Le Tuesday sera-t-il vraiment Super ?
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Les républicains doivent se mordre les doigts.Ils ont voulu changer leur mode de comptage des délégués en y mettant de la proportionnelle pour donner plus de piment à leur compétition. La tradition du « Winner takes all » fermait le ban très tôt, cette année ils ont voulu qu’on parle d’eux plus longtemps ; S’offrir une publicité permanente comme les démocrates l’ont fait sans trop de dommage au final pendant la bataille Obama/Clinton.
Le résultat n’est pas ce qu’ils avaient imaginé. Le spectacle de leurs divisions est tel que certains suggèrent sérieusement de laisser filer 2012 pour se concentrer sur le Sénat et la Chambre et sortir des rangs le candidat idéal en 2016. L’idée d’une convention divisée comparable dans l’histoire récente à Goldwater/Rockfeller en 1964 ne fait plaisir à personne. L’establishment qui semble vouloir en finir, se resserre à nouveau autour de Romney quitte à l’envoyer au casse pipe. Peut-être même avec pour certains un sourire de satisfaction. Démonstration aura été faite qu’un modéré ne peut pas l’emporter à l’élection générale.
On saura cette nuit si le pays républicain veut en finir lui aussi, ou si on est parti pour des semaines encore d’incertitude.
10 états donc. 437 délégués.
L’OHIO. 66 délégués en jeu. Celui qu’on regarde avec le plus d’attention. Sur le papier, un candidat peut survivre mathématiquement à une défaite dans cette nouvelle bataille du Middlewest. Mais l’avantage psychologique du gagnant est énorme. Jamais un candidat républicain ne l’a emporté en Novembre sans l’Ohio. Celui qui gagnera ce soir sera vu comme capable de battre Barack Obama sur le terrain des cols bleus. Santorum a dominé les sondages toute la semaine avant de se faire rattraper par Romney sur la lancée de sa victoire dans le Michigan voisin. Les deux hommes sont coude à coude.
Le MASSACHUSSETTSest pour Romney. Il est chez lui. Aucun suspens
Le VERMONTest pour Romney aussi. Personne n’a même songé à faire campagne contre lui là haut.
La VIRGINIEest dans la plus curieuse des configurations. En temps normal c’est un terrain d’affrontement. Et un swing state en général républicain qu’Obama a remporté en 2008. Sauf que ni Santorum, ni Gingrich ne sont sur les bulletins de vote. Par négligence ils n’ont pas rempli les critères nécessaires pour s’inscrire. 49 délégués de plus pour Romney. Si Ron Paul gagne, je veux bien avaler un drapeau confédéré sur les champs de bataille d’Appomattox.
L’OKLAHOMAest l’un des états les plus conservateurs des Etats-Unis. Santorum y est en tête et Romney y a tout juste mis les pieds. Mais il peut profiter de la division des ultras entre Santorum et Gingrich. A surveiller.
Le TENNESSEEconnu pour ses nombreuses églises n’est pas non plus le terrain favori de Romney. Il peut tomber dans le baluchon de Santorum, ou dans celui de Gingrich. Il a un calcul de délégué très complexe qui ne rapporte pas énormément à son vainqueur.
La GEORGIEet ses 76 délégués est le terrain de jeu de Gingrich. C’est là qu’il a été élu représentant à la chambre pendant 20 ans. Gingrich a tout misé sur son état. Il entend s’y relancer en visant les autres gros états du sud à suivre, en particulier le Texas. Il va gagner. Mais si c’est sa seule victoire, il est mort.
L’ALASKAest un caucus. En 2008 seules 14 000 personnes s’étaient déplacées pour voter. Sarah Palin a plus ou moins apporté son soutien à Gingrich, on vera si ça a le moindre effet.
L’IDAHOest aussi un caucus. ¼ de mormons. Mais Ron Paul (Il est encore là !) y a peut être une carte à jouer.
Le DAKOTA du NORD. Encore un Caucus, et là encore une chance peut-être pour Ron Paul de remporter enfin un état avant probablement de tirer sa révérence. Mais Romney n’a pas laissé filer bien au contraire. Il avait gagné cet état en 2008, il a bien mis les pieds dans la neige de Fargo et a reçu le soutien du Républicain le plus populaire du coin.
Au final 3 scénarios : les électeurs veulent en finir ils donnent une vraie majorité à Romney qui prend l’Ohio et récolte aussi des voix dans certains états du sud. Il aura au moins 300 délégués supplémentaires, et même s’il ne sera pas officiellement le candidat républicain, il aura pris une sérieuse avance.
Santorum peut aussi ne laisser à Romney que les évidences du Massachusetts, du Vermont et de la Virginie, il pourra dire alors qu’il est bien l’alternative à Romney et mettra les bouchées doubles dans les états du sud à suivre.
Le pire des scénarios serait que chacun gagne là ou il est attendu. Cela voudrait dire que personne n’est capable de rassembler au-delà de sa famille. Et le petit jeu pourra durer encore longtemps.
Have a nice day