité, et surtout vous souhaiter : all the best !  

Take care.

Jacques   

Combat de coqs Ă  British Airways

syndicats, economie

  © bbc

© bbc

Sauf accord de dernière heure, il y aura bien grève à British Airways. 

Ce qu’un juge a fait, un autre l’a finalement défait.  

Quelques mots donc sur un conflit pour le mois étrange… 

On pouvait penser que le plus dur avait été fait. Les précédentes grèves avaient débouché sur un accord entre le syndicat Unite et la direction, tant sur le nombre des personnels en cabine que sur les salaires. 

Petite aparté : ici, rien ne se fait dans la transparence. Tant que le conflit n’est pas réglé, et la direction et les syndicats gardent secrets les termes de cet accord. Un employé de BA m’expliquait récemment qu’il ne savait même pas ce que les syndicats avaient avalisé en son nom. 

On pensait en tout cas que les choses étaient en voie de règlement… 

Mais non ! Si cela bloque, si BA s’apprête à perdre encore des millions de livres après avoir annoncé une perte de 425 millions de livres, c’est parce que Willie Walsh, son patron, refuse de céder sur deux mesures de rétorsion qu’il a prises à l’encontre de ceux qui ont osé faire grève.  

Il refuse se réintégrer 7 syndicalistes qui ont été licenciés, et de réinstaller les avantages en nature qu’il a supprimés aux salariés grévistes, comme les réductions ou la gratuité sur les vols BA.  « Vous avez osé vous mettre en grève, et bien vous serez punis ! ». Voilà à quel jeu joue la compagnie.  

La direction explique que ces avantages n’ont pas de caractère contractuel, mais qu’ils sont une décision discrétionnaire révocable à tout moment. 

Les salariés rétorquent qu’il ne s’agit pas d’un privilège mais d’une mesure qui leur permet de rejoindre leur lieu de travail sans trop de frais, même si celui-ci se trouve à l’étranger, ce qui est souvent le cas. 

L’issue du conflit ne porte donc plus sur le fond, mais sur un bras de fer entre des syndicats qui demandent à revenir sur des sanctions, et une direction qui entend montrer ses muscles jusqu’au bout.

 (PS : Peut-être les choses se débloqueront-elles. Pour ma part, je vous retrouve autour du premier juin).

Les frères amis-ennemis

politique

Il y a encore trois  semaines, ils étaient ennemis. Maintenant, ils sont presque frères jumeaux.  

Même costume, même âge, même prestance, mêmes épouses… David Cameron et Nick Clegg entendent symboliser la nouvelle manière de faire de la politique.  Ensemble. Main dans la main. 

Le premier a eu son heure de gloire lors de l’ouverture du parlement. Il est le seul à avoir parlé.  

  © the guardian

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Le second l’a aujourd’hui, avec un discours qui, espère-t-il, va l’inscrire dans l’histoire.

Le projet de cartes d’identité, la base de données ADN qui stocke les identités de milliers d’innocents, l’autorisation pour les écoles de prendre les empreintes digitales des enfants sans le consentement des parents, l’usage dérégulé des caméras de surveillance, la restriction du droit de manifester, la chambre des Lords nommée par le pouvoir… Tout cela va être jeté au panier ! 

Pour l’instant, le tandem semble fonctionner, les libéraux démocrates tempérant les conservateurs.  

Ainsi George Osborne a-t-il fait preuve de bonne volonté lors de son premier conseil des ministres européen, lorsqu’il s’est agit de réguler les fonds spéculatifs.    

Quant à la ministre de l’intérieur, Theresa May, elle accepte l’idée d’un groupe de travail sur l’avenir de la déclaration des droits de l’homme. Initialement, son parti voulait l’abolir. Mais au nom de la « nouvelle politique », on est beaucoup moins catégorique.  

Bref l’opĂ©ration de “dĂ©thatchĂ©risation” engagĂ©e par David Cameron se poursuit au delĂ  de ses espĂ©rances…

Pendant ce temps, deux autres (vrais) frères s’affrontent devant les militants. 

David Miliband, 44 ans, ex ministre des affaires étrangères, fils de l’historien du marxisme Ralph Miliband, a décidé de briguer la succession de Gordon Brown.

  © the guardian

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Le parcours sera long. Ce n’est que le 25 septembre que le parti travailliste fera son choix.  

Or en face, parmi les autres candidats, il y a son frère, Ed Miliband, plus jeune de 4 ans.  

L’un Ă©tait Blairiste, l’autre Browniste. L’un est plus connu et bĂ©nĂ©ficie d’un soutien public plus large, mais l’autre a la capacitĂ© de rassembler les syndicats. 

Pour le reste, tous deux ont fait leurs études à Oxford, y ont décroché le même diplôme, ont servi sous le même Premier ministre, font campagne sur les mêmes thèmes, et jurent que leur amour fraternel est plus fort que leurs rivalités.  

Il faut le leur souhaiter, car ils vont le mettre à rude épreuve durant les mois qui viennent…

Un droit de grève très encadré

syndicats, politique

Le droit de grève existe-t-il encore en Grande-Bretagne ?  

Question provocatrice me direz-vous ? Peut-être. Mais pas tant que cela. 

D’abord, un constat : la colère monte.  

Durant le deuxième mandat de Tony Blair, il n’y avait eu qu’une seule grève, celle des pompiers.  

Or pour le seul début de 2010, les employés du Royal Mail, les employés de British Airways, et les cheminots ont voté des grèves. Les retraités aussi ont manifesté en masse à Londres. Quant aux enseignants, ils ont entamé un mouvement de boycott (peu suivi du reste) de tests qu’ils jugent stressants et inutiles pour les enfants.  

Mais si le Royal Mail a laissé faire, il n’en est pas allé de même pour les cheminots ni pour BA. 

Pour éviter des perturbations et des pertes, les directions ont fait appel à la justice. Avec succès puisque la grève des cheminots a été annulée, tout comme celle de British Airways, au dernier moment, lundi soir. 

Et pour cause : les lois antisyndicales mises en vigueur par Margaret Thatcher sont toujours en vigueur. Elles ont rendu l’exercice de la grève si contraignant que n’importe quel juge peut déceler un vice de forme et les faire annuler.  

Pour faire grève ; il faut en effet organiser un vote à bulletin secret, en envoyant des courriers aux domiciles des personnels, très en amont. Puis publier les résultats de manière détaillée.  

Or dans un cas, le juge a estimé que des salariés qui allaient quitter l’entreprise n’auraient pas du prendre part au vote. Dans l’autre, que les résultats (pourtant affichés) avaient été insuffisamment publiés. Il existe même un cas où le juge a invoqué un problème de proportionnalité des conséquences de la grève au regard du motif qu’elle invoquait. 

Bref, la justice agit de plus en plus comme un régulateur social et un frein aux mouvements sociaux.  

A cela s’ajoute la législation qui considère toujours une grève comme une rupture du contrat de travail. A British Airways, sept syndicalistes ont été licenciés, et nombreux sont ceux qui disent ne pas savoir pas s’ils ne risquent pas de perdre leur emploi en cessant le travail. 

La multiplication des mouvements sociaux, malgré toutes ces chausses-trappes, montre donc que le climat n’est au beau fixe. 

Au fait, le chancelier George Osborne doit annoncer ses premières mesures d’austĂ©ritĂ© la semaine prochaine !

Le trompe-l’oeil

politique

Content de vous retrouver… Après toute cette période d’intense activité, les choses semblent vouloir enfin s’apaiser. 

Mais plus je prends du recul, plus il me semble que pour juger de la situation, il faut sortir des apparences trompeuses.  

1 : Combien de fois a-t-on dit que cette coalition était le fruit d’un compromis. 

Or si on examine l’accord réalisé au cours des 5 jours de négociations, on se rend compte que les compromis passés ne sont souvent que l’abandon des promesses intenables, come on en fait toujours lors des campagnes électorales. 

Nick Clegg a renoncé à passer à l’euro d’ici 5 ans. Mais était-ce réaliste à court terme ? Et David Cameron renonce à exiger l’Europe le rapatriement de compétences qui étaient, de toute façon, impossibles à rapatrier. 

Nick Clegg a aussi accepté de s’abstenir sur le nucléaire. Mais était-il raisonnable de soutenir qu’isoler les maisons suffirait à se passer de ce type d’énergie ? Etc, etc. 

Chacun a gĂ©nĂ©ralement concĂ©dĂ© Ă  l’autre ce qu’il ne pouvait pas tenir. Quand Ă  la rĂ©forme Ă©lectorale, elle se solde par un rĂ©fĂ©rendum (qui peut-ĂŞtre perdu) sur un mode de scrutin qui n’est pas proportionnel (un scrutin alternatif).  

2 : Ce grand écart permet  d’occuper tous les terrains. 

William Hague, le nouveau ministre des affaires étrangères s’est envolé pour Washington. Il symbolise l’axe atlantiste. La préservation de la relation spéciale. Tandis que Nick Clegg veillera à ce que son pays ne s’éloigne pas trop de l’Europe.

Tout le monde s’y retrouve finalement. Ou peut-ĂŞtre personne…

3 : Première décision du gouvernement : une baisse des salaires des ministres de 5%. Difficile de faire plus populaire. 

Mais dans le mĂŞme temps, la part salariale des cotisations sociales va augmenter (pas la part patronale), ainsi que la TVA.

4 : reste cette question : qui est le vrai vainqueur de ces élections ? 

Et là encore, les apparences sont trompeuses. Ce sont peut-être les conservateurs et les libéraux-démocrates à court terme, mais à plus long terme ce sont sans doute les travaillistes. 

Il n’est pas compliqué de parier que les premiers vont se rendre très vite impopulaires, tandis que les seconds, délestés de Gordon brown, vont se trouver un nouveau leader et vont dès octobre capitaliser sur la colère montante. 

Je prends les paris : les conservateurs ont mis treize ans pour (difficilement) renouer avec le pouvoir. La prochaine alternance est peut-être plus proche qu’on le croit.

La carpe et le lapin

politique

Bon, j’avoue, mon hypothèse n’était pas la bonne… 

Mais comment ne pas être déboussolé ? 

Nous voilĂ  donc avec un gouvernement de coalition entre conservateurs et libĂ©raux dĂ©mocrates.  La carpe a Ă©pousĂ© le lapin au nom de l’intĂ©rĂŞt gĂ©nĂ©ral, et après tout, pourquoi pas ?

  © the guardian

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 Laissons le temps passer pour voir si la réconciliation des (quasi) contraires peut fonctionner. Après tout, cette coalition reflète le verdict des urnes. Le peuple britannique ne voulait pas d’une écrasante majorité conservatrice, et il en avait assez des travaillistes.

Voilà donc un gouvernement conservateur tempéré par des libéraux démocrates qui n’ont pas le même background  thatchériste que leurs alliés. 

Mais quel chemin parcouru en si peu de temps ! 

Voilà David Cameron, semi vaincu lors de ce scrutin, qui luttait déjà pour sa survie politique, et qui grâce à un accord improbable réussit à entrer à Downing Street. 

Et voilà Nick Clegg, quasi inconnu avant la campagne, qui a réussi un mauvais score aux élections, qui est arrivé en troisième position, et qui se retrouve propulsé au poste du numéro 2 du gouvernement.  

Pour le reste, ce gouvernement marie les contraires.  

Aux côté de Cameron l’Europhobe, il y aura donc Clegg l’Europhile. Aux côtés du chancelier George Osborne, l’ami de la city, il y aura Vince Cable, le libéral démocrate, pourfendeur des trop grosses banques. 

Il n’y a que sur la défense et les affaires étrangères que le signal n’est pas brouillé. Liam Fox représente l’aile droite des conservateurs et Willam Hague n’aime pas l’Europe. 

Sinon, l’empreinte des libéraux démocrates devrait se faire sentir dans deux grandes directions : 

1 : La fiscalité. Un bouclier fiscal pour les plus pauvres devrait être mis en place. 

2 : La réforme du système politique, avec en ligne de mire, une refonte des circonscriptions, un référendum sur le mode de scrutin, et une chambre des lords élus, en partie ou en totalité. Cela n’est pas rien. Les conservateurs n’avaient aucune intention d’aller aussi loin sur ce terrain. 

A partir de là, une question : cette association est-elle viable ? 

On serait tenté de dire non à long terme, car cela tanguera dans les bases des deux partis, si ce n’est dans les états-majors. 

Cette coalition new-look devrait cependant disposer d’au moins 5 mois de tranquillité. Puisque l’opposition pendant ce temps sera décapitée. Le parti travailliste va renouer avec les luttes de pouvoir. Il ne désignera son nouveau leader qu’en septembre prochain.   

Transition imminente ?

politique

La BBC annonce que des sacs et des dossiers ont Ă©tĂ© chargĂ©s dans des Land Rovers Ă  l’arrière de Downing street. Signe d’un dĂ©part imminent de Gordon brown et de l’arrivĂ©e de david Cameron ? 

Aux dernières nouvelles, les libéraux-démocrates opteraient de nouveau en faveur des conservateurs… 

Leur cœur penche en faveur des travaillistes, mais leur raison leur montre que les Tories sont les seuls à pouvoir disposer d’une majorité stable.  

Une coalition Labour-Libéraux démocrates serait en effet très fragile. D’autant plus que les divisions sont  fortes dans le camp travailliste. Après une matinée de discussions entre « lib-dem » et travaillistes, les discussions reprennent donc avec les Tories. 

C’est drôle comme la politique britannique diffère de la politique française. Un parti peut ainsi passer d’un côté à l’autre. Les concepts de droite et de gauche ne s’appliquent pas ici.  

Dans ces conditons, pourquoi donc personne n’imagine-t-il une coalition labour-conservateurs ???

Quoi qu’il se passe, le discours de Nick Clegg d’avant la campagne en a déjà pris un coup. Faire de la politique autrement. Sortir des vieux partis… Ici, il ne s’agit que de cuisine dans l’arrière cour. Depuis 5 jours, même les journalistes les mieux informés ne savent rien de ce qui se dit en coulisse. Et le parti le moins influent est celui qui dicte ses conditions.

Pas sûr que David Miliband ne se réjouisse pas finalement d’un échec. Un ou deux ans d’opposition, en laissant les conservateurs faire le sale travail, lui permettraient peut-être de redonner des couleurs à son parti. 

En attendant, les chaines d’information continue ont installĂ© leur studios sur les pelouses devant le parlement. Et le lieu se tranforme peu Ă  peu en carnaval. On y va de son porte voix ou de sa pancarte devant les camĂ©ras. Bref, la pagaille politique se dĂ©place sur le terrain mĂ©diatique.  

Bon ! Suite au prochain épisode.

Au revoir Monsieur Brown

politique

Décidément… j’ai à peine le temps de vous écrire que les événements se précipitent. 

Mes prédictions n’étaient donc pas si mauvaises. 

Gordon Brown a annoncé sa démission (pour septembre). Un électrochoc qui pourrait bien faire de nouveau pencher la balance des libéraux démocrates vers le camp travailliste. 

A voir… 

En attendant, cette période post électorale a toutes les allures d’une vente aux enchères. 

Vendredi : « Combien me donnez-vous chez les travaillistes ? Un référendum sur une réforme du mode de scrutin ? » « Oui, mais vous ne pesez pas assez lourd, et votre leader est trop encombrant ». 

On discute alors avec les conservateurs… 

Lundi après midi : Au moment où l’heure du choix approche, les travaillistes augmentent la mise : « D’accord. Un référendum, plus la tête de Gordon Brown ? il ne fera qu’assurer l’intérim, puis il s’en ira ». 

Les conservateurs sentent alors que la couronne pourrait leur échapper.

 Lundi soir : « D’accord, disent-ils, nous aussi on vous offre un référendum. Mais c’est notre dernier prix ». 

Autrement dit : si les travaillistes augmentent la mise et vont jusqu’à une réforme par un vote directe (comme le suggère Gilles dans on commentaire), ils pourraient bien remporter la mise. 

On se croirait dans une salle des ventes et Ă  Hollywood en mĂŞme temps.

Imaginez : on attendait Gordon Brown ou David Cameron. Mais le poste de Premier ministre pourrait échoir à un troisième homme dont on ne connaît pas encore le nom. 

Encore une fois : les jeux sont faits, rien de va plus. Mais les paris sont ouverts !

Politique fiction

politique

Tiens, tiens…Et si peu à peu les choses se précisaient… 

Nick Clegg avait dit avant le scrutin que le parti qui aurait le plus de voix et de sièges serait le plus légitime pour tenter de gouverner. Il lui était donc difficile de se dédire et de ne pas discuter d’abord avec les conservateurs. 

Mais, malgré les phrases du type « tout se passe dans un esprit très constructif » lancées par William Hague, un des négociateurs des Tories, rien ne montre que ces discussions avancent réellement. 

J’émettrai donc aujourd’hui une nouvelle hypothèse :  

Les négociations échoueront, parce que les conservateurs et les Tories sont trop éloignés les uns des autres, et parce que le point clé de la réforme du mode de scrutin ne peut être réglé. 

Les libéraux démocrates se retourneront alors vers les travaillistes (avec qui il y a déjà des contacts) qui, eux, sont prêts à offrir un référendum à Nick Clegg. Et pour rendre le « deal » plus acceptable, ils lui offriront la tête de Gordon Brown. 

Les conservateurs hurleront au hold up. Mais une alliance entre libéraux-démocrates et travaillistes avec un nouveau visage, plus jeune et européen (David Miliband ?) à la tête du labour, pourrait donner le sentiment qu’il se passe enfin quelque chose de nouveau, et que le message des urnes a été entendu. 

Quoi qu’il se passe de toutes les façons, les libéraux-démocrates vont devoir une fois pour toute clarifier leur positionnement sur l’échiquier politique.  

Bon, je le reconnais, je peux me tromper. On s’en reparle dans quelques jours ?

La pagaille

politique

C’est le, ou la … en Grande-Bretagne !

Choisissez le mot qui vous convient après avoir lu ces quelques lignes.  

Officiellement, les choses avancent. Libéraux démocrates et conservateurs discutent pour essayer de trouver un terrain d’entente en vue de former le prochain gouvernement.  

Sur papier, cela a l’air simple. Mais dans les faits, je ne vois franchement pas comment à court terme la situation pourrait se dénouer. Parce que les points de désaccord entre les deux partis sont très importants.

On apprend dans the Observer que William Hague, le monsieur Europe des Tories avait rédigé une déclaration qu’il s’apprêtait à lire à Bruxelles en cas de victoire massive de son parti. Une déclaration très hostile à toute nouvelle intégration et sonnant le glas d’une éventuelle adoption de l’Euro. Comment Nick Clegg pourrait-il cautionner cela ? 

La réforme du mode de scrutin, clé des négociations, fait tellement de vagues chez les conservateurs que l’on voit mal comment ils pourraient l’accepter.

Et quand bien même, les constitutionalistes expliquent qu’il faudra des années pour qu’elle soit mise en place. Définir un mode de scrutin, faire campagne pour un référendum sans garantie de gagner, puis redécouper les circonscriptions, est un travail  fastidieux. Imagine-t-on les libéraux démocrates avaler les couleuvres conservatrices sans rien dire pendant autant de temps ? 

Il faudrait enfin que Nick Clegg obtienne le feu vert des trois quarts de ses dĂ©putĂ©s. Sinon, qu’il organise un congrès ou, en dernier ressort, un vote des militants. Or comme cela tangue dans son parti, beaucoup jugeant une Ă©ventuelle alliance contre nature… Vous imaginez la difficultĂ©. 

Il n’est donc pas exclu qu’après avoir tenté sa chance à droite, Nick Clegg revienne parler avec les travaillistes. Gordon Brown, lui, n’attend que cela. 

Et pendant ce temps : 

Ca craque aussi chez les travaillistes qui jugent la position de Brown intenable.

Ca craque aussi chez les conservateurs, dont certains membres éminents estiment que la campagne de David Cameron a été un échec.  

D’ici à imaginer que tout cela se termine par un constat de désaccord, un gouvernement minoritaire conservateur, et des élections dans quelques mois…   

En attendant, le grand mot ici, c’est « les marchés » ! Comment vont-ils réagir à cette pagaille ? Joe Lynam, spécialiste des questions économiques à la BBC considère pourtant que finalement, ce qui se passe dans son pays au plan politique, n’est pas grand chose comparé à la crise plus globale qui affecte à nouveau les places financières Européenne.