Urgences

Non classé // 8 février 2010

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Ecouter l’interview de Christophe Robert, dĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral adjoint de la Fondation AbbĂ© Pierre, chargĂ© des Ă©tudes.

Hiver 54 en France. Le froid - sibérien - tue les sans abris. Ils sont plus de 10.000 à vivre dans la rue. Des millions à vivre dans des taudis.
Henri Grouès, dit l’Abbé Pierre - il a été député - a déjà décidé de se consacrer aux plus démunis. Les besoins sont immenses. Il faut débloquer des crédits pour bâtir des cités d’urgence. C’est l’après guerre, les pouvoirs publics ont d’autres priorités.
Que faire ?
Fin janvier 54, en plein cœur de Paris, au pied du Panthéon, sur un terrain vague de la rue de la Montagne Sainte - Geneviève, les compagnons d’Emmaüs qui existent depuis 5 ans plantent une tente récupérée dans un surplus de l’armée américaine et installent « le toit de toile des sans espoir ».
Une provocation et un camouflet pour les autorités…
« Qu’elles y viennent ! Pour l’amour de Dieu ! Qu’elles me fassent un procès ! Je mettrai ma légion d’honneur, mon écharpe de député et mon étole de curé par-dessus. Et j’irai devant les tribunaux et je leur dirai : quand la loi est ainsi faite que les travailleurs ne peuvent pas se loger, alors c’est la loi qui est illégale. » Médusés, les paroissiens de l’église Saint-Pierre-Saint-Paul à Courbevoie écoutent l’Abbé Pierre. On est le 31 janvier. C’est un dimanche. Un autre camp se crée dans la journée.
Le lendemain, le Lundi 1er Février, l’Abbé lancera son fameux appel dans les studios de Radio Luxembourg. Et déclenchera une immense vague de solidarité. « L’insurrection de la bonté » s’étendra à tout le pays.
Le 4 février 54, l’Etat cède à la pression populaire. Le gouvernement annonce la construction de cités d’urgence.

1er Février 2010 en France. La Fondation Abbé Pierre publie son XV ème rapport annuel. Dix millions de personnes sont confrontées à la crise du logement. Trois millions et demi d’entre elles survivent dans des taudis.Dont 600.000 enfants. Et on évalue à 100.000 le nombre de personnes sans domicile fixe.
Les besoins sont immenses. Il manque 900.000 logements. L’urgence est là. Ce n’est plus l’après-guerre.
Le 4 Février 2010 que s’est-il passé ?

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