Le blog de Grégory Philipps

Jérusalem, Gaza, Tel-Aviv, Ramallah

Article(s) pour 9 mai 2012

Bibi, politicien numéro 1

Mercredi 9 mai 2012

Et bien voici donc Benjamin Netanyahu à la tête de l’une des coalitions les plus fortes qu’un gouvernement israélien ait jamais connue. En signant cet accord surprise avec les centristes de Kadima et leur nouveau patron Shaul Mofaz, Bibi renonce aux élections anticipées qu’il avait pourtant annoncées pour le 4 septembre prochain. Et se retrouve donc à la tête d’une coalition de 94 députés (!) sur les 120 que compte la Knesset.   

Voici un petit graphique qui permet de visualiser tout cela. Netanyahu peut désormais compter sur le soutien des députés appartenant aux cinq plus grosses formations du parlement. 

 © Ministère israelien des affaires étrangères

© Ministère israelien des affaires étrangères

Alors bien sur, Netanyahu avait annoncé des élections pour dans quatre mois et a changé d’idée en moins de 24 heures. Bien sur, Shaul Mofaz, avant de conclure cet accord, n’a eu de cesse de critiquer le premier ministre, et de le traiter de menteur. L’éditorialiste Yossi Verter écrivait dans Haaretz il y a deux jours : « après avoir ressenti comme un sentiment de dégout et de nausée (en apprenant cet accord), il faut admettre que, encore une fois, Netanyahu nous a donné à tous une leçon. Il est le politicien, numéro 1, sans aucun doute, et loin devant tous les autres. Il a acheté Kadima, et ses 28 députés pour rien, deux sous et demi, et cela lui assure 18 mois supplémentaires au pouvoir, à la tête d’une coalition de 94 parlementaires ! »

 © tv israelienne

© tv israelienne

 

La gauche (et notamment la leader du parti travailliste Shelly Yachimovich) a fustigé “un pacte de lâches” et “le plus ridicule zigzag de l’histoire politique israélienne”. Une manifestation pour dénoncer cet accord entre Netanyahu et Mofaz a réuni plusieurs centaines de personnes hier soir à Tel Aviv. Et d’autres rassemblements sont prévus samedi soir…

Les prisonniers palestiniens

Mercredi 9 mai 2012

Les nouveaux « héros » des palestiniens ne sont plus ces jeunes lanceurs de pierre masqués que l’on aperçoit chaque vendredi ou presque dans les manifestations de Qalandya ou Nabi Saleh, mais des prisonniers qui se sont lancés dans un véritable bras-de-fer avec l’administration pénitentiaire israélienne. Les portraits de ces détenus s’affichent désormais un partout sur les murs de Gaza, Ramallah ou Naplouse.

Tente de soutien aux prisonniers à Gaza © G. Philipps / Radio France

Tente de soutien aux prisonniers à Gaza © G. Philipps / Radio France

   

Depuis le 17 avril, 1.550 palestiniens détenus dans des prisons israéliennes  (sur environ 4.700) se sont lancés dans ce mouvement de grève de la faim, imitant ainsi Khader Adnane ou Hanna Chalabi qui ont réussi à faire plier l’administration pénitentiaire et ont finalement été libérés. Le premier après 66 jours sans s’alimenter, la seconde a été libérée après 43 journées de grève de la faim mais exilée à Gaza. 

En tout cas, ce dossier des prisonniers devient chaque jour plus sensible. Deux d’entre eux, Bilal Diab (34 ans) et Thaer Halahla (27 ans) sont entrés aujourd’hui dans leur 72ème journée de grève de la faim.

Le CICR (comité international de la Croix  la Croix Rouge) se dit extrêmement préoccupé par l’état de santé d’au moins six détenus. 

Le 1er ministre du Hamas Haniyeh rend visite aux familles des prisonniers © G. Philipps / Radio France

Le 1er ministre du Hamas Haniyeh rend visite aux familles des prisonniers © G. Philipps / Radio France

Ces prisonniers palestiniens protestent contre leurs conditions d’incarcération, réclament la levée des sanctions prises après l’enlèvement du soldat Shalit, et dénoncent le régime de détention administrative, héritée du mandat britannique, qui permet l’incarcération d’un suspect sur une période de six mois, renouvelable indéfiniment, sans comparution ni jugement (ils sont environ 310 à être placés en détention administrative). Ce soir, le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon affirme d’ailleurs que « ces prisonniers doivent être jugés ou libérés ». 

 La tente de soutien aux prisonniers, à Gaza © G. Philipps / Radio France

La tente de soutien aux prisonniers, à Gaza © G. Philipps / Radio France

A quelques jours des commémorations de la Nakba (la « catastrophe » en arabe, terme par lequel les palestiniens désignent la création de l’état d’Israël en 1948), Tsahal est sur les dents et redoute des incidents sérieux. Et le Djihad Islamique, et les dirigeants du Hamas à Gaza, ont promis des représailles si l’un de ces détenus venait à mourir.  

Il y a 48 heures (lundi soir), les membres de brigades Izz ad-Dine Al-Qassam (branche armée du Mouvement de la Résistance islamique) ont d’ailleurs défilé dans les rues de Beit Hanoun dans le nord de la bande de Gaza, en solidarité avec les détenus grévistes de la faim. Ambiance martiale. Défilé militaire impressionnant, entre 1.000 et 2.000 hommes, aux visages recouverts par des cagoules.  

 © G. Philipps / Radio France

© G. Philipps / Radio France

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 © G. Philipps / Radio France

© G. Philipps / Radio France