Les semelles de plomb de la bêtise

Non classé // 8 mars 2010

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Ecoutez l’interview de Nicolas-Gérard Camphuis, directeur du CEPRI, le centre européen de prévention des risques d’inondation.

Extrait du Journal du Dimanche du 7 mars 2010 :

«  Ville fantôme depuis 7 jours,  La Faute sur Mer a dû installer des barrages filtrants pour empêcher les voyeurs d’arpenter ses ruelles. » 

Pourquoi est-ce la bêtise qui est insubmersible ?  Comment la filtrer ? Comme l’eau, rien ne l’arrête.  

Elle se glisse dans la boue du réel avec un culot monstre.   A l’idée de la voir rôder, avec ses yeux  luisants, autour de la détresse, du désespoir, de la perte, on claque des dents.  

On aimerait lui dire : pouce. Passe ton chemin.  Et la voir tomber en poussière. 

C’est pas demain la veille, tu le sais. La bêtise a toujours aimé contempler le malheur, tu le sais.   Oui je le sais. Je sais aussi qu’elle est contagieuse et que je peux l’attraper.  

Et j’en ai encore plus peur.     

2020 : plein emploi des seniors

Non classé // 25 février 2010

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Ecoutez l’interview d’anne-marie guillemard, professeur de sociologie à l’Université Paris Descartes.

- Nous quitter? Mais vous plaisantez Patricia. Vous n’êtes pas bien avec nous ?

- Si mais j’ai 65 ans et …

- 65 ans, mais c’est le bel âge Patricia! Celui de l’expérience, de la sérénité.

- Justement…

- Qu’est-ce qui ne va pas? Votre salaire? En 5 ans on vous a octroyé 70% d’augmentation. Pour tout vous dire vous gagnez plus que moi. Et vous savez c’est pas une sinécure maintenant DRH. Avec cette politique des quotas… Bon, allez, vous savez qu’à partir de 65 ans vous avez le 16ème mois. Vous voulez un peu plus?

- C’est pas ça…

- Mais alors c’est quoi? Les conditions de travail? Vous êtes à mi-temps, payée à plein-temps comme l’exige depuis le 1er Janvier 2015 la directive européenne pour l’emploi des seniors. Les vacances on vous les offre. Dans une limite de 2 mois par an d’accord, mais quand même ce n’est pas rien. Et vous pouvez aller gratuitement dans tous nos centres de remise en forme. Sans oublier les tickets psy et le forfait restaurant midi et soir. Alors, franchement qu’est-ce que vous voulez de plus ?

- Vivre autrement.

- Une formation? Une formation “vivre autrement”? ça doit se trouver. Avec un coach. ça vous irait?

- Non. Je suis vraiment désolée. Je vais partir.

- Mais je dois vous garder au minimum jusqu’à 70 ans, moi. Vous voulez partir où?

- Au Gabon.

- Au Gabon? On a besoin de vous au Gabon?

- Oui. Pour recenser les chimpanzés.

- Les chimpanzés? A quoi ça sert de les recenser?

- Ils sont menacés d’extinction.

- C’est quoi le rapport avec votre service?

- Le relationnel. Et la capacité à transmettre. Ils pensent que je serai très bien acceptée par les chimpanzés. Et je sais compter.

- Vous allez nous quitter pour des chimpanzés!

- Oui.

- Mais c’est insensé! Avec votre ancienneté! Ils vous offrent combien, histoire de voir si on peut contrer?

- C’est bénévole. Ils me nourrissent et me logent. C’est tout. Dans le Parc National.

- Vous vous rendez compte de la situation dans laquelle vous me mettez? Vous connaissez le montant des pénalités quand quelqu’un de votre âge quitte l’entreprise? Sans parler de l’image de marque. L’observatoire de l’emploi des seniors va encore nous épingler. Et qui on va montrer du doigt une nouvelle fois? Les DRH bien sûr. Et je n’ai pas , comme vous, un emploi garanti. Je n’ai que 45 ans. Alors, je vais vous dire, l’urgence c’est pas de recenser les chimpanzés. C’est de créer une réserve pour les DRH. Dites-le leur au Gabon.

Un pyjama et sa collégienne mis en garde à vue

Non classé // 15 février 2010

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Ecoutez l’interview de Christophe Régnard, Président de l’USM, l’union syndicale des magistrats et vice-président du tribunal de Nanterre, chargé de l’instruction.

On n’avait jamais autant parlé de moi. Dans la rubrique fait divers, s’il vous plaît. La plus vendeuse. J’ai même fait la Une de certains articles. Il faut dire que je suis très populaire, apprécié de tous et de toutes, à tous les âges. Alors, quand je défraie la chronique c’est vraiment que ça sent le roussi.
Que je sois placé 10 heures en garde à vue la semaine dernière, ça vous a mis le doute. Si ça m’était arrivé à moi, ça pouvait arriver à tout le monde et même à vous. Au petit déjeuner. Quand on n’a pas encore tout à fait pied dans le réel. Vous aussi, alors que vous venez de casser une biscotte par mégarde, vous pourriez entendre tambouriner à la porte. Et avoir droit illico presto à la cellule puante, à la fouille humiliante, à la promiscuité rugueuse, aux regards réfrigérants, aux paroles coupantes, à la lumière cafard, au grincement des serrures et aux coups de gueule du voisinage.
En m’imaginant en garde à vue vous vous êtes immédiatement mis à ma place. Le contraste entre mon aspect inoffensif et l’irruption de cet univers policier vous a saisi à la gorge.
A quoi pense-t-on quand on me voit et encore plus quand on me touche ? A la douceur, à l’enfance, (ou à son revers la vieillesse) à l’innocence, au pilou, voire au babygros. A la caresse de la soie, aux couleurs tendres, aux chuchotements, au doudou ou encore à la chaleur légère des plumes de couette. A la quiétude, au rêve, au repos, au sommeil, à l’intimité. Au silence.
A moi tout seul je symbolise l’antithèse de la garde à vue et de la dureté de sa matière. Résultat : j’ai retourné l’opinion qui a pris fait et cause pour moi. Je suis sorti tout fripé de ce cauchemar mais la tête haute. Oui, je ne suis pas peu fier d’avoir permis de passer à la soupline la prochaine loi sur la garde à vue. Vous pouvez me dire merci. Remarquez, ça va peut-être leur éviter que se créent sur tout le territoire - un mois avant les régionales - des comités de soutien pour les pyjamas !

Urgences

Non classé // 8 février 2010

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Ecouter l’interview de Christophe Robert, délégué général adjoint de la Fondation Abbé Pierre, chargé des études.

Hiver 54 en France. Le froid - sibérien - tue les sans abris. Ils sont plus de 10.000 à vivre dans la rue. Des millions à vivre dans des taudis.
Henri Grouès, dit l’Abbé Pierre - il a été député - a déjà décidé de se consacrer aux plus démunis. Les besoins sont immenses. Il faut débloquer des crédits pour bâtir des cités d’urgence. C’est l’après guerre, les pouvoirs publics ont d’autres priorités.
Que faire ?
Fin janvier 54, en plein cœur de Paris, au pied du Panthéon, sur un terrain vague de la rue de la Montagne Sainte - Geneviève, les compagnons d’Emmaüs qui existent depuis 5 ans plantent une tente récupérée dans un surplus de l’armée américaine et installent « le toit de toile des sans espoir ».
Une provocation et un camouflet pour les autorités…
« Qu’elles y viennent ! Pour l’amour de Dieu ! Qu’elles me fassent un procès ! Je mettrai ma légion d’honneur, mon écharpe de député et mon étole de curé par-dessus. Et j’irai devant les tribunaux et je leur dirai : quand la loi est ainsi faite que les travailleurs ne peuvent pas se loger, alors c’est la loi qui est illégale. » Médusés, les paroissiens de l’église Saint-Pierre-Saint-Paul à Courbevoie écoutent l’Abbé Pierre. On est le 31 janvier. C’est un dimanche. Un autre camp se crée dans la journée.
Le lendemain, le Lundi 1er Février, l’Abbé lancera son fameux appel dans les studios de Radio Luxembourg. Et déclenchera une immense vague de solidarité. « L’insurrection de la bonté » s’étendra à tout le pays.
Le 4 février 54, l’Etat cède à la pression populaire. Le gouvernement annonce la construction de cités d’urgence.

1er Février 2010 en France. La Fondation Abbé Pierre publie son XV ème rapport annuel. Dix millions de personnes sont confrontées à la crise du logement. Trois millions et demi d’entre elles survivent dans des taudis.Dont 600.000 enfants. Et on évalue à 100.000 le nombre de personnes sans domicile fixe.
Les besoins sont immenses. Il manque 900.000 logements. L’urgence est là. Ce n’est plus l’après-guerre.
Le 4 Février 2010 que s’est-il passé ?

CHARABIA

Non classé // 31 janvier 2010

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Ecoutez l’interview de Jean- Loup Chiflet, auteur chez points de ” 99 mots et expressions à foutre à la poubelle”.

Pour vous booster - surtout si vous êtes limite senior -  et que vous voulez rester au top au taf ou dans la vraie vie   - un coach c’est juste vital.  Le challenge c’est de vous permettre de  rester dans le flux. A l’ère la globalisation  on peut perdre pied et aller tout droit dans le mur. C’est cher ?  Effectivement, c’est pas donné le coaching. Alors pour pas plomber grave vos finances – déjà impactées par cette crise qui entre parenthèses a bon dos  – optimisez votre relationnel pour dégotter le bon plan. Comment ? En vous  inscrivant sur Facebook ( et Twitter). Le réseau c’est quand même le must. Si on  sécurise, y a pas de soucis. C’est zéro parano.  Point barre.  Le clivage, entre guillemets, sociétal il est là : être ou ne pas être sur Facebook. Ya pas photo. Ça fait consensus. Et en plus c’est festif. Que du bonheur ! Aujourd’aujourd’hui, c’est clair, c’est la positive attitude. J’ai même envie de dire que c’est quelque part l’attitude citoyenne. Vous voyez ce  que je veux dire ? Comment ça, c’est n’importe quoi ?  

Haïti

Non classé // 19 janvier 2010

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Ecouter l’Interview de Francis Charhon Directeur général de la Fondation de France.

Extrait du livre ” Haïti, une nation pathétique” paru aux editions Maisonneuve et Larose de Jean Métellus écrivain et poète Haïtien.

“Si je ne me raisonnais à certains moments, je crierais à qui voudrait bien l’entendre qu’Haïti est le plus beau et le plus ravissant pays du monde et que les haïtiens représentent un peuple beau, grand et magnifique. Mon délire ne s’arrêterait pas là. Je soutiendrais que tout homme né sur la terre d’Haïti possède automatiquement le don de l’écriture, le don de la peinture et le don de la musique, la bosse de la science, l’esprit de finesse et l’esprit de géométrie.”

La “Babellite”.

Non classé // 11 janvier 2010

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Ecoutez l’ITW de Thierry Paquot, philosophe, spécialiste de l’urbain et auteur- entre autres- de ” La Folie des hauteurs ” aux éditions Bourin.

Il s’agirait d’un virus très ancien. Les épidémiologistes s’accordent pour dire qu’il aurait surgi
pour la première fois, peu après l’édification de la cité de Babylone. On en retrouve en effet la trace dans la Genèse. C’est pourquoi la communauté scientifique fit le choix de l’appeler
« virus de Babel ».
A cette époque, alors que tout le monde se servait d’une même langue et des mêmes mots, les habitants de Babylone - sans doute pour se croire l’égal de Dieu - furent pris d’une mauvaise fièvre et se dirent : « Allons ! Bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet pénètre les cieux ». Dieu s’en irrita et tirant les langues de son chapeau il en fit don à la communauté des hommes qui se brouillèrent pendant un long moment.
Babylone fut pendant des lustres le seul foyer connu de cet étrange virus.
Puis vers la fin du 19 ème siècle, le virus de Babel ressurgit sans que l’on sût trop pourquoi. Il se manifesta par les mêmes symptômes : au cœur des villes des bâtiments plus hauts que larges tentèrent d’atteindre le ciel.
On le repéra d’abord outre - Atlantique, puis en France sous une forme légèrement mutante. Le premier symptôme à s’être manifesté en 1887 au bord de la Seine ( révélé par un certain Gustave Eiffel), pris la forme d’un chapeau chinois ( ou d’une tour de métal avec des pattes d’éléphant et un museau pointu si vous préférez ) et de sa pointe acérée chatouilla le ciel. A un point tel que Dieu éternua et dispersa le virus à la surface de la terre. Ce fut là - aux dires des spécialistes - le début de l’épidémie. « Tous voulurent des tours et partagèrent le même rêve : atteindre le ciel ». Entre les peuples - presque tous contaminés - la compétition fit rage. Les hommes laissèrent libre cours à leur désir obsessionnel de verticalité. Comme si désormais la platitude de l’horizon constituait pour eux une menace.
Depuis, l’épidémie de « Babellite » s’est transformée en pandémie. Au siècle dernier, un premier pic a été atteint dans les années 70, suivi d’une seconde vague début 90. Depuis la circulation du virus ne faiblit pas et dans les années qui viennent on s’attend à franchir de nouveaux seuils épidémiques. Le virus qui ne cesse de se transformer a déjoué toutes les tentatives des chercheurs pour mettre au point un vaccin.
Alors me direz - vous et Dieu dans tout ça ?
Eh bien les initiés murmurent que Dieu, exaspéré de l’outrecuidance de ses créatures et lassé d’éternuer, s’apprêterait à lancer à la face du monde un contre-virus : la décroissance…

Effet de mots 2009

Non classé // 5 janvier 2010

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Mariette Darrigrand sémiologue et auteure de  ” Ces mots qui nous gouvernent ” paru chez Bayard.

Avec la crise qui  fait des bulles et le climat qui pique  la sienne il y avait de quoi  « péter les plombs »  en 2009. La métaphore  a bien tenu la route. On dit que quelqu’un « pète les plombs » quand il entre en éruption  à la moindre broutille susceptible d’égratigner son ego. Bon, je n’ai pas d’exemple en tête mais vous voyez le genre … A ne pas reproduire en 2010. Ce n’est pas bon pour le « vivre ensemble .»

Et en 2009 il y en a  qui n’ont pas du  tout culpabilisé de « péter les plombs » ! Ils ont « assumé ».  Si, si. « Je t’ai trahi mais j’assume ». « Je vous raconte des craques  mais j’assume ». « Je vous entourloupe mais j’assume ».  Assumer est devenu intransitif. Un verbe intransitif c’est un verbe qui  - dixit le Petit Robert -  exprime une action limitée au sujet.  « J’assume », c’est encore un tour de passe- passe de l’ego. Une façon de s’auto- excuser. Même quand on fait n’importe quoi.  Bon, là je vous parle « cash ». Mais en 2010 - « cash » -   risque de passer à la trappe. « Cash » ça sonne trop ses espèces trébuchantes. Et la finance, en 2009, elle a sérieusement trébuché. Résultat : quand on a de l’argent on minimise et on évite - en public - de le jeter par la fenêtre. C’est mauvais genre de changer  de portable comme de chemise et si on veut être vraiment tendance on le recycle. Tout peut resservir, même vos amours de jeunesse.   Quant aux « people » - qui restent une valeur sûre – elles ne se la jouent plus « bling- bling ». Plus on est « bankable », plus on se fait modeste.  Et on donne l’exemple en levant des fonds pour combler le trou dans la couche d’Ozone. Et si on s’affiche dans les  magazines c’est pour raconter la plongée en enfer avant la résurrection. On reconstruit : sa vie, sa maison, son couple (Tiger Woods attaque le chantier …) son corps, son avenir. La reconstruction ça se vend bien et ça vous rend humain.

Alors en 2010 quel mot va tirer la couverture à lui ? Et si c’était  partage ? T’es folle ou quoi ? ……   

Joyeux Noël

Non classé // 29 décembre 2009

 

 Joëlle Menrath sociologue et auteur de ” Mobile attitude, ce que les portables ont changé dans nos vies ” aux éditions Hachette.

Joyeux Noël

- Allô, c’est moi. Joyeux Noël

- Joyeux Noël. Tu sais quoi ?C’est trop génial. Il m’a offert un smartphone.

- C’est quoi ?

-Tu me fais marcher, c’est pas possible! Tu vois bien ce que c’est un smartphone …

- Un mobile ?

- Mais non ! ça n’a rien à voir . Un smartphone, c’est un téléphone intelligent.

- Ah bon… Et il la voit comment la sortie de crise pour 2010 ton smartphone ? Avec ou sans bulles ?

- Attends une minute… je suis sur Twitter là… C’est cool. Johnny va bien. Il est prêt à payer sa tournée. Sacré Johnny ! Tu disais quoi ?

- Je voulais te proposer …

- Waouhhh! J’ai l’option GPS…

- Tu as peur de te perdre dans ton studio ? Allô, tu es là ?

- Excuse-moi. J’ai zappé ce que tu as dit. Tu sais, c’est vraiment génial le smart. Je viens de prendre la cafetière en photo. Nickel les pixels. Et j’ai le cordon pour la regarder sur la télé.

- La cafetière?

-Oui. Tiens allez hop. Je zoome le mobile. Avant qu’il parte à la poubelle. Même Neanderthal il en voudrait plus.

- Formidable ! Comme il fait beau, je me disais …

- Non mais j’y crois pas ! C’est hyper rapide pour télécharger une video.  Trop cool. Il faut à tout prix que tu t’en fasses offrir un. Avec accéléromètre et la GP3. Bluetooth c’est inclus. Même dans le bas de gamme. Au fait il t’a offert quoi ?

- Un week end thalasso et des livres.

- Alors toi, chapeau ! Je sais  pas comment tu fais pour trouver le temps de lire. Je t’envie.

- Comme il fait beau je me disais….

- Je sais qu’il fait beau. Je suis sur l’icône meteo. L’écran tactile c’est vraiment top!

- Justement je me disais que ça serait sympa d’aller se ballader et ce soir on aurait pu…

- Ah, non … tu rigoles! J’ai même pas lu mes mails. Depuis ce matin ça tombe en rafales… Ah, ça y est… J’ai envoyé la cafetière et le mobile  sur Facebook. Faut partager. Au fait, on se voit quand ? Tu me dis quand tu es libre… On se rappelle vite.  Allez, Ciao…

 

 

 

Avatars en série à Copenhague

Non classé // 21 décembre 2009

Ecoutez l’interview de Fabrice Leclerc, rédacteur en chef de studio ciné live. 

 Avatars en série à Copenhague.

 “Ils ont mis le feu au lieu de l’éteindre. Ils ont tous en eux quelque chose de Lucifer. »

Jake avait le blues ce matin après avoir  regardé sur son rétroscope  le sommet des maîtres du monde  qui s’est déroulé en Décembre 2009 à Copenhague, chez les Terriens. Bien qu’il soit heureux et fier de partager notre vie  sur Pandora, Jake a parfois des bouffées de nostalgie. Surtout à l’approche des fêtes.  Alors il regarde de vieux documentaires sur les humains. Lui il ne l’est plus. Ou presque plus. Jake c’est mon Avatar à moi. Je l’aime à la folie. Et j’aurais préféré que notre histoire reste secrète. Mais maintenant les survivants d’en bas savent que nous avons la peau bleutée, les yeux jaunes et du minerai.  

«  Ils ont réduit ma planète en cendres Neytiri. J’ai beau le savoir, ça me rend malade. La Terre, tu sais, elle était presque aussi belle que Pandora.  Mais leur cupidité n’avait pas de limites.  Le pognon, le pognon, ils avaient tout le temps ce mot à la bouche .”

Nous les Na’vis on ne connaît pas ce mot là mais quand Jake le prononce il se met en colère et fronce le nez.  Et je me dis que c’est quelque chose de vraiment répugnant, qui empuantit l’atmosphère. Et j’en deviens grise de peur à l’idée qu’un jour, à Pandora, ça sente le pognon.