Le blog de Franck Mathevon

Franck Mathevon, envoyé spécial permanent à Londres pour Radio France

Henry, “Dieu” d’Arsenal

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On peut ne pas être fan de Thierry Henry, de sa modestie surjouée, de sa fin de carrière internationale bâclée, mais comment ne pas succomber à l’hystérie qui s’est emparée hier soir de l’Emirates Stadium lorsqu’il a offert la victoire à Arsenal au troisième tour de la Coupe d’Angleterre face à Leeds?

Après neuf saisons triomphales chez les Gunners, Henry part en 2007 à Barcelone remplir son armoire à trophées avant de signer en 2010 un dernier contrat à New York. Se dessine une fin de carrière lénifiante, à l’abri des regards, dans une Major Soccer League que même Beckham a du mal à rendre sexy. Cet automne pourtant, Henry revient à Londres s’entraîner avec Arsenal pendant la trêve américaine. Arsène Wenger, que la Coupe d’Afrique des nations prive de plusieurs attaquants, lui propose une pige : deux mois en Premier League avant la reprise des Red Bulls. Henry, 34 ans, récemment statufié par son ancien club, ne peut rien refuser à Arsenal et à l’entraîneur français. Il (re)signe un contrat de six semaines chez les Gunners, avec une option jusqu’à la fin février.

Voilà où en était l’histoire hier soir avant le coup d’envoi d’une banale rencontre de Cup, un Arsenal-Leeds que seule pouvait pimenter l’entrée en jeu du meilleur buteur de l’histoire des Bleus. Tout en caressant l’espoir d’un exploit du Français, le public ne demandait rien de plus.

Première ovation lors de l’annonce de la composition des équipes. Thierry Henry ne débute pas la rencontre mais pendant toute la première période, les 60.000 spectateurs gardent un œil sur le banc. Peu après la mi-temps, le Français, barbu, crane rasé, commence son échauffement sous les vivats. Toujours 0-0 au tableau d’affichage. Arsenal besogne face à Leeds dans un match terne. 65ème minute, Titi se rassoit, il va enlever son survêtement, il l’enlève, il l’a enlevé. Chaque geste est scruté, épié : Henry va entrer en jeu. Trois minutes plus tard, celui qui n’est alors qu’un demi-Dieu pour les fans foule enfin la pelouse de l’Emirates. Il reste 22 minutes à jouer, les tribunes sont déchaînées, le match commence.

Longue ouverture pour Henry dans la surface. Sur ce premier ballon, il rate son contrôle. Sans doute un peu de pression. Il encourage ses coéquipiers, oriente le jeu, défend, apostrophe l’arbitre, applaudit un joueur. 78ème minute. Il n’a touché que cinq fois la balle lorsqu’Alexandre Song voit son appel dans la surface. Ouverture lumineuse, contrôle pied droit, le Stade retient son souffle, tir enroulé ras de terre, petit filet. Comme avant. Les fans exultent et Thierry Henry, à qui on reprochait ses célébrations inexpressives, presque arrogantes, après un but, court comme un pupille. Il fonce vers le banc, enlace Arsène Wenger, lève les bras. L’Emirates Stadium s’embrase.

Leeds ne gâchera pas la fête. 1-0 score final. Thierry Henry a sauvé les siens et qualifié Arsenal. Commentaire d’un supporter après la rencontre, on ne peut plus sérieux : « Dieu est de retour parmi nous ».

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