Barack Obama saison 2
Publié le 11 mai 2010
Pour la 2eme fois en quelques mois, j’ai du mal à intéresser mes rédactions à la nomination d’un juge à la cour suprême. UNE juge à vrai dire. Ce qui porterait à 3 le nombre de femmes chez les sages.Obama a déjà nommé Sonia Sotomayor, il vient de proposer Elena Kagan, qui a la particularité de ne jamais avoir été magistrate. Contrairement à ses 8 futurs collègues. Elle n’a jamais jugé rien ni personne, mais cette dernière année, elle était « solicitor » pour l’administration Américaine, c’était donc elle l’avocate du gouvernement fédéral devant la cour suprême justement. Elle est aussi doyenne de la faculté de droit d’Harvard. La plus prestigieuse des Etats-Unis.
Elena Kagan est connue pour avoir refusé aux militaires le droit de venir recruter sur le campus d’Harvard, pour protester, à l’époque, (ça n’est plus vrai depuis quelques semaines), contre l’interdiction faite aux Homosexuels de servir ouvertement dans l’armée. Voilà qui a permis de lancer une campagne Internet contre cette femme et contre le fait qu’Obama « allait nommer la première juge gay ». La polémique a fait long feu.
Sa nomination, si elle est acceptée, ne changera pas l’équilibre de la Cour. Kagan qui a travaillé pour Clinton et milite chez les démocrates depuis toujours succède au juge Stevens considéré comme un pilier progressiste de l’institution. Nous en restons donc à 5 conservateurs. Et 4 libéraux.
Sur le fond, dans cette démocratie parfois déroutante que sont les Etats-Unis, on oublie parfois que la nomination d’un juge à la cour suprême est l’une des décisions les plus fondamentales qu’un président peut avoir à prendre pendant son ou ses mandats. Dans un pays ou les « marqueurs » des grandes décisions sont rarement une loi venue d’en haut mais plutôt une décision de justice (voyez Roe v Wade sur l’avortement) ; dans un pays où les parlementaires et en particulier les sénateurs sont si puissants face à l’executif, la cour suprême avec ces 9 juges nommés A VIE est peut-être le dernier et le seul endroit où se jouent les grands bouleversements de société. C’est peut-être là exclusivement, pour le meilleur et pour le pire, qu’un Président peut laisser son empreinte à long terme.
Have a nice day.
En passant...
Publié le 11 mai 2010
Comme j’ai manqué à mes devoirs et que je n’ai pas renvoyé le papier que j’ai reçu il y a des semaines, une dame a frappé à ma porte aujourd’hui pour me compter.
Le grand recensement décennal est en cours aux Etats-Unis. Il est question de savoir exactement combien nous sommes. Citoyens ou non. Résidents permanents ou temporaires.
On m’a demandé mon nom. Combien de personnes vivaient avec moi. Si j’étais locataire ou propriétaire. Mon âge. Mon sexe. Et ma race.
C’est tout.
Rien sur mon niveau d’étude. Rien sur ma catégorie professionnelle. Rien sur mon lieu de naissance. Rien sur mes changements éventuels de résidence ces 10 dernières années.
Les questionnaires sont disponibles en 6 langues. Et les guides pour aider à les remplir en 60 langues. Les résultats étant strictement confidentiels, même les illégaux doivent normalement être comptés. (On imagine bien qu’ils ne se précipitent pas) Mais votre citoyenneté n’apparait nulle part.
A quoi ça sert alors ? Avant tout à ce que à ce que tous les résidents soient équitablement représentés au congrès. C’est le total de population qui détermine du nombre d’élus à la Chambre des représentants. Plus les Etats sont peuplés, plus ils ont d’élus. Et donc de pouvoir. L’autre facteur est financier. Le gouvernement fédéral donne chaque année 400 milliards de dollars répartis dans les collectivités en fonction de leurs besoins. (Hôpitaux, constructions d’écoles, travaux publics etc…). Le mois dernier, j’ai fait un reportage chez les Indiens du Dakota du Nord. Je comprends mieux maintenant pourquoi les radios locales matraquaient sur la nécessité de remplir les papiers demandés. Et pourquoi les télévisions ici à Washington, lancent des spots à destination quasi exclusive des blacks.
les Américains ont réduit à 10, les 53 questions habituelles pour rendre le document plus court et plus facile à remplir. La photo qui va en sortir va donc avant tout donner un chiffre. Et des couleurs. (Noirs, hispaniques, asiatiques, Natifs) Mais curieusement ne nous apprendra pas grand chose sur les évolutions de ce pays ces 10 dernières années.
En attendant: 300 millions d’Américains, et moi et moi et moi…
Have a nice day.
En ville
Publié le 2 mai 2010
BP ne recule devant rien pour tenter d’assurer sa com’ en pleine crise de marée noire. Ni ne craint le ridicule. Mea Culpa, mea maxima culpa dit le gros pétrolier et nous voilà tous devant un hangar où l’on va nous présenter “THE BIRD”, célèbre désormais sur toutes les chaînes, l’appartment témoin de l’oiseau mazouté par eux, tout propre désormais grâce à une structure montée par eux.
Voici la bête

© fs
Ces gens sont de vrais pros, ils ont travaillé sur toutes les grosses marées noires de ce pays, et notamment la plus lourde, en Alaska après l’Exxon Valdes. Ils ne sont pas en cause bien entendu. Mais ayant appris par un chargé de presse plein de bonne volonté qu’il fallait donner des images aux télés, ils tiennent à nous expliquer comment se passe la remise en état d’un oiseau.
Les 2 spécialistes s’habillent très sérieusement en combinaison de sauvetage de volatile. On s’étonne un peu quand même, ils ne vont tout de même pas oser re-mazouter ce pauvre Fou de Bassan terrifié juste pour le troupeau armé de caméras et de micros que nous sommes ??
Non non, rassurez-vous, la démonstration aura lieu…. je vous laisse regarder…

© fs
Canard en caoutchouc. Monté sur palmes en plastoc. Si la situation n’était pas si tragique, il y aurait de quoi en rire…
Have a nice day
En passant...
Publié le 28 avril 2010
Les auditions des patrons de Goldman Sachs ont certes duré… 11h; mais elles auront au moins permis de constater que les sénateurs Américains savent ne pas mâcher leurs mots quand il le faut. “Actifs de merde”… ‘Tissus de conneries”… Les “gros mots” ont volé dans la salle que ces pudibonds d’Américains ont remplacé par un “biiip” dans tous les résumés du soir.
Pas moi. A mes dépens.
Pour une fois que j’ai le droit de dire des grossièretés à l’antenne voilà que je me ramasse et chute pile derrière la dite grossièreté. La dernière fois que j’ai envoyé une volée d’injure, c’était nettement plus fluide… et nettement plus inapproprié vu que je pensais être encore en régie.
Mais puisque vous avez été nombreux à avoir eu la charité de m’envoyer des e-mails goguenards, j’assume: Voici l’objet du délit: http://sites.radiofrance.fr/franceinter/info/journaux/index.php (cliquez dans 19h, puis allez à la minute 16, sinon, merci de m’expliquer comment je peux transférer le realplayer jusqu’ici… mais faites vite, je crois que les journaux disparaissent du site aussi vite qu’ils y arrivent)
Pour me venger moi-même et emballer une bonne fois mon autorisation exceptionnelle de “slang words”, j’ai collé “merde” et “connerie” dans les reportages de ce matin. Ah mais ! Dans un sujet d’1′15” ça n’arrivera pas tous les jours… ;))
Have a nice day.
Barack Obama saison 2
Publié le 27 avril 2010
On savait déjà que la campagne 2010 était lancée depuis un moment. Ce que l’on percevait moins, c’est jusqu’à quel point les Démocrates étaient inquiets pour leurs sièges. Désormais la réponse est plus claire: TRES
Le président Américain a posté hier sur son site et sur U Tube un appel à la mobilisation.
Obama appelle les noirs, les hispaniques, les femmes et les jeunes à aller voter. Il demande à “ceux qui ont voté pour la première fois en 2008” de retrouner aux urnes en 2010. Il parle de se “rassembler à nouveau“. Vous l’avez compris, il va chercher par la culotte ceux qui l’ont élu l’année dernière mais ne se déplacent pas pour les élections à mi-mandat. Les démocrates ont statistiquement de quoi se faire du souci: En général, le peu de participation des scrutins intermédiaires se résume à un vote des plus vieux et des plus en colère. Tout à fait l’électorat des Républicains;  et surtout des conservateurs acharnés du désormais fameux “Tea party”.
Une raison de réjouir en revanche pour les démocrates, contrairement aux apparences: le vote de la réforme financière. Depuis la Santé, on sait combien le processus est complexe, mais vous avez peut être noté que les sénateurs avaient dit NON à une ouverture des débats sur le texte. Obama a dit sa déception, certes.  Une fois les caméras éteintes il doit plutôt se frotter les mains. Des chiffres publiés aujourd’hui dans le Washington Post (ici) prouvent que 65% des Américains sont favorables à une réforme. Les Républicains gagnent du temps et veulent montrer aux électeurs qu’ils améliorent le texte, mais le contexte de Goldman Sachs et le rejet général pour Wall Street joue pour Obama. Les mauvaises langues avancent d’ailleurs que la maison blanche a fait coïncider les auditions de Goldman avec le vote du texte… Les Républicains chicaneront effectivement pendant encore un moment, ils parviendront probablement à enlever du texte le fameux fond de 50 milliards financé par les banques elles mêmes qui devait servir à éponger les faillites éventuelles, mais je veux bien parier avec vous qu’ils voteront. Avec une belle marge.
Ils ne prendront pas le risque de se retrouver du mauvais côté de la colère…
Have a nice day.
En ville
Publié le 24 avril 2010
Ronnie Lee Gardner veut qu’un peloton d’exécution le tue.
Cet homme de 49 ans, est depuis 25 ans dans le couloir de la mort d’une prison de l’Utah ; le seul Etat Américain à avoir conservé la méthode du peloton dans son arsenal.
« I would like the fire squad please” a dit Gardner quand on lui a demandé de choisir entre l’injection létale et 5 hommes armés.

© Ap
Voici (au-dessus) comment ça se passe, si l’on en croit les dernières photos prises dans la même circonstance. Car depuis 1976, année du retour de la peine de mort aux Etats-Unis, 2 hommes ont été exécutés de cette manière. Le dernier, John Albert Taylor en 1996. Avant lui, Gary Gilmore en 1977. Sa mort avait inspiré le livre de Norman Mailer « The executioner’s song » Et ses derniers mots sont restés célèbres : « Let’s do it ».
Reste une question qui aiguise ma curiosité: Qui sont les 5 gars qui vont tirer ?
Have a nice day.
Barack Obama saison 2
Publié le 20 avril 2010
Aucun slogan provocateur derrière les costumes de révolutionnaires. Et les fusils sont tous faux. Interdiction de manifester à Washington avec une arme chargée sur soi. Ils sont disons… 300. De l’autre côté du Potomac à Arlington, le Washington Post en a compté 75. En Virginie, on a le droit de manifester avec son pistolet à la ceinture. Tout est très bon enfant. Comme d’habitude beaucoup sont venus avec des chaises pliantes. On mange des hot-dogs en écoutant de la country music.
Des citoyens américains qui veulent protéger leur 2eme amendement, celui qui les autorise à porte une arme. Et entendent ainsi défendre la constitution.
Déjà vu, comme on dit en anglais.
Sauf que cette manifestation n’avait rien d’ordinaire. Nous sommes le 19 avril, c’est l’anniversaire de l’attentat d’Oklahoma City. En 1995 à cette même date, Timothy McVeigh avait tué 168 personnes en faisant sauter un bâtiment Fédéral. Et par les temps qui courent, lutter avec les armes contre l’”Etat liberticide” est sinon admis, en tout cas compréhensible.
Les milices et autres groupes du même genre planqués dans des Blogs et des sites internet sont sortis de leur marge pour entrer dans la rue. Le discours parle de lutter pour la constitution et d’une nouvelle guerre civile.
Ces gens sont une archi-minorité, on est bien d’accord. Une extrême droite qui n’a jamais cessé d’exister dans ce pays, on n’est bien d’accord. Mais c’est la première fois qu’ils se montrent aussi ouvertement. Il y a quelques mois, le “Southern poverty Law Center” a sorti une étude selon laquelle 363 nouveaux “patriots groups” avaient vu le jour. C’est une augmentation de 244% par rapport à l’année précédente. Aujourd’hui, le très sérieux Pew Research Center a fait un sondage (là ), expliquant que 77% des Américains étaient frustrées ou en colère contre leur gouvernement. La Droite Américaine se sent des ailes.
Les très conservateurs du “Tea Party” estiment tenir les Républicains traditionnels dans le creux de leur main; l’Etat de Virginie qui a fait du mois d’Avril le “mois de la guerre civile” était tellement occupé à célébrer la “fronde sudiste” contre les “Fédérés du Nord” qu’il en a oublié de parler de l’esclavage et voila maintenant que milices pique-niquent au Capitole…
Have a nice day.
En ville
Publié le 14 avril 2010
J’ai un train de retard, (merci Elsa) mais si vous avez du courage, lisez le prix Pulitzer “investigation” de cette année. C’est ici. D’abord, pour la première fois, le prix a été attribué à un site internet. ProPublica. Sur le fond, le sujet est celui d’un hôpital de la Nouvelle Orléans qui a précipité la mort de certains patients au passage de Katrina parce que les médecins estimaient ne pas pouvoir les sauver.
L’histoire n’est pas simple, elle ne parle pas que d’euthanasie, elle parle de médecine de catastrophe, elle parle de choix qu’on ne veut jamais avoir à faire. Â
Voici une interview de l’auteure Sheri Fink
Tant que j’y suis (merci Elsa encore), j’ai fini par regarder le pilote d’une nouvelle série d’HBO qui s’appelle “Treme” et qui a commencé dimanche dernier. La Nouvelle Orléans après Katrina. Les auteurs sont ceux de ”The Wire” qui est ce que la télé a fait de mieux ces dernières années. Je vous laisse jeter un oeil sur ce que New orleans pense de “Treme”. Mais bien entendu vous ne pourrez pas regarder la première saison avant l’année prochaine parce que vous ne téléchargez pas illégalement les séries Américaines.
Have a nice day.
En ville
Publié le 14 avril 2010
En un mot l’histoire qui passionne les Américains en ce moment (là ). Une femme du Tennessee qui avait adopté un enfant Russe l’a remis dans un avion. Aller simple pour Moscou. Tout seul. Le gamin a 7 ans. Il a visiblement des problèmes psychologiques. Sa “mère” en avait peur. Retour à l’envoyeur. Avec un petit mot dans la poche. “Je ne souhaite plus être la mère de cet enfant”. La femme refuse de parler aux autorités, la “grand-mère adoptive” en revanche, raconte que l’enfant menaçait de mettre le feu à la maison et avait des crises de colère terribles.
Les familles Américaines en attente d’un enfant Russe s’inquiètent d’un geste de colère du côté de Moscou qui gèlerait les adoptions. Presque 2000 par an (ici)
La justice Américaine n’a pas bougé pour l’instant, la mère habite le Tennessee mais a mis son fils dans l’avion depuis la Virginie.
Dingue !
Have a nice day