Le sabordage volontaire du super-comité
 L’échec du « super-comité » est aussi surprenant que la mort d’une dinde à Thanksgiving.
Pour mémoire, ce groupe de 12 parlementaires, 6 démocrates et 6 républicains,  avait été crée à la fin de l’été quand les Etats-Unis ont échappé de peu au défaut de paiement, incapables de se mettre d’accord sur le relèvement du plafond de la dette. A l’époque, les congressistes avaient décidé de ne rien décider : On relève le plafond pour éviter la catastrophe. Et on crée donc ce comité chargé d’identifier 1200 milliards d’économie sur 10 ans qui devait rendre ses conclusions avant les vacances.  Le coup de règle sur les doigts en cas de non- accord, était de rendre automatiques des coupes claires dans tous les secteurs : Moins 600 milliards pour le Pentagone, moins 600 milliards pour les programmes civils.
Les points de discorde restent les mêmes que ceux qui ont conduit à la création de ce groupe des 12, lui même produit d’un échec. Les démocrates estiment que l’argent viendra des taxes. Si l’on ne reconduit pas les réductions d’impôts aux plus gros salaires de l’ère Bush on gagnera selon leurs calculs 800 milliards. Les républicains pensent au contraire que les plus riches sont les créateurs d’emplois. Ils veulent en revanche revoir un certain nombre de programmes sociaux trop couteux.
La conclusion c’est que les Etats-Unis ont un congrès en ce moment parfaitement incapable du moindre accord. Les Américains le sentent bien, ils sont 77% à avoir une opinion négative de Washington. Un chiffre jamais atteint.
Mais Ă la dĂ©charge des congressistes, ils suivent aussi une opinion tout aussi divisĂ©e qu’eux sur les solutions pour sortir de l’impasse. Si vous avez le courage d’aller regarder les chiffres du dernier sondage CNN (clic), vous verrez que si les AmĂ©ricains dans l’ensemble sont assez favorables Ă faire payer les plus riches, la division entre le pour et le contre se fait sur la ligne de partage entre DĂ©mocrates et RĂ©publicains. Â
Dans un pays qui vote tous les 2 ans, les élus n’ont en tête que leur réélection. Plus encore cette année présidentielle. Au-delà de leur incapacité à s’entendre, les élus par l’intermédiaire du super-comité ont bien montré que l’important pour l’instant, c’est de faire campagne.
Pour le « greater good », on verra plus tard.
Les thèmes de désaccord, se sont les thèmes principaux de la campagne. Les Républicains sont un certain nombre à avoir carrément signé une promesse de ne JAMAIS augmenter les impôts que leur a fait signer l’un des puissants acteurs de l’ombre qu’est Graver Norquist (clic) ; les démocrates ont bien compris – en partie avec Occupy Wall Street - que la réduction des inégalités devait rester au centre de leurs décisions.
L’heure n’est pas au compromis. C’est le cas depuis 2 ans. Il n’y a aucune raison que ça change.
C’est en partie pour ça que Newt Gingrich est en train de dĂ©passer Romney dans les sondages. Les RĂ©publicains changent trop vite d’humeur pour que le sondage du mois fasse sens, mais Gingrich est un intransigeant qui n’a pas hĂ©sitĂ© lorsqu’il prĂ©sidait la Chambre dans les annĂ©es 90 Ă plonger deux fois le gouvernement dans un « shutdown ». A l’époque cela lui a Ă©tĂ© reprochĂ©. Aujourd’hui c’est plutĂ´t une carte de visite Ă brandir.
Les coupes obligatoires qui sont censĂ©es ĂŞtre la consĂ©quence automatique de l’échec du comitĂ©, elles n’interviendront pas avant 2013. Il n’y a plus de danger de DĂ©faut maintenant que le plafond de la dette a Ă©tĂ© relevĂ©. Par les temps qui courent, aucun Ă©lu, dĂ©mocrate ou rĂ©publicain ne veut prendre le risque de se prĂ©senter devant les Ă©lecteurs avec autour du cou un accord que la base aura tĂ´t fait d’interprĂ©ter comme une capitulation. Autant se promener avec la corde pour se pendre.
Alors à  quoi bon s’entendre. A vrai dire, de part et d’autre, il était même urgent de ne pas s’entendre.
Have a nice day














