Alors ça y est ? C’est fait ces primaires ??
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En général avant chaque mardi de primaire -surtout quand l’actualité en France balaye tout !- avant de décider si oui ou non on couvre les votes du jour, l’un ou l’autre de mes chefs me demande si au moins cette fois ça vaut le coup de s’y attarder parce que c’est la bonne.
Ben non. Désolée. Pas encore.
Mais il y a du mieux ! Hier soir dans l’Illinois, c’était presque ça.
Romney est très loin encore d’avoir le nombre de délégués nécessaires pour décrocher la nomination, mais il est devenu concrètement irrattrapable. Et surtout pour la première fois depuis la Floride (Il y a 100 ans !) sa victoire dans ce 27eme état à voter est vraiment significative. Après le Michigan et l’Ohio, gagnés de peu mais gagnés quand même Romney inscrit enfin une large victoire très loin de son jardin du Nord-est. Le New Yorker pense même qu’enfin, Romney a trouvé le ton juste pour s’adresser à ses électeurs (clic).
Ce mercredi, Jeb Bush a apporté son soutien à Romney. S’il ne portait pas un nom de famille avec lequel l’Amérique n’est pas encore réconciliée, ce Bush là serait le candidat républicain idéal. Faute de cela il est une figure morale du GOP et sa voix dit qu’il est temps d’arrêter de se faire mal. Alors certes Romney va probablement perdre la Louisiane ce samedi. Certes aussi, et c’est bien la seule inconnue, le processus ne prendra fin que si les autres finissent par jeter l’éponge. On n’est donc pas encore au bout de nos peines. Mais on peut dire désormais que la victoire finale de Romney n’est plus une question de « si », mais une question de « quand ».
Ron Paul est devenu une quantité négligeable, il n’entre pas en ligne de compte.
Gingrich tient encore des discours de victoires quand il perd lourdement, mais c’est probablement le manque d’argent qui risque de le mettre (enfin !) sur la touche à son égo défendant.
Santorum en revanche, a toujours derrière lui, ces purs qui sont au bord de la crise d’urticaire devant Mitt Romney. Mais la question de savoir s’il finira avant la convention, par admettre que sa démonstration est faite et qu’il est temps de partir la tête haute est encore sans réponse. Il a devant lui quelques états dont la population lourdement évangélique peut encore lui donner de quoi creuser le fossé conservateurs/modérés. Il a le Wisconsin qui représente un beau Challenge. Jusque là, le Midwest lui a permis de faire douter Romney. On saura à quoi s’en tenir le 3 avril.
A moins que la stratégie de Santorum soit juste de faire obstacle à Romney qui arrivera à la fin des primaires, en tête, mais sans les 1144 délégués nécessaires.
Les journaux Américains commencent à se pencher sur l’effroyable imbroglio mathématique que serait un vote à la convention de Tampa à la fin de l’été.
L’establishment républicain, Karl Rove en tête, ne croit pas à une convention qui débuterait sans le nom du candidat. Il ne VEUT pas d’une convention « négociée », ou « ouverte », qui risque de laisser des blessures non cicatrisées au moment de novembre. Huckabee qui a été candidat en 2008 et anime désormais une émission sur Fox News juge que cette hypothèse serait « un désastre ». Mais si Santorum (ou ce bon vieux Gingrich allez savoir !), ne veut pas se résoudre à quitter la compétition, il faudra bien s’y coller.
Autant vous le dire d’emblée, je ne vais pas même essayer de vous expliquer comment fonctionne un vote « sur le floor » de la convention, je ne suis pas sûre d’avoir tout compris moi-même. Contrairement à ce qui se passe chez les démocrates, il n’y a pas de « super-délégués » chez les républicains. Il y a des « engagés » ou « non engagés ». Donc des délégués qui doivent voter comme leur état l’a décidé au moment des primaires, et d’autres qui ne sont engagés par aucune promesse de ce genre. Les « non engagés » sont en général les plus “capés” des délégués, des membres influents du parti. Leur vote est déterminant en cas de blocage. Mais chez les « engagés », s’il suffisait de voter oui ou non ce serait bien trop facile. Les règles varient selon les états. Voire en fonction des comtés ! Et on ne parle là que du premier tour de scrutin. S’il devait y avoir un second tour, tous les délégués seraient relevés de leur promesse d’origine, ce qui pourrait totalement renverser la vapeur. Et créer une pagaille mémorable.
La dernière fois que les Républicains ont vécu une convention négociée, c’était en 1976. Reagan contre Ford qui était le sortant… et qui a perdu en novembre contre Carter. En général des situations similaires chez les Démocrates ne sont pas plus brillantes : souvenez vous de Ted Kennedy contre Carter en 1980, qui avait abouti à… la victoire de Reagan.
Pour mesurer la taille de la valise que délégués, journalistes et experts auront à faire avant de prendre l’avion pour Tampa, peut être serait-il utile de garder en tête qu’en 1924, il avait fallu 103 votes et 16 jours de convention pour mettre tout le monde d’accord.
Have a nice day