Hollande vu d’Amérique
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Voici juste un petit florilège rapide de ce qui a été écrit dans la presse Américaine après l’élection de François Hollande. Rien de bien neuf pour ceux qui suivent déjà la page facebook de Radio-France à Washington ou Twitter. Juste un léger bout-à-bout et 2 ou 3 traductions pour les non-anglophones et les textes en anglais pour les plus courageux. ;)
Il est loin le temps où les Américains voyaient arriver un président Socialiste en France en se demandant s’il était encore prudent de parler à ce pays dangereux qui venait de donner 4 ministères à des communistes. Elle est loin l’Amérique de Reagan d’avant la chute du mur qui s’est finalement étonnée elle-même de trouver en François Mitterrand un allié fiable. Aujourd’hui, personne ne craint l’élection de François Hollande ; au-delà des plus ignorants qui aiment à se vautrer dans la caricature, personne ne songe à agiter des gousses d’ail sur son passage. La presse Américaine en revanche reflète bien tout le chemin qu’il reste à parcourir au président Français pour se faire connaître. Après avoir été assez indifférente aux empoignades du premier tour ; après avoir préféré s’appesantir sur Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen, la presse a multiplié les portraits de François Hollande que « The Economist » a jugé « dangereux » (ici, les commentaires de l’article, souvent plus instructifs du mood Américain) ; ou que « Newsweek », en contre-pied, a croqué (clic) en « animal politique » comme son adversaire, tout en expliquant que les Français avaient eu assez d’excitation comme ça : « laissez les manger du flan ».
Ce matin, (c’est encore lundi chez moi), le ton n’est donc ni à l’étonnement ni à la curiosité, et tous les titres de la presse soulignent avant tout le non à l’austérité des électeurs Français (et Grecques), au point que les frictions à venir sur l’Afghanistan ou les clarifications à faire sur l’Iran passent au second plan. L’édito le plus commenté, c’est celui du Prix Nobel Paul Krugman, infatiguable libéral au sens Américain qui dans sa colonne du New York Times (Ici) félicite les « européens révoltés, et il était temps ». Il voit dans le refus du diktat de l’Allemagne une meilleure chance de survie pour l’Euro et le « projet Européen ».
Sans surprise, le Wall Street Journal est inquiet de l’avenir de la renégociation du pacte fiscal, (Voyez ici la vidéo) et de la définition de « croissance » qui implique de dépenser l’argent de l’état. Le journal pense que la France devra comme tout le monde « avaler son amer médicament » et entrer dans le rang quelles que soient les promesses faites. Même genre de conclusion dans le Huffington Post ou l’on parle des “erreurs Françaises” et explique à ses lecteurs chacunes des contre-vérités liées à l’éléction de François Hollande. « Non il n’a pas gagné, Sarkozy a perdu », « Oui François Hollande pourra travailler étroitement avec l’Allemagne, c’est le pragmatisme qui l’emportera ». (clic)
« Pourquoi Obama n’est pas si heureux de ce nouveau président socialiste ? » demande le Los Angeles Times (Ici), « parce que si il n’aime pas plus l’austérité que François Hollande, il aime encore moins l’idée d’une nouvelle crise financière ».
On n’échappera pas à la caricature évoquée plus haut chez certains conservateurs soucieux d’être réélus et de profiter de l’élection de François Hollande pour taper sur Obama, comme ici ce tweet d’un sénateur de Floride qui prévient les électeurs Américains à grand renfort de label « socialiste » que les 75% d’impôts aux plus riches ne vont pas tarder à arriver aux Etats-Unis aussi
“New president of France is calling for a top tax rate of 75%. America, see your future with 4 more years of Obama.”
Dans un autre genre, certains commentateurs conservateurs voient dans le rejet de Sarkozy le même rejet Américain de Barack Obama
“While faring slightly better than France, GDP and employment growth have languished in the U.S. as well and unless the economy turns around dramatically, Obama is likely to confront the same sort of broad-based, voter discontent which was clearly a factor in Sarkozy’s defeat“
L’article le plus drôle dont l’avenir dira s’il est le plus juste est signé, Rosecrans Baldwin (clic) dans les pages Opinion du New York Times. Dans un portrait assez juste et très bien troussé du style de présidence de Nicolas Sarkozy, l’auteur assure que les Français vont regretter leur ancien président. « Peut être pas maintenant dit il, mais ils sentiront son absence. La température va tomber. Quand on vous enlève quelque chose que vous adorez détester, l’amour disparaît aussi ».
Have a nice day