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Le blog de Jacques Monin


Pas de malades chez Amazon.co.uk

société, economie

Je suis parfois surpris de constater combien certains sujets dĂ©clenchent des rĂ©actions passionnĂ©es et contradictoires, lorsque d’autres ne semblent pas appeler de commentaires particuliers. Dernier exemple en date : j’ai fait Ă©tat des conditions dans lesquelles travaillent  les salariĂ©s d’Amazon en Grande-Bretagne, dans un entrepĂ´t du centre de l’Angleterre.  

En fait, c’est un journaliste du Sunday Times qui a levé le lièvre. Il s’est fait embaucher pendant une semaine pour voir quelles étaient les coulisses de ce célèbre site Internet à bon marché abreuvé de commandes en cette période de Noël. 

Il a ainsi découvert des choses que l’on connaît aussi en France : travail intensif 6 jours sur 7, avec interdiction de prendre son téléphone portable, nécessité d’informer sa hiérarchie pour aller aux toilettes, des trajets de près de 20 kilomètres à faire à pieds dans le hangar, tout cela sous le regard permanent des caméras et pour l’équivalent du SMIC. 

Mais il y a pire : non seulement parler une autre langue que l’anglais est interdit, mais l’entreprise a mis au point un système de permis à 5 points. Un retard, et c’est un point de moins. Une absence pour maladie, même avec un arrêt de travail en bonne et due forme, c’en est un autre enlevé. Et 5 points perdus, c’est la porte !  

Le père Noël n’est donc pas pour tout le monde. 

Mais au pays où l’on travaille encore facilement 60 heures par semaines, tout cela est légal et assumé. La direction explique que tout le monde fait un effort en cette période de Noël pour la plus grande satisfaction du consommateur. Daniel Foggo, du Sunday Times, considère qu’il n’y a pas que dans les pays du Tiers monde que l’on exploite la main d’œuvre. Nos pays développés n’ont parfois pas grand-chose à leur envier.    

Face à son témoignage, j’ai donc reçu deux types de réactions.   Les uns se sont dits choqués de cette situation et ont applaudis à cette diffusion. Mais d’autres m’ont fait part de leur étonnement que l’on présente comme scandaleuses des pratiques qui, grosso modo, se retrouvent dans de nombreuses entreprises françaises. Certes, le permis de travail à point n’existe pas. La maladie est encore autorisée. Mais, m’a fait remarquer une auditrice, « il existe des moyens plus pervers d’arriver au même résultat ».  

Raison de plus, me semble-t-il, pour dénoncer ce qui est déjà visible et assumé.

Vers une légalisation du suicide assisté ?

police justice, société, fait divers

Peut-on montrer la mort à la télé ? C’est le débat qui agite la Grande-Bretagne avant la diffusion sur une des chaines du groupe Sky d’un documentaire au cours duquel le téléspectateur voit Craig Ewert, un ancien professeur d’université de 59 ans, se rendre dans une clinique de suicide assisté en suisse et y mourir. Son épouse justifie ce choix. Il est nécessaire de regarder la mort en face, explique-t-elle aujourd’hui, et surtout de voir que celle-ci peut-être paisible.

Craig Ewert était atteint d’une maladie neurologique qui l’avait rendu invalide. Il était incapable de faire un mouvement et devait être maintenu sous assistance respiratoire. Il se qualifiait lui-même de tombe vivante.

Je dois dire que je n’ai pas besoin de voir ces images pour me faire une opinion. La vue des photos largement diffusées par la presse suffisent à donner un sentiment de malaise.  La mise en scène de la souffrance, nécessaire ou pas, n’est jamais facile à regarder.

Mais ce qui frappe, c’est surtout le télescopage de cette information avec une autre dont on ne mesure pas encore les conséquences. Le parquet britannique a décidé de ne pas poursuivre les parents de Daniel James, un jeune homme de 23 ans qu’ils avaient aidé à mourir en l’emmenant, là aussi, en suisse en septembre dernier. Lui avait été blessé lors d’un entrainement de rugby. Paralysé et incontinent, il avait tenté plusieurs fois de se tuer en se cognant la tête. En vain.

Ses parents avaient donc accédé à sa demande. Cela leur avait valu d’être interrogés par la police. Mais ils ne seront pas poursuivis. L’intérêt général ne le nécessite pas, disent les magistrats.

Cette décision va sans doute changer les choses. Il s’agit d’un signal explicite défiant la loi qui condamne l’aide au suicide. Cette décision va sans doute, de fait, exempter les proches des mourants de poursuites. Elle revient donc à reconnaître, avant que le législateur ne le fasse, que le droit à mourir dans la dignité existe en Grande-Bretagne.

De plus en plus européens.

défense, politique

Northwood, c’est une banlieue tranquille au nord-ouest de Londres. Sans charme particulier mais pas désagréable non plus. Lorsqu’on pousse vers le nord, la campagne semble reprendre le dessus. Le quartier se fait boisé, bucolique. Et c’est là, en bordure de route, que se trouve le centre opérationnel de l’armée britannique.

Rien à voir avec un film de James Bond. Il y a des barbelés, mais pas très impressionnants. Et derrière, des bâtiments qui rappelleraient plutôt un campus universitaire, tandis que d’autres sont en construction. Car Northwood, c’est un chantier.

A l’intĂ©rieur, c’est une autre affaire. Une fourmilière s’active en secret. D’un cĂ´tĂ© sont coordonnĂ©es les opĂ©rations militaires britanniques Ă  l’étranger. De l’ autre, se trouve le centre de commandement de l’Otan. Et au milieu, tout se met en place pour superviser l’opĂ©ration de lutte contre la piraterie qui vient de dĂ©marrer au large de la Somalie : première opĂ©ration navale conduite sous l’égide de l’Union EuropĂ©enne.

Près de 80 personnes d’une dizaine de nationalités sont ainsi présentes et se relayent. Tout ce qui relève des opérations d’urgence (réponse à une attaque de pirate) est géré par le commandement en mer. Mais lorsqu’il s’agit de rendre compte ou d’obtenir des autorisations officielles de la part de pays côtiers, c’est Northwood qui prend le relais en liaison avec l’autre centre de commandement de Bruxelles.

L’opération n’est pas simple. Elle soulève des difficultés diplomatiques (qui envoie quoi et qui fait quoi) et juridiques (comment intervenir dans des eaux territoriales étrangères et que faire d’un pirate arrêté ?). Mais elle est déjà symbolique pour la construction de ce qu’on appelle la PESD (Politique Européenne de Sécurité et de Défense). Voilà la Grande-Bretagne en première ligne dans une opération clairement estampillée européenne.

“Simple pragmatisme alors que des intĂ©rĂŞts commerciaux communs sont en jeu”, disent certains de mes confrères britanniques. Peut-ĂŞtre. Mais le discours du nouveau ministre de la dĂ©fense John Hutton, clairement pro Europe est plutĂ´t inhabituel. Et que Northwood apprenne Ă  travailler avec Bruxelles est un pas en avant.

Rapprochez cela de l’émergence d’un couple franco-britannique plus fort, et de la réapparition (même feutrée) du débat sur l’Euro… Les lignes bougent. Elles sont fragiles. Très fragiles. Mais elles bougent.

Le plus grand fichier du monde a du plomb dans l’aile

police justice, société, politique

C’est une décision extrêmement importante que vient de prendre la cour européenne des droits de l’homme. Elle va peut-être mettre un coup d’arrêt aux velléités affichées de ce côté ci de la Manche de mettre tous les citoyens en fiche.

Deux britanniques, l’un arrêté après avoir été accusé de harcèlement par sa compagne et dont le couple s’est reconstitué, et l’autre innocenté dans une affaire de cambriolage, avaient poursuivi la Grande-Bretagne pour demander que leur ADN soit retiré du fichier national. La cour les a suivis, estimant que conserver l’ADN de personnes innocentes « ne doit pas être considéré comme une nécessité par un pays démocratique ».

Leurs données ADN doivent donc être détruites. Mais cette décision va bien au-delà du cas de ces deux personnes. Car ce sont 800 000 données d’innocents qui figurent au fichier britannique, le plus important du monde ( il recense 4,6 millions de personnes !) et autant d’empreintes digitales. Toute personne suspectée, même blanchie, voit en effet ses données conservées par la police. Ce sont donc 800 000 fiches qui doivent être détruites en mars prochain.

Mais mieux : cela devrait mettre un frein au débat récurent qui existe ici sur la nécessité de constituer un fichier national recensant l’ADN de toute la population. Jusqu’ici, le ministère de l’intérieur a résisté à la tentation, mais régulièrement, des voix s’élèvent dans la police ou parmi des députés pour faire avancer une telle idée.

Jacqui Smith, la ministre de l’intérieur se dit d’ailleurs « déçue » par la décision de Strasbourg.

Le Queen’s Speech

monarchie, politique, Non classé

Le discours du trône est toujours un exercice fascinant pour un non initié. Il associe modernité, puisqu’il s’agit d’annoncer les réformes à venir et qu’il a une signification éminemment politique, et tradition, puisqu’il est lu par la Reine et s’intègre dans un cérémonial digne des siècles passés.

Ce mercredi 3 décembre, la reine est donc partie de Buckingham Palace en carrosse, accompagnée de son époux, puis elle s’est installée dans la chambre des Lords, coiffée de sa couronne sertie de 3000 pierres. Elle a pris soin de ne pas filer vers la chambre des communes qui se trouve à l’autre extrémité du bâtiment de Westminster (impensable depuis que Charles premier y a été décapité et sa tête exhibé pendant 20 ans sous la république de Cromwell !). Les députés se font d’ailleurs prier pour aller rejoindre les Lords. Il faut l’intervention bruyante du Black Rod (l’homme au bâton noir) pour qu’ils consentent à s’y rendre. Le lord Chancellor (le garde des sceaux) remet alors à la souveraine un sac dans lequel se trouve le précieux discours écrit par le Premier ministre avant de partir à reculons, car on ne tourne jamais le dos à la Reine !

Tout cela est rôdé comme du papier à musique. Cet événement qui marque la rentrée parlementaire tient avant tout du rituel.

Mais au-delà du faste, l’analyste s’intéresse aux détails qui en disent long sur le climat politique du moment.

1 : Cette année le discours était particulièrement court. Cela veut dire que Gordon Brown a appris. Fini les grandes litanies qui ressemblent à des catalogues. Cette fois-ci, faire court, c’est être plus percutant.

2 : Autant l’année dernière Gordon Brown avait l’air en peine aux côté du chef de l’opposition David Cameron en traversant le couloir qui le conduisait vers la chambre des Lords. Autant cette fois-ci, on a vu un Premier ministre sûr de lui, souriant, et faisant la leçon (laquelle on ne le sait pas) à un studieux chef de l’opposition.

3 : Quant au discours lui-même, il disait deux choses. D’abord, la crise financière est ma priorité. Ensuite, je me préoccupe de votre bien être (pouvoir d’achat et sécurité). Bref, l’argumentaire de campagne est déjà en route.

La reine finalement lĂ  dedans, on lui demande peu de chose. Maintenir la tradition et, mĂŞme si elle lit son texte, surtout de ne pas se mĂŞler de politique.

La veste de la honte

société, politique, Non classé

« La veste de la honte »… ce n’est pas moi qui ais trouvé ce qualificatif, c’est le Times, un des rares journaux qui réagissent vraiment sur ce sujet.

Je veux parler de la dernière innovation du gouvernement britannique : afin de montrer aux citoyens que la justice fait son travail en condamnant les délinquants, elle impose désormais à tous ceux qui réalisent un travail d’intérêt général le port d’une veste fluorescente orange affublée d’une mention précisant bien qu’ils ont été punis et agissent au service de la collectivité. Ainsi, a expliqué Louise Casey, l’auteur du rapport qui préconisait cette mesure, chacun pourra voir que le gouvernement agit, et l’image de la justice n’en sera que meilleure.

J’imagine déjà ce que beaucoup d’entre vous se disent : comment est-il possible de stigmatiser ainsi une population même limitée à 35 000 personnes. Certes il s’agit de délinquants, mais ils payent leur tribut à la collectivité. Au nom de quoi se permet-on de les désigner ainsi à la vindicte. Pourquoi revenir au temps où l’on exhibait les détenus sur les places publiques ? Ne s’agit-il pas d’une forme sournoise de lynchage ?

Cette mesure a quelque chose de révoltant. Je vous l’accorde. Et c’est pour cela que j’ai tenu à en parler sur les antennes de Radio-France. Pourtant ici, les quelques voix qui s’élèvent ne soulèvent pas le même argument que moi. Des officiers de probation dénoncent cette veste. Mais parce que, disent-il, en les identifiant, elles exposent les délinquants à des représailles. C’est le risque de danger pour leur sécurité qui les inquiète, pas sa signification morale.

Mais n’y-a-t-il pas une logique dans tout cela ? N’oublions pas (je l’ai déjà abordé ici) que la délation en Grande-Bretagne est une vertu, et que Tony Blair lui-même avait une devise pour lutter contre la délinquance : « name and shame » disait-il. Dénoncez et faites honte. Qui devrait avoir honte ? Ca c’est une autre histoire.

La taupe du home office

police justice, politique, Non classé

Passées les affaires les affaires reprennent…

Pendant la crise financière, on avait cru le pays transformé. Seule l’économie comptait. Gordon Brown retrouvait des couleurs et l’opposition conservatrice peinait à trouver ses marques. Mais voilà que les affres des affaires reprennent le dessus.

De quoi s’agit-il ? Eh bien depuis plusieurs jours la presse ne parle que de l’arrestation du ministre de l’immigration fantôme, autrement dit, le député en charge de ce dossier au parti conservateur : Damian Green. Il a été interpelé par la police anti-terroriste (excusez du peu !), et interrogé pendant neuf heures. Son domicile a été perquisitionné ainsi que son bureau au parlement.

Il est soupçonné d’avoir été le destinataire de documents confidentiels transmis par une « taupe » du ministère de l’intérieur. Un jeune fonctionnaire de 26 ans qui a lui aussi été arrêté.

Les conservateurs dénoncent des pratiques dignes du stalinisme. Le Times dénonce une attaque contre la démocratie. Et le « speaker » de la chambre des communes, l’équivalent du président de la chambre des députés, Michael Martin va devoir se fendre d’une explication pour justifier l’intrusion de la police au parlement.

Bref, un climat dĂ©lĂ©tère s’installe de nouveau. Et mĂŞme les travaillistes sont divisĂ©s sur la question. Jacqui Smith, la ministre de l’intĂ©rieur, a refusĂ© de prĂ©senter des excuses au dĂ©putĂ© conservateur, expliquant que l’affaire est grave et que la police est indĂ©pendante. Au sommet de l’Etat, on jure que l’on ne savait rien de cette arrestation avant qu’elle n’ait lieu. Mais d’autres sont Ă©branlĂ©s par la mĂ©thode et le dĂ©bat lancĂ© porte sur plusieurs niveaux.

Certes il y a l’affaire elle-même. Un fonctionnaire qui divulgue des documents peut mettre en danger la sécurité de l’Etat. Mais faut-il pour autant traiter ainsi un élu qui fait son travail d’opposant ? Et le parlement doit-il être un sanctuaire ?

La polémique devrait agiter le microcosme pour quelques jours encore, voire quelques semaines.

Gordon joue gros

economie, politique

Gordon le joueur. Le grand pari. Le new labour est mort… Que ne lit-on pas depuis l’annonce du budget 2009 qui se traduira par une frénésie de dépenses publiques ?

Le Chancelier de l’Echiquier l’a dit et répété : à situation exceptionnelle, réponse exceptionnelle. Pas question de laisser les gens souffrir et le pays s’enfoncer la récession. Puisque l’économie ne fonctionne plus, l’Etat va lui donner un coup de pouce, ou plutôt un coup de pied au derrière, en allégeant les impôts, en baissant la TVA, et en investissant dans les routes, les écoles et les logements sociaux. C’est ce qu’on appelle doper la machine économique.

Mais tout cela a un prix, et c’est là qu’est le hic : pour compenser ces dépenses, l’Etat va emprunter 350 milliards sur cinq ans !!! Son taux d’endettement va atteindre 57% du PIB en 2012. C’est ce qui fait hurler l’opposition qui explique qu’il faut toujours rembourser et que derrière ce plan en apparence ambitieux et généreux, se cache une bombe à retardement qui s’appelle un plan d’austérité pour plus tard.

Il est vrai que tout cela ne ressemble pas à Gordon Brown. Le Premier Ministre déjoue tout les pronostics. Lui qui était d’une prudence extrême fait un pari risqué qui s’appuie sur des prévisions très optimistes de retour de la croissance dès 2010.

Mais il n’échappera Ă  personne qu’en 2009 ou en 2010 (selon les sondages), il y aura des Ă©lections. Ce plan s’appelle donc aussi un va-tout. Gordon Brown sait qu’il a un an pour convaincre qu’il est le mieux Ă  mĂŞme de soulager la souffrance des classes moyennes et populaires. Ce qu’il va essayer de faire Ă  court terme. Ce n’est pas un hasard s’il propose une nouvelle tranche d’imposition pour les plus riches qui ne sera mise en place qu’en 2011,  s’il est reconduit.

Il redistribue aussi les cartes politiques, puisqu’on peut de nouveau identifier une différence entre Labour et conservateur.

L’année qui vient n’en sera que politiquement plus intéressante.

Maintenant ensuite… Lorsque l’on sait que l’endettement privĂ© Ă©tait dĂ©jĂ  de 174% du revenu intĂ©rieur brut, et que l’endettement public va lui aussi augmenter. On ne peut que reconnaĂ®tre que si le pari est osĂ©, il est aussi très risquĂ© !

A chacun ses secrets

culture

Deux infos culture, pour reprendre nos bonnes habitudes !

D’abord quelques mots de l’exposition Darwin au musée d’histoire naturelle de Londres. Y sont représentés ses voyages, sa vie privée, et sa théorie. « Une grande exposition pour une grande idée » peut-on lire sur les affiches. Et pour cause, Charles Darwin, qui résidait à une trentaine de kilomètres de Londres, a proposé une vision qui a révolutionné notre façon de concevoir le monde et la place de l’homme : la fameuse théorie de l’évolution et de la sélection naturelle. L’homme descendrait du singe et la nature choisirait les plus forts qui subiraient mutation sur mutation.

Cette théorie n’a jamais été démentie en 150 ans. Au contraire. Et même si elle n’explique pas l’origine de l’homme, elle en explique l’évolution en démontrant qu’il n’est finalement qu’une espèce parmi d’autres sujettes aux mêmes évolutions que ses congénères.

150 ans après, les crĂ©ationnistes, ceux qui croient que la terre a Ă©tĂ© crĂ©e par Dieu en six jours, n’en dĂ©mordent pourtant pas. Un sondage rĂ©alisĂ© pour la chaine d’enseignants TV Teatchers en Grande-Bretagne a montrĂ© que 29 % d’entre eux étaient favorables Ă  l’évocation de la thĂ©orie biblique en classe.

Il faut cependant se garder d’en tirer des conclusions hâtives. En parler, c’est-Ă -dire signaler que des personnes ont une autre vision des choses, est une chose. Lui donner le statut d’explication scientifique en est une autre…

Quoi qu’il en soit, Darwin lui-même savait où il mettait les pieds puisqu’il a gardé le secret pendant 20 ans avant de se risquer à parler de sa théorie.

Et en parlant de secret …

Ce lundi 24 novembre sort le troisième album de Fireman. Cela ne vous dit sans doute pas grand-chose, et c’est normal. C’est sous ce pseudonyme que Paul McCartney et Martin Youth Glover ont déjà réalisé deux albums instrumentaux de musique électro-acoustique. L’ex Beatles avait bien gardé le secret, ce qu’il ne fait plus dans ce troisième opus plus braillard qu’il revendique clairement.

 

Ce faisant, il nous dit finalement ce qu’il ne cesse de répéter depuis la fin des Beatles :

1 : Je sais tout faire : du rock, ancien ou moderne; de la pop, des ballades, des oratorios et même de la musique électronique.

2 : Je peux être un dur. Bref, je ne suis pas l’envers de John Lennon mais je suis comme lui !

La musique adoucit peut-ĂŞtre les moeurs, mais près de 30 ans après la mort de l’auteur d’”Imagine”, des comptes se règlent encore…

La victoire en chantant

politique

En d’autres temps, une élection législative partielle aurait été regardée comme une péripétie. Mais celle qui vient de se dérouler dans la circonscription de Glenrothes en Ecosse est d’une importance capitale pour Gordon Brown.  

Il y a encore quelques semaines, le parti travailliste était certain de la perdre. Il venait d’essuyer deux défaites : une à Crewe and Nantwich, un bastion travailliste, et une autre à Glasgow-est où le parti nationaliste écossais (SNP) avait remporté le siège. Une véritable humiliation. Le Premier ministre semblait au fond du trou et une partie de ses troupes prêtes à demander sa démission. 

Mais la crise financière est  passée par là. Elle a remis en selle Gordon Brown. Elle lui a permis de retrouver une crédibilité en interne comme auprès de l’électorat. Sentant le vent tourner, il a donc enfreint les règles qui veulent qu’un dirigeant se tienne à l’écart de la mêlée, et il s’est investi lui-même, avec son épouse Sarah dans la campagne. On les a vus aller discuter avec la population. Il a envoyé plusieurs de ses ministres au front. Même l’entraineur écossais du club de football de Manchester United, Alex Fergusson, est allé prêcher la bonne parole travailliste.

 Et résultat : à la surprise générale, le candidat du Labour, Lindsay Roy l’a emporté haut la main. Gordon Brown peut être satisfait. La spirale infernale est enrayée et il confirme dans les urnes son retour en grâce.

 Mais il aurait tort de se réjouir trop vite.  D’abord, cette victoire scelle aussi le déclin du SNP et de son rêve d’indépendance. La crise financière a montré combien les banques écossaises étaient fragiles et combien, sans l’aide de l’Angleterre, son économie serait à genou.  Ensuite, la récession arrive et ses effets ne se font pas encore totalement sentir. Lorsque ce sera le cas, à la crise économique pourrait s’ajouter une crise sociale qui viendra singulièrement compliquer la tache du Premier ministre.

 PS : je vais vous quitter pour une semaine. on se retrouve autour du 18 novembre. Take care !