Alors ça y est ? C’est fait ces primaires ??
Jeudi 22 mars 2012En gĂ©nĂ©ral avant chaque mardi de primaire -surtout quand l’actualitĂ© en France balaye tout !- avant de dĂ©cider si oui ou non on couvre les votes du jour, l’un ou l’autre de mes chefs me demande si au moins cette fois ça vaut le coup de s’y attarder parce que c’est la bonne.
Ben non. Désolée. Pas encore.
Mais il y a du mieux !  Hier soir dans l’Illinois, c’Ă©tait presque ça.
Romney est trĂšs loin encore d’avoir le nombre de dĂ©lĂ©guĂ©s nĂ©cessaires pour dĂ©crocher la nomination, mais il est devenu concrĂštement irrattrapable. Et surtout pour la premiĂšre fois depuis la Floride (Il y a 100 ans !) sa victoire dans ce 27eme Ă©tat Ă voter est vraiment significative. AprĂšs le Michigan et l’Ohio, gagnĂ©s de peu mais gagnĂ©s quand mĂȘme Romney inscrit enfin une large victoire trĂšs loin de son jardin du Nord-est. Le New Yorker pense mĂȘme qu’enfin, Romney a trouvĂ© le ton juste pour s’adresser Ă ses Ă©lecteurs (clic).
Ce mercredi, Jeb Bush a apportĂ© son soutien Ă Romney. S’il ne portait pas un nom de famille avec lequel l’AmĂ©rique n’est pas encore rĂ©conciliĂ©e, ce Bush lĂ serait le candidat rĂ©publicain idĂ©al. Faute de cela il est une figure morale du GOP et sa voix dit qu’il est temps d’arrĂȘter de se faire mal. Alors certes Romney va probablement perdre la Louisiane ce samedi. Certes aussi, et c’est bien la seule inconnue, le processus ne prendra fin que si les autres finissent par jeter l’Ă©ponge. On n’est donc pas encore au bout de nos peines. Mais on peut dire dĂ©sormais que la victoire finale de Romney n’est plus une question de « si », mais une question de « quand ».
Ron Paul est devenu une quantitĂ© nĂ©gligeable, il n’entre pas en ligne de compte.
Gingrich tient encore des discours de victoires quand il perd lourdement, mais c’est probablement le manque d’argent qui risque de le mettre (enfin !) sur la touche Ă son Ă©go dĂ©fendant.
Santorum en revanche, a  toujours derriĂšre lui, ces purs qui sont au bord de la crise d’urticaire devant Mitt Romney. Mais la question de savoir s’il finira avant la convention, par admettre que sa dĂ©monstration est faite et qu’il est temps de partir la tĂȘte haute est encore sans rĂ©ponse. Il a devant lui quelques Ă©tats dont la population lourdement Ă©vangĂ©lique peut encore lui donner de quoi creuser le fossĂ© conservateurs/modĂ©rĂ©s. Il a le Wisconsin qui reprĂ©sente un beau Challenge. Jusque lĂ , le Midwest lui a permis de faire douter Romney. On saura Ă quoi s’en tenir le 3 avril.
A moins que la stratĂ©gie de Santorum soit juste de faire obstacle Ă Romney qui arrivera Ă la fin des primaires, en tĂȘte, mais sans les 1144 dĂ©lĂ©guĂ©s nĂ©cessaires.
Les journaux AmĂ©ricains commencent Ă se pencher sur l’effroyable imbroglio mathĂ©matique que serait un vote Ă la convention de Tampa Ă la fin de l’Ă©tĂ©.
L’establishment rĂ©publicain, Karl Rove en tĂȘte,  ne croit pas Ă une convention qui dĂ©buterait sans le nom du candidat. Il ne VEUT pas d’une convention « nĂ©gociĂ©e », ou « ouverte », qui risque de laisser des blessures non cicatrisĂ©es au moment de novembre. Huckabee qui a Ă©tĂ© candidat en 2008 et anime dĂ©sormais une Ă©mission sur Fox News juge que cette hypothĂšse serait « un dĂ©sastre ». Mais si Santorum (ou ce bon vieux Gingrich allez savoir !), ne veut pas se rĂ©soudre Ă quitter la compĂ©tition, il faudra bien s’y coller.
Autant vous le dire d’emblĂ©e, je ne vais pas mĂȘme essayer de vous expliquer comment fonctionne un vote « sur le floor » de la convention, je ne suis pas sĂ»re d’avoir tout compris moi-mĂȘme. Contrairement Ă ce qui se passe chez les dĂ©mocrates, il n’y a pas de « super-dĂ©lĂ©guĂ©s » chez les rĂ©publicains. Il y a des « engagĂ©s » ou « non engagĂ©s ». Donc des dĂ©lĂ©guĂ©s qui doivent voter comme leur Ă©tat l’a dĂ©cidĂ© au moment des primaires, et d’autres qui ne sont engagĂ©s par aucune promesse de ce genre. Les « non engagĂ©s » sont en gĂ©nĂ©ral les plus “capĂ©s” des dĂ©lĂ©guĂ©s, des membres influents du parti. Leur vote est dĂ©terminant en cas de blocage. Mais chez les « engagĂ©s », s’il suffisait de voter oui ou non ce serait bien trop facile. Les rĂšgles varient selon les Ă©tats. Voire en fonction des comtĂ©s ! Et on ne parle lĂ que du premier tour de scrutin. S’il devait y avoir un second tour, tous les dĂ©lĂ©guĂ©s seraient relevĂ©s de leur promesse d’origine, ce qui pourrait totalement renverser la vapeur. Et crĂ©er une pagaille mĂ©morable.
La derniĂšre fois que les RĂ©publicains ont vĂ©cu une convention nĂ©gociĂ©e, c’Ă©tait en 1976. Reagan contre Ford qui Ă©tait le sortant… et qui a perdu en novembre contre Carter. En gĂ©nĂ©ral des situations similaires chez les DĂ©mocrates ne sont pas plus brillantes : souvenez vous de Ted Kennedy contre Carter en 1980, qui avait abouti Ă … la victoire de Reagan.
Pour mesurer la taille de la valise que dĂ©lĂ©guĂ©s, journalistes et experts auront Ă faire avant de prendre l’avion pour Tampa, peut ĂȘtre serait-il utile de garder en tĂȘte qu’en 1924, il avait fallu 103 votes et 16 jours de convention pour mettre tout le monde d’accord.
Have a nice dayÂ














