Le blog de Grégory Philipps

Jérusalem, Gaza, Tel-Aviv, Ramallah

Shalom Salam Jérusalem

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Et voilà. Deux années passées à Jérusalem. Deux années de bonheur professionnel (et personnel) à tenter de comprendre et de raconter au mieux ces deux sociétés, israélienne et palestinienne. A observer à la loupe ce qui les sépare, mais aussi parfois ce qui les rapproche. Deux années à parcourir Israël du nord au sud mais aussi la bande de Gaza et la Cisjordanie, village après village. Deux années de tensions parfois (la guerre de novembre 2012) et de moments joyeux (la libération de Gilad Shalit ou la victoire récente du gazaoui Assaf en finale de l’émission Arab Idol). Au moment de partir vers de nouvelles aventures professionnelles, voici un inventaire non exhaustif et très personnel de tout ce que j’aimé ici, ou moins aimé. Et cette liste de choses plus ou moins essentielles vous aidera peut-être à venir un jour découvrir cette région fascinante.

 © G. Philipps / Radio France

© G. Philipps / Radio France

Je n’ai pas aimé :

Les embouteillages monstres à Jérusalem, particulièrement les jours de fêtes religieuses et/ou de visites officielles.

Les jours de guerre.

La violence de certains propos, et/ou commentaires quand précisément la situation se tend. Et que certains, des deux côtés, n’ont plus la retenue nécessaire et expriment ouvertement racisme et haine de l’autre. Mais tout ceci est déjà oublié car…

J’ai aimé :

La Vieille ville de Jérusalem, évidemment. A toute heure du jour et de la nuit, mais encore plus en début de soirée quand elle se vide de ses touristes et pèlerins.

Observer ses ruelles depuis le toit-terrasse de l’Austrian Hospice.

L’énergie de Tel-Aviv, et encore plus à l’été 2011 avec les manifestants du boulevard Rothschild.

Les soirées folles de la jeunesse dorée palestinienne de Ramallah.

Aller un soir de Pourim voir les ultra-orthodoxes danser et boire plus que de raison dans une yeshiva de Mea Shearim.

Etre au Saint-Sépulcre le jour du Feu Nouveau et mieux comprendre cette ferveur grâce aux explications toujours précises et amusantes de Marie-Armelle Beaulieu (lisez chaque mois Terre Sainte Magazine) !

Le désert du Neguev et son incroyable canyon, depuis la terrasse de l’hotel Bereshit.

Le salon du vin, chaque mois de juillet, dans les jardins du Musée d’Israël (merci Michael Blum !)

Le thé à la menthe très sucré que les gazaouis vous offrent à la moindre occasion.

Le visage radieux de la petite surfeuse de Gaza, quand à l’aube elle sort en mer, au nez (et à la barbe) des autorités islamistes.

Observer chaque jour la vitalité de la société israélienne : sa presse, mordante et pro. Ses innovations technologiques (merci au GPS Waze de m’avoir si bien guidé !).

Déguster à Hébron un tartare de chameau. 

A Jérusalem, la petite Ethiopia Street et son église africaine (entre Hanevim et Mea Shearim).

Les remparts de Saint-Jean d’Acre. Et les déjeuners chez Uri Buri !

La joie indescriptible de la foule réunie place Arafat à Ramallah au moment où Abbas obtient pour la Palestine le statut d’Etat observateur aux Nations-Unies.

La folie de la gay pride à Tel Aviv (mais aussi celle plus discrète à Jérusalem).

Rencontrer parfois longuement et interroger des personnalités souvent fascinantes : d’Ami Ayalon (ex patron du Shin Bet) à Anwar Abu Eisheh (nouveau ministre palestinien de la culture).

L’humour à chaque instant des gazaouis. Quand par exemple ils parviennent à se faire livrer des KFC via l’Egypte et les tunnels de contrebande.

Le rocker israélien Asaf Avidan, le faire « découvrir » aux auditeurs du Mouv’ puis assister à distance à son triomphe en France.

La messe de minuit à Bethléem. Pendant la cérémonie officielle en l’Eglise Sainte Catherine, se faufiler dans la grotte, désertée sauf par quelques religieuses qui prient en arabe.

Traverser les tunnels de contrebande de Gaza, et se retrouver dans le salon d’un égyptien.

La qualité des documentaires israéliens sortis ces deux dernières années : The Gatekeepers, The law in these parts, etc…

La vallée du Jourdain au printemps, quand un instituteur fait la classe aux gamins bédouins au milieu d’un champ de fleurs.

Les chants de pèlerins nigérians un soir à Capharnaüm sur les rives du lac de Tibériade.

L’appel du muezzin, quand il  répond aux cloches des églises, et aux prières d’une synagogue voisine.

Les dîners de Shabbat (merci Yossi et Ruth).

Les kibboutz à la frontière nord du Liban, et auprès de ses habitants la sensation de toucher du doigt et de mieux comprendre « l’idéal » qu’a représenté Israël pour plusieurs générations.

La ville palestinienne de Taybeh, et sa bière du même nom.

Le plaisir enfin (qui malheureusement n’est pas toujours donné aux Israéliens et aux Palestiniens) de passer sans cesse d’une société à l’autre et de traverser en permanence les murs qui séparent ces deux peuples…

Alors à bientôt.

Inch’Allah. Beez’rat Hachem. Si Dieu le veut…

Mohammad Assaf / Avidan

Culture

Le premier est né il y a vingt-trois à Misrata en Libye mais a grandi dans le camp de réfugiés de Khan Younes dans le sud de la bande de Gaza. Le temps d’un télé-crochet organisé par la télévision libanaise MBC, Mohammad Assaf est devenu l’idole de toute la Palestine.

 © MBC

© MBC

Et quand hier soir il a remporté la finale d’Arab Idol, c’est toute la Cisjordanie, Jérusalem-Est et la bande de Gaza qui ont chaviré comme un seul homme. A Gaza, les portraits du jeune chanteur ont remplacé ceux des « martyrs ». A Ramallah, un écran géant a été dressé pour permettre à des milliers de palestiniens de suivre en direct la finale de l’émission. Même à Jérusalem (dans la partie septentrionale de la ville), des feux d’artifice ont éclaté jusque tard dans la nuit pour saluer la victoire d’Assaf. Grâce à son sourire, son histoire personnelle et son talent, le jeune chanteur pour mariages est parvenu à obtenir ce qu’aucun politicien palestinien n’a pu faire ces dernières années : unifier les palestiniens, faire vibrer en même temps Gaza et la Cisjordanie.

Voir ici la vidéo de sa victoire ce samedi.

L’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) a immédiatement nommé Mohammad Assaf comme son premier ambassadeur pour la jeunesse dans la région. Le président de l’Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas l’a appelé pour le féliciter. Et le temps d’une soirée, les palestiniens ont fêté leur bonheur de voir l’un des leurs réussir. Ils ont oublié les divisions, les querelles internes, les crises politiques à répétition. Le nouveau premier ministre Rami Hamdallah vient d’ailleurs de rendre son tablier après trois semaines seulement aux affaires.

 © G. Philipps / Radio France

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Le second est né en 1980 à Jérusalem. Juif israélien, Asaf Avidan est la nouvelle star de la scène rock locale et a donné ce même samedi soir un incroyable concert à Césarée, devant plus de 3.000 spectateurs réunis dans l’amphithéâtre romain de la cité hérodienne. Avidan n’est pas un artiste particulièrement engagé mais dans cet entretien accordé à Libération en janvier, il déclarait : « seules comptent les différences culturelles, et c’est en agissant sur elles, notamment par l’éducation, que le dialogue avec la Palestine pourra être relancé. Le dialogue avec les palestiniens est la priorité, mais il est occulté par les problèmes internes, les difficultés économiques de la société israélienne ». Au moment où Mohammed Assaf remportait à Beyrouth « Arab Idol », Avidan donnait à Césarée un spectacle d’une rare intensité. Et c’est un peu comme si le bonheur de ces spectateurs israéliens répondait à celui des supporters de Mohammad Assaf à Jénine, Ramallah ou Khan Younes.

 © DR

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Ici, un extrait du concert d’Asaf Avidan ce samedi à Césarée. 

Prenons nous alors à rêver un jour d’un concert commun de Mohammad Assaf / Asaf Avidan, pourquoi pas à Jérusalem, et qui réunirait les deux publics !

Les femmes du Mur

Religion

Pour la première fois, et parce que la justice israélienne leur en a finalement donné le droit, des militantes féministes ont pu ce vendredi matin prier au Kotel (Mur des lamentations) comme elles le revendiquent depuis des années : en portant notamment le châle de prière, des phylactères et parfois la kippa. Comme les hommes. Cette prière a provoqué la colère de plusieurs centaines de juifs ultra-orthodoxes. Leurs rabbins avaient demandé aux étudiantes des écoles talmudiques de venir en nombre et de contrer l’action des militantes de cette organisation Women on the Wall. Mais ce sont les hommes en noir (haredim) qui ont eu les réactions les plus violentes. Insultes (« nazis ! »), cris, jets d’eau, de café, de chaises, de sacs poubelles et même de pierres, selon le quotidien Haaretz. A la fin de la cérémonie, les militantes féministes ont du quitter l’esplanade sous protection policière. Leur bus a été caillassé. Cinq ultra-orthodoxes ont été interpellés, et deux policiers blessés. Mais la prière qualifiée d’”historique” par mes confrères de l’AFP a tout de même eu lieu. Les femmes du Mur ont déjà prévu de se retrouver au Kotel le 9 juin prochain (RH Tamuz).

  © G. Philipps / Radio France

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Qui est Jésus ?

Religion

Depuis deux années que je vis à Jérusalem, on m’a souvent parlé de lui mais je n’avais jusqu’ici jamais croisé son chemin. Pour la première fois, le voici devant moi. Samedi soir, en Vieille ville, au Saint-Sépulcre. L’homme marche pieds nus, il ne porte rien d’autre qu’une toge romaine, et une bible à la main. Il traverse la foule. Touristes et pèlerins se retournent sur son passage. Il ressemble… à Jésus.

 © Dustin Philipps

© Dustin Philipps

Que sait-on de lui ? Marie Armelle Beaulieu, qui dirige ici à Jérusalem avec humour et talent la rédaction du magazine Terre Sainte, a recueilli pas mal d’infos sur le bonhomme. Il s’appelle James, et vient du midwest américain. Il a adopté cette tenue et ce mode de vie il y a un peu moins de vingt ans. D’abord aux Etats-Unis où, à pieds nus, il a traversé plus de 45 états, puis à travers une quinzaine de pays, avant de se poser ici en Terre Sainte. A Jérusalem, James-Jésus vit de mendicité et traîne souvent au Mont des Oliviers. Il ne possède rien d’autre que sa Bible, sa robe, et une brosse à dents. Et il n’est pas, dit-il, atteint du syndrome de Jérusalem qui frappe les visiteurs ou touristes atteints par trop de spiritualité. James se voit simplement comme un pèlerin parmi les pèlerins.

Un documentaire “The Jesus Guy” lui a été consacré, à voir ici.

Et si vous avez la chance d’être à Jérusalem en ce moment, vous le croiserez sans doute demain au Saint-Sépulcre pour la messe de la Sainte Croix.

292.265 armes à feu en Israël

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Aux Etats-Unis, Barack Obama n’a pas réussi à faire voter sa loi sur le contrôle des armes à feu. En Israël, le débat s’installe ici aussi à la suite de plusieurs faits divers. Le dernier accident date de mardi : une mère de famille de Rama en Galilée a été tuée par son mari, soldat de carrière, au moment où ce dernier nettoyait son arme de service. Selon les premières constatations, le tir était purement accidentel. Mais il relance le débat et les parlementaires s’interrogent : les hommes et les femmes des forces de sécurité doivent-ils, quand ils sont de repos, emmener leurs armes chez eux ? Les règles de sécurité sont-elles suffisantes ? Et y a-t-il trop d’armes en circulation dans le pays ?

Quiconque voyage en Israël est surpris de voir autant d’armes à feu dans la rue : soldats à l’arrêt de bus, M16 en bandoulières. Pères de famille, colt à la ceinture. Colons de Cisjordanie avec en permanence dans la boite à gants de leurs voitures un revolver. Cette photo a été prise l’hiver dernier sur une petite route lors d’un reportage auprès d’un habitant d’Halamish :

 © G. Philipps / Radio France

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Selon les statistiques du Ministère de la Sécurité Publique (cités par Haaretz), les civils israéliens possèdent un peu plus de 292.000 armes. Environ 155.000 de ces armes sont détenues à titre privé. Ces chiffres ne prennent pas en compte les armes en possession des soldats, des appelés et des réservistes. Mais ils démontrent qu’en Israël, environ 1 adulte sur 19 est armé (aux Etats-Unis, en moyenne une arme par habitant).

Or les incidents se multiplient ces dernières années. Depuis 2002 et toujours selon l’article de Haaretz, 16 femmes ont été tuées (volontairement ou accidentellement) par leurs compagnons gardes de sécurité (vigiles que l’on voit partout : à l’entrée des restaurants, des commerces, des banques) et par le biais d’armes à feu fournies par leurs employeurs. La police israélienne cherche une solution, et propose qu’à la fin de leurs journée de travail ou leurs services, ces gardes soient obligés d’entreposer leurs pistolets ailleurs, dans un endroit plus sûrs que leurs domiciles.

Se pose d’ailleurs le même problème pour les soldats, qu’ils soient appelés, engagés ou réservistes. Chaque soir ou chaque fin de semaine, des milliers de militaires (ceux qui appartiennent à des unités combattantes) rentrent chez eux avec leurs M16 ou leurs fusils. Pour eux, les règles de l’armée sont claires : le fusil doit se trouver dans une pièce ou une armoire fermée par au moins deux verrous. Mais l’application de ce règlement est rarement soumise à contrôle. L’an passé, la photo de ces deux jeunes filles surprises sur une plage de Tel-Aviv avait fait scandale :

 © DR

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On ignore enfin le nombre d’armes à feu en circulation en Israël de manière illégale. Haaretz estime que depuis les années 70, près de 25.000 armes à feu ont été volées dans le pays. Cela sans compter, dit le journal, les pistolets et fusils qui chaque année disparaissent des stocks de l’armée. Plutôt inquiétant…

Marathon stories

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Rien n’est simple au Proche-Orient. Même l’organisation d’une simple course de 42 kilomètres peut susciter tensions et débats politiques. Voici quatre histoires de marathon à la sauce israélo-palestinienne.

Six jours après le double attentat de Boston s’est couru ce dimanche le tout premier marathon de Bethleem en Palestine. Plusieurs athlètes, palestiniens et internationaux, portaient d’ailleurs des tee-shirts en hommage aux victimes américaines (à noter qu’un peu plus tard dans la soirée à Tel-Aviv, une course était également organisée dans le même but et les sportifs israéliens ont observé une minute de silence avant de s’élancer).

 © G. Philipps / Radio France

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A Bethleem, la course avait été baptisée « Marathon de Palestine du droit au mouvement »Imaginée par l’ONG Danoise « Right to Movement », elle visait à promouvoir la liberté de se déplacer pour les palestiniens et a réuni environ 500 coureurs sur un parcours à forte portée symbolique : départ de la place de la Mangeoire face à la basilique de la Nativité (là où selon les évangiles le Christ est né) ; détour par le mur de séparation construit par Israël en 2002 ; traversée du camp de réfugiés d’Aida et passage à proximité de celui de Deisheh ; avant de revenir vers la ligne d’arrivée à la Nativité. Les marathoniens ont du effectuer la même boucle à deux reprises : les organisateurs n’ont, disent-ils, pas réussi à trouver un parcours ininterrompu de 42 kilomètres à l’intérieur de la zone A, cette portion de Cisjordanie placée sous contrôle exclusif de l’Autorité Palestinienne.

 © G. Philipps / Radio France

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Une vingtaine de coureurs originaires de la bande de Gaza (dont le coureur olympique Nader Al-Masri) n’ont pas reçu l’autorisation de quitter l’enclave palestinienne. Le COGAT, l’administration civile israélienne (en fait l’armée) n’a pas délivré les permis nécessaires. Le quotidien Haaretz révèle d’autre part que six israéliens avaient l’intention de participer à la course mais au dernier moment ont décidé de ne pas enfreindre la loi israélienne qui leur interdit de pénétrer en zone A. Le premier marathon de Bethleem a été remporté en 3 heures, 9 minutes et 47 secondes par Abdel Nasser Awajme, sportif palestinien originaire de Jéricho.

A Gaza justement, nous avions assisté l’an passé (dans une tempête épouvantable d’ailleurs) au second marathon organisé dans l’enclave palestinienne. Particularité : le territoire mesure du nord au sud, de Beit Hanoun à Rafah… 42 kilomètres, soit exactement la distance d’un marathon ! C’est l’UNRWA, l’Agence des Nations Unies pour les Réfugiés palestiniens, qui était à l’origine de cette initiative. Mais cette année, l’épreuve prévue début avril a dû être annulée sous la pression des autorités du Hamas. Le pouvoir islamiste n’a pas souhaité que des femmes participent à cette course, au milieu d’hommes.

Gaza, mars 2012 © G. Philipps / Radio France

Gaza, mars 2012 © G. Philipps / Radio France

Dans une dépêche datée du 5 mars, l’AFP rappelle que « lors des deux précédentes éditions, quelques étrangères avaient concouru, portant des vêtements longs, aux cotés de centaines de palestiniennes en tenues locales, tête couverte et vêtements amples ». Cette fois, le gouvernement Hamas n’a donc pas souhaité qu’hommes et femmes puissent courir ensemble. A regret, l’UNRWA a préféré annuler la compétition…

 © Jerusalem Municipality

© Jerusalem Municipality

On court enfin aussi à Jérusalem, autour de la Vieille ville, et dans la ville nouvelle. La 3ème édition du marathon de Jérusalem a eu lieu début mars et a réuni plus de 20.000 participants, originaires de 52 pays. Mais là non plus, rien n’est simple. Le parcours imaginé par les organisateurs débutait à la Knesset (le parlement israélien) avant de traverser Jérusalem-Est, la partie occupée par Israël depuis 1967 puis annexée au début des années 80.

L’OLP (Organisation de Libération de la Palestine) a donc appelé coureurs et sponsors à boycotter cette épreuve, estimant qu’elle « constituait un soutien à l’occupation par les israéliens de la partie septentrionale de la ville ».

Le 18 mars dernier enfin s’est couru le semi-marathon de Tel-Aviv. 35.000 participants et une chaleur écrasante. L’épreuve a été endeuillée : un athlète est mort d’une crise cardiaque sans doute consécutive à la canicule. La course pourtant avait été avancée à l’aube pour éviter les grosses chaleurs. Une dizaine d’autres sportifs ont été sérieusement incommodés. Et l’épreuve reine du marathon a dû être annulée. Cette fois pas pour des raisons politiques ou diplomatiques. Mais climatiques…

PS : Elon Gilad est journaliste et éditorialiste au quotidien Haaretz. Il est israélien. Et il a choisi malgré cela de courir le marathon de Bethleem évoqué plus haut. Son récit est à lire iciL’initiative est intéressante même si on est surpris de lire sous sa plume : « je ne mentirai pas, j’étais effrayé au début. Je ne m’étais jamais rendu dans les territoires palestiniens avant ce jour et je me sentais menacé. Mais je ne pouvais pas laisser passer cette opportunité ». Pour mémoire, Bethleem et Jérusalem sont distants d’environ 7 kilomètres. Mais le mur sépare les deux villes.

Yom Ha Shoah

Monde juif

Comme tout le monde, se figer. Baisser la tête. Et penser aux victimes du nazisme. Il est toujours très impressionnant de vivre ici à Jérusalem Yom Ha Shoah, la journée de la Shoah. A dix heures précises, toutes les sirènes du pays commencent à hurler, et Israël s’arrête. Littéralement. Les automobilistes stoppent leurs voitures et en sortent. Les piétons s’immobilisent (clic). Hormis le cri des sirènes, il n’y a plus que le silence. Et le recueillement à la mémoire des six millions de juifs exterminés par les nazis pendant la seconde guerre mondiale.

 © G. Philipps / Radio France

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Deux cérémonies se sont déroulées aujourd’hui au Mémorial de la Déportation des Juifs de France. L’endroit aussi est impressionnant. En pleine forêt de Bet Shemesh, dans la vallée d’Ellah, au milieu de 80.000 arbres plantés à la mémoire des 80.000 juifs déportés à partir de la France. Leurs noms figurent sur ce mur de cent mètres de long et de treize de haut, bâti à l’initiative de l’Association des fils et filles des déportés juifs de France, présidée par Serge Klarfeld. Ici, un extrait de la cérémonie…

 © G. Philipps / Radio France

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Plus tard, dans les rues de Jérusalem, on croise les responsables de l’association « 6million » qui distribuent des flyers et de faux tatouages de déportés. Ils proposent aux plus jeunes de se faire tatouer pour quelques heures un numéro de déportation sur l’avant-bras, « pour se souvenir que les juifs arrêtés et déportés n’étaient pas que des numéros mais aussi des hommes et des femmes »En se rendant sur le site de l’association, la personne peut alors découvrir le destin et l’histoire du déporté dont elle porte pour quelques heures le matricule sur le bras. L’initiative est originale. Elle peut aussi surprendre.

 © G. Philipps / Radio France

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La démarche rappelle en tout cas celle de ces jeunes israéliens qui ont décidé de se faire tatouer, et de manière indélébile cette fois, le numéro de déportation d’un parent ou grand parentOn avait évoqué ici il y a quelques mois l’histoire d’Eli Sagir qui ainsi avait souhaité rendre hommage à son grand-père, survivant d’Auschwitz Birkenau :

 © G. Philipps / Radio France

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Il reste aujourd’hui en Israël environ 192.000 rescapés de la Shoah, selon les chiffres des organisations de survivants des camps de la mort.

Quand le Qatar s’en mêle

Diplo

« C’est un peu comme si l’on s’opposait à la nature catholique du Vatican ou à l’islamisation de la Mecque » a ironisé hier un porte-parole du ministère israélien des Affaires Etrangères, évoquant le “caractère absurde” de ce projet. C’est peu dire en tout cas que les israéliens n’apprécient pas le projet annoncé hier au sommet de la Ligue Arabe par l’émir du Qatar Hamad Ben Khalifa al-Thani. De quoi s’agit-il ? Le Qatar a l’intention de créer un fonds d’un milliard de dollars pour « défendre Al-Qods (Jérusalem) » ou du moins la partie Est de la ville. Ce fonds servirait à promouvoir des projets ou des programmes visant à maintenir le caractère arabe et musulman de Jérusalem-Est, la partie de la ville occupée par Israël en 1967 puis annexée treize ans plus tard (annexion non reconnue par la communauté internationale).  Le Qatar pourvoirait ce fonds à hauteur de 250 millions de dollars, le reste étant à la charge des autres pays de la Ligue Arabe. Les sommes ainsi récoltées seront gérées par la Banque Islamique de Développement. L’argent servira donc à renforcer le caractère arabe et/ou musulman de la partie septentrionale de la ville (dans laquelle vivent aujourd’hui environ 200.000 colons juifs israéliens).

En annonçant la création de ce « fonds pour Jérusalem », le Qatar s’engage encore un peu plus dans la région. En octobre déjà, l’émir qatari avait fait pleuvoir ses dollars sur la bande de Gaza en se rendant sur place lors d’une visite historique (la première d’un chef d’état depuis 2007 et la prise du pouvoir par le mouvement de la résistance islamique). La venue d’Hamad Ben Khalifa al-Thani et de son épouse Mozah avait eu au moins trois conséquences :

1) faire « exploser » le blocus politique de Gaza (depuis cette visite, les délégations du monde arabe venues par l’Egypte se pressent à Gaza)

2) financer d’importants travaux de construction ou de reconstruction (l’émir était arrivé avec dans ses poches un chèque de 400 millions de dollars)

3) apporter un véritable succès politique au Hamas (Ben Khalifa, se rendant à Gaza plutôt qu’à Ramallah, infligeait ainsi un camouflet diplomatique à l’Autorité Palestinienne).



Affiche “Merci Qatar” à Gaza (G. Philipps / Radio France)

 

A l’occasion de cette visite, les israéliens s’étaient d’ailleurs publiquement étonnés du choix de l’émir qui avait préféré les islamistes du Hamas aux représentants de l’Autorité Palestinienne. Pour en savoir plus sur cet épisode d’octobre (et sur la manière dont le Qatar a distribué des milliers de dollars sur Gaza), ne manquez pas cet excellent numéro de l’émission l’Effet Papillon diffusé samedi dernier sur Canal Plus.

La création d’un « Fonds pour Jérusalem » risque en tout cas d’irriter encore un peu plus Israël qui depuis le milieu des années 90 entretient des relations bilatérales avec l’émirat qatari. En 1996, l’état hébreu a même ouvert à Doha un bureau commercial qui avait pour ambition de faciliter les exportations de gaz vers Israël (le projet finalement n’avait pas abouti). Mais depuis, les relations entre les deux pays se sont distendues. Et quasiment interrompues depuis l’hiver 2008 et l’opération israélienne sur Gaza « Plomb Durci ». Nul doute que ce nouvel épisode ne viendra pas renforcer l’amitié encore naissante entre qataris et israéliens.

Pour en savoir plus sur l’argent du Qatar et son influence grandissante au Proche-Orient, vous pouvez aussi lire le dernier ouvrage des amis Chesnot et Malbrunot :

 © Michel Lafon

© Michel Lafon

 

 

 

 

 

 

 

Shalom Salam Barack 2

Diplo

Pour ceux qui l’auraient manqué, voici le texte intégral du discours prononcé hier après-midi devant 600 étudiants israéliens enthousiastes par le président des Etats-Unis Barack Obama (source : White House) :

 © G. Philipps / Radio France

© G. Philipps / Radio France

4:37 P.M. IST

THE PRESIDENT:  Thank you.  (Applause.)  Thank you so much. Well, it is a great honor to be with you here in Jerusalem, and I’m so grateful for the welcome that I’ve received from the people of Israel.  Thank you.  (Applause.)  I bring with me the support of the American people — (applause) — and the friendship that binds us together.  (Applause.)

Over the last two days, I’ve reaffirmed the bonds between our countries with Prime Minister Netanyahu and President Peres. I’ve borne witness to the ancient history of the Jewish people at the Shrine of the Book, and I’ve seen Israel’s shining future in your scientists and your entrepreneurs.  This is a nation of museums and patents, timeless holy sites and ground-breaking innovation.  Only in Israel could you see the Dead Sea Scrolls and the place where the technology on board the Mars Rover originated at the same time.  (Applause.)

But what I’ve most looked forward to is the ability to speak directly to you, the Israeli people — especially so many young people who are here today — (applause) — to talk about the history that brought us here today, and the future that you will make in the years to come.

Now, I know that in Israel’s vibrant democracy, every word, every gesture is carefully scrutinized.  (Laughter.)  But I want to clear something up just so you know — any drama between me and my friend, Bibi, over the years was just a plot to create material for Eretz Nehederet.  (Applause.)  That’s the only thing that was going on.  We just wanted to make sure the writers had good material.  (Laughter.) 

I also know that I come to Israel on the eve of a sacred holiday — the celebration of Passover.  And that is where I would like to begin today. 

Just a few days from now, Jews here in Israel and around the world will sit with family and friends at the Seder table, and celebrate with songs, wine and symbolic foods.  After enjoying Seders with family and friends in Chicago and on the campaign trail, I’m proud that I’ve now brought this tradition into the White House.  (Applause.)  I did so because I wanted my daughters to experience the Haggadah, and the story at the center of Passover that makes this time of year so powerful.

It’s a story of centuries of slavery, and years of wandering in the desert; a story of perseverance amidst persecution, and faith in God and the Torah.  It’s a story about finding freedom in your own land.  And for the Jewish people, this story is central to who you’ve become.  But it’s also a story that holds within it the universal human experience, with all of its suffering, but also all of its salvation.

It’s a part of the three great religions — Judaism, Christianity, and Islam — that trace their origins to Abraham, and see Jerusalem as sacred.  And it’s a story that’s inspired communities across the globe, including me and my fellow Americans.

In the United States — a nation made up of people who crossed oceans to start anew — we’re naturally drawn to the idea of finding freedom in our land.  To African Americans, the story of the Exodus was perhaps the central story, the most powerful image about emerging from the grip of bondage to reach for liberty and human dignity — a tale that was carried from slavery through the Civil Rights Movement into today. 

For generations, this promise helped people weather poverty and persecution, while holding on to the hope that a better day was on the horizon.  For me, personally, growing up in far-flung parts of the world and without firm roots, the story spoke to a yearning within every human being for a home.  (Applause.)

Of course, even as we draw strength from the story of God’s will and His gift of freedom expressed on Passover, we also know that here on Earth we must bear our responsibilities in an imperfect world.  That means accepting our measure of sacrifice and struggle, just like previous generations.  It means us working through generation after generation on behalf of that ideal of freedom. 

As Dr. Martin Luther King said on the day before he was killed, “I may not get there with you.  But I want you to know that we, as a people, will get to the promised land.”  (Applause.)  So just as Joshua carried on after Moses, the work goes on for all of you, the Joshua Generation, for justice and dignity; for opportunity and freedom.

For the Jewish people, the journey to the promise of the State of Israel wound through countless generations.  It involved centuries of suffering and exile, prejudice and pogroms and even genocide.  Through it all, the Jewish people sustained their unique identity and traditions, as well as a longing to return home.  And while Jews achieved extraordinary success in many parts of the world, the dream of true freedom finally found its full expression in the Zionist idea — to be a free people in your homeland.  That’s why I believe that Israel is rooted not just in history and tradition, but also in a simple and profound idea — the idea that people deserve to be free in a land of their own.  (Applause.) 

Over the last 65 years, when Israel has been at its best, Israelis have demonstrated that responsibility does not end when you reach the promised land, it only begins.  And so Israel has been a refuge for the diaspora — welcoming Jews from Europe, from the former Soviet Union, from Ethiopia, from North Africa.  (Applause.)

Israel has built a prosperous nation — through kibbutzeem that made the desert bloom, business that broadened the middle class, innovators who reached new frontiers, from the smallest microchip to the orbits of space.  Israel has established a thriving democracy, with a spirited civil society and proud political parties, and a tireless free press, and a lively public debate -– “lively” may even be an understatement.  (Applause.)

And Israel has achieved all this even as it’s overcome relentless threats to its security — through the courage of the Israel Defense Forces, and the citizenry that is so resilient in the face of terror.

This is the story of Israel.  This is the work that has brought the dreams of so many generations to life.  And every step of the way, Israel has built unbreakable bonds of friendship with my country, the United States of America.  (Applause.)

Those ties began only 11 minutes after Israeli independence, when the United States was the first nation to recognize the State of Israel.  (Applause.)  As President Truman said in explaining his decision to recognize Israel, he said, “I believe it has a glorious future before it not just as another sovereign nation, but as an embodiment of the great ideals of our civilization.”  And since then, we’ve built a friendship that advances our shared interests. 

Together, we share a commitment to security for our citizens and the stability of the Middle East and North Africa.  Together, we share a focus on advancing economic growth around the globe, and strengthening the middle class within our own countries.  Together, we share a stake in the success of democracy.

But the source of our friendship extends beyond mere interests, just as it has transcended political parties and individual leaders.  America is a nation of immigrants.  America is strengthened by diversity.  America is enriched by faith.  We are governed not simply by men and women, but by laws.  We’re fueled by entrepreneurship and innovation, and we are defined by a democratic discourse that allows each generation to reimagine and renew our union once more.  So in Israel, we see values that we share, even as we recognize what makes us different.  That is an essential part of our bond.

Now, I stand here today mindful that for both our nations, these are some complicated times.  We have difficult issues to work through within our own countries, and we face dangers and upheaval around the world.  And when I look at young people within the United States, I think about the choices that they must make in their lives to define who we’ll be as a nation in this 21st century, particularly as we emerge from two wars and the worst recession since the Great Depression.  But part of the reason I like talking to young people is because no matter how great the challenges are, their idealism, their energy, their ambition always gives me hope.  (Applause.)

And I see the same spirit in the young people here today.  (Applause.)  I believe that you will shape our future.  And given the ties between our countries, I believe your future is bound to ours.  (Audience interruption.)

  No, no — this is part of the lively debate that we talked about.  (Applause.)  This is good.  You know, I have to say we actually arranged for that, because it made me feel at home.  (Laughter.)  I wouldn’t feel comfortable if I didn’t have at least one heckler.  (Laughter.) 

I’d like to focus on how we — and when I say “we,” in particular young people — can work together to make progress in three areas that will define our times — security, peace and prosperity.  (Applause.)

Let me begin with security.  I’m proud that the security relationship between the United States and Israel has never been stronger.  Never.  (Applause.)  More exercises between our militaries; more exchanges among our political and military and intelligence officials than ever before; the largest program to date to help you retain your qualitative military edge.  These are the facts.  These aren’t my opinions, these are facts.  But, to me, this is not simply measured on a balance sheet.  I know that here, in Israel, security is something personal.

Here’s what I think about when I consider these issues.  When I consider Israel’s security, I think about children like Osher Twito, who I met in Sderot — (applause) — children the same age as my own daughters who went to bed at night fearful that a rocket would land in their bedroom simply because of who they are and where they live.  (Applause.)  

That reality is why we’ve invested in the Iron Dome system to save countless lives — because those children deserve to sleep better at night.  (Applause.)  That’s why we’ve made it clear, time and again, that Israel cannot accept rocket attacks from Gaza, and we have stood up for Israel’s right to defend itself.  (Applause.)  And that’s why Israel has a right to expect Hamas to renounce violence and recognize Israel’s right to exist. (Applause.)

When I think about Israel’s security, I think about five Israelis who boarded a bus in Bulgaria, who were blown up because of where they came from; robbed of the ability to live, and love, and raise families.  That’s why every country that values justice should call Hizbollah what it truly is — a terrorist organization.  (Applause.)  Because the world cannot tolerate an organization that murders innocent civilians, stockpiles rockets to shoot at cities, and supports the massacre of men and women and children in Syria right now.  (Applause.)

The fact that Hizbollah’s ally — the Assad regime — has stockpiles of chemical weapons only heightens the urgency.  We will continue to cooperate closely to guard against that danger. I’ve made it clear to Bashar al-Assad and all who follow his orders:  We will not tolerate the use of chemical weapons against the Syrian people, or the transfer of those weapons to terrorists.  The world is watching; we will hold you accountable. (Applause.) 

The Syrian people have the right to be freed from the grip of a dictator who would rather kill his own people than relinquish power.  (Applause.)  Assad must go so that Syria’s future can begin.  Because true stability in Syria depends upon establishing a government that is responsible to its people — one that protects all communities within its borders, while making peace with countries beyond them.

These are the things I think about when I think about Israel’s security.  When I consider Israel’s security, I also think about a people who have a living memory of the Holocaust, faced with the prospect of a nuclear-armed Iranian government that has called for Israel’s destruction.  It’s no wonder Israelis view this as an existential threat.  But this is not simply a challenge for Israel — it is a danger for the entire world, including the United States.  (Applause.)  A nuclear-armed Iran would raise the risk of nuclear terrorism.  It would undermine the non-proliferation regime.  It would spark an arms race in a volatile region.  And it would embolden a government that has shown no respect for the rights of its own people or the responsibilities of nations.

That’s why America has built a coalition to increase the cost to Iran of failing to meet their obligations.  The Iranian government is now under more pressure than ever before, and that pressure is increasing.  It is isolated.  Its economy is in dire straits.  Its leadership is divided.  And its position — in the region, and the world — has only grown weaker.  (Applause.)

I do believe that all of us have an interest in resolving this issue peacefully.  (Applause.)  Strong and principled diplomacy is the best way to ensure that the Iranian government forsakes nuclear weapons.  (Applause.)  Peace is far more preferable to war.  And the inevitable costs, the unintended consequences that would come with war means that we have to do everything we can to try to resolve this diplomatically.  Because of the cooperation between our governments, we know that there remains time to pursue a diplomatic resolution.  That’s what America will do, with clear eyes — working with a world that’s united, and with the sense of urgency that’s required.

But Iran must know this time is not unlimited.  And I’ve made the position of the United States of America clear:  Iran must not get a nuclear weapon.  This is not a danger that can be contained, and as President, I’ve said all options are on the table for achieving our objectives.  America will do what we must to prevent a nuclear-armed Iran.  (Applause.)

For young Israelis, I know that these issues of security are rooted in an experience that is even more fundamental than the pressing threat of the day.  You live in a neighborhood where many of your neighbors have rejected the right of your nation to exist.  Your grandparents had to risk their lives and all that they had to make a place for themselves in this world.  Your parents lived through war after war to ensure the survival of the Jewish state.  Your children grow up knowing that people they’ve never met may hate them because of who they are, in a region that is full of turmoil and changing underneath your feet.

So that’s what I think about when Israel is faced with these challenges –- that sense of an Israel that is surrounded by many in this region who still reject it, and many in the world who refuse to accept it.  And that’s why the security of the Jewish people in Israel is so important.  It cannot be taken for granted. 

But make no mistake — those who adhere to the ideology of rejecting Israel’s right to exist, they might as well reject the earth beneath them or the sky above, because Israel is not going anywhere.  (Applause.)  And today, I want to tell you — particularly the young people — so that there’s no mistake here, so long as there is a United States of America — Atem lo levad. You are not alone.  (Applause.)

The question is what kind of future Israel will look forward to.  Israel is not going anywhere — but especially for the young people in this audience, the question is what does its future hold?  And that brings me to the subject of peace.  (Applause.) 

I know Israel has taken risks for peace.  Brave leaders — Menachem Begin, Yitzhak Rabin — reached treaties with two of your neighbors.  You made credible proposals to the Palestinians at Annapolis.  You withdrew from Gaza and Lebanon, and then faced terror and rockets.  Across the region, you’ve extended a hand of friendship and all too often you’ve been confronted with rejection and, in some cases, the ugly reality of anti-Semitism. So I believe that the Israeli people do want peace, and I also understand why too many Israelis — maybe an increasing number, maybe a lot of young people here today — are skeptical that it can be achieved.

But today, Israel is at a crossroads.  It can be tempting to put aside the frustrations and sacrifices that come with the pursuit of peace, particularly when Iron Dome repels rockets, barriers keep out suicide bombers.  There’s so many other pressing issues that demand your attention.  And I know that only Israelis can make the fundamental decisions about your country’s future.  (Applause.)  I recognize that.

I also know, by the way, that not everyone in this hall will agree with what I have to say about peace.  I recognize that there are those who are not simply skeptical about peace, but question its underlying premise, have a different vision for Israel’s future.  And that’s part of a democracy.  That’s part of the discourse between our two countries.  I recognize that.  But I also believe it’s important to be open and honest, especially with your friends.  I also believe that.  (Applause.)

Politically, given the strong bipartisan support for Israel in America, the easiest thing for me to do would be to put this issue aside — just express unconditional support for whatever Israel decides to do — that would be the easiest political path. But I want you to know that I speak to you as a friend who is deeply concerned and committed to your future, and I ask you to consider three points.

First, peace is necessary.  (Applause.)  I believe that.  I believe that peace is the only path to true security.  (Applause.)  You have the opportunity to be the generation that permanently secures the Zionist dream, or you can face a growing challenge to its future.  Given the demographics west of the Jordan River, the only way for Israel to endure and thrive as a Jewish and democratic state is through the realization of an independent and viable Palestine.  (Applause.)  That is true. 

There are other factors involved.  Given the frustration in the international community about this conflict, Israel needs to reverse an undertow of isolation.  And given the march of technology, the only way to truly protect the Israeli people over the long term is through the absence of war.  Because no wall is high enough and no Iron Dome is strong enough or perfect enough to stop every enemy that is intent on doing so from inflicting harm.  (Applause.)

And this truth is more pronounced given the changes sweeping the Arab world.  I understand that with the uncertainty in the region — people in the streets, changes in leadership, the rise of non-secular parties in politics — it’s tempting to turn inward, because the situation outside of Israel seems so chaotic. But this is precisely the time to respond to the wave of revolution with a resolve and commitment for peace.  (Applause.) Because as more governments respond to popular will, the days when Israel could seek peace simply with a handful of autocratic leaders, those days are over.  Peace will have to be made among peoples, not just governments.  (Applause.) 

No one — no single step can change overnight what lies in the hearts and minds of millions.  No single step is going to erase years of history and propaganda.  But progress with the Palestinians is a powerful way to begin, while sidelining extremists who thrive on conflict and thrive on division.  It would make a difference.  (Applause.)

So peace is necessary.  But peace is also just.  Peace is also just.  There is no question that Israel has faced Palestinian factions who turned to terror, leaders who missed historic opportunities.  That is all true.  And that’s why security must be at the center of any agreement.  And there is no question that the only path to peace is through negotiations — which is why, despite the criticism we’ve received, the United States will oppose unilateral efforts to bypass negotiations through the United Nations.  It has to be done by the parties.  (Applause.)  But the Palestinian people’s right to self-determination, their right to justice, must also be recognized.  (Applause.) 

Put yourself in their shoes.  Look at the world through their eyes.  It is not fair that a Palestinian child cannot grow up in a state of their own.  (Applause.)  Living their entire lives with the presence of a foreign army that controls the movements not just of those young people but their parents, their grandparents, every single day.  It’s not just when settler violence against Palestinians goes unpunished.  (Applause.)  It’s not right to prevent Palestinians from farming their lands; or restricting a student’s ability to move around the West Bank; or displace Palestinian families from their homes.  (Applause.)  Neither occupation nor expulsion is the answer.  (Applause.)  Just as Israelis built a state in their homeland, Palestinians have a right to be a free people in their own land.  (Applause.)

I’m going off script here for a second, but before I came here, I met with a group of young Palestinians from the age of 15 to 22.  And talking to them, they weren’t that different from my daughters.  They weren’t that different from your daughters or sons.  I honestly believe that if any Israeli parent sat down with those kids, they’d say, I want these kids to succeed; I want them to prosper.  (Applause.)  I want them to have opportunities just like my kids do.  I believe that’s what Israeli parents would want for these kids if they had a chance to listen to them and talk to them.  (Applause.)  I believe that.

Now, only you can determine what kind of democracy you will have.  But remember that as you make these decisions, you will define not simply the future of your relationship with the Palestinians — you will define the future of Israel as well.  (Applause.) 

As Ariel Sharon said — I’m quoting him — “It is impossible to have a Jewish democratic state, at the same time to control all of Eretz Israel.  If we insist on fulfilling the dream in its entirety, we are liable to lose it all.”  (Applause.)  Or, from a different perspective, I think of what the novelist David Grossman said shortly after losing his son, as he described the necessity of peace — “A peace of no choice” he said, “must be approached with the same determination and creativity as one approaches a war of no choice.”  (Applause.)  

Now, Israel cannot be expected to negotiate with anyone who is dedicated to its destruction.  (Applause.)  But while I know you have had differences with the Palestinian Authority, I genuinely believe that you do have a true partner in President Abbas and Prime Minister Fayyad.  (Applause.)  I believe that.  And they have a track record to prove it.  Over the last few years, they have built institutions and maintained security on the West Bank in ways that few could have imagined just a few years ago.  So many Palestinians — including young people — have rejected violence as a means of achieving their aspirations.

There is an opportunity there, there’s a window — which brings me to my third point:  Peace is possible.  It is possible. (Applause.)  I’m not saying it’s guaranteed.  I can’t even say that it is more likely than not.  But it is possible.  I know it doesn’t seem that way.  There are always going to be reasons to avoid risk.  There are costs for failure.  There will always be extremists who provide an excuse not to act. 

I know there must be something exhausting about endless talks about talks, and daily controversies, and just the grinding status quo.  And I’m sure there’s a temptation just to say, “Ah, enough.  Let me focus on my small corner of the world and my family and my job and what I can control.”  But it’s possible.

Negotiations will be necessary, but there’s little secret about where they must lead — two states for two peoples.  Two states for two peoples.  (Applause.)

There will be differences about how to get there.  There are going to be hard choices along the way.  Arab states must adapt to a world that has changed.  The days when they could condemn Israel to distract their people from a lack of opportunity, or government corruption or mismanagement — those days need to be over.  (Applause.)  Now is the time for the Arab world to take steps toward normalizing relations with Israel.  (Applause.)

Meanwhile, Palestinians must recognize that Israel will be a Jewish state and that Israelis have the right to insist upon their security.  (Applause.)  Israelis must recognize that continued settlement activity is counterproductive to the cause of peace, and that an independent Palestine must be viable with real borders that have to be drawn.  (Applause.) 

I’ve suggested principles on territory and security that I believe can be the basis for these talks.  But for the moment, put aside the plans and the process.  I ask you, instead, to think about what can be done to build trust between people.

Four years ago, I stood in Cairo in front of an audience of young people — politically, religiously, they must seem a world away.  But the things they want, they’re not so different from what the young people here want.  They want the ability to make their own decisions and to get an education, get a good job; to worship God in their own way; to get married; to raise a family. The same is true of those young Palestinians that I met with this morning.  The same is true for young Palestinians who yearn for a better life in Gaza.

That’s where peace begins — not just in the plans of leaders, but in the hearts of people.  Not just in some carefully designed process, but in the daily connections — that sense of empathy that takes place among those who live together in this land and in this sacred city of Jerusalem.  (Applause.) 

And let me say this as a politician — I can promise you this, political leaders will never take risks if the people do not push them to take some risks.  You must create the change that you want to see.  (Applause.)  Ordinary people can accomplish extraordinary things.   

I know this is possible.  Look to the bridges being built in business and civil society by some of you here today.  Look at the young people who’ve not yet learned a reason to mistrust, or those young people who’ve learned to overcome a legacy of mistrust that they inherited from their parents, because they simply recognize that we hold more hopes in common than fears that drive us apart.  Your voices must be louder than those who would drown out hope.  Your hopes must light the way forward. 

Look to a future in which Jews and Muslims and Christians can all live in peace and greater prosperity in this Holy Land.  (Applause.)  Believe in that.  And most of all, look to the future that you want for your own children — a future in which a Jewish, democratic, vibrant state is protected and accepted for this time and for all time.  (Applause.)

There will be many who say this change is not possible, but remember this — Israel is the most powerful country in this region.  Israel has the unshakeable support of the most powerful country in the world.  (Applause.)  Israel is not going anywhere. Israel has the wisdom to see the world as it is, but — this is in your nature — Israel also has the courage to see the world as it should be.  (Applause.) 

Ben Gurion once said, “In Israel, in order to be a realist you must believe in miracles.”  Sometimes, the greatest miracle is recognizing that the world can change.  That’s a lesson that the world has learned from the Jewish people.

And that brings me to the final area that I’ll focus on: prosperity, and Israel’s broader role in the world.  I know that all the talk about security and peace can sometimes seem to dominate the headlines, but that’s not where people live.  And every day, even amidst the threats that you face, Israelis are defining themselves by the opportunities that you’re creating.
Through talent and hard work, Israelis have put this small country at the forefront of the global economy. 

Israelis understand the value of education and have produced 10 Nobel laureates.  (Applause.)  Israelis understand the power of invention, and your universities educate engineers and inventors.  And that spirit has led to economic growth and human progress — solar power and electric cars, bandages and prosthetic limbs that save lives, stem cell research and new drugs that treat disease, cell phones and computer technology that changed the way people around the world live. 

So if people want to see the future of the world economy, they should look at Tel Aviv, home to hundreds of start-ups and research centers.  (Applause.)  Israelis are so active on social media that every day seemed to bring a different Facebook campaign about where I should give this speech.  (Laughter and applause.)

That innovation is just as important to the relationship between the United States and Israel as our security cooperation. Our first free trade agreement in the world was reached with Israel, nearly three decades ago.  (Applause.)  Today the trade between our two countries is at $40 billion every year.  (Applause.)  More importantly, that partnership is creating new products and medical treatments; it’s pushing new frontiers of science and exploration.

That’s the kind of relationship that Israel should have — and could have — with every country in the world.  Already, we see how that innovation could reshape this region.  There’s a program here in Jerusalem that brings together young Israelis and Palestinians to learn vital skills in technology and business.  An Israeli and Palestinian have started a venture capital fund to finance Palestinian start-ups.  Over 100 high-tech companies have found a home on the West Bank — which speaks to the talent and entrepreneurial spirit of the Palestinian people.

One of the great ironies of what’s happening in the broader region is that so much of what people are yearning for — education, entrepreneurship, the ability to start a business without paying a bribe, the ability to connect to the global economy — those are things that can be found here in Israel. This should be a hub for thriving regional trade, and an engine for opportunity.  (Applause.) 

Israel is already a center for innovation that helps power the global economy.  And I believe that all of that potential for prosperity can be enhanced with greater security, enhanced with lasting peace.  (Applause.)

Here, in this small strip of land that has been the center of so much of the world’s history, so much triumph and so much tragedy, Israelis have built something that few could have imagined 65 years ago.  Tomorrow, I will pay tribute to that history — at the grave of Herzl, a man who had the foresight to see the future of the Jewish people had to be reconnected to their past; at the grave of Rabin, who understood that Israel’s victories in war had to be followed by the battles for peace; at Yad Vashem, where the world is reminded of the cloud of evil that can descend on the Jewish people and all of humanity if we ever fail to be vigilant.

We bear all that history on our shoulders.  We carry all that history in our hearts.  Today, as we face the twilight of Israel’s founding generation, you — the young people of Israel
must now claim its future.  It falls to you to write the next chapter in the great story of this great nation.

And as the President of a country that you can count on as your greatest friend — (applause) — I am confident that you can help us find the promise in the days that lie ahead.  And as a man who’s been inspired in my own life by that timeless calling within the Jewish experience — tikkun olam — (applause) — I am hopeful that we can draw upon what’s best in ourselves to meet the challenges that will come; to win the battles for peace in the wake of so much war; and to do the work of repairing this world.  (Applause.)  That’s your job.  That’s my job.  That’s the task of all of us. 

May God bless you.  May God bless Israel.  May God bless the United States of AmericaToda raba.  Thank you.  (Applause.)

END
5:27 P.M. IST

 

Shalom Salam Barack

Diplo

Le président des Etats-Unis Barack Obama arrive donc mercredi à Jérusalem, pour une visite officielle d’environ 48 heures en Israël et dans les territoires palestiniens. C’est son premier voyage ici depuis qu’il est à la Maison-Blanche. Barack Obama n’était pas venu à Jérusalem depuis sa campagne électorale de 2008.

Que faut-il savoir à propos de cette visite ? Vingt infos, essentielles et/ou futiles :

Israël aura bien un gouvernement pour accueillir Barack Obama. Après d’interminables négociations et tractations, Benyamin Netanyahu est parvenu à signer un accord de coalition avec le centre-droit et la droite nationaliste religieuse. Le nouveau gouvernement israélien sera présenté ce samedi soir au président Shimon Peres, et devrait prêter serment lundi à la Knesset. A l’avant-veille donc de l’arrivée du président américain. Ouf.

Barack Obama ne vient pas avec un plan de paix dans sa valise, ni des propositions concrètes en vue de relancer un processus de paix moribond depuis deux ans et demi. « Je viens écouter » a expliqué le président américain dans un entretien diffusé jeudi soir par la deuxième chaîne israélienne de télévision.

Barack Obama vient rencontrer les responsables politiques de la région : le premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, et le président de l’Etat d’Israël Shimon Peres. Mais aussi la représentante de l’opposition Shelly Yachimovich. Coté palestinien, il s’entretiendra avec le président de l’Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas et avec son premier ministre Salam Fayyad. Mais le chef d’Etat américain vient aussi faire du tourisme : il a prévu d’aller voir les rouleaux de la Mer Morte au Musée d’Israël à Jérusalem, ainsi que la basilique de la Nativité à Bethléem (Palestine). Un temps a été envisagé une visite de l’Esplanade des Mosquées / Mont du Temple. Annulée car trop délicat et compliqué à organiser.

Cette visite officielle a été baptisée par les autorités israéliennes « Unbreakable alliance » (que l’on traduira peut-être un peu maladroitement par « Alliance indestructible / ou incassable »). L’affiche est partout dans les rues de Jérusalem.

 © G. Philipps / Radio France

© G. Philipps / Radio France

- A Ramallah, c’est un autre poster qui fait parler de lui. Réalisée par le graphiste palestinien Mahir Alawneh, l’affiche prévient le président Obama qu’en Palestine, il n’y a pas de 3G et qu’il aura du mal à utiliser son fameux Blackberry. Alawneh explique qu’il veut attirer l’attention du monde et des médias sur un petit problème quotidien et méconnu de la vie des palestiniens. Il a conçu une autre affiche expliquant à Obama les conditions du franchissement de check point de Qalandya (principal point de passage militaire entre Jérusalem et Ramallah) :

 © G. Philipps / Radio France

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 © G. Philipps / Radio France

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 © Mahir Alawneh

© Mahir Alawneh

 

- Si le calendrier annoncé est maintenu, Obama devrait passer 3 heures dans les Territoires Palestiniens, et 45 heures en Israël.

Le dîner d’Etat offert par le président Peres sera concocté par le chef israélien Shalom Kadosh. Au menu : raviolis confits aux artichauts de Jérusalem ; filet de bœuf aux épices ; crumble de fruits rouges ; petits fours aux amandes caramélisées.

Miss Israël 2013, Yityish Titi Aynaw, première jeune femme d’origine éthiopienne à avoir décroché ce titre, a fait savoir qu’elle avait été invitée à participer à ce dîner.

Barack Obama ne fera pas de discours à la Knesset, le parlement. En revanche, il s’adressera jeudi après-midi à un millier d’étudiants israéliens triés sur le volet au centre des congrès de Jérusalem, Binyanei Hauma. Obama souhaite « s’adresser directement aux israéliens lors de ce voyage ». La presse a révélé que les étudiants de l’université d’Ariel, située dans une colonie de Cisjordanie, n’ont pas été conviés.

Le dossier du nucléaire iranien (mais aussi la situation en Syrie) devrait être au cœur des discussions entre Barack Obama et Benyamin Netanyahu. Dans l’interview diffusée jeudi soir par la chaîne numéro 2, le président américain a lui aussi parlé de « ligne rouge » à ne pas franchir par Téhéran, reprenant ainsi l’expression utilisée quelques mois plus tôt à la tribune des Nations Unies par le chef du gouvernement israélien. Les deux hommes en revanche divergent sur le calendrier : Netanyahu pense que l’Iran se rapprochera de l’arme nucléaire au printemps 2013, c’est-à-dire dans quelques semaines. Obama a jugé que cette étape serait franchie « sans doute dans un peu plus d’un an » si rien n’est fait d’ici là.

Lors de cet entretien accordé à la 2ème chaîne, Obama a à plusieurs reprises évoqué Benyamin Netanyahu en l’appelant par son surnom « Bibi ». Comme pour faire taire les rumeurs qui parlent de franche mésentente entre les deux hommes.

Entre 10.000 et 15.000 policiers israéliens vont être mobilisés pour assurer la sécurité du président des Etats-Unis lors de sa visite.

Comme nombre de ses prédécesseurs, Barack Obama dormira au King David Hotel. Le quartier et le centre ville de Jérusalem devraient être quasiment inaccessibles de mardi matin à vendredi après-midi.

Le comité de soutien à Jonathan Pollard, espion juif américain condamné à perpétuité aux Etats-Unis, a prévu de manifester aux alentours du centre des congrès où Obama prononcera son discours jeudi. Ils ont déjà installé une tente sous le pont situé à l’entrée de la ville moderne, pour réclamer la libération de Pollard. Jeudi soir à la télévision, le président américain a dit « qu’il n’avait pas l’intention de le faire libérer dans l’immédiat ». Environ 90.000 israéliens auraient déjà signé une pétition réclamant la remise en liberté de Pollard.

 © G. Philipps / Radio France

© G. Philipps / Radio France

- A Ramallah, un collectif « Palestinians for Dignity » appelle aussi à manifester, pour protester contre les positions d’Obama « pro-israeliennes » à leurs yeux. On ne sait pas encore si le rassemblement sera autorisé par l’Autorité Palestinienne. Si Obama vient à Ramallah (ce qui n’est pas encore confirmé), la police palestinienne envisage d’instaurer un couvre-feu et une interdiction de sortir pour tous ceux qui vivent dans le quartier de la Mouqata, le palais présidentiel. Pour raisons de sécurité.

Le voyage de Barack Obama a inspiré l’humoriste palestino-américain Amer Zahr qui donne quelques conseils au chef d’Etat américain, notamment au moment de son arrivée à l’aéroport Ben Gurion. Pour éviter une fouille et un interrogatoire trop long de la part des douaniers, « je vous suggère de leur dire que vous êtes le président des Etats-Unis. Cela peut aider ». Le texte, amusant et très ironique, est à découvrir ici.

Des drapeaux américains ont déjà été accrochés sur les principales artères de Jérusalem, et face au King David. Les murailles de la Vieille Ville seront illuminées toutes les nuits de mardi à vendredi, d’un éclairage spécialement conçu pour saluer la visite du chef d’Etat. 

Les palestiniens comptent demander à Obama qu’il intervienne afin que l’Etat hébreu accepte de libérer un millier de prisonniers actuellement détenus dans des prisons israéliennes.

Barack Obama sera le premier président américain à recevoir des mains de Shimon Peres la « Médaille du Président » pour sa contribution à la sécurité de l’Etat d’Israël. L’aide militaire américaine à l’Etat hébreu se monte chaque année à environ 3 milliards de dollars.

Après Israël et les Territoires Palestiniens, Obama s’envolera pour Amman et un entretien avec le roi Abdallah de Jordanie.