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27 janvier 2012

Le Parc olympique tiendra-t-il ses promesses?

Posté dans: Londres, Jeux olympiques

« Legacy » : voilà la grande promesse de Londres-2012, l’argument qui a sans doute permis au projet britannique de devancer Paris. « Legacy », un terme que l’on peut traduire par héritage, transmission. Pour la première fois dans l’histoire olympique, les organisateurs ont imaginé l’après-JO. Pour chaque livre dépensée, 75 pence seraient ainsi investis dans le long terme. Le budget de Londres-2012 dépasse les 11 milliards d’euros (9,3 milliards de livres).
Les Jeux ont longtemps laissé aux villes-hôtes le goût amer d’un événement en mondiovision dont témoignent des éléphants blancs maculés de graffitis qui achèvent de défigurer un paysage d’herbes folles.

Pékin n’est pas le pire exemple de ces gueules de bois post-olympiques. Sydney et surtout Athènes illustrent à merveille l’absurdité de projets coûteux qui accouchent de cités-fantômes.

A Londres, donc, les Jeux seront durables, promet-on. Le Parc olympique a été installé dans les quartiers déshérités de l’est londonien. Il y a dix ans, pas un touriste ne mettait les pieds à Newham, à Tower Hamlets ou à Waltham Forest.

Aujourd’hui, les visiteurs affluent et ces quartiers reprennent vie après la désindustrialisation de la fin du XXème siècle qui a engendré un chômage massif, de plus de 40% de la population active dans certains secteurs.
 © F. Mathevon / Radio France

© F. Mathevon / Radio France

Le Parc s’étend sur 200 hectares. Une Tour d’acier de 115 mètres de haut dessinée par Anish Kapoor deviendra le symbole du quartier, une nouvelle attraction touristique.

 © F. Mathevon / Radio France

© F. Mathevon / Radio France

 © Franck Mathevon / RF

© Franck Mathevon / RF

Chaque installation olympique sera reconvertie après les Jeux. Plusieurs enceintes sportives sont en partie démontables. Le centre aquatique, par exemple, pourra accueillir près de 20.000 spectateurs pendant la compétition, mais 17.000 places sont éphémères. Le bâtiment sera ainsi transformé en centre sportif avec piscine olympique pour les athlètes de haut niveau.

Le village olympique, où seront hébergés quelque 17.000 athlètes et officiels pendant les Jeux, deviendra un lotissement : 2.800 appartements dont la moitié en logement social. Une école ouvrira même ses portes à la rentrée prochaine.

 © F. Mathevon / Radio France

© F. Mathevon / Radio France

Les organisateurs ont semble-t-il pensé à tout. La gare de Stratford a été entièrement rénovée et un immense centre commercial, le plus grand d’Europe, inauguré en septembre dernier. Le train Javelin y conduira en sept minutes des milliers de passagers par heure depuis la gare d’arrivée de l’Eurostar, à Saint Pancras.

Voilà pour les réussites et les promesses. Mais beaucoup de questions restent aujourd’hui sans réponses. Et la legacy de Londres-2012 pourrait ne pas être le triomphe attendu.

Principale inconnue : l’avenir du Stade olympique de 80.000 places (dont 55.000 sont démontables). Le club de football de West Ham devait en hériter mais son offre de reprise est aujourd’hui remise en question.

De même, l’immense centre d’accueil des médias, qui doit être reconverti en locaux pour entreprises, n’a pas encore trouvé de repreneur.

Les habitants de l’est londonien se plaignent du bruit, des travaux, de l’augmentation des loyers… Certains ont été tout simplement virés de leur domicile par des propriétaires vénaux qui espèrent profiter de l’effet JO.

Quant aux avancées économiques, il faudra attendre plusieurs années sans doute pour tirer un bilan, mais les premiers signes ne sont guère encourageants. Le chômage est toujours aussi élevé et les rêves de CDD olympiques se sont fracassés contre les interminables listes d’attente des agences pour l’emploi.

Voilà pourquoi tant d’élus locaux ont critiqué ces derniers mois les promesses non tenues de Londres-2012.