Convention Républicaine, le bilan
Vendredi 31 aoĂ»t 2012Oui ben, je suis fatiguĂ©e et j’ai pas fini de travailler pour les antennes, alors on fera le bilan demain, vous n’avez qu’a Ă©couter la radio. MĂŞme la photo est floue, c’est dire… :))
Oui ben, je suis fatiguĂ©e et j’ai pas fini de travailler pour les antennes, alors on fera le bilan demain, vous n’avez qu’a Ă©couter la radio. MĂŞme la photo est floue, c’est dire… :))
Mitt Romney n’a plus qu’Ă mettre les pieds sous la table. Paul Ryan lui a mis sur le feu aux petits oignons, la salle d’une convention rĂ©publicaine qui jusque lĂ , Ă l’exception de l’intervention d’Ann Romney, ne semblait n’avoir Ă offrir qu’un enthousiasme poli.
Ryan on le sait, c’est l’homme des idĂ©es tranchantes dans le ticket. S’il a Ă©tĂ© choisi, c’est parce qu’il n’hĂ©site pas Ă avancer avec une rĂ©elle idĂ©ologie conservatrice en bandoulière. Dès l’annonce de sa nomination il y a Ă peine 15 jours, il a Ă©tĂ© envoyĂ© dans les Ă©tats clefs, il y a trouvĂ© des salles combles qui ne demandaient qu’Ă faire Ă©clater une Ă©nergie jusque lĂ contrariĂ©e par l’Ă©teignoir Mitt Romney.
Ryan cette nuit a confirmĂ© qu’il Ă©tait le choix qui rassure les militants les plus Ă droite. Il a aussi parfaitement rempli son rĂ´le de bras droit du candidat. Contre Obama, il a Ă©tĂ© comme le souhaitaient des dĂ©lĂ©guĂ©s soudĂ©s par son rejet du prĂ©sident actuel : impitoyable. La santĂ©, la relance, le chĂ´mage, Ryan a prĂ©sentĂ© une administration Ă bout de souffle et Ă court d’idĂ©e.
Il a donnĂ© un peu de lui. Il sait faire. Il est jeune, plutĂ´t beau gosse, il a une femme et trois enfants qui avaient l’air ravis de saluer la salle, et une mère qui le suit depuis quelques jours dans ses meetings : elle lui sert de caution quand on l’accuse de vouloir dĂ©manteler Medicaire, l’assurance santĂ© des plus de 65 ans.
Ryan a comblĂ© le vide « proche du peuple » de son colistier en parlant de cette petite ville de Jamesville -oĂą il est nĂ© et vit encore, c’est lĂ qu’il est Ă©lu depuis des annĂ©es- l’occasion de parler de cette usine General Motors oĂą travaillaient certains de ses amis de lycĂ©e qui a fermĂ© aujourd’hui. (Soit dit en passant, la fameuse usine n’a pas fermĂ© sous Obama mais sous Bush. Les fact checkers des journaux AmĂ©ricains ont twittĂ© cette prĂ©cision immĂ©diatement)
Paul Ryan a enfin choisi de mettre un peu d’humour dans son Ă©loge Ă Mitt Romney . Une gĂ©nĂ©ration nous sĂ©pare a-t-il dit, nous venons d’horizons diffĂ©rents, et nous n’avons pas la mĂŞme religion. Mais ça n’a pas d’importance. Romney est quelqu’un de bien a dit Ryan, par ailleurs ĂŞtre un homme d’affaire qui a rĂ©ussi c’est une bonne chose. Et puisque son patron s’est laissĂ© tailler une rĂ©putation de « bonnet de nuit », Ryan a enfoncĂ© le clou en Ă©voquant les goĂ»ts musicaux de Romney qui semblent assez proches de la musique d’ascenseur quand lui Ă©coute ACDC et Led Zep.
L’intervention de Paul Ryan hier avait un petit goĂ»t de Sarah Palin il y a 4 ans, quand McCain faisait pâle figure Ă cĂ´tĂ© de la tornade dĂ©clenchĂ©e par sa numĂ©ro 2. Romney en revanche n’a pas Ă craindre les effets secondaires qui ont en partie plombĂ© le ticket 2008. Ou en tout cas pas les mĂŞmes…
Mitt Romney prend donc la parole ce jeudi soir, après une introduction de Marco Rubio, l’Ă©toile montante du parti, sĂ©nateur de Floride et longtemps vu Ă la place qu’occupe aujourd’hui Paul Ryan.  Toute la journĂ©e, Tampa a aussi bruissĂ© d’une rumeur parlant d’un invitĂ© surprise qui pourrait ĂŞtre Clint Eastwood. Ou pas. De quoi garder au chaud une salle dĂ©sormais pleine d’Ă©nergie qui par ailleurs a rĂ©servĂ© un accueil très chaleureux Ă Condolezza Rice cette après midi. L’ancienne secrĂ©taire d’Ă©tat marque le premier retour des “anciens de l’Ă©re Bush” Ă une convention rĂ©publicaine. Rice, comme McCain avant elle, a permis une entrĂ©e de la politique Ă©trangère dans l’arène de Tampa; pendant 20 minutes elle a disserté sans prompteur -c’est l’une des seules- de la place de numĂ©ro 1 que doit reprendre l’AmĂ©rique dans le monde, tout en suggĂ©rant quelques idĂ©es sur l’immigration et l’Ă©ducation sans jamais bâcher Obama outrageusement -c’est l’une des seules aussi-. Un vrai discours de candidate…
Il est 4 heures du matin, je ne sais pas si Romney empĂŞche Ann de dormir; s’il est devant elle en pyjama et lui rĂ©pĂ©te son discours pour la 18eme fois. Mais après 3 jours de convention, chacun a fait le travail qu’on lui demandait: Les pointures du parti ont montrĂ© qu’ils Ă©taient rangĂ©s derrière leur candidat, sa femme a montrĂ© qu’il Ă©tait formidable, Ryan a tout donnĂ© pour lui chauffer la salle, et Isaac est passĂ© sans laisser de dĂ©gâts irrĂ©parables derrière lui.  Y’a plus qu’a.
Have a nice day.
Je travaille Ă la convention dans une salle de presse qui accueille les journalistes Ă©trangers. Dans ce pĂ©rimètre fermĂ© nous sommes donc Ă très grande majoritĂ© europĂ©ens. Quand Ann Romney a fait son discours hier, dès la deuxième minute, elle a lancĂ© comme vous le savez : « Ce soir (pause) je suis venue vous parler d’amour ».
Nous avons tous éclaté de rire. Mais nous étions bien les seuls.
C’est dans ce genre de contexte que l’on mesure jusqu’Ă quel point nos deux cultures divergent.
La presse AmĂ©ricaine est assez unanime pour dire qu’elle a rĂ©ussi son entrĂ©e. Tout le monde a bien notĂ© que la (future ?) première dame Ă©tait un peu crispĂ©e et qu’elle devait corriger ce petit rire nerveux qu’elle lance de temps en temps pour se donner une contenance. Mais personne -or twitosphère et blogosphère dĂ©mocrate- n’a jugĂ© que ces 20 minutes d’amour pour son homme, de rĂ©vĂ©rence aux mères de familles et aux femmes en gĂ©nĂ©ral Ă©tait cul-cul la praline. (D’ailleurs si quelqu’un a une traduction anglaise de cette expression je suis preneuse). Â
Sur le fond, le cahier des charges effectivement est rempli. Son discours qui a Ă©tĂ© travaillĂ©, revu, retravaillĂ© et re-revu par les stratĂ©gistes rĂ©publicains nous a emmenĂ© dans la cuisine du premier appartement du couple (la table Ă repasser qui sert de table de dĂ®ner), a racontĂ© quelques parents pas si lointains moins fortunĂ©s, a fait l’apologie des femmes qui sont « le meilleur de l’AmĂ©rique », a appuyĂ© sur les qualitĂ©s d’un homme « qui n’aime pas parler de ce qu’il fait pour les autres parce qu’il pense que c’est un privilège, pas une occasion de faire de la politique », elle a aussi appuyĂ© sur cette fortune que son Mitt a construite en travaillant et promis Ă l’AmĂ©rique que “qu’il n’Ă©chouerait pas; qu’on ne peut trouver personne d’autre prĂŞt Ă travailler aussi dur ».
Ann Romney a cochĂ© toutes les cases dans la liste des messages qu’elle devait faire passer. Elle a captĂ© les femmes en essayant de taper quelque part entre la caissière de chez Wal-Mart et Bree Van de Camp, allant jusqu’Ă lancer un « femmes, je vous aime », qui Ă nouveau a dĂ©clenchĂ© l’hilaritĂ© dans notre petite troupe de cyniques mais provoquĂ© des applaudissements dans la salle ; elle a assurĂ© que son couple n’Ă©tait pas comme souvent en politique un « storybook », c’est un dire une vraie histoire et pas une SARL ; elle a fait de son mari un type extra « qui n’Ă©chouera pas », et assurĂ© qu’ils Ă©taient « une famille comme les autres ».
On a bien compris que la narrative de la famille Obama Ă©tait nettement plus facile Ă vendre. On a moins besoin de se forcer quand on a Ă©tĂ© Ă©levĂ© par une mère cĂ©libataire ou dans les quartiers noirs de Chicago; Ann Romney est une mĂ©re au foyer assumĂ©e et aisĂ©e, quand elle parle des femmes qui ont du mal Ă joindre les deux bouts on se dit qu’elle a dĂ» lire ça dans un livre,  mais son genre, Michèle Obama est dans le mĂŞme registre quand elle parle de son mari.
La presse ne manque pas de souligner que la première nuit de la convention a Ă©tĂ© assez terne, avec un public qui n’a pas forcĂ© son enthousiasme, sauf, devant Ann Romney, sa robe rouge et les photos du couple qui dĂ©filaient derrière elle. MĂŞme Chris Christie le charismatique gouverneur du New Jersey qui parlait juste après elle n’a pas fait mieux. La question que posent les analystes dĂ©sormais est de savoir si Madame est parvenue Ă humaniser son mari et s’il saura faire aussi bien. Surtout que Paul Ryan parle ce soir et qu’il est depuis 10 jours le chouchou des conservateurs.
Aux Etats-Unis le pathos c’est comme le drapeau, on s’enroule dedans sans s’en excuser, et ça marche.
Have a nice day.
Or donc, il parait que Mitt Romney est drĂ´le, qu’il est chaleureux, qu’il a de l’empathie pour ceux qu’il veut diriger, et on va nous le prouver. Dès ce soir Ă l’ouverture (rĂ©elle cette fois) de la convention.  Si ça ne marche pas, ça ne sera pas faute d’avoir essayĂ©. Bien en amont du discours tant attendu de Ann Romney, bien avant ses 5 fils et une bonne partie de ses 18 petits-enfants qu’on verra dĂ©filer sur scène, l’offensive de communication pour faire du candidat rĂ©publicain un homme comme tout le monde a Ă©tĂ© sĂ©rieusement mise en marche. CNN diffuse depuis hier un très long documentaire pour lequel la chaĂ®ne a eu accès Ă tout et tout le monde ; le couple Ann/Mitt est en une de « Parade » un magazine distribuĂ© dans tout le pays avec une multitude de journaux quotidiens ; il fait la couverture de Time et celle de The Economist aussi, mais lĂ c’est beaucoup moins flatteur : « So Mitt, what do you really believe ? » dit le titre (Alors Mitt, en quoi crois-tu exactement ?). Â
Cette phrase assassine (de la part d’un journal qu’on ne peut pas soupçonner de rouler Ă gauche) rĂ©sume Ă elle seule le chemin qui reste Ă parcourir au candidat Romney. Sur le fond et sur la forme. Pour se faire Ă©lire, il doit se faire aimer. Au moins un peu. Il est d’ailleurs assez drĂ´le de constater quand on regarde les sondages que les gens continuent Ă apprĂ©cier le personnage d’Obama mais doutent de sa capacitĂ© Ă redresser le pays, ils voient en revanche des capacitĂ©s rĂ©elles chez Romney mais n’arrivent pas Ă l’aimer. Pas la peine de se demander pourquoi ces deux lĂ n’arrivent pas Ă se dĂ©tacher dans les sondages.
« We better unzip him and let the real Romney out » disait sa femme en riant dans une interview rĂ©cemment. Grosso-modo, il faut le “dĂ©coincer pour laisser sortir le vrai Romney“.
La campagne rĂ©publicaine a cru qu’en l’Ă©tat de l’Ă©conomie, l’homme d’affaire suffisait Ă faire un candidat. Elle en a oubliĂ© tout le reste et nĂ©gligĂ© de prĂ©senter l’homme-tout-court Ă l’AmĂ©rique.
En 2008, au milieu des primaires, Romney avait fait un discours sur sa foi mormone, la campagne a considĂ©rĂ© cette annĂ©e que « ça c’est fait », elle est passĂ© dessus jusqu’Ă la semaine dernière quand le candidat a embarquĂ© la presse AmĂ©ricaine dans son Ă©glise.
Le rĂ©veil est assez tardif. Car jusque lĂ les dĂ©mocrates ont très bien rĂ©ussi Ă faire de leur adversaire un horrible privilĂ©giĂ©, nĂ© une petite cuillère en argent dans la bouche. Ils ont bien retrouvĂ© les chiffres, rappelant qu’il avait laissĂ© 44 millions de sa fortune personnelle dans sa campagne 2008, et Romney n’a jamais su inverser la vapeur.  Selon un sondage ABC/Washington Post, 6 Ă©lecteurs de 10 pensent qu’il fera une politique favorable aux riches comme lui. .
Romney n’a guère Ă©tĂ© aidĂ© par ses collègues rĂ©publicains qui pendant les primaires le traitaient de vautour capitaliste dès qu’il Ă©tait question de « Bain Capital », sa sociĂ©tĂ© d’investissement. Il ne s’aide pas beaucoup lui-mĂŞme dès qu’il est (toujours) question de ces fameuses feuilles d’impĂ´ts qu’il ne veut pas fournir ”parce que les dĂ©mocrates utiliseraient l’argument contre lui” (La phrase est de Ann Romney), une manière très maladroite de se dĂ©fendre. Â
Mitt Romney parle mal de lui, pendant qu’Obama est crĂ©dible sans se forcer devant une foule de cols bleus quand il Ă©voque sa mère cĂ©libataire morte d’un cancer, ses grands-parents de la classe moyenne et sa bourse d’Ă©tude. John McCain n’avait pas mĂŞme besoin de parler de ses annĂ©es de guerre, les Ă©lecteurs le faisaient pour lui. Â
Romney n’y peut rien, mais il n’a pas de passĂ©. Ou il lui fait peur. Il a Ă©tĂ© effectivement Ă©tĂ© Ă©levĂ© dans un milieu très prĂ©servĂ©, et a Ă©chappĂ© Ă la guerre du Vietnam grâce Ă cette religion un peu curieuse qui l’envoyait convertir les Français dans le tumulte de 68. Son arrière grand père Ă©tait d’ailleurs polygame et a dĂ» fuir la police fĂ©dĂ©rale. (Il n’y peut rien non plus). « Bain Capital » a beaucoup licenciĂ©, et une fois très fortunĂ©, lorsqu’il a dĂ©cidĂ© de « servir » au sortir de sa mission aux JO de Salt Lake City, Romney Ă©tait favorable au contrĂ´le sur les armes, Ă l’avortement, au mariage gay, Ă une assurance santĂ© universelle et attentif aux changements climatiques.
Dès son ouverture, la convention a pour mission de corriger tout ça. Montrer qu’il est bien plus que son argent. Et qu’il a bien des convictions politiques.
Ann servira de vecteur principal. On devrait entendre des mormons. Les speakers seront éloquents et les vidéos qui inondent habituellement les conventions se chargeront de souligner les pirouettes du père et les accomplissements du business man.
Mitt Romney est sans doute un personnage nettement plus inspirĂ© que ses discours assez ternes. Il est probablement plus sympathique que son image de premier de la classe et certainement moins raide que ces jeans qu’on lui fait porter qui ont l’air d’avoir Ă©tĂ© repassĂ©s le matin avant de partir. Mais face Ă l’AmĂ©rique rĂ©solument conservatrice qu’il entend reprĂ©senter c’est un homme qui semble figĂ© par ce qu’il est. Son argent, sa religion, et le terrain minĂ© qu’est son CV.
Have a nice day.
Quand je vous disais qu’une convention est une grande affaire de plan de table ! Celui de la semaine prochaine, chez les rĂ©publicains a changĂ© 3 fois dans la seule journĂ©e d’hier, après avoir Ă©tĂ© modifiĂ© dĂ©jĂ la veille, et j’aime autant ne pas m’engager pour demain.
D’abord, ce qu’on appelle le « Roll Call » a Ă©tĂ© dĂ©placĂ©. C’est le moment du vote, quand tous les Ă©tats l’un après l’autre se lèvent et donnent leurs voix au vainqueur des primaires. En gĂ©nĂ©ral ça se dĂ©roule la veille du grand discours du candidat, donc le mercredi. Cette fois, les rĂ©publicains ont dĂ©cidĂ© de le faire dès l’ouverture Lundi.
Au dĂ©but l’explication c’Ă©tait l’ouragan Isaac : se dĂ©pĂŞcher histoire qu’on ait au moins votĂ© si le ciel tombe ensuite sur la tĂŞte des dĂ©lĂ©guĂ©s. Après il a Ă©tĂ© Ă©crit que la raison de cette modification c’Ă©tait les supporters de Ron Paul. Ils se rĂ©unissent dimanche dĂ©jĂ , et certains avaient apparemment prĂ©vu de se faire entendre sur le « floor ». Finalement, après grosses nĂ©gociations une vidĂ©o sera diffuĂ©e sur l’apport de Ron Paul et ses Ă©lecteurs au parti rĂ©publicain et certaines idĂ©es des « libertarians » ont Ă©té inscrites au programme de politique gĂ©nĂ©rale.  Cette après-midi enfin, les RĂ©publicains ont expliquĂ© que toutes ces raisons Ă©taient fabriquĂ©es de toutes pièces et qu’ils souhaitaient simplement aller plus vite pour se concentrer ensuite sur les discours, et donc sur les idĂ©es.
Autre changement, Ann Romney. Elle devait ouvrir symboliquement la convention, finalement elle parle le lendemain mardi, après avoir été déplacées entre temps à jeudi, avant de revenir à mardi.
Tout ça pour quoi ? La télévision.
Les 3 networks AmĂ©ricains ABC, NBC et CBC ont fait savoir qu’ils ne diffuseraient rien en direct le lundi soir. Ils se concentreront sur mardi, mercredi et jeudi. Comme ils le feront la semaine suivante pour les dĂ©mocrates. (Sauf que la convention dĂ©mocrate dĂ©marre de toute façon le mardi et dure 3 jours au lieu de 4).
Lundi Ă la tĂ©lĂ©, au lieu du triomphe de Romney, il y aura celui de Steve McGarett dans « Hawaii 5-O » ou celui de la dĂ©tective Becket dans « Castle ». - D’ailleurs au passage, comme dans le dernier Ă©pisode de la dernière saison, elle finissait pas embrasser son Ă©crivain de partenaire, l’AmĂ©rique est nettement plus impatiente de savoir s’ils ont vraiment conclu que de regarder des rĂ©publicains s’aimer les uns les autres-.
Les chaines du câble bien sĂ»r, seront en direct (CNN, Fox, MSNBC etc….), mais en audience, elles n’ont rien Ă voir avec les trois gĂ©ants.
Les rĂ©publicains ont essayĂ© de persuader les patrons de chaĂ®nes de changer d’avis. Rien n’y a fait. Or, Ann Romney, est indispensable Ă son mari. S’il y en a une qui est capable de parler de lui,  d’humaniser ce personnage qui patauge quand il Ă©voque sa vie personnelle, c’est elle. Si elle n’est pas en prime time, c’est sans effet sur les Ă©lecteurs. Donc inutile.
Il a Ă©tĂ© question dans la journĂ©e de faire intervenir Ann Romney plutĂ´t jeudi, afin que ce soit elle qui prĂ©sente son candidat de mari en prĂ©lude au grand discours de clĂ´ture. Sauf que dans les plans d’origine, la tâche Ă©tait rĂ©servĂ©e Ă Marco Rubio. Etoile montante du parti, sĂ©nateur de Floride, pressenti comme vice prĂ©sident et latino. DĂ©placer Rubio c’Ă©tait risquer de chagriner un Ă©lectorat indispensable. Et de priver d’une audience record un homme qui par sa seule prĂ©sence, donne au parti une image moins blanche et moins vieille.
Le plateau d’une convention, c’est avant tout un plateau tĂ©lĂ©.
Have a nice day
Si le parti républicain est en pleine tempête, ça n’a rien à voir avec l’ouragan Isaac qui s’approche dangereusement de la Floride. A trois jours de l’ouverture de la convention, le GOP vérifie non seulement les toitures, mais aussi qu’il est bien lui-même water proof.
Les républicains qui ont eu un mal considérable à se rallier derrière Romney devaient arriver à Tampa bien alignés, et comme on l’a déjà dit ici, ils devaient consacrer ces 4 jours à humaniser un homme qui a de grosses difficultés à parler de lui ; ils devaient se montrer comme les champions du redressement de l’économie, et partir bien rangés pour les 10 dernières semaines de campagne.
A la fin, le visage qu’ils montreront sera bien celui là . Et j’entends d’ici les délégués nous expliquer que le parti se porte bien, qu’il a le candidat de la situation, et que les medias libéraux déforment tout.
Cependant l’emblème des Républicains, un éléphant, a rarement si bien trôné au milieu de la pièce quand tout le monde fait semblant de ne pas le voir.
Todd Akin et ses propos sur l’avortement, ont réveillé les vieilles querelles qu’on avait tant bien que mal mises sous le tapis après les primaires. La division entre les plus conservateurs et l’establishment du parti est à nouveau en pleine lumière. Personne, parmi les grosses pointures, n’a assez de poids visiblement pour mettre les troupes en ordre. Personne n’a le pouvoir de décrocher son téléphone et faire entendre raison à un candidat obscur du Missouri. Les démocrates ont un Clinton. Les républicains il n’y a pas si longtemps avaient un Cheney. Et d’ailleurs Akin qui a trouvé le soutien de certains groupes religieux, est tout à fait capable de lever de l’argent sans souffrir de la décision du parti (pour l’instant) de lui couper les vivres. Cette après midi sur CNN, un pasteur dont je n’ai pas retenu le nom, disait très clairement que Todd Akin était traité par les Républicains exactement comme Sarah Palin l’était il y a 4 ans : très mal.
Pas plus tard que ce soir, Mike Huckabee, candidat aux primaires en 2008, chouchou des conservateurs et programmĂ© pour ĂŞtre orateur Ă la convention (!) a envoyĂ© un email disant qu’il Ă©tait choquĂ© “par l’attitude de certains officiels, qui se sont prĂ©cipitĂ©s pour mettre une croix sur la carrière politique d’un homme sur une erreur dans une interview“.
Personne n’a donc le respect absolu de toutes les branches du parti, et surtout pas Romney lui-même. Le défi lancé par Akin n’est pas seulement celui d’un homme têtu ; c’est celui d’une quantité non négligeable du GOP face à ses leaders. Le parti est rempli de Todd Akin aujourd’hui. Tous ces « nouveaux » qui ont été élus lors des élections à mi mandat en 2010, Tea Party ou équivalent, ont été largement financés par des groupes d’intérêts sans avoir à compter sur les grands argentiers habituels. Et ils sont rares à avoir été adoubés avec enthousiasme.
Si jusque lĂ , ce sont les dĂ©mocrates qui apparaissaient surtout comme le parti dispersĂ©, dĂ©sormais les RĂ©publicains le sont tout autant. Et les voilĂ empĂŞtrĂ©s dans leur vieux thèmes sociaux quand, si l’on y songe, ils pouvaient en s’y prenant bien, avoir un boulevard devant eux face Ă un Obama affaibli par un taux de chĂ´mage certes meilleur, mais pas encore de nature Ă rassurer le pays. Â
L’affaire Akin fait très mauvais genre et n’arrange pas les affaires de Romney, c’est entendu. La polĂ©mique permet d’appuyer sur son talon d’Achille, ses opinions pas très tranchĂ©es et surtout très changeantes. Sur le sujet, Romney a d’abord Ă©tĂ© pro-choice, puis pro-life avec une restriction lors des cas de viol, puis muet. Au point qu’aujourd’hui dans le Colorado, il a acceptĂ© de donner 5 minutes d’interview Ă une chaine locale Ă condition que ni Akin, ni l’avortement ne soient mentionnĂ©s.
Maintenant, est-ce que ça suffit pour faire s’envoler Obama vers la victoire, certainement pas. Le vote des femmes dont on parlait hier, c’est bien mais pas assez. Et si Obama est en tĂŞte des sondages, il n’a que 4 points d’avance, c’est peu. Est-ce que cette division bien claire fera hĂ©siter les Ă©lecteurs conservateurs devant leur machine Ă voter, pas plus. La plupart de toutes façons, n’étaient pas partis pour voter « pour » Romney, mais « contre » Obama. Il n’y a pas de raisons que ça change. Et puis histoire de contredire bĂŞtement tout ce que je viens de dire plus haut (!!), cette vieille phrase de Bill Clinton -intraduisible si on veut conserver le jeu de mot- est toujours Ă coller sur le front de tout le camp Obama, Ă la fin : « Democrats fall in love, Republicans fall in line ».
Have a nice day
Les démocrates appuient là où ça fait mal. Il n’est pas question pour eux de lâcher le filon de l’avortement et rater l’occasion de voir le débat se déplacer sur un terrain qui leur est plus favorable que celui de l’économie. Toute la journée Mitt Romney a pris soin d’éviter d’évoquer Todd Akin, toute la journée le camp Obama l’a remis en avant en faisant en sorte d’y mêler le candidat républicain le plus étroitement possible. « Ce n’est pas le cas isolé Akin, c’est tout le parti qui représente un danger pour les femmes ». Les démocrates s’appuient sur le programme de politique générale des républicains dont on parlait déjà 2 posts plus tôt qui a le mérite d’être très clair : fermeté sur le non à l’avortement, et silence absolu sur les cas de viol ou d’inceste.
L’occasion était parfaite pour dévoiler la liste des orateurs de la convention des démocrates qui ne s’ouvrira pas avant le début du mois de septembre.  La liste des oraTRICES surtout, subitement étoffée de quelques noms pas choisis au hasard dont le plus emblématique est Sandra Fluke. Une étudiante de Georgetown University à Washington, qui avait plaidé en février dernier pour le remboursement de la contraception devant une commission du congrès et s’était fait traiter de salope par Rush Limbaugh, le plus influent des animateurs radio républicains.
On entendra quelques habituées qui n’ont jamais aussi bien trouvé leur place : Nancy Keenan, présidente de Pro-choice America ; et  Cécile Richard du planning familial. La mère de Cécile Richard qui était trésorière de l’état du Texas et grande opposante à George Bush avait parlé à la convention d’Atlanta il y a plus de 20 ans. Elle est notamment célèbre pour avoir expliqué que Ginger Rogers faisait exactement les mêmes pas que Fred Astaire, mais derrière lui et en talons hauts. Parmi les autres femmes à s’exprimer, Lilly Ledbetter est l’auteure d’une loi sur l’égalité des salaires et des droits; Barbara Mikulski est la femme à la plus grande longévité au congrès, et puis bien sur des élues, des candidates (Elisabeth Warren qui va probablement reconquérir le siège de Ted Kennedy dans le Massachussetts ; Tammy Duckworth amputée de guerre et prétendante à la chambre pour l’Illinois). Hollywood sera représenté par Eva Longoria très active dans la campagne chez les Latinos.
Enfin bref, on a compris le message. Les femmes et les femmes d’abord.
Pour l’instant ça fonctionne. Non seulement on n’a pas parlé déficit depuis 3 jours, mais ce sondage NBC/WSJ a de quoi faire peur à Mitt Romney (clic) : Obama le devance de 10 points chez les femmes, et à la question, «quel candidat est le meilleur pour traiter les préoccupations des femmes ? » ; 24% pour le candidat républicain, 52% pour Obama.
La majorité des électeurs Américains sont des électrices, dans cette campagne, It’s raining women, hallelujah.
Have a nice day
Une convention c’est comme une rĂ©union de famille pendant un rĂ©veillon.On sait qu’on y retrouvera un oncle qui sent mauvais et une grand-mère qui pique, mais on ne peut pas faire sans eux ; on sait aussi qu’on reverra quelques cousins qu’on aime bien et qu’on n’a pas vu depuis longtemps. On sait qu’il faudra faire attention au plan de table ; et que certains sujets sont bons Ă Ă©viter. Le temps que ça durera, on fera semblant de trouver formidable la nouvelle femme de l’un, et on gardera son calme si les enfants d’un autre cassent encore 2 tasses en jouant au ballon Ă l’intĂ©rieur. A la fin il ne faut que des bons souvenirs.
Il n’y a pas de surprises dans une convention. On ne veut pas de surprises dans une convention. Tout est millimĂ©trĂ©, et orchestrĂ© comme une campagne de pub. En 2008, le ralliement de Clinton Ă Obama Ă©tait prĂ©parĂ© comme une super production Hollywoodienne ; l’arrivĂ©e de Sarah Palin chez les rĂ©publicains savamment mise en scène. Les discours ne commencent jamais avant 19h pour s’assurer du Prime Time des tĂ©lĂ©visions, et la salle est toujours contente. Les Texans viennent en chapeau, HawaĂŻ a des colliers de fleurs, ou le Wyoming des bottes de cow-boy et Ă la fin des ballons aux couleurs de l’AmĂ©rique tombent du ciel.
La famille composĂ©e-recomposĂ©e -donc le public- est faite de dĂ©lĂ©guĂ©s des 50 Etats (ceux que l’on comptait fĂ©brilement pendant les primaires), de reprĂ©sentants des congrès locaux, de Gouverneurs ou de grosses pointures. Si les calculs sont diffĂ©rents (et totalement incomprĂ©hensibles) d’un parti Ă l’autre, ça ne fait guère de diffĂ©rence. Dans les deux cas, on invite aussi les cousins très très germains que sont les « territoires non-incorporĂ©s » des Samoa, de Guam, du Nord des Ă®les Marianne, et des Ă®les vierges ; ainsi que « l’Etat libre associé » de Puerto Rico.
La dernière fois qu’on s’est vraiment battu pendant la convention, c’Ă©tait chez les RĂ©publicains en 1976. Ford et Reagan se sont dĂ©partagĂ©s sur le « floor », c’est-Ă -dire dans l’enceinte mĂŞme des dĂ©bats. Et on se souvient que c’est Carter qui a fini par gagner en Novembre. En 1980 si les DĂ©mocrates s’Ă©taient dĂ©jĂ dĂ©partagĂ©s de justesse au moment de leur convention, la bataille Carter/Ted Kennedy avait laissĂ© tellement de plaies ouvertes que le parti n’a pas pu s’en remettre vraiment et c’est Reagan qui a remportĂ© les Ă©lections Ă suivre.
Tout ça pour dire que Républicains comme Démocrates ont bien appris les vieilles leçons : les divisions si elles existent vont rester sous le tapis.
Alors vous me direz Ă quoi ça sert ? D’autant que ça coĂ»te un prix astronomique Ă chaque parti.
Ca sert Ă lancer officiellement la campagne Ă©lectorale en motivant les troupes. Ca sert Ă mettre en avant autant les candidats que les grandes questions qui vont ĂŞtres usĂ©es et utilisĂ©es dans les deux mois qui restent avant le scrutin. C’est comme la cloche Ă l’ouverture de la bourse.
A Tampa cette annĂ©e chez les RĂ©publicains, le parti doit se montrer uni derrière Mitt Romney. Et doit surtout tenter de le dĂ©crire comme l’homme qu’il n’a pas encore su montrer: chaleureux, attentif, et au fait des prĂ©occupations des Ă©lecteurs. Ca n’a rien d’un hasard ou d’une politesse si c’est Ann Romney qui prendra la parole dès l’ouverture lundi prochain. On gommera si bien les lignes de fractures qu’Ă part Rick Santorum, aucun des candidats aux primaires ne parlera. Ni Newt Gingrich, ni Michelle Bachman, ni Herman Cain, ni Rick Perry. En revanche, on Ă©coutera la jeune garde. Les Chris Christie, les Marco Rubio, les Suzanna Martinez, les Nikki Haley (Je vous parlerai de tout ce monde lĂ plus tard)
Les Tea-Party qui seront sur toutes les lèvres ont prĂ©vu un grand « meeting de l’unité » la veille de l’ouverture.  On laissera aussi s’exprimer les Ron Paul, et Rand Paul (le fils) est parmi les speakers.
Chez les DĂ©mocrates on devra non seulement vendre le bilan d’Obama, mais rĂ©affirmer la prĂ©sence de Joe Biden, le Vice PrĂ©sident, qui s’est illustrĂ© par quelques bonnes gaffes ces dernières semaines. Une très large place sera faite Ă Bill Clinton, dont la popularitĂ© est toujours au plus haut ; il permettra de rappeler aux dĂ©mocrates que leur parti a bien Ă©tĂ© il n’y a pas si longtemps, celui de la croissance Ă©conomique. Le discours « key note », donc l’un des plus importants avant celui du candidat lui-mĂŞme, sera donnĂ© par le maire de San Antonio Julian Castro. Un appel du pied Ă©vident aux latinos dont le vote est crucial.
Le choix des speakers et les thèmes abordĂ©s parleront de ce sur quoi chaque parti veut  que ses Ă©lecteurs se concentrent. On va donc rivaliser de prĂ©sence des Latinos, on va mettre en avant les femmes et rebondir sur ce qui fait l’actualitĂ© du moment : Medicare et la santĂ© sans aucun doute, l’avortement probablement depuis l’affaire Akin. Les dĂ©mocrates ont choisi aussi de bien insister dans leur programme sur le mariage Gay.
La ligne « tracée dans le sable », comme on dit en anglais est très nette entre les deux partis. Le pays sait où sont ses divisions, ses sujets de frictions et ses querelles irréconciliables. Les électeurs doivent sortir de la convention gonglés à bloc. Mais cette réunion permet parfois aussi de faire réfléchir les indépendants.
Et puis qui sait ? Il peut s’y passer quelque chose d’important dont on ne mesurera pas forcĂ©ment les effets tout de suite. En 2004, l’annĂ©e John Kerry, un jeune homme avait fait forte impression chez les DĂ©mocrates. Son discours avait rĂ©ussi Ă rĂ©veiller une salle somnolente et mettre tout le monde debout. Le jeune homme, inconnu et pas mĂŞme Ă©lu fĂ©dĂ©ral alors s’appelait Barack Obama
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C’est un peu la panique dans le camp rĂ©publicain. L’establishment est très gĂŞnĂ© aux entournures par l’affaire dĂ©sastreuse du « viol vĂ©ritable », ou « lĂ©gitime » qui a fait les gros titres toute la journĂ©e. Pour mĂ©moire, l’interview de Todd Akin, candidat au sĂ©nat dans le Missouri :
Mitt Romney qui a commencĂ© sobrement par un communiquĂ©, a vu gonfler la dĂ©ferlante internet, il s’est alors prĂ©cipitĂ© dans la journĂ©e pour dire que ces propos Ă©taient « insultants, inexcusables et faux », avant de se joindre en fin d’après-midi au chĹ“ur des pointures de son parti et estimer que Todd Akin devait « prendre les prochaines 24h pour penser Ă ce qui aiderait son pays en cette heure critique ».
En clair : dehors !
Atkin a quelques heures pour dĂ©missionner. Il peut encore laisser sa place jusqu’Ă ce mardi Ă 17h et tenter de sauver ce qui peut l’ĂŞtre.
Mais ça n’est pas tant, ou pas seulement l’image du parti que les rĂ©publicains veulent rĂ©tablir.
Objectivement les « pro-life » savent que Todd Akin leur a tirĂ© une balle dans le pied. MĂŞme ceux qui pensent -comme Paul Ryan soit dit en passant- que l’avortement ne doit pas ĂŞtre autorisĂ© en cas de viol, n’en sont pas Ă soutenir que les femmes ont un « mĂ©canisme interne qui leur permet d’Ă©viter une grossesse en cas de viol vĂ©ritable». Cependant le vrai souci des rĂ©publicains ça n’est pas la sensibilitĂ© du sujet: c’est le Missouri et le siège de sĂ©nateur qu’il reprĂ©sente.
Cette annĂ©e la prĂ©sidentielle est Ă surveiller de près, mais le congrès peut-ĂŞtre encore plus. Les rĂ©publicains s’ils doutent parfois de leur candidat Romney, ont le sentiment que le sĂ©nat très lĂ©gèrement dĂ©mocrate (53/47) est Ă leur portĂ©e, ils ont raison. Certains mĂŞme ont misĂ© sur le congrès en se disant qu’après tout, c’est bien au Capitole qu’on gouverne et pas Ă la maison blanche. Il y a 33 sièges Ă renouveler au sĂ©nat dont 10 sont rĂ©publicains et 23 dĂ©mocrates. La droite est en position de force. Il lui suffit de 4 sièges pour faire basculer la majoritĂ©. Celui du Missouri tenu par la dĂ©mocrate Claire McCaskill est très fragile. Elle fait partie de ces Ă©lus venus avec la vague anti-Bush de 2006 qui risquent fort de retourner Ă leurs Ă©tudes. La bourde monumentale de Todd Akin vient Ă point nommĂ© pour lui permettre de se refaire dans les sondages SAUF si Akin dĂ©missionne et laisse sa place Ă un autre candidat avant ce soir.
C’est pour cette raison que le parti veut le voir partir.
Sur le sujet de l’avortement en soit, l’affaire ne semble pas susceptible d’adoucir les positions rĂ©publicaines. Surtout pas en ces temps oĂą l’extrĂ©misme paye plus que la raison. Dans le programme de la convention qui s’ouvre lundi prochain, rien n’a Ă©tĂ© modifiĂ© (rien encore ?). Comme en 2000, 2004 et 2008 l’opposition Ă l’IVG reste farouche. Il n’y a pas de lignes supplĂ©mentaires et toujours pas de position assouplie sur les grossesses en cas de viol, ni mĂŞme d’inceste (clic). (Sur ces derniers points, Mitt Romney est moins jusqu’au-boutiste que beaucoup de ses collègues, mais encore une fois l’heure n’est pas aux positions non tranchĂ©es.)
Localement, Claire McCaskill qui souhaitait cet opposant parce que son orthodoxie lui permettait au moins de marquer sa diffĂ©rence doit prier très fort pour qu’il ait la tĂŞte dure et refuse de partir. Elle doit aussi regretter amèrement que cette interview n’ait pas eu lieu 48h plus tard.
Nationalement en revanche, la machine est en route. Barack Obama a saisi l’occasion d’une confĂ©rence de presse pour prĂ©ciser qu’ «un viol est un viol»; il a suffit de quelques heures pour constater que tout l’Iowa (swing state) Ă©tait inondĂ© d’une publicitĂ© tĂ©lĂ© qui fera dès aujourd’hui le tour des autres Ă©tats en balance dont la Floride; et encore moins de temps pour voir fleurir cette photo sur les sites internet.
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© barackobama.com
Les Etats-Unis sont si divisĂ©s aujourd’hui que l’Ă©lection Ă venir se jouera base contre base. Philosophie politique contre philosophie politique. Il y va de l’Ă©tat de l’Ă©conomie comme des choix de sociĂ©tĂ©. Le mariage gay et l’avortement en première ligne. Avec un facteur majeur sur lequel les dĂ©mocrates ont un avantage : le vote des femmes. Â
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