Le blog de Grégory Philipps

Jérusalem, Gaza, Tel-Aviv, Ramallah

La mémoire à même la peau

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Elle a 21 ans, s’appelle Eli Sagir, et porte sur son avant-bras gauche le numéro 157622, celui que les nazis ont imposé à son grand-père au camp d’Auschwitz en 1943. La jeune femme s’est fait faire ce tatouage il y a quatre ans, au retour d’un voyage scolaire en Pologne, pour rendre hommage à son grand-père Yosef Diamant.

 © G. Philipps / Radio France

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Il ne s’agit pas d’une mode, ni même d’un phénomène de société. Les réalisateurs du film “Numbered”, consacré aux survivants de la Shoah, ont recensé en tout une vingtaine de jeunes israéliens qui, comme Eli, se sont fait tatouer le numéro de déportation d’un grand-père ou d’une grand-mère. Mais leur initiative est troublante, et pose des questions : sur le devoir de mémoire, sur l’enseignement de la Shoah.

 © G. Philipps / Radio France

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Après en avoir longuement parlé avec Eli, avec sa mère Yona (qui porte le même tatouage), avec des historiens et des rescapés de l’Holocauste, je n’arrive pas à me faire opinion. Cette démarche est-elle choquante ? Émouvante ? Les deux à la fois ?

Pour vous aider à vous faire votre opinion, cliquez ici pour entendre la jeune Eli Sagir.

Cliquez ici pour écouter Noah Klieger, 85 ans, rescapé d’Auschwitz et qui salue cette initiative.

L’historien Lucien Lazare (du mémorial de Yad Vashem à Jérusalem) est en revanche révolté, et regrette que ces jeunes gens se posent en « victimes ». Son analyse est à écouter ici.

Vous pouvez aussi retrouver le reportage diffusé sur France Info, ou bien lire cet excellent papier du New York Times.

Vos avis, commentaires et réactions sont les bienvenus sur ce blog…

 © G. Philipps / Radio France

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4 commentaires pour “La mémoire à même la peau”

  1. Zoe dit :

    Vous dites qu’il y a une vingtaine de jeunes qui ont fait cette démarche que le New York Times décrit avec beaucoup de douceur et de pudeur … et d’originalité! Un sujet dans un grand journal sur un choix atypique et polémique par des jeunes israéliens pourquoi pas.

    De là à nous expliquer que ça fait débat dans le pays quand aucun média israélien n’en parle et que personne n’est au courant et à justifier la couverture médiatique assez dingue d’une minorité absolument infime sur France 2, sur Radio France et le reste… vous manquez d’idées de sujet?

  2. Grégory Philipps dit :

    Bonjour Zoé,

    L’idée de ce sujet est venue, certes de l’excellent papier du New York Times, mais aussi de la diffusion du documentaire Numbered, sorti en Israël dans le courant de l’été, et qui sort aux Etats-Unis ce mois ci.

    Vous m’accorderez que je ne dis pas que ce sujet fait débat en Israël et je précise bien que c’est une démarche marginale (ni mode, ni phénomène de société) mais je trouve, personnellement, qu’il est interessant de comprendre ces démarches individuelles.

    La presse israélienne s’y était intéressée en 2008 en médiatisant l’histoire de Ron Folman qui avait choisi de se faire tatouer sur l’avant-bras le numéro de déportation de son père.

    Merci en tout cas de votre fidélité à ce blog, et toutes les idées de sujet sont les bienvenues ! :-)

    Cordialement,

  3. Grégory Philipps dit :

    Sujet sur la 2ème chaîne israélienne :

    http://reshet.tv/%D7%97%D7%93%D7%A9%D7%95%D7%AA/news/Domestic/internal/Article,108255.aspx

  4. poliakov dit :

    Se faire tatouer le numéro d’interné que “portait” son grand père, n’est pas plus idiot que de se vêtir avec des vêtements qui commémorent un rabbi décédé un ou deux siècles plus tôt.
    Tous les orthodoxes, quels qu’ils soient, sont persuadés qu’ils détiennent “La Vérité”, vérité, qui est transmise à leurs enfants, quand ils sont encore très très jeunes.
    J’ai été interné à Auschwitz, je n’ai jamais eu l’idée d’enlever mon numéro, je ne l’exhibe pas non plus.
    Concernant la religion, je suis athée, mon père ne l’était pas, il n’a pas été en mesure de me transmettre sa foi, il n’était plus là. Bien à vous, Léo Poliakov.

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