Le fait de la semaine > le blog

Exactement sous le soleil

Non classé // 29 juin 2010

Ecouter

Ecoutez l’interview de Bernard Andrieu, philosophe et professeur à l’Université de Nancy.  

-T’étais en vacances ? Mais t’es pas bronzée ???Assourdissant le non-dit… 

Si on n’est pas bronzée c’est :

Qu’on n’a pas eu beau temps ( la pauvre ).

Qu’on n’a pas choisi la bonne destination ( la pauvre).

Qu’on n’a pas les moyens de s’offrir le soleil à coup sûr ( la pauvre ).

Qu’on vient d’avoir un  redressement fiscal ( la pauvre ).

Qu’on a été malade ( la pauvre)

Qu’on a fait garde - malade ( la pauvre )

Qu’on ne le vaut pas ( la pauvre )

Qu’on n’a pas une île aux Seychelles ( la pauvre )

Qu’on a une maison en Normandie ( la pauvre )

Qu’on ne se soucie pas du regard des autres ( la pauvre )

Qu’on était en travaux  ( la pauvre)

Qu’on a des dettes ( la pauvre )

Qu’on a des soucis (la pauvre)

Qu’on est allergique (la pauvre)

Qu’on est rousse ( la pauvre )

Qu’on est resté piégée dans l’ascenseur (la pauvre)

Qu’on a passé ses journées sur Meetic ( la pauvre )

Qu’on s’est fait faire un lifting ( la pauvre )

Qu’on nous a offert l’IPAD ( et paf )

Qu’on a été invitée en Islande ( la pauvre)

Qu’on a de la famille en Ecosse ( la pauvre )

Qu’on a un mari cancérologue ( la pauvre )  

 - Qu’est ce que tu dis ? Tu t’en fous d’être bronzée !!! Ma pauvre … 

A chacun son site

Non classé // 22 juin 2010

Ecouter

Ecoutez Jean-Claude Kaufmann, sociologue du couple et des rapports amoureux, auteur de sex@mour chez Fayard. 

 C’est quoi les 3 règles d’or pour choisir son canapé ? Qu’est- ce qu’ils disent sur « jechoisismoncanapé.com ? »  Quelle est la première question à se poser ? 

« De quel espace disposez-vous ? C’est seulement lorsque vous aurez une idée précise de l’agencement de votre intérieur et des dimensions restantes que vous trouverez facilement le canapé qui vous convient. »  

Oui. C’est logique. Et la deuxième question c’est quoi ?    

« A quoi sert votre canapé ? Est- ce pour un usage assidu ou occasionnel ? »  

Excellente question. Y a pas intérêt à cocher assidu si on pense occasionnel. Ça peut vite virer fait divers. Bon et le dernier critère ça porte sur quoi ? L’esthétique. C’est  sûr si c’est pour une fréquentation quotidienne c’est important aussi.  Qu’est-ce qu’ils conseillent ?   

« Vous pouvez en trouver beaucoup à votre goût mais c’est pas pour autant que vous arrivez à l’imaginer dans votre intérieur. Lorsque vous trouverez le bon canapé ça vous paraitra évident. » 

Donc dans l’ordre ça donne : Petit un : quel espace lui accorder ? Petit 2 : Est-ce pour un usage assidu ou occasionnel ? Petit 3 : Essayer de l’imaginer  dans votre intérieur ?

Ça  marche aussi pour choisir un partenaire ? 

Pourquoi ça marcherait pas ?   

Son credo : l’accès au crédit pour tous

Non classé // 8 juin 2010

  Ecouter 

Ecoutez l’interview de Maria Nowak, la présidente de l’ADIE, l’association pour le droit à l’initiative économique.

 C’est Maria Nowak, la banquière de l’espoir, la pionnière du micro - crédit en France qui parle :  

«  En plus d’une aide matérielle, le crédit est aussi un acte de soutien psychologique : tout d’un coup quelqu’un vous fait confiance. D’ailleurs, l’origine latine du mot crédit est «  credere » croire ». C’est très important. Parce que, fondamentalement, personne ne croit à ce que font les  chômeurs, ni même à ce qu’ils sont. C’est cela  qui est mortel. » 

C’est mortel et c’est inexact. La preuve ? En voilà une : la moitié des 580.000 entreprises créées en 2009 l’ont été par des chômeurs et des personnes bénéficiant des minimas sociaux.  

Vous en voulez une autre de preuve ? 

Dans le monde, plus de 150 millions de personnes en situation de précarité ont eu accès au micro-crédit. Les taux de remboursement sont de l’ordre de 99%.  

Qui  dit mieux ?  

  

  

 

 

 

 

 

  

 

  

De quoi la contrefaçon est-elle le signe ?

Non classé // 1 juin 2010

Ecouter 

 Ecoutez l’interview de Catherine Viot, maître de conférences à l’IAE, l’Institut d’administration des entreprises de Bordeaux.

 

Une partie des amateurs de contrefaçon souffrirait du « syndrome de Robin des Bois. » Acheter des produits contrefaits serait pour ces consommateurs un  moyen de se rebeller contre l’arrogance des nantis et la dictature des grandes marques. Qui nous nous prendraient pour des poires en nous vendant leurs produits à des prix exorbitants. Et pour des ploucs quand on ne peut pas se les offrir. Acquérir pour des prunes les symboles de la réussite ( ?), ce serait donc œuvrer pour la justice sociale et adresser un pied de nez aux dynasties du luxe et du bon goût. ( On ne va pas balancer mais vous trouvez ça de bon goût les foulards H, les sacs V ou les montres R …) Porter du faux ce serait prôner la révolte,  comme le faisait Robin des Bois quand il détroussait les riches pour redistribuer le butin aux pauvres.  Mais n’y a-t-il pas tromperie sur la marchandise de parler de « syndrome de Robin des Bois » à propos de contrefaçon ?Robin des Bois, prince des voleurs, n’était pas un faussaire. Il redistribuait les originaux. Il avait des principes, Robin. Et de solides valeurs. La qualité et l’authenticité. Jamais au grand jamais il ne se serait moqué du peuple en lui fourguant de vulgaires copies. Quant aux signes extérieurs de richesse, qu’ils soient vrais ou faux, il s’en tamponnait royalement le carquois. Et puis c’était un homme pragmatique. Qu’importe les poinçons (les grandes marques de l’époque)  pourvu qu’on ait son pesant d’or, d’argent, ou bien encore de pierres précieuses. Son credo: échanger plutôt que donner le change.  Une façon d’être aux antipodes de la  contrefaçon.  Le syndrome Robin des Bois il a bon dos… 

    

Dis-moi ce que tu manges je te dirais d’où tu es

Non classé // 18 mai 2010

Ecouter

Ecoutez l’interview de Serge Hercberg, professeur de nutrition à l’Université Paris 13 et coordinateur de l’enquête Nutrinet-Santé.  

Dis moi ce que tu manges je te dirais d’où tu es… 

L’enquête Nutrinet- Santé le confirme : les régions ne baissent pas pavillon quant à leurs traditions alimentaires. Il y a toujours au Nord une France du beurre et au Sud une France de l’huile. Nous voilà rassurés.  Et, cerise sur le gâteau il y a même une France de la margarine à l’Est et au  Nord.  En Auvergne le fromage continue à tenir le haut du pavé et la charcuterie ne s’en laisse pas conter en Bretagne et en Lorraine. Pour l’instant le modèle alimentaire unique «  pizza-hamburger » demeure un fantasme. La mondialisation a encore du pain sur la planche !     

Real life

Non classé // 11 mai 2010

 Ecouter

Ecoutez l’interview de François de Singly, professeur de sociologie à l’Université Paris - Descartes et spécialiste du lien social.

-         T’as combien d’amis, toi ?

-         150 environ.

-         Ah bon, seulement ! Comment ça s’ fait ? J ’en ai déjà 400 et encore j’en refuse…Faut arriver à gérer. Remarque, depuis que je suis sur Facebook, je m’esquinte moins les pouces avec les textos. Je suis descendu à  50 par jour à tout casser. Cool.

-         Ouais. T’as du bol. Facebook, ça m’a  ralenti queue dalle moi pour les textos. Je tourne à 100/120 par 24h. Et les mails, c’est trop la plaie. J’y passe la moitié de la nuit. T’en reçois combien par jour , toi?

-         Avec les spams ?

-         Non, sans les spams.

-         Une centaine quand c’est calmos. Mais après  l’apéro géant, la semaine dernière j’ai explosé le record. Un méga délire !

-         Je vais en lancer un d’apéro géant pour mon anniversaire.  J’hésite encore sur le spot. C’est un peu just le Champ-de-Mars, non ? Vous êtiez combien, vous ?

-         5000 et des brouettes.

-         Ah ouais… cool … les vrais potes quoi  … un peu just pour faire la teuf, non ?   T’as vu à Saint Quentin – et Saint Quentin c’est Saint Quentin – ils en sont déjà à 8000…

-         Le record c’est Lyon. 21000.

-         21.000, c’est correct. Mais on peut les niquer.

-         Ouais. On peut les niquer. Ils ont bien niqué Rennes, eux.

-         Taper à 30.000 ça aurait de la gueule…

-         Comme tu dis. Et puis au dessus de 30.000 y a plus d’ lézard. Y a plus aucun risque de faire connaissance.

-         C’est sûr, ça limite le risque, c’est plus peinard parce qu’y faut faire gaffe grave où on met les pieds.  L’apéro géant c’est la real life…

La fabrique des people

Non classé // 4 mai 2010

Ecouter 

Ecouter l’interview de Denis Muzet, sociologue et Président de l’Institut Médiascopie.

Faire de sa vie privée un spectacle, l’idée ne date pas d’hier. Louis XIV était expert en la matière et ne lésinait pas sur la mise en scène. Le « Loft », c’était tous les jours à Versailles. Côté cour. Le lever et le coucher du Roi étaient relatés avec une précision d’entomologiste dans  « Le Mercure Galant ». Une revue française fondée en 1672 par Jean Donneau de Visé. C’était en quelque sorte l’ancêtre de la presse people !  Aujourd’hui on a simplement changé d’étiquette et de vitesse. Les people se fabriquent à la chaîne.  On est dans le court terne…   

Au dessous du nuage

Non classé // 21 avril 2010

Ecouter 

Ecoutez l’interview du Professeur Lejoyeux, chef de service de psychiatrie et d’addictologie à l’hôpital Bichat et Professeur en psychiatrie à l’Université Paris 7.

« Le jeu devient problématique quand le joueur a l’impression qu’il maîtrise le hasard. Il ne croit pas à une imprévisibilité qui le dépasse. » ( Extrait de l’interview du Professeur Lejoyeux. ) On le comprend un peu mieux ces jours-ci le joueur. Au dessous du nuage islandais aussi, beaucoup avaient oublié qu’on ne peut maîtriser le hasard…

Instruction publique

Non classé // 12 avril 2010

 Ecouter

Ecouter l’interview de Marie Duru-bellat, sociologue, spécialiste des questions d’éducation et professeur à l’Institut d’etudes politiques à

Paris.

Pourquoi parler de «  sanctuarisation » à propos des établissements scolaires ? Un sanctuaire c’est – selon le Petit Robert – « le lieu le plus saint d’un temple, d’une église, interdit aux profanes. »  

L’enseignement serait réservé aux saints des saints, aux initiés. Et interdit aux mécréants ?  Va-t-on au collège ou au lycée pour s’agenouiller, prier à voix basse et se faire une religion ? Va-t-on au collège et au lycée pour respecter les dogmes, communier et s’en remettre à un Dieu ? Les enseignants doivent-ils prêcher la bonne parole ?  Et les élèves devenir des fidèles, des bien-pensants ? Vous imaginez la tête de Jules Ferry ? Quand elle entend parler de « sanctuarisation » l’instruction publique prend ses jambes à son  cou. Son dada c’est le vivre ensemble.

D’accord … elle a du pain sur la planche l’instruction publique, mais elle est d’une nature optimiste… 

Le pot de lait contre le pot de fer

Non classé // 5 avril 2010

 Ecouter

Ecoutez l’interview de Jean Viard, sociologue, directeur de recherches au CNRS .

«  On a décidé d’agir et de bouger pour essayer de survivre, uniquement.   On ne veut pas rester à mourir dans  nos fermes. »Anne est productrice de lait en Haute-Vienne. Comme elle, elles sont 400 environ à marcher en silence, avec leurs enfants dans les rues de Poitiers, ce samedi 3 avril. Certaines traînent  derrière elles des pots de lait  qui s’entrechoquent. « C’est de pire en pire. On essaie de tenir mais demain on ne sait même pas si on sera encore là. »  Vêtues de noir, elles ont allumé plusieurs centaines de bougies devant l’église Notre Dame La Grande, avant de  respecter une minute de silence, en hommage aux 800 agriculteurs qui se sont suicidés l’an dernier.

C’est comme une marche funèbre. On est des siècles en arrière. Au Moyen- Age.

Quelques hommes accompagnent le cortège. Guy est producteur en Bretagne. Il est venu soutenir sa femme et sa fille. « Il faut savoir, dit-il, qu’ici il y a des producteurs de lait qui vont aux restaurants du coeur. C’est lamentable. On nourrit le monde et notre production ne nous nourrit plus. »

C’est le pot de lait contre le pot de fer. On est des siècles en arrière. Au Moyen Age.  

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