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30 août 2012

Ryan en chauffeur de salle

Posté dans: En campagne

Mitt Romney n’a plus qu’à mettre les pieds sous la table. Paul Ryan lui a mis sur le feu aux petits oignons, la salle d’une convention républicaine qui jusque là, à l’exception de l’intervention d’Ann Romney, ne semblait n’avoir à offrir qu’un enthousiasme poli.

Ryan on le sait, c’est l’homme des idées tranchantes dans le ticket. S’il a été choisi, c’est parce qu’il n’hésite pas à avancer avec une réelle idéologie conservatrice en bandoulière. Dès l’annonce de sa nomination il y a à peine 15 jours, il a été envoyé dans les états clefs, il y a trouvé des salles combles qui ne demandaient qu’à faire éclater une énergie jusque là contrariée par l’éteignoir Mitt Romney.

Ryan cette nuit a confirmé qu’il était le choix qui rassure les militants les plus à droite. Il a aussi parfaitement rempli son rôle de bras droit du candidat. Contre Obama, il a été comme le souhaitaient des délégués soudés par son rejet du président actuel : impitoyable. La santé, la relance, le chômage, Ryan a présenté une administration à bout de souffle et à court d’idée.

Il a donné un peu de lui. Il sait faire. Il est jeune, plutôt beau gosse, il a une femme et trois enfants qui avaient l’air ravis de saluer la salle, et une mère qui le suit depuis quelques jours dans ses meetings : elle lui sert de caution quand on l’accuse de vouloir démanteler Medicaire, l’assurance santé des plus de 65 ans.

Ryan a comblé le vide « proche du peuple » de son colistier en parlant de cette petite ville de Jamesville -où il est né et vit encore, c’est là qu’il est élu depuis des années-  l’occasion de parler de cette usine General Motors où travaillaient certains de ses amis de lycée qui a fermé aujourd’hui. (Soit dit en passant, la fameuse usine n’a pas fermé sous Obama mais sous Bush. Les fact checkers des journaux Américains ont twitté cette précision immédiatement)

Paul Ryan a enfin choisi de mettre un peu d’humour dans son éloge à Mitt Romney . Une génération nous sépare a-t-il dit, nous venons d’horizons différents, et nous n’avons pas la même religion. Mais ça n’a pas d’importance. Romney est quelqu’un de bien a dit Ryan, par ailleurs être un homme d’affaire qui a réussi c’est une bonne chose. Et puisque son patron s’est laissé tailler une réputation de « bonnet de nuit », Ryan a enfoncé le clou en évoquant les goûts musicaux de Romney qui semblent assez proches de la musique d’ascenseur quand lui écoute ACDC et Led Zep.

L’intervention de Paul Ryan hier avait un petit goût de Sarah Palin il y a 4 ans, quand McCain faisait pâle figure à côté de la tornade déclenchée par sa numéro 2. Romney en revanche n’a pas à craindre les effets secondaires qui ont en partie plombé le ticket 2008. Ou en tout cas pas les mêmes…

Mitt Romney prend donc la parole ce jeudi soir, après une introduction de Marco Rubio, l’étoile montante du parti, sénateur de Floride et longtemps vu à la place qu’occupe aujourd’hui Paul Ryan.  Toute la journée, Tampa a aussi bruissé d’une rumeur parlant d’un invité surprise qui pourrait être Clint Eastwood. Ou pas. De quoi garder au chaud une salle désormais pleine d’énergie qui par ailleurs a réservé un accueil très chaleureux à Condolezza Rice cette après midi. L’ancienne secrétaire d’état marque le premier retour des “anciens de l’ére Bush” à une convention républicaine. Rice, comme McCain avant elle, a permis une entrée de la politique étrangère dans l’arène de Tampa; pendant 20 minutes elle a disserté sans prompteur -c’est l’une des seules- de la place de numéro 1 que doit reprendre l’Amérique dans le monde, tout en suggérant quelques idées sur l’immigration et l’éducation sans jamais bâcher Obama outrageusement -c’est l’une des seules aussi-. Un vrai discours de candidate…

Il est 4 heures du matin, je ne sais pas si Romney empêche Ann de dormir; s’il est devant elle en pyjama et lui répéte son discours pour la 18eme fois. Mais après 3 jours de convention, chacun a fait le travail qu’on lui demandait: Les pointures du parti ont montré qu’ils étaient rangés derrière leur candidat, sa femme a montré qu’il était formidable, Ryan a tout donné pour lui chauffer la salle, et Isaac est passé sans laisser de dégâts irréparables derrière lui.  Y’a plus qu’a.

Have a nice day.